{"id":4250,"date":"2022-02-23T12:48:00","date_gmt":"2022-02-23T12:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250"},"modified":"2022-05-04T06:22:17","modified_gmt":"2022-05-04T06:22:17","slug":"relations-des-cures-avec-leurs-paroissiens-dans-le-diocese-de-die-a-la-fin-de-lancien-regime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250","title":{"rendered":"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime"},"content":{"rendered":"\n<p><br><br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-text-color has-medium-font-size\" style=\"color:#0014fe\"><br><strong>Relations des cur\u00e9s avec le<\/strong><strong>urs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br><br><br>Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque. Dans le vocabulaire eccl\u00e9siastique, une cure s\u2019appelait un \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9fice\u00a0\u00bb. Ce b\u00e9n\u00e9fice consistait pour le cur\u00e9 au droit de percevoir une d\u00eeme sur les revenus agricoles de sa paroisse.<br><br>Le droit eccl\u00e9siastique pr\u00e9voyait, que pour vivre, les cur\u00e9s devaient recevoir une pension alimentaire&nbsp;: \u00ab&nbsp; la portion congrue&nbsp;\u00bb. Dans leurs paroisses les cur\u00e9s n\u2019ont d\u2019autres revenus que la portion congrue. Cette somme avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie une fois pour toutes, en argent du moment o\u00f9 on avait fait la vente, et elle n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9visable. La portion congrue, seul revenu annuel fixe garanti au desservant de la paroisse, est fix\u00e9e par \u00e9dit royal. De 300 livres en 1690, on l&rsquo;a port\u00e9e \u00e0 500 en 1768 et \u00e0 750 en 1786, sans que ce dernier chiffre garantisse pour autant un pouvoir d&rsquo;achat \u00e9quivalent \u00e0 celui de 1690. Au fil du temps et des si\u00e8cles, toutes les \u00e9rosions mon\u00e9taires l\u2019avaient assaillie, et que par cons\u00e9quent elle \u00e9tait devenue progressivement de plus en plus mince et de plus en plus d\u00e9risoire.&nbsp; De tels tarifs expliquent ais\u00e9ment la disette des pr\u00eatres. La hausse des prix rend leur situation financi\u00e8re de plus en plus pr\u00e9caire.<br><br>Entre temps comme il avait bien fallu qu\u2019ils vivent, ces cur\u00e9s avaient invent\u00e9 le casuel, c\u2019est \u00e0 dire qu\u2019ils faisaient payer leurs services religieux.&nbsp; Ils pr\u00e9levaient sur leurs paroissiens une certaine somme pour les enterrements et les mariages. Mais ces r\u00e9tributions per\u00e7ues pour l&rsquo;administration des sacrements sont d&rsquo;un rapport trop modique et trop variable, et, compensent mal cette insuffisance : \u00e0 paroissiens pauvres, cur\u00e9 d\u00e9sargent\u00e9. Parfois, les morts sont une surcharge pour le cur\u00e9, va jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9clarer un desservant \u00e0 qui il arrive de payer de sa poche les frais d&rsquo;enterrement.<br><br>Parfois des ressources compl\u00e9mentaires se trouvaient essentiellement sous forme de dons. En premier lieu les qu\u00eates mais le produit en \u00e9tait tr\u00e8s modique car l\u2019argent \u00e9tait rare. Il ne circulait gu\u00e8re chez les paysans que des pi\u00e8ces de bronze et d\u2019argent. Seuls les nobles, les riches bourgeois, les marchands disposaient vraiment de num\u00e9raire. Le rendement des qu\u00eates \u00e9tait donc tr\u00e8s minime. Mais il y avait aussi et surtout les legs testamentaires. Ces legs \u00e9taient souvent modestes, quelques livres tout au plus, mais ils pouvaient \u00eatre parfois beaucoup plus importants en particulier de la part de ceux qui n&rsquo;avait plus de proche famille. La paroisse pouvait ainsi h\u00e9riter d&rsquo;une prairie, d&rsquo;une lande, ou m\u00eame, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une m\u00e9tairie toute enti\u00e8re. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au fil des si\u00e8cles, la paroisse s\u2019est constitu\u00e9e un patrimoine foncier plus ou moins important; quelquefois d\u00e9risoire, d&rsquo;autres fois fort appr\u00e9ciable, cela d\u00e9pendait, dans chaque paroisse, des hasards de l&rsquo;histoire.<br><br>Maintenant, comment s\u2019organisait la vie mat\u00e9rielle de la communaut\u00e9 paroissiale&nbsp;?<br><br>Bien qu\u2019il y ait des ressources, Il fallait assurer les d\u00e9penses; et des d\u00e9penses il y en avait. L&rsquo;entretien des b\u00e2timents de l&rsquo;\u00e9glise et du presbyt\u00e8re, et ce pouvait \u00eatre parfois&nbsp; tr\u00e8s lourd lorsque apparaissaient par exemple des probl\u00e8mes de toiture ou de fissures dans les vo\u00fbtes ou dans le clocher sur des constructions qui, d\u00e9j\u00e0, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, pouvaient avoir quatre ou cinq si\u00e8cles. L&rsquo;achat des ornements liturgiques, des statues, des banni\u00e8res. Le luminaire qui constituait un poste de d\u00e9pense important; on ne connaissait que les cierges de cire d&rsquo;abeilles et la moindre chandelle valait \u00e0 elle seule l&rsquo;\u00e9quivalent d&rsquo;une journ\u00e9e de travail f\u00e9minin. Le cur\u00e9 ne contribuait en rien \u00e0 ces frais l\u00e0. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;affaire de la communaut\u00e9.<br><br>Outre ses fonctions pastorales de dispensateur de la parole chr\u00e9tienne, le cur\u00e9 est \u00e9galement en charge de services essentiels \u00e0 la vie en communaut\u00e9.<br><br>Bien qu\u2019\u00e9tant hommes d\u2019\u00e9glise, les cur\u00e9s n\u2019en \u00e9taient pas moins soumis aux d\u00e9fauts inh\u00e9rents \u00e0 la nature humaine.<br><br>Parfois, c\u2019est le comportement du cur\u00e9, et non celui de ses proches, qui suscite les bavardages des paroissiens. On accuse le pr\u00eatre d\u2019\u00eatre trop li\u00e9 \u00e0 certains la\u00efcs qui partagent sa maison, de n\u00e9gliger son minist\u00e8re, d\u2019afficher une conduite suspecte, peu en accord avec l\u2019engagement sacerdotal. Le nom de certains cur\u00e9s r\u00e9put\u00e9s particuli\u00e8rement exigeants ou col\u00e9riques fait en effet fr\u00e9mir les jeunes pr\u00eatres. Les archives conservent plusieurs histoires de rapports difficiles qui expriment bien les tensions que suscite au quotidien leurs comportements. Des pr\u00eatres ext\u00e9rieurs \u00e0 ces conflits sont envoy\u00e9s sur place pour assurer le service du culte. La paroisse pourrait ainsi, esp\u00e9rait-on, retrouver la qui\u00e9tude d\u2019antan.<br><br>Qu\u2019en \u00e9tait-il dans les vall\u00e9es du Diois&nbsp;? Un extrait du document de Jacques Lovie, nous en donne un aper\u00e7u sur les relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime. &#8211; Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;arch\u00e9ologie et de statistique de la Dr\u00f4me (1932-10); 1933\/10 (T64,N260)&nbsp;; 1935\/01 (T65,N265)&nbsp;; 1936\/01 (T66,N269) &#8211;<br><br>Il importait \u00e9videmment \u00e0 un apostolat f\u00e9cond, que les relations fussent bonnes entre les cur\u00e9s et les fid\u00e8les. Sur ce point capital, nous poss\u00e9dons des renseignements directs, les plaintes et les t\u00e9moignages des habitants conserv\u00e9s dans les archives de l&rsquo;Officialit\u00e9, et plus rarement dans les insinuations, et les correspondances priv\u00e9es. Ind\u00e9pendamment de leur valeur intrins\u00e8que, ces documents de premi\u00e8re main sont vivants et pittoresques, et nous nous efforcerons d&rsquo;\u00e9voquer cette soci\u00e9t\u00e9 disparue. Il est toutefois bien entendu que si instructifs soient-ils, ils ne font gu\u00e8re conna\u00eetre que le mauvais c\u00f4t\u00e9, laissant, de par leur nature m\u00eame, dans l&rsquo;ombre et les traits \u00e9difiants et la majorit\u00e9 des pr\u00eatres.<br>Le cur\u00e9 arrivant dans ces communaut\u00e9s montagnardes, tr\u00e8s isol\u00e9es, reli\u00e9es entre elles par de simples chemins muletiers, n&rsquo;\u00e9tait pas toujours assez souple pour s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;esprit tr\u00e8s particulariste des habitants. Le Tri\u00e8ves ne ressemblait point au D\u00e9sert, ni la vall\u00e9e de la Dr\u00f4me \u00e0 la r\u00e9gion de Grignan. Quelques-uns d\u00e9butant dans les environs de leur pays natal se trouvaient de suite \u00e0 leur aise, tel Oddoz-Mazet, originaire du Monestier de Percy, cur\u00e9 commis de Tourannes, de 1766 \u00e0 1773, et titulaire de Treffort, de 1773 \u00e0 1786. Son d\u00e9part de Treffort pour SaintAgnan fut, aux dires de Reval, cur\u00e9 de Sinard, desservant la paroisse par bis cantat pendant quelques mois, l&rsquo;occasion de sc\u00e8nes touchantes.<br>\u00ab&nbsp; Le jour que je fus dire la messe, je ne pus me tenir de m\u00ealer mes larmes avec les leurs, je voulus les exhorter un moment \u00e0 conserver dans leur c\u0153ur les bons principes que vous leur aviez donn\u00e9, les larmes coul\u00e8rent de tous les c\u00f4t\u00e9s \u00bb On aurait voulu le retenir en payant la pension qu&rsquo;il avait promise \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur \u00e0 Saint-Agnan et en lui fournissant son bois de chauffage. A Saint-Agnan, naturellement, le bon cur\u00e9 s&rsquo;imposa d&#8217;embl\u00e9e : \u00ab&nbsp; Je viens d&rsquo;apprendre par des gens de Saint-Agnan. que vous vous donnez une peine inconcevable ; je ne saurais vous dire les \u00e9loges qu&rsquo;ils m&rsquo;ont fait de vous \u00bb.<br>Sans doute se d\u00e9pensait-il dans son \u00e9glise en pieuses exhortations et dirigeait-il avec z\u00e8le bureau des Pauvres et Confr\u00e9ries ; mais il devait aussi imiter, \u00e0 dix ann\u00e9es d&rsquo;intervalle Genesy, cur\u00e9 de Chastel-Arnaud qui \u00ab&nbsp; allait tr\u00e8s souvent \u00e0 la promenade voir ses paroissiens \u00e0 leur travail&nbsp;\u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 1<\/a>). Les paysans aimaient (et aiment encore d&rsquo;ailleurs) que l&rsquo;homme de Dieu sorte dans le village en dehors des offices et vienne \u00e9changer quelques mots avec ceux qui sont courb\u00e9s sous la loi du travail, et Guiraud, successeur de Genesy, manquait de souplesse et de bon sens qui ne le devinait point. Aussi les mauvaises langues pr\u00e9tendaient elles que la compagnie de sa servante, malheureusement jeune, lui \u00e9tait plus agr\u00e9able que celle de ses paroissiens.<br>C&rsquo;est cependant de l&rsquo;exc\u00e8s de familiarit\u00e9 que devait sortir le plus de maux. Trop souvent le cur\u00e9 cherchait ouvertement \u00e0 s&rsquo;imposer et prenait des initiatives peu go\u00fbt\u00e9es de ceux dont elle troublait la vie priv\u00e9e et les habitudes.<br>Nous surprenons le cur\u00e9 en bien des endroits o\u00f9 sa pr\u00e9sence n&rsquo;\u00e9tait pas indispensable, sur la place publique, par exemple, m\u00eal\u00e9 aux joueurs de boules, paysans rudes et quelquefois malveillants. Mazet, cur\u00e9 de Bamave en 1743, n&rsquo;h\u00e9sitait jamais \u00e0 commencer une partie avec \u00ab&nbsp; le premier qui se pr\u00e9sentait \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 2<\/a>). Le cabaret avait souvent sa visite. Il buvait avec des domestiques de ferme, des journaliers, sans distinction d&rsquo;\u00e2ge et de religion ; un jour m\u00eame un nouveau converti \u00e9tant .venu lui apporter le paiement d&rsquo;une messe, il refusa, pr\u00e9f\u00e9rant une bonne bouteille vid\u00e9e en commun au bouchon voisin. Et il exhortait ses comp\u00e8res : \u00ab&nbsp; Buvez, mangez, je vais chanter v\u00eapres, et reviendray.. \u00bb<br>Pascal, du Pilhon, et Gilly, d&rsquo;Aurel, go\u00fbtent aussi la compagnie des ivrognes du village. Gilly se vante m\u00eame \u00ab&nbsp; d&rsquo;avoir bu jusques \u00e0 quatorze bouteilles avec un seul buveur tel que luy \u00bb  (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 3<\/a>). Blayer, cur\u00e9 de Beaumont, va chercher ses paroissiens au travail pour jouer aux cartes et les exhorte \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 leurs femmes qui les viennent qu\u00e9rir. (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 4<\/a>)<br>Certains avaient m\u00eame le malheur de loger au cabaret, faute de maison curiale, comme \u00e0 Aleyrac, pendant longtemps et \u00e0 la Roche Saint-Secret, dans une atmosph\u00e8re agit\u00e9e et joyeuse. Bertrand, cur\u00e9 de la Roche Saint-Secret, de 1747 \u00e0 1762, r\u00e9siste aux diverses tentations, mais Aubert, plus jeune et moins s\u00e9rieux, pendant l&rsquo;ann\u00e9e qu&rsquo;il y passa, fut un joueur et un danseur plein d&rsquo;entrain. Il y prit de mauvaises habitudes qui entach\u00e8rent gravement sa vie morale. Aussi dangereuses \u00e9taient les pensions prises chez des particuliers. Aubert quitta le cabaret pour la maison de la respectable demoiselle Guilhe, tante de Grosset, notaire \u00e0 Taulignan, qui eut lieu de se repentir de lui avoir confi\u00e9 la gestion de ses biens et de lui avoir permis de faire la connaissance de la jeune fille qui la soignait.<br>Mazet, cur\u00e9 de Barnave, apr\u00e8s huit mois de s\u00e9jour dans la maison du sieur Delaye, notaire, en retint le chemin, surtout en l&rsquo;absence dudit Delaye ; il y passait la veill\u00e9e, il y retournait de grand matin et s&rsquo;y plaisait au point de sacrifier sa messe, un jour maigre, pour une bonne assiette de soupe de viande \u00e0 prendre en t\u00eate \u00e0 t\u00eate.<br>Quelquefois, c&rsquo;\u00e9tait la maison curiale qui devenait le si\u00e8ge de r\u00e9unions agr\u00e9ables. Au cours de l\u2019hiver de 1755, Thibon, cur\u00e9 de Volvent, avait pris l&rsquo;habitude, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 la veill\u00e9e chez Faure, un de ses paroissiens, d&rsquo;inviter chez lui une des fileuses de laine de la maison, avec la vieille fille qui la logeait.<br>\u00ab&nbsp; Si vous avez froid, venez vous chauffer. Je fais grand feu \u00bb. A l&rsquo;int\u00e9rieur l&rsquo;on trouvait table mise pr\u00e8s du feu, l&rsquo;on faisait cuire des ch\u00e2taignes sous la cendre, l&rsquo;on recourait au placard abondamment garni (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 5<\/a>).<br>Certains poussaient les choses plus loin et avec un absolu sans-g\u00eane, prenaient leur paroisse enti\u00e8re pour un pays conquis et vexaient profond\u00e9ment toute la population.<br>Ils leur causaient des torts spirituels, tout d&rsquo;abord : refus de sacrements par n\u00e9gligence (Beaumont, Aurel) ou pour ne pas interrompre une partie de cartes (B\u00e9conne), cat\u00e9chisme fait par le ma\u00eetre d&rsquo;\u00e9cole (Barnave) ou par le cur\u00e9 mollement \u00e9tendu sur un banc (Roche-St-Secret), offices dit apr\u00e8s boire (Le Pilhon, Aurel), tarifs exag\u00e9r\u00e9s, surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des nouveaux convertis, les derniers \u00e0 qui pareille vexation e\u00fbt d\u00fb \u00eatre inflig\u00e9e, moqueries \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des fid\u00e8les, absences injustifi\u00e9es, brutalit\u00e9s dans l&rsquo;exercice du culte (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\">note 6<\/a>)<br>Ne nous \u00e9tonnons point d&rsquo;entendre les gens du Pilhon parler de la \u00ab&nbsp; calamit\u00e9 de leur infortun\u00e9e paroisse \u00bb. Des paysans vivant chichement devaient \u00eatre tr\u00e8s sensibles \u00e0 d&rsquo;autres vexations. Le cur\u00e9 Aubert percevait plus de d\u00eemes que son d\u00fb, et Bourrillon, \u00e0 B\u00e9conne, laissait si longtemps les grains dans les aires des particuliers avant de prendre sa portion, qu&rsquo;une partie de la r\u00e9colte se perdait. Richard, \u00e0 Pradelles, terroir aussi pauvre que celui de B\u00e9conne, se vit intenter un proc\u00e8s pour un motif qui montre combien les paysans \u00e9taient susceptibles quand il s&rsquo;agissait de jours grains. Frau, muletier, avait promis au cur\u00e9 un mulet pour amener dans son grenier le produit des d\u00eemes,. Mais, par malheur, quand il voulut commencer sa tourn\u00e9e; les mulets \u00e9taient entre les mains de Lombard, d&rsquo;Espenel, propri\u00e9taire d&rsquo;un champ \u00e0 Pradelles.<br>\u00ab&nbsp; De quoi vous avisez-vous de conduire un mulet que Jean Frau m&rsquo;a promis ?<br>Monsieur, ayez la bont\u00e9 de souffrir que je fasse ce voyage, puisque les montures sont charg\u00e9es. Cela est fait dans un moment \u00bb. Le cur\u00e9 ne voulut rien entendre. Il exigea non seulement les deux mulets promis, mais encore un troisi\u00e8me, \u00e0 Etienne Frau, fr\u00e8re de Jean-Louis. Il prit alors les gerbes et commen\u00e7a par les jeter \u00e0 terre sans aucun m\u00e9nagement. Lombard voulait les recharger, mais pendant qu&rsquo;il en mettait une, le sieur prieur en jetait deux par terre, sans qu&rsquo;il p\u00fbt emp\u00eacher qu&rsquo;il ne fit perdre du bled en secouant le mulet. Le cur\u00e9 renversa le marchand, coupa avec un couteau les cordes retenant les bigues, jeta les gerbes \u00e0 terre et s&#8217;empara des mulets par la force. Lombard se plaignit non pour les coups re\u00e7us, mais pour le grain perdu, tant c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 ses yeux chose importante (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 7<\/a>).<br>Que devait-on penser de ceux qui chassaient \u00e0 travers les r\u00e9coltes (Saint-S\u00e9bastien-en-Tri\u00e8ves, Montjoux, Roche-Saint-Secret), ou ouvraient un sentier \u00e0 travers les pr\u00e9s du voisin. (Saint-Julien-en-Vercors). Non seulement des paroissiens subissaient un pr\u00e9judice mat\u00e9riel de la part de leur pasteur, mais encore n&rsquo;\u00e9taient-ils plus certains de pouvoir se r\u00e9jouir en famille ou r\u00e9gler leurs affaires \u00e0 leur convenance. Nous connaissons en effet deux cas o\u00f9 le cur\u00e9 s&rsquo;invitait lui ou sa servante aux repas de c\u00e9r\u00e9monie et un autre de captation d&rsquo;h\u00e9ritage.<br>Il est aussi question, \u00e7a et l\u00e0, d&rsquo;injures, voire de brutalit\u00e9s envers des paroissiens \u00e0 Barnave, Saint-Laurent-enRoyans, Villeperdrix, Luc, Espenel, Pradelles, l\u00e9s Pr\u00e8s, Ch\u00e2tillon, St-Julien-en-Vercors.<br>Les proc\u00e8s nous r\u00e9v\u00e8lent des sc\u00e8nes tumultueuses et nous pouvons m\u00eame reconstituer certains dialogues tr\u00e8s pittoresques  (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 8<\/a>). Les discussions qui nous amusent aujourd&rsquo;hui scandalisaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et les \u00e2mes sensibles en ressentaient de douloureux contre-coups, comme des fautes rapport\u00e9es plus haut.<br>Pourtant il ne semble pas que les relations entre le clerg\u00e9 pris dans son ensemble et les fid\u00e8les en aient souffert beaucoup. Un homme se discr\u00e9ditait, mais personne ne songeait \u00e0 nier pour autant la mission religieuse du clerg\u00e9 et \u00e0 secouer son autorit\u00e9.<br>A ce propos l&rsquo;exemple de Faure est typique : il se laisse aller \u00e0 dire \u00e0 son cur\u00e9 des injures graves,mais il n&rsquo;en veut, et il le sp\u00e9cifie qu&rsquo;au \u00ab&nbsp; castellan \u00bb, au f\u00e9odal qu&rsquo;il sent derri\u00e8re le pr\u00eatre.<br>En cinquante ans, c&rsquo;est \u00e0 peine si l&rsquo;on peut relever quelques d\u00e9pr\u00e9dations commises ici ou l\u00e0 : une vigne ab\u00eem\u00e9e, un gerbier des d\u00eemes incendi\u00e9 en 1746 ou une agression \u00e0 main arm\u00e9e en 1754 et en 1765.<br>Nous ne pouvons gu\u00e8re noter de 1740 \u00e0 1790 que deux cas d&rsquo;anticl\u00e9ricalisme. Les gens de St-S\u00e9bastien-en-Tri\u00e8ves et de Volvent d\u00e9testaient leurs cur\u00e9s, sans que nous puissions savoir au juste pourquoi. Haine de protestants, maladresse du pr\u00eatre, ou irascibilit\u00e9 toute particuli\u00e8re de certains. Dans ces paroisses des personnes que nous ne pouvons identifier, protestantes et jouissant de beaucoup d&rsquo;autorit\u00e9 menaient des cabales contre le cur\u00e9 en vue d&rsquo;obtenir son d\u00e9part avec l&rsquo;aide de catholiques timor\u00e9s ou tr\u00e8s violents.<br>Tous les moyens \u00e9taient bons. En 1755, Freychet \u00e0 Saint-S\u00e9bastien constata que des libell\u00e9s circulaient dans le pays contre lui, anonymes puis sign\u00e9s par quelques paroissiens soi-disant mandat\u00e9s par leurs concitoyens. Il en fut envoy\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 Versailles, au comte d&rsquo;Argenson.<br>Freychet, prenant l\u2019offensive fit informer \u00e0 trois reprises, obtint une r\u00e9tractation avec paiement des frais. C&rsquo;est alors qu&rsquo;un nomm\u00e9 Pierre Brochier, seul catholique de son hameau, avoua avoir c\u00e9d\u00e9 aux menaces de protestants exasp\u00e9r\u00e9s (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 9)<\/a><br>De nouveau, l&rsquo;on se plaignit de lui en 1757, l&rsquo;accusant de faits abominables commis 12, 15, 16 ans auparavant, et il dut, pour avoir la paix, quitter la paroisse avec l&rsquo;autorisation de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque. Son successeur, \u00e0 la diff\u00e9rence de Volvent, se maintint sans peine. A Volvent tous les cur\u00e9s durent fuir de 1740 \u00e0 1762. Les protestants paraissent avoir ici aussi jou\u00e9 un r\u00f4le, mais puissamment servis par le seigneur du lieu, Bernard, un malade, visiblement atteint de la folie de la pers\u00e9cution, qui avait pour lui ses domestiques, ses fermiers et la crainte qu&rsquo;il inspirait aux habitants. Comme les accus\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient pas dispos\u00e9s \u00e0 le laisser man\u0153uvrer, ce ne furent pendant de longues ann\u00e9es que libell\u00e9s, maritoires, disputes sur la place publique, menaces de coups, jusqu&rsquo;au refus de moudre le grain du cur\u00e9.<br>Trois durent partir, Aillaud, la Tour du Cr\u00eat et Rioud. Le quatri\u00e8me fut Thibon, qui fut espionn\u00e9 sournoisement \u00e0 propos de sa vie priv\u00e9e. Lors du proc\u00e8s, des paroissiens vinrent avouer na\u00efvement ou cyniquement, avoir fait le guet la nuit, ou regard\u00e9 par le trou de la serrure ou p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans la cure, au m\u00e9pris de toute discr\u00e9tion.<br>Condamn\u00e9, \u00e0 raison semble-t-il, Thibon partit. Son successeur, le dominicain Pie Cuissot, cur\u00e9-commis, sentit dans l&rsquo;ombre des complots mena\u00e7ants, essuya des injures, crut une nuit \u00e0 une attaque de la maison curiale par le toit, et retourna dans son couvent. Si graves \u00e9taient les dangers courus qu&rsquo;il demanda pour revenir, avec le droit de loger dans la maison qu&rsquo;il lui plairait, cinquante livres par mois, sans compter la nourriture et le logement, un enfant de ch\u0153ur fourni par la communaut\u00e9, un homme pour l&rsquo;accompagner partout et trois catholiques de son choix pour le prot\u00e9ger dans le cas o\u00f9 il aurait \u00e0 administrer les sacrements la nuit (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 10<\/a>). H\u00e2tons-nous de le dire, ces deux paroisses mises \u00e0 part, aucune n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;incidents s\u00e9rieux.<br>Si peu de cur\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 pers\u00e9cut\u00e9s, tous en revanche, et tous les d\u00e9tails que nous avons rapport\u00e9 en t\u00e9moignent, ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s avec une minutie extr\u00eame. A cet \u00e9gard, dans bien des paroisses, des pr\u00eatres maladroits ou timides rencontr\u00e8rent des difficult\u00e9s ou ne purent d\u00e9velopper toutes les ressources de leur apostolat. Par un juste retour des choses, ceux qui tenaient la main \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution des \u00e9dits royaux \u00e9taient en butte \u00e0 la m\u00e9fiance des nouveaux convertis ; d&rsquo;o\u00f9 un malaise sourd qui empoisonna la vie religieuse de bien des paroisses.<br>Ce malaise, la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime le vit s&rsquo;\u00e9vanouir avec le rel\u00e8vement de la moralit\u00e9 des pr\u00eatres et avec la fin de la pers\u00e9cution. Il y eut plus de confiance vis-\u00e0-vis du cur\u00e9, moins de hauteur et de m\u00e9pris pour des catholiques douteux qu&rsquo;il fallait \u00e0 tout prix m\u00e9nager.<br>La situation fut encore \u00e9claircie par la disparition des nouveaux convertis eux-m\u00eames dont les 9\/10 redevinrent protestants et ne connurent plus le cur\u00e9.<br>En 1790 l&rsquo;union des populations et des cur\u00e9s sera assez intime pour qu&rsquo;ils aillent ensemble \u00e0 la R\u00e9volution avec joie et que deux seulement refus\u00e8rent d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 la constitution civile du clerg\u00e9.<br><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque Mgr Gaspard-Alexis du Plan des Augiers<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Nous ne saurions laisser dans l&rsquo;ombre le personnage le plus en vue du clerg\u00e9 dioc\u00e9sain et dont l&rsquo;attitude et les divers actes dans cette p\u00e9riode difficile qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la R\u00e9volution pouvaient \u00eatre ou tr\u00e8s avantageux ou d\u00e9sastreux pour la vie paroissiale et l&rsquo;activit\u00e9 religieuse du dioc\u00e8se.<br>De 1742 \u00e0 1794 un seul pr\u00e9lat a occup\u00e9 le si\u00e8ge ; aussi se doute-t-on de son importance.<br>Mgr Gaspard-Alexis du Plan des Augiers \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Digne le 10 juillet 1709. Sa famille \u00e9tait d&rsquo;excellente noblesse proven\u00e7ale ; son p\u00e8re occupait les fonctions de tr\u00e9sorier g\u00e9n\u00e9ral au Parlement de Provence et un fr\u00e8re de sa m\u00e8re, Guillaume d&rsquo;Hugues, d&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Nevers devint archev\u00eaque de Vienne, o\u00f9 il mourut en 1774.<br>Sa carri\u00e8re fut rapide. Il devint, aussit\u00f4t ses \u00e9tudes de th\u00e9ologie termin\u00e9es, vicaire g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Lyon, puis sur le refus de Gauthier d&rsquo;Auribeau, chanoine d&rsquo;Apt, \u00e9v\u00eaque de Die en 1741, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge par cons\u00e9quent de 32 ans. Il fut le dernier \u00e9v\u00eaque de Die, le dioc\u00e8se est supprim\u00e9 (1790). Le 4 ao\u00fbt 1792, le \u00ab\u00a0citoyen Plan\u00a0\u00bb pr\u00eate le serment \u00ab\u00a0\u00c9galit\u00e9 Libert\u00e9\u00a0\u00bb, afin de conserver le b\u00e9n\u00e9fice de sa pension et meurt \u00e0 Paris, faubourg Saint-Germain, le 27 niv\u00f4se An II (16 janvier 1794), \u00e2g\u00e9 de 87 ans dont 49 \u00e0 la t\u00eate de son dioc\u00e8se.<br>Il nous offre \u00e0 cet \u00e9gard un bon exemple des d\u00e9buts rapides de certains nobles bien en cour. Pour obscur qu&rsquo;il p\u00fbt \u00eatre, l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 de Die \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 pour ses difficult\u00e9s g\u00e9ographiques et la pr\u00e9sence de nombreux protestants ; de plus, les deux de Cosnac, oncle et neveu, pr\u00e9lats brillants et fort connus \u00e0 Versailles et \u00e0 Paris l&rsquo;avaient certainement mis en vedette. Il n&rsquo;est pas douteux que l&rsquo;on n&rsquo;ait cru faire au jeune Plan des Augiers une insigne faveur en lui confiant ce dioc\u00e8se.<br>Nous n&rsquo;avons aucune description physique de l&rsquo;homme et un seul portrait moral tr\u00e8s partial parce qu&rsquo;incomplet nous a \u00e9t\u00e9 bross\u00e9 dans un pamphlet de 1789. Plut\u00f4t que de rapporter ces traits ici nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 en faire \u00e9tat longuement \u00e0 propos des relations du pr\u00e9lat avec son clerg\u00e9 et des r\u00e9actions de l&rsquo;opinion publique \u00e0 son sujet.<br>Nous dirons simplement qu&rsquo;il passa bien vite pour un homme tr\u00e8s dur et tr\u00e8s exigeant. Ses actes le r\u00e9v\u00e8lent cassant et autoritaire, par n\u00e9cessit\u00e9 et par temp\u00e9rament. Il aimait l&rsquo;argent, non pour les jouissances qu&rsquo;il procure mais pour le plaisir qu&rsquo;il y a \u00e0 mener une affaire et \u00e0 gagner une chaude partie. D&rsquo;autres auraient adh\u00e9r\u00e9 au mouvement physiocratique, lui se contenta de proc\u00e8s. Il joua sur le pass\u00e9 et non sur l&rsquo;avenir ; car son esprit n&rsquo;\u00e9tait pas aventureux et son imagination peu fertile.<br>La possession de l&rsquo;argent fait aimer parfois le luxe ; elle recommanda l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 \u00e0 cette nature aride. Il se plut \u00e0 vivre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart dans son ch\u00e2teau de la Salle, aux environs de Die. Son personnel \u00e9tait peu nombreux, puisque vingt-cinq la\u00efcs ou eccl\u00e9siastiques suffisaient \u00e0 tous les besoins de la direction du dioc\u00e8se et de sa maison. Point de r\u00e9ceptions, point de cour, point de salon ni de petits vers. Pas m\u00eame la lecture de trait\u00e9s d&rsquo;\u00e9conomie qui passionnaient alors tant d&rsquo;\u00e9v\u00eaques. Bien que l&rsquo;activit\u00e9 de certains dans cet ordre ait \u00e9t\u00e9 parfois pr\u00e9judiciable \u00e0 la vie religieuse, le Diois y e\u00fbt du moins gagn\u00e9 quelques canaux d&rsquo;irrigation ou quelques routes que l&rsquo;autorit\u00e9 royale oubliait de tracer.<br>Ce point de vu importe peu dira-t-on ; un \u00e9v\u00eaque n&rsquo;est pas un administrateur public ; certes, mais peut-\u00eatre manqu\u00e2t-il ici l&rsquo;occasion de s&rsquo;attirer quelques sympathies pr\u00e9cieuses.<br>On ne cite de lui aucun trait qui montrerait une pi\u00e9t\u00e9 plus \u00e9difiante que ses semblables et aucun de ses contemporains n&rsquo;eut l&rsquo;intuition qu&rsquo;un feu int\u00e9rieur bien ardent consum\u00e2t son \u00e2me. Au vrai, nous ne saurions le lui reprocher puisque Dieu n&rsquo;exige compte que des qualit\u00e9s qu&rsquo;il donne, mais il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 utile que les ouailles eussent parfois l&rsquo;impression contraire.<br>Ses qualit\u00e9s en effet n&rsquo;\u00e9taient pas celles d&rsquo;un animateur.<br>Il fut toute sa vie tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 son dioc\u00e8se et \u00e0 sa besogne administrative. Chose rare \u00e0 cette \u00e9poque et pour un dioc\u00e8se aussi pauvre, il r\u00e9sida continuellement, ne s&rsquo;absentant que pour des voyages d&rsquo;affaires, \u00e0 Paris notamment pour assister aux assembl\u00e9es du clerg\u00e9, o\u00f9 ses interventions \u00e9taient \u00e9cout\u00e9es. Chose rare aussi, il accomplit ses devoirs de pasteur en visitant presque toutes les paroisses de son dioc\u00e8se. Il le fit par raison d&rsquo;ailleurs, plus que par go\u00fbt, puisqu&rsquo;il n&rsquo;entreprit qu&rsquo;une seule grande tourn\u00e9e portant sur plusieurs ann\u00e9es de 1763 \u00e0 1771 et visiblement sans comprendre les besoins r\u00e9els du dioc\u00e8se, sans savoir les discerner plut\u00f4t, faute de qualit\u00e9s d&rsquo;intuition.<br>Il visite, en effet, dans les paroisses, l&rsquo;\u00e9glise dans tous ses d\u00e9tails jusqu&rsquo;au dernier des chandeliers : il v\u00e9rifie si le Saint Sacrement est dans la r\u00e9serve, si la lampe est entretenue, si les possesseurs de bancs ont les titres voulus, s&rsquo;il y a des confr\u00e9ries et qu\u2019elles ont leurs biens et leurs ornements, les. revenus du cur\u00e9, l&rsquo;\u00e9tat de sa maison, le nombre de catholiques et de protestants, le nombre de communiants, les chapellenies et le nom de leur titulaire, l&rsquo;\u00e9tat du cimeti\u00e8re et enfin les \u00e9coles et les sages-femmes et l&rsquo;h\u00f4pital. Il est parfois saisi de quelques affaires : irr\u00e9ligion, m\u0153urs, institution de vicaires. Revenu \u00e0 Die, il a sous la main un v\u00e9ritable r\u00e9pertoire qu&rsquo;il consulte souvent : il r\u00e8gle en leur temps les proc\u00e8s \u00e0 lui soumis, rappelle vigoureusement \u00e0 l&rsquo;ordre prieurs, d\u00e9cimateurs, chapelains suspects de n\u00e9gligence et les infid\u00e8les perturbateurs de l&rsquo;ordre \u00e9tabli. C&rsquo;est suffisant \u00e9videmment pour entretenir la vie religieuse, mais point pour apaiser l&rsquo;agitation et le trouble des \u00e2mes qui all\u00e8rent grandissant de 1750 \u00e0 1789.<br>D&rsquo;ailleurs les proc\u00e8s-verbaux de visite ne donnent pas l&rsquo;impression d&rsquo;un contact bien intime avec les paroissiens.<br>Cette impression, un fait la confirme. Ces visites n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 commenc\u00e9es qu&rsquo;apr\u00e8s vingt ans de pr\u00e9sence \u00e0 Die. Nous verrons qu&rsquo;au cours de ces vingt ann\u00e9es la lutte avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s vive avec les protestants. Plan des Augiers para\u00eet avoir d\u00e9cha\u00een\u00e9 une v\u00e9ritable pers\u00e9cution, sans rien conna\u00eetre de la vie paroissiale ni des moyens d&rsquo;action \u00e0 employer pour r\u00e9ussir. C&rsquo;est qu&rsquo;il \u00e9tait homme de bureau avant tout et que le contact des hommes lui semblait inutile \u00e0 qui avait pour soi de solides textes, des droits s\u00e9culaires et la force publique.<br>Il n&rsquo;e\u00fbt gu\u00e8re de contact avec ses pr\u00eatres aussi. Les cur\u00e9s ne lui communiquent pas leur exp\u00e9rience personnelle, leur avis ne leur est pas demand\u00e9 d&rsquo;ailleurs. Ils doivent faire leur devoir obscur\u00e9ment, tandis que de son c\u00f4t\u00e9, lui, promulgue les mesures propres \u00e0 s&rsquo;assurer les b\u00e9n\u00e9dictions du ciel et les f\u00e9licitations des ministres. Il ne sentait pas c&rsquo;est une lacune de son \u00e9ducation et de sa naissance que les humbles ont une vie profonde et constituent une force immense pour qui sait l&rsquo;utiliser. Autant que les actes de son administration et le jugement des contemporains nous permettent de le faire, on le d\u00e9finira en disant qu&rsquo;il a administr\u00e9, mais qu&rsquo;il n&rsquo;a pas aim\u00e9, ou pas su aimer. Il a vu des textes, l\u00e0 il aurait fallu sentir palpiter des c\u0153urs ; et c&rsquo;est grand dommage car il \u00e9tait v\u00e9ritablement homme de devoir et ne reculait devant aucun obstacle, quand il avait senti une fois son action utile aux int\u00e9r\u00eats spirituels ou mat\u00e9riels de son dioc\u00e8se.<br>Aux yeux de l&rsquo;histoire cette belle qualit\u00e9, absolument essentielle, rach\u00e8te l&rsquo;impression p\u00e9nible caus\u00e9e par certains actes. Mais en \u00ab&nbsp; politique \u00bb seuls les gestes sont de cons\u00e9quence, et l&rsquo;on peut dire que ses erreurs ont eu en d\u00e9finitive plus de poids que ses initiatives heureuses. Plus ses dioc\u00e9sains sentaient proche un ordre nouveau et moins de vrais chefs prenaient leurs troupes en main.Il est temps, que l&rsquo;homme d\u00e9fini, nous le voyions aux prises avec ceux qu&rsquo;il connaissait si peu et dont cependant il \u00e9tait responsable devant Dieu. Quels probl\u00e8mes le frapp\u00e8rent davantage nous le savons par sa lettre au cardinal Fleury, dat\u00e9e de Lyon du 9 ao\u00fbt 1742. Le principal est \u00e9videmment la question protestante. \u00ab&nbsp; Plus de la moiti\u00e9 de ma ville \u00e9piscopale ne fait aucun exercice de la religion catholique, de m\u00eame qu&rsquo;une grande partie du reste de mon dioc\u00e8se\u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 11<\/a>). C&rsquo;est autour de cette question que notre \u00e9v\u00eaque, rempli d&rsquo;un z\u00e8le extr\u00eame pour la d\u00e9fense de l&rsquo;orthodoxie a concentr\u00e9 toute son activit\u00e9 pendant au moins vingt ans.<br>Il pensa qu&rsquo;une des causes principales de l&rsquo;impuissance des catholiques en face des protestants \u00e9tait la pr\u00e9sence dans les paroisses des mauvais pr\u00eatres, dont il a \u00e9t\u00e9 question dans le chapitre pr\u00e9c\u00e9dent. Ces mauvais pr\u00eatres sont, dit-il, \u00e9trangers au dioc\u00e8se et cela faute d&rsquo;un coll\u00e8ge ou d&rsquo;un s\u00e9minaire. Pour r\u00e9duire l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie, il faut d&rsquo;abord am\u00e9liorer dans le dioc\u00e8se le recrutement sacerdotal. Nous ne reviendrons ni sur l&rsquo;\u00e9tendue du mal ni sur l&rsquo;efficacit\u00e9 des rem\u00e8des pr\u00e9conis\u00e9s. Rappelons que les efforts de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque favoris\u00e9s par sa longue pr\u00e9sence \u00e0 Die et son esprit de suite permirent au nombre de pr\u00eatres originaires du dioc\u00e8se de passer de 26 \u00e0 50 En 1790 l&rsquo;avenir \u00e9tait assur\u00e9 de ce c\u00f4t\u00e9, tellement que l&rsquo;\u00e9lan reprendra tr\u00e8s vite apr\u00e8s la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire.<br>En attendant d&rsquo;avoir de bons pr\u00eatres, il fallait ch\u00e2tier les mauvais. Il s&rsquo;y employa avec \u00e9nergie.<br>Louis Thibon, cur\u00e9 de Volvent fut suspendu pour mauvaises m\u0153urs, condamn\u00e9 \u00e0 un an de grand s\u00e9minaire \u00ab&nbsp; pour y reprendre l&rsquo;esprit de son \u00e9tat \u00bb, et aux d\u00e9pens.<br>Aubert, cur\u00e9 de la Roche Saint-Secret fut suspendu aussi et longuement emprisonn\u00e9. Guirand de Chastel-Arnaud dut changer de b\u00e9n\u00e9fice pour \u00e9viter de plus graves m\u00e9comptes. Gilly subit le sort d&rsquo;Aubert. Disparut du dioc\u00e8se le triste Blayer de Beaumont en 1767, apr\u00e8s Sembl\u00e2t, cur\u00e9 de Saint-Benoit, en 1753, et Mazet, de Barnave, en 1744.<br>Dans son \u0153uvre de r\u00e9pression l\u2019\u00e9v\u00eaque montra, il faut le reconna\u00eetre, une certaine souplesse. Le tribunal de l&rsquo;officialit\u00e9 fonctionnait comme \u00e0 regret. Il fallait plusieurs plaintes pour \u00e9mouvoir la justice eccl\u00e9siastique. La premi\u00e8re restait lettre morte, puis apr\u00e8s v\u00e9rifications et auditions de t\u00e9moins le d\u00e9linquant recevait un avertissement.<br>Ainsi Pascal, cur\u00e9 de Ravel, re\u00e7ut, en 1769, la lettre suivante, du vicaire g\u00e9n\u00e9ral Arnaud.<br>\u00ab&nbsp; Il m&rsquo;est revenu, monsieur, depuis longtemps par une voie s\u00fbre que vous aviez pr\u00eat\u00e9 par obligation des sommes assez consid\u00e9rables dont vous exigiez des int\u00e9r\u00eats. Je suis parfaitement. instruit. Cette nouvelle m&rsquo;a beaucoup afflig\u00e9 et me fait craindre de plus en plus pour vous. Je vous prierois de bien vouloir mettre ordre incessamment \u00e0 ce d\u00e9r\u00e8glement qui est si sagement combattu par les voix de l&rsquo;Eglise et si oppos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9dification publique et \u00e0 l&rsquo;honneur de votre minist\u00e8re. \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 12<\/a>)<br>Au cas o\u00f9 le cur\u00e9 persistait, on lui demandait de changer de b\u00e9n\u00e9fice avant tout scandale. En cas de refus, il \u00e9tait interrog\u00e9 apr\u00e8s une instruction serr\u00e9e. Aubert eut ainsi \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 106 questions. Dans son proc\u00e8set certains autres l&rsquo;audition des t\u00e9moins et l&rsquo;interrogatoire sont renouvel\u00e9s deux \u00e0 trois fois avant qu&rsquo;intervienne un jugement. Quelquefois l&rsquo;\u00e9v\u00eaque demandait conseil avant d&rsquo;agir.<br>Un pr\u00eatre de l&rsquo;ordre de Saint-Antoine se conduisant mal dans sa paroisse, il demanda \u00e0 l&rsquo;agence g\u00e9n\u00e9rale du clerg\u00e9 \u00e0 Paris s&rsquo;il \u00e9tait \u00ab&nbsp; fond\u00e9 \u00e0 luy faire signifier un acte portant r\u00e9vocation de ses pouvoirs avec d\u00e9fense d&rsquo;exercer plus longtemps les fonctions curiale \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 13<\/a>) et s&rsquo;il pouvait pourvoir un b\u00e9n\u00e9fice d\u00e9pendant de cet ordre.<br>Sa prudence ne lui \u00e9pargna pas de s\u00e9rieux m\u00e9comptes de la part de pr\u00eatres retors, qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;expulser du dioc\u00e8se ou d&rsquo;\u00e9vincer lors de certaines vacances. De ces m\u00e9comptes nous ne voulons exag\u00e9rer ni le nombre ni la port\u00e9e, mais ils sont tr\u00e8s caract\u00e9ristiques des m\u0153urs de l&rsquo;\u00e9poque.<br>Ainsi les archives de l&rsquo;officialit\u00e9 sont pleines de l&rsquo;affaire Aubert (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 14<\/a>). Rien n&rsquo;y manque : requ\u00eates, enqu\u00eates, interrogatoires, contre-enqu\u00eates. Le cur\u00e9 fut emprisonn\u00e9, rel\u00e2ch\u00e9 puis frapp\u00e9 d&rsquo;interdit le 15 novembre 1769, invit\u00e9 \u00e0 d\u00e9missionner dans les six mois, condamn\u00e9 \u00e0 deux mois de s\u00e9minaire pendant lesquels il je\u00fbnerait les mercredi, vendredi et samedi et r\u00e9citerait ces jours-l\u00e0 les sept psaumes de la p\u00e9nitence et les litanies des Saints, t\u00eate nue et \u00e0 genoux.<br>Le cur\u00e9 n&rsquo;avait pas avou\u00e9, mais les faits paraissaient bien \u00e9tablis et l&rsquo;\u00e9v\u00eaque avait la conscience tranquille.<br>Brusquement tout fut remis en question. Aubert ayant requis \u00e0 l&rsquo;archev\u00each\u00e9 \u00e0 Vienne les 7 janvier, 22 et 25 juin 1770, sa requ\u00eate fut accept\u00e9e. L&rsquo;officialit\u00e9 archi\u00e9piscopale lui donna raison le 7 juillet, stigmatisant les calomnies dont il avait \u00e9t\u00e9 victime et le r\u00e9tablissant dans ses fonctions sacerdotales \u00e0 la Roche-St-Secret m\u00eame. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque dut en sus lui restituer 59 l. 6 sols re\u00e7us pour le papier timbr\u00e9 et le travail fourni par 4 scribes pendant 18 jours (!). Plus curieux encore, lui parvint en m\u00eame temps une lettre ; une lettre ironique et m\u00e9prisante, dont nous ne sommes point s\u00fbr qu&rsquo;elle soit d&rsquo;Aubert, malgr\u00e9 la suscription formelle mais dont la pr\u00e9sence dans les archives montre qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 au moins lue et conserv\u00e9e avec les pi\u00e8ces du proc\u00e8s. Le rouge de la col\u00e8re dut monter au front du pr\u00e9lat.<br>Il avait plu \u00e0 la malice des ennemis d&rsquo;Aubert et \u00e0 un promoteur fanatique de trouver mauvais qu&rsquo;il f\u00fbt p\u00e8re, et voici aussit\u00f4t : \u00ab&nbsp; Votre officiai et quelques ben\u00eats aussi sots que votre promoteur de prononcer contre moi une sentence qui semble avoir \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par les imb\u00e9ciles p\u00e8res du concile de Trente \u00bb.<br>De cela, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque n&rsquo;est pas responsable, mais Aubert lui demande de convenir combien il a eu au moins raison d&rsquo;en appeler. Il avait pens\u00e9 au Parlement, mais par une \u00e9trange incons\u00e9quence, le Parlement qui n&rsquo;a pas re\u00e7u les d\u00e9crets du concile de Trente les fait ex\u00e9cuter \u00e0 propos du mariage des pr\u00eatres. Restaient les juges de Vienne qui au moins le blanchirent \u00ab&nbsp; comme la neige \u00bb. Et il est revenu dans sa paroisse. On d\u00e9serte sa messe, on va m\u00eame au pr\u00eache. Ces imb\u00e9ciles se s\u00e9pareraient de l&rsquo;Eglise si l&rsquo;on n&rsquo;y veillait et pour les en emp\u00eacher il faut absolument r\u00e9gulariser sa situation. Il demande donc dispense pour se marier, dispense des trois bans (!) et commission pour le cur\u00e9 de Montjoux \u00ab&nbsp; qui scait comme se marient les pr\u00eatres \u00bb.<br>Ordre sera donn\u00e9 et affich\u00e9 \u00e0 la porte de l&rsquo;\u00e9glise d\u2019assister \u00e0 son mariage et \u00e0 sa messe.<br>\u00ab&nbsp; Vous pr\u00e9viendrez par l\u00e0 la perte de bien d&rsquo;\u00e2mes, et le suppliant continuera ses voeux pour la sant\u00e9 et la prosp\u00e9rit\u00e9 de votre Grandeur \u00bb.<br>Le ton de la lettre est calme ; l&rsquo;accus\u00e9 plaide sa cause comme si elle \u00e9tait normale, tellement qu&rsquo;on se demande si un pr\u00eatre m\u00eame coupable mais sain d&rsquo;esprit, peut en arriver \u00e0 soutenir de tels propos. Aubert aurait-il bien joui de toutes ses facult\u00e9s ?<strong> <\/strong>(<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 15<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Quoiqu&rsquo;il en soit l&rsquo;\u00e9v\u00eaque re\u00e7ut bien la lettre ; il dut bien rembourser de l&rsquo;argent \u00e0 Aubert qui resta \u00e0 la Roche-Saint-Secret, tout \u00e0 fait tranquille jusqu&rsquo;\u00e0 sa d\u00e9pr\u00eatrisation en 1794. Il ne reparut pas au Concordat.<br>Moins ahurissante, mais aussi caract\u00e9ristique fut l&rsquo;affaire Buissonnier. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un pr\u00eatre d\u00e9sireux de s&rsquo;introduire dans le dioc\u00e8se malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque.<br>Le tr\u00e8s vieux et pieux Wamberkel, cur\u00e9 du Monetier de Clermont, avait, en 1781, r\u00e9sign\u00e9 sa cure en faveur du sacristain du pays, Pierre Buissonnier, du dioc\u00e8se d&rsquo;Autun, auquel depuis quatre ou cinq ans l&rsquo;\u00e9v\u00eaque avait r\u00e9voqu\u00e9 tout pouvoir pour conf\u00e9rer les sacrements. Naturellement, il refusa le visa. Buissonnier se pourvut inutilement en Cour de Rome, puis \u00e0 Grenoble. Apr\u00e8s trois nouveaux refus de visa de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, le Parlement lui permit cependant de prendre possession civile en juin 1781. Ceci fait, il continua ses d\u00e9marches. Vienne se r\u00e9cusa, puis le Parlement le renvoya \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque le plus ancien de la province, celui de Valence qui refusa aussi le visa.<br>Buissonnier entreprit alors une action en r\u00e8gle devant la Grande Chambre du Parlement de Grenoble o\u00f9 il y eut partage de voix ; la Tournelle trancha en sa faveur et commit deux conseillers-clercs pour transmettre les pouvoirs curiaux, puis sur un refus de leur part un chanoine de Grenoble. On \u00e9tait au 31 ao\u00fbt 1783.<br>Depuis six mois d\u00e9j\u00e0 Plan des Augiers avait \u00e9crit \u00e0 l&rsquo;Agence g\u00e9n\u00e9rale du clerg\u00e9 : \u00ab\u00a0 Cet intrus gouverne publiquement une paroisse, exerce toutes les fonctions curiales en vertu de la puissance s\u00e9culi\u00e8re, sans nul concours die la puissance eccl\u00e9siastique. Un pareil attentat ne seroit peut-\u00eatre pas souffert en Angleterre. Mon dioc\u00e8se. Monseigneur, est rempli de religionnaires. Je ne scaurois vous exprimer jusqu&rsquo;\u00e0 quel point va le scandale ; les sacrements sont journellement profan\u00e9s et le salut des \u00e2mes est plus qu&rsquo;en danger \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 16<\/a>)<br>Le Conseil du roi lui-m\u00eame intervint fin 1783 pour casser l&rsquo;ordonnance du Parlement et d\u00e9fendre \u00e0 Buissonnier de \u00ab\u00a0 prendre le titre de cur\u00e9 de Monetier de Clermont \u00bb, mais sans succ\u00e8s, puisque Vignon, son successeur, &lsquo;ne fut nomm\u00e9 qu&rsquo;en 1786. Dans sa lutte, l&rsquo;intrus avait tenu en respect deux \u00e9v\u00eaques, un archev\u00eaque, le Pape et le Roi.<br>Nous ne connaissons pas la port\u00e9e exacte de ces incidents, mais ils ne pouvaient que nuire au clerg\u00e9.<br>Parfois arrivait au palais \u00e9piscopal un pr\u00eatre inconnu porteur d&rsquo;un dipl\u00f4me de gradu\u00e9 ou d&rsquo;un acte de collation pour tel b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 charge d&rsquo;\u00e2me vacant, acte sign\u00e9 du prieur, du vice-l\u00e9gat d&rsquo;Avignon ou de la Cour de Rome (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 17<\/a>).<br>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque d\u00e9testait ces visites impr\u00e9vues et il le montrait en manifestant quelque humeur et en refusant de s&rsquo;engager en quoi que ce f\u00fbt.<br>Ainsi \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Pierre Chauvet, venant du dioc\u00e8se de Gap, d\u00e9sign\u00e9 par les chanoines de Die pour Chichilianne.<br>Monseigneur \u00ab\u00a0 auroit pris l&rsquo;acte. et l&rsquo;auroit mis sur la corniche de la chemin\u00e9e. M. Pierre Chauvet lui auroit dit : Pour lors quand voulez vous, Monseigneur que je revienne ?<br>A quoi mondit seigneur auroit r\u00e9pondu : Je n&rsquo;en s\u00e7ai rien.<br>Ledit sieur Chauvet se seroit encore pr\u00e9sent\u00e9 aujourd&rsquo;huy. et auroit trouv\u00e9 sa grandeur, laquelle il auroit suppli\u00e9e de nouveau d&rsquo;accorder la susdite institution canonique. \u00e0 quo mondit seigneur auroit r\u00e9pondu : J&rsquo;examinerai, et voil\u00e0 ma r\u00e9ponse \u00bb.<br>Chauvet n&rsquo;insista pas, mais quelques ann\u00e9es auparavant Beno\u00eet Bodin avait pouss\u00e9 les choses plus loin. Beno\u00eet Bodin, clerc r\u00e9sidant \u00e0 Valence en 1750 n&rsquo;\u00e9tait pas un mauvais pr\u00eatre loin de l\u00e0, mais il eut la maladresse de croire que l&rsquo;\u00e9v\u00eaque serait dispos\u00e9 \u00e0 lui donner \u00e0 lui, d\u00e9butant, parce que gradu\u00e9, la cure de la Chapelle-en-Vercors, vacante en octobre 1749. A Die il fit sonner tr\u00e8s haut ses titres, mais se heurta \u00e0 un refus malgr\u00e9 cinq d\u00e9marches.<br>Exc\u00e9d\u00e9 pourtant, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque lui fit subir l&rsquo;examen. Bodin alors fit le jeu de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque : bless\u00e9 d&rsquo;\u00eatre interrog\u00e9 \u00e0 Die parce qu&rsquo;\u00ab\u00a0 ayant \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 capable par l\u2019Universit\u00e9 de Valence, (cela) porte \u00e0 croire qu&rsquo;il l&rsquo;est en effet \u00bb(<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 18<\/a>), il r\u00e9pondit \u00e0 tort et \u00e0 travers, se moquant de ses juges (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 19<\/a>).<a href=\"https:\/\/histoire-et-patrimoine-aoustois.fr\/fr\/rb\/322454\/relations-des-cures-avec-leurs-paroissiens-dans-le-diocese-de-die-sous-lancien-regime#lascene\"><\/a><br>Il fut refus\u00e9, mais obtint possession civile du s\u00e9n\u00e9chal de Valence. Le cur\u00e9 de la Chapelle ne se d\u00e9barrassa de lui qu&rsquo;en lui reconnaissant par devant la cour de Rome 450 livres annuelles. Il arriva m\u00eame que des collateurs diff\u00e9rents eussent chacun leur candidat. Entre 1766 et 1767, il y eut une lutte pour la cure de la Chapelle-en-Vercors, l&rsquo;une des meilleures du dioc\u00e8se, entre Roux pourvu par Rome et Bontoux, cur\u00e9 d&rsquo;Aouste, candidat de la vice l\u00e9gation d&rsquo;Avignon.<br>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque dut montrer quelque pr\u00e9f\u00e9rence pour Roux, l\u00e9gitimement d&rsquo;ailleurs. Bontoux, quoique d\u00e9j\u00e0 cur\u00e9, demanda pour \u00eatre parfaitement en r\u00e8gle, \u00e0 subir l&rsquo;examen, mais en pr\u00e9vision d&rsquo;un \u00e9chec prit possession civile quinze jours auparavant. Il fut d\u00e9clar\u00e9 inapte par les examinateurs et se d\u00e9sista finalement moyennant le remboursement de 800 livres de frais.<br>Bontoux, homme processif et agit\u00e9, d\u00e9missionna un peu plus tard pour aller aux Antilles, puis revint \u00e0 Aouste qu&rsquo;il quitta encore. Quand son successeur Malsang mourut en 1772, il voulut venir une troisi\u00e8me fois et se fit pr\u00e9senter par Gaillardon, chanoine et prieur, contre Roux de la Mazeli\u00e8re, candidat de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque qui d\u00e9niait au prieur tout pouvoir en mati\u00e8re de collation. De nouveau il demanda \u00e0 subir l&rsquo;examen, ce qui lui fut accord\u00e9 puisque r\u00e9glementaire, mais le lendemain du jour o\u00f9 la cure avait \u00e9t\u00e9 officiellement occup\u00e9. Sans doute refus\u00e9 pour insuffisance, il prit possession civile et obtint cette fois devant le Parlement de Grenoble, 200 livres de dommages et int\u00e9r\u00eats.<br>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque dut faire annuler par le Conseil d&rsquo;Etat un arr\u00eat qui portait atteint \u00e0 son prestige (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 20<\/a>)<br>Il est vraiment pitoyable que de telles affaires aient pu \u00eatre possibles. Le fait que l\u00e9galement le pouvoir civil puisse intervenir dans les nominations \u00e9tait une atteinte permanente au bon sens et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;Eglise. En effet, deux voies s&rsquo;offraient pour acc\u00e9der \u00e0 un b\u00e9n\u00e9fice : obtenir l&rsquo;appui de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, ou faire agir les autorit\u00e9s civiles, s\u00e9n\u00e9chal, procureur fiscal du baillage, Parlement. Ignorantes des subtilit\u00e9s juridiques, les populations ne durent voir que d\u00e9sordre dans la dizaine de possessions civiles qui eurent lieu de 1750 \u00e0 1789.<br>L&rsquo;\u00e9v\u00eaque devait ainsi de par la complexit\u00e9 du droit eccl\u00e9siastique et des \u00e9dits royaux traiter d&rsquo;\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal avec des sujets ind\u00e9sirables ou violents ou insolents et pleins de morgues. Ses r\u00e9sistances pour rester ma\u00eetre du recrutement de son clerg\u00e9 \u00e9taient ill\u00e9gales ; interpr\u00e9t\u00e9es comme des signes de mauvaise volont\u00e9.<br>Comme il choisit, en 1786, au d\u00e9triment de Buis, Salabelle, cur\u00e9 de Saint-Benoit, pour la cure de Marignac, Buis, vicaire \u00e0 Saint-Baudille, protesta aussit\u00f4t : \u00ab\u00a0 Ce pr\u00e9lat qui veut retenir tous les b\u00e9n\u00e9fices de son dioc\u00e8se dans sa disposition \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 21<\/a>) a refus\u00e9, dit-il, de lui donner la cure sans aucun motif. Il passera l&rsquo;examen dans trois semaines ? Mais ce laps de temps est trop long ! Champey, le r\u00e9sidant, est malade, il va mourir. Or \u00ab\u00a0 la conduite de Monsieur l&rsquo;Ev\u00eaque manifeste. ses intentions de (lui) faire jeu de (son) droit. En effet l&rsquo;article douze de l&rsquo;\u00e9dit du .mois de d\u00e9cembre 1691 exige que les pourvus de b\u00e9n\u00e9fice par d\u00e9mission en la vice-l\u00e9gation d&rsquo;Avignon qui auront diff\u00e9r\u00e9 de prendre possession dans le mois du jour de leurs provisions soient tenus de prendre ladite possession deux jours avant le d\u00e9c\u00e8s du r\u00e9signant. il ne d\u00e9pend pas des \u00e9v\u00eaques sous pr\u00e9texte de refus de visa ou de d\u00e9lay pour les accorder d&rsquo;exposer le pourvu \u00e0 la perte de son droit \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 22<\/a>).<br>Bl\u00e2merons-nous Buis si ses droits \u00e9taient formels ? ou bl\u00e2merons-nous l&rsquo;\u00e9v\u00eaque qui s&rsquo;effor\u00e7ait ill\u00e9galement de mettre de l&rsquo;ordre dans un chaos ? L&rsquo;\u00e9poque \u00e9tait dure o\u00f9 chacun dans une l\u00e9gislation s\u00e9culaire pouvait toujours extraire un texte lui accordant ce qu&rsquo;il demandait (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 23<\/a>).<br>Avoir de bons pr\u00eatres, c&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment enrayer la propagande protestante ; mais il fallait songer aussi \u00e0 la r\u00e9pression. En 1742, l&rsquo;activit\u00e9 des protestants du dioc\u00e8se et d&rsquo;ailleurs \u00e9tait extr\u00eame. Ils profitaient des embarras de la guerre de succession d&rsquo;Autriche pour tenter de recouvrer leurs libert\u00e9s. Assembl\u00e9es du d\u00e9sert, comprenant des milliers de participants, mariages clandestins, cat\u00e9chismes faits aux enfants, tout contribuait \u00e0 ranimer la foi ancienne de ces \u00ab\u00a0 nouveaux convertis \u00bb \u00e0 bon droit suspects au clerg\u00e9. Avec un pr\u00e9lat tr\u00e8s consciencieux et assez peu souple pour \u00eatre en avance sur son temps, les relations avec les protestants devaient \u00eatre fatalement mauvaises, et elles le furent en effet. La question protestante pouvait recevoir diverses solutions suivant que l&rsquo;on songeait \u00e0 r\u00e9duire l&rsquo;h\u00e9r\u00e9sie compl\u00e8tement, ou \u00e0 instaurer la paix par un modus vivendi convenable. Il s&rsquo;agissait de savoir au fond ce qui serait le plus favorable aux int\u00e9r\u00eats de la religion de convertir l&rsquo;adversaire de gr\u00e9 ou de force ou de vivre en bonne intelligence avec lui. La lutte avait \u00e9t\u00e9 trop chaude pour que cette derni\u00e8re fa\u00e7on de voir soit unanimement adopt\u00e9e. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque \u00e9tait de ceux qui demandaient un seul troupeau et un seul pasteur ; il le voulait par pi\u00e9t\u00e9, par autoritarisme, par d\u00e9sir d&rsquo;ob\u00e9issance aux ordres du Roi et plus simplement par besoin d&rsquo;agitation.<br>Il essaya \u00e0 la fois de convertir les adultes et de faire pression sur les tout jeunes gens en les \u00e9cartant de leur famille, et cela avec le concours des autorit\u00e9s civiles (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 24<\/a>).<br>D\u00e8s 1744, apr\u00e8s la guerre de succession d&rsquo;Autriche, Die devint le centre de la r\u00e9pression arm\u00e9e, sous les ordres de Jean-Fran\u00e7ois d&rsquo;Audiffred, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral des gardes.<br>lorraines. Il y eut une s\u00e9rie d&rsquo;arrestations et d&rsquo;ex\u00e9cutions auxquelles l&rsquo;\u00e9v\u00eaque dut contribuer en communiquant de pr\u00e9cieux renseignements. Il paya lui-m\u00eame de sa personne : il alla \u00e0 Mens en 1748, assister \u00e0 la cl\u00f4ture d&rsquo;une mission, recevoir six abjurations, et fonder une \u00e9cole ; il r\u00e9clama un coll\u00e8ge pour Die et y favorisa la pr\u00e9sence d&rsquo;un j\u00e9suite occup\u00e9 uniquement d&rsquo;apostolat. Mais le meilleur \u00e0 ses yeux fut encore d&rsquo;\u00e9lever les enfants dans l&rsquo;orthodoxie, malgr\u00e9 les parents. En cela il n&rsquo;innova point d&rsquo;ailleurs, mais \u00e9leva ce moyen \u00e0 la hauteur d&rsquo;une v\u00e9ritable institution.<br>Les maisons o\u00f9 les jeunes protestants pouvaient \u00eatre enferm\u00e9s \u00e9taient, pour les hommes l&rsquo;h\u00f4pital de Die et la maison de la Propagation de la Foi \u00e0 Sainte-Croix, et pour les femmes le couvent des Ursulines de Die et la Visitation de Crest. Ces \u00e9tablissements regorg\u00e8rent rapidement de jeunes gens et de jeunes filles qui grandissaient en. perdant contact avec leur famille, s&rsquo;impr\u00e9gnaient des v\u00e9rit\u00e9s de la religion, acqui\u00e8raient quelques rudiments d&rsquo;instruction et un vague m\u00e9tier. Ceci dura quelques ann\u00e9es, puis le pr\u00e9lat sentit se ralentir son succ\u00e8s avant d&rsquo;aboutir au m\u00e9compte le plus grave de toute sa carri\u00e8re.<br>C&rsquo;est qu&rsquo;il n&rsquo;avait tenu aucun compte de quelques donn\u00e9es fondamentales du probl\u00e8me : d&rsquo;abord le nombre de protestants atteints \u00e9tait infime \u00e0 cette \u00e9poque de familles nombreuses, ensuite le proc\u00e9d\u00e9 parut rapidement critiquable, voire cruel, et surtout le concours des autorit\u00e9s cessa d\u00e8s qu&rsquo;elles y virent un int\u00e9r\u00eat politique. Apr\u00e8s dix ans de luttes, la mar\u00e9chauss\u00e9e se lassa de courir bois et rochers et de traquer les assembl\u00e9es au d\u00e9sert.<br>D\u00e8s 1757 l&rsquo;on prit l&rsquo;habitude de condamner par contumace. L&rsquo;intendant r\u00e9pugna bien vite \u00e0 mettre des gendarmes \u00e0 la disposition de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque pour arracher \u00e0 des familles honorables et inoffensives des enfants dont il lui importait peu qu&rsquo;ils soient catholiques ou protestants. Ces proc\u00e9d\u00e9s faisaient de plus en plus horreur aux deux partis et le gouvernement se discr\u00e9ditait sans profit, en un temps ou les imp\u00f4ts par suite de la guerre de Sept ans lui assuraient d\u00e9j\u00e0 une large impopularit\u00e9.<br>De ces maisons, Lucrecius Sibeud, de Die, fils d&rsquo;un subd\u00e9l\u00e9gu\u00e9, dit express\u00e9ment dans un rapport de 1762 qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas humain de maintenir dans des couvents des enfants arrach\u00e9s de force \u00e0 leur famille. Les r\u00e9sultats obtenus \u00e9taient d\u00e9plorables : parvenus \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;homme et poss\u00e9dant un m\u00e9tier, de grands paresseux ne voulaient plus sortir. Les plus vaillants n&rsquo;envisageaient pas sans r\u00e9pugnance l&rsquo;id\u00e9e de s&rsquo;\u00e9tablir n&rsquo;importe o\u00f9, et sans crainte celle de retourner parmi leurs anciens co-religionnaires.(<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 25<\/a>).<br>Plus l&rsquo;\u00e9v\u00eaque marquait de z\u00e8le, plus on \u00e9tait dur \u00e0 la d\u00e9tente. Faute de pouvoir interner tout le monde, il fallait faire un choix, forc\u00e9ment arbitraire. L&rsquo;intendant de la Porte s&rsquo;en \u00e9tant aper\u00e7u en prit pr\u00e9texte pour brider le pr\u00e9lat. Il obtint du ministre que les troupes ne marchassent plus sur un simple ordre de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, bais \u00ab\u00a0 qu&rsquo;il s&rsquo;adresserait \u00e0 MM. les commandants, premier pr\u00e9sident ou intendant; leur exposerait les motifs qui le porterait \u00e0 d\u00e9sirer que les enfants fussent enferm\u00e9s et que ceux-ci, d&rsquo;apr\u00e8s la v\u00e9rification qu&rsquo;ils en auroient faites donneroient les ordres pour amener les enfants dans la Maison de la Propagation lorsque la qualit\u00e9 des parties et les circonstances leur para\u00eetroit l&rsquo;exiger \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 26<\/a>).<br>Plan des Augiers se le tint d&rsquo;abord pour dit, puis essaya de tourner la difficult\u00e9 en faisant \u00e9crire un vicaire g\u00e9n\u00e9ral qui demandait une autorisation de principe \u00ab\u00a0 pour faciliter l&rsquo;entr\u00e9e de quelques enfants\u00bb dont M. Malsang dirait les noms un peu plus tard. Le subd\u00e9l\u00e9gu\u00e9 refusa tout net, \u00e0 la suite de quoi l&rsquo;intendant eut avec l&rsquo;\u00e9v\u00eaque une explication \u00ab\u00a0 pour le ramener \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution des conditions auxquelles il a \u00e9t\u00e9 promis que S. M. interposeroit son autorit\u00e9 \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 27<\/a>).<br>Irrit\u00e9, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque d\u00e9clara \u00e0 qui voulait l&rsquo;entendre que puisque le Roi n&rsquo;accordait plus d&rsquo;internements nouveaux, il retiendrait le plus longtemps possibles les sujets d\u00e9j\u00e0 enferm\u00e9s. Il ne r\u00e9ussit qu&rsquo;\u00e0 persuader l&rsquo;intendant qu&rsquo;\u00ab\u00a0 il \u00e9tait moins bien conduit. par un vrai z\u00e8le pour la religion que par l&rsquo;envie d&rsquo;entretenir des \u00e9tablissements qui lui donnent une certaine autorit\u00e9 dans son dioc\u00e8se, et qu&rsquo;il sait faire valoir \u00e0 propos pour vanter aupr\u00e8s des puissances ses pr\u00e9tendus travaux apostoliques. \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 28<\/a>).<br>En fin de compte, la religion n&rsquo;y gagna que quelques sujets douteux de plus, l&rsquo;autorit\u00e9 \u00e9piscopale en sortit diminu\u00e9 et la personne de Plan des Augiers se trouva en butte \u00e0 la haine des protestants et \u00e0 la d\u00e9fiance des autorit\u00e9s civiles.<br>Ses autres initiatives n&rsquo;eurent pis plus de succ\u00e8s. Les fonds demand\u00e9s en 1742 pour le coll\u00e8ge ne vinrent jamais.<br>Son pr\u00e9d\u00e9cesseur avait plac\u00e9 en 1740 7.000 livres sur le clerg\u00e9 pour entretenir deux J\u00e9suites professeurs de latin et le dit Clerg\u00e9 de France accordait b\u00e9n\u00e9volement 300 l.<br>D\u00e8s 1765 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque trembla pour les 300 livres \u00e0 cause de la suppression des J\u00e9suites, mais en 1768, capital et subvention tout avait disparu (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 29<\/a>). Ses protestations furent vaines et il renon\u00e7a d\u00e9sormais \u00e0 toute action \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des protestants.<br>Mais, pourrait-on dire, n&rsquo;y avait-il point \u00e0 Die d&rsquo;autres eccl\u00e9siastiques susceptibles de le soutenir ? Et le chapitre ?<br>H\u00e9las ! la discorde et le malentendu r\u00e9gnaient dans le clerg\u00e9. Le chapitre pas plus que les cur\u00e9s ne t\u00e9moignaient du d\u00e9sir de faire de l&rsquo;apostolat, les cur\u00e9s parce qu&rsquo;ils connaissaient les Protestants bien mieux que l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et songeaient surtout \u00e0 la paix publique, les chanoines par \u00e9go\u00efsme et souci de la conservation de leurs biens. Loin de soutenir l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, le chapitre marqua d&rsquo;autant plus d&rsquo;ind\u00e9pendance qu&rsquo;il sentait plus de m\u00e9fiance \u00e0 son \u00e9gard.<br>Dans le chapitre \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es les meilleures familles nobles et bourgeoises du Dauphin\u00e9 et de Provence : Lagier de Beauregard, Lagier de Pr\u00e9marchand, Fran\u00e7ois-Gaspard d&rsquo;Agoult de Roquefeuil, du dioc\u00e8se d&rsquo;Aix, Dalayer de Costemore, successeur du pieux th\u00e9ologal Modeste de Nantes, Mathieu Agn\u00e8s, Philippe N\u00e9ry, natif de Montmeyran, de Gassendi de Tartonne, futur r\u00e9organisateur du clerg\u00e9 en 1795, Marc-Antoine de Moydieu de Chasse, Gaspard-Alexandre-Daniel de Liautaud de Montauban, etc. etc.<br>Tous \u00e9taient estimables, instruits et de m\u0153urs pures, mais l&rsquo;esprit de corps emp\u00eachait souvent ces qualit\u00e9s de se manifester. Autant les chanoines \u00e9taient avenants et de bonne soci\u00e9t\u00e9, autant le chapitre \u00e9tait violent, processif, et peu z\u00e9l\u00e9. Il \u00e9tait un corps \u00e9tranger dans le dioc\u00e8se, diff\u00e9rent de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, des cur\u00e9s, des moines. Personne ne savait au juste sa raison d&rsquo;\u00eatre, lui except\u00e9 ; il se devait de perp\u00e9tuer avant tout un certain nombre de traditions : ind\u00e9pendance, conservation du temporel, respect de ses pr\u00e9rogatives ; il savait que les \u00e9v\u00eaques passent et que les chapitres restent et en tirait beaucoup d&rsquo;orgueil et peu de pi\u00e9t\u00e9.<br>Or, dans une ville comme Die, il n&rsquo;y avait pas place pour un chapitre t\u00eatu et un pr\u00e9lat ind\u00e9pendant. Dans son besoin de dominer, Plan des Augiers entendit nommer les cur\u00e9s des paroisses dont le chapitre \u00e9tait d\u00e9cimateur et prieur.<br>Il refusa le visa \u00e0 cinq candidats sur six pr\u00e9sent\u00e9s. Il intervint \u00e0 l&rsquo;occasion dans les collations des pr\u00e9bendes dont, deux notamment donn\u00e8rent lieu \u00e0 de ces luttes scandaleuses caract\u00e9ristiques de l&rsquo;incoh\u00e9rence juridique de la lin de l&rsquo;ancien R\u00e9gime.<br>En 1763 s&rsquo;affront\u00e8rent pour succ\u00e9der \u00e0 Lagier de Beauregard Gresse de Gap, Chavasse, cur\u00e9 d&rsquo;Eygluy, Petit, de Valence et Lagier Desfaures, de Die, comme gradu\u00e9s, inscrits sur la liste pour la premi\u00e8re pr\u00e9bende vacante, ensuite Lagier de Vaugelas comme petit-neveu du r\u00e9signataire, et Barth\u00e9l\u00e9my, d\u00e9j\u00e0 chanoine \u00e0 Grenoble.<br>Chacun cherchait un protecteur. Le petit-neveu avait Rome, Chavasse et Petit furent successivement nomm\u00e9s par le chapitre au hasard des influences. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque annula la nomination de Petit au profit de Gresse. Petit fut renomm\u00e9. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque r\u00e9pliqua en d\u00e9signant Chavasse et un vicaire g\u00e9n\u00e9ral instaura Lagier-Desfaures. Le chapitre finit par gagner avec Barth\u00e9l\u00e9my.<br>Chacun ,de ces candidats s&rsquo;affront\u00e8rent de nouveau \u00e0 qui obtiendrait la pr\u00e9bende th\u00e9ologale de M. de Nantes.<br>Il y eut lutte entre huit gradu\u00e9s ; le chapitre nomma un neuvi\u00e8me personnage, l&rsquo;\u00e9v\u00eaque un dixi\u00e8me, puis un onzi\u00e8me, Dalayer de Costemore, qui l&#8217;emporta en m\u00eame temps que Chavasse recevait un canonicat cr\u00e9\u00e9 sp\u00e9cialement \u00e0 son intention. La premi\u00e8re bagarre avait dur\u00e9 un an, la deuxi\u00e8me dix huit mois.<br>Les querelles de pr\u00e9s\u00e9ance furent graves, comme toujours avant la R\u00e9volution. En 1768, \u00e0 la mort de la Reine, des pri\u00e8res publiques furent ordonn\u00e9es, notamment un service solennel \u00e0 la cath\u00e9drale. Le chapitre \u00e9leva aussit\u00f4t trois objections : \u00e0 savoir qui paierait le catafalque, si les chanoines accompagneraient ou non le pr\u00e9lat de son domicile \u00e0 la cath\u00e9drale et inversement, et comment seraient r\u00e9gl\u00e9s diff\u00e9rents d\u00e9tails liturgiques. De vives r\u00e9pliques furent \u00e9chang\u00e9es ; mais les chanoines n&rsquo;avaient peur de personne.<br>\u00ab\u00a0 On n&rsquo;h\u00e9sita pas m\u00eame, dit l&rsquo;\u00e9v\u00eaque \u00e0 Choiseul, \u00e0 me menacer de vous, Monsieur le Duc, de signification d&rsquo;actes et du Parlement o\u00f9 (ils) pr\u00e9tendent avoir des parents qui ont r\u00e9sist\u00e9 aux ministres et culbut\u00e9 les commandants de la province \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 30<\/a>). L&rsquo;\u00e9v\u00eaque coupa court \u00e0 tout en officiant dans une autre \u00e9glise et se fit donner raison sur le fond par le Conseil d&rsquo;Etat. N&rsquo;importe, comme dit l&rsquo;\u00e9v\u00eaque un peu plus tard \u00ab\u00a0 certains \u00e9clats par les eccl\u00e9siastiques surtout dans les petites villes sont toujours f\u00e2cheux pour la religion et influent dans l&rsquo;ordre civil \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 31<\/a>).<br>Des tr\u00eaves ne laissaient pourtant pas d&rsquo;exister quand un danger pressant faisait ressortir les avantages d&rsquo;une entente entre b\u00e9n\u00e9ficiers. Des luttes nouvelles s\u2019engageaient alors sur d&rsquo;autres fronts, desquelles l&rsquo;\u00e9v\u00eaque ne tirait qu&rsquo;une impopularit\u00e9 toujours plus grande. Il se manifesta bruyamment \u00e0 l&rsquo;attention de ses ouailles par un z\u00e8le extr\u00eame pour tout ce qui \u00e9tait argent et cela tout au long de son \u00e9piscopat. Il d\u00e9fendit, bien entendu les int\u00e9r\u00eats de son dioc\u00e8se en mati\u00e8re de d\u00e9gr\u00e8vement de d\u00e9cimes, mais surtout il se battit de 1742 \u00e0 1789 avec une ardeur farouche pour la d\u00e9fense des privil\u00e8ges du clerg\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, des b\u00e9n\u00e9ficiers en particulier et de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Die au premier chef. Son autorit\u00e9 en devait mourir avec son prestige aupr\u00e8s du bas clerg\u00e9 du dioc\u00e8se et des autorit\u00e9s municipales de Die.<br>Quand les prieurs-cur\u00e9s payaient trop de d\u00e9cimes, il faisait remarquer qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas m\u00eame des messes \u00e0 cinq sols d&rsquo;honoraires, que le pays \u00e9tait tr\u00e8s pauvre, qu&rsquo;il n&rsquo;y avait point de casuel (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 32<\/a>). Quand il s&rsquo;agissait d&rsquo;augmenter les portions congrues, il pr\u00e9conisait comme en 1768, un maximum de 400 l. pour les cur\u00e9s et 200 l. pour les vicaires, comme tr\u00e8s suffisant dans les campagnes (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 33<\/a>). Il laissait 2.000 l. sur 17.000, les deux chapitres \u00e9taient ruin\u00e9s, le clerg\u00e9 perdait tout respect aux yeux des populations.<br>Il ne se rendait pas compte que c&rsquo;\u00e9tait tout le contraire et aggrava m\u00eame son cas en d\u00e9plorant am\u00e8rement l&rsquo;augmentation de 1786.<br>Ses relations avec la municipalit\u00e9 et ses proc\u00e8s personnels devaient diminuer plus encore son autorit\u00e9.<br>Avec la municipalit\u00e9 on peut dire qu&rsquo;il y eut inconsciemment scandale de part et d&rsquo;autre, l&rsquo;un se montrant intol\u00e9rant et irascible, les autres prenant un vif plaisir \u00e0 exprimer des th\u00e9ories suspectes sentant de loin la R\u00e9volution. Par le jeu des alliances, les d\u00e9bats s&rsquo;\u00e9largirent m\u00eame jusqu&rsquo;au point de savoir qui l&#8217;emporterait du Roi ou du Parlement, le premier soutenant l&rsquo;\u00e9v\u00eaque et le second le conseil de ville.<br>Les relations furent bonnes d&rsquo;abord. En 1742 un des consuls et l&rsquo;avocat Gache all\u00e8rent \u00e0 Valence \u00e0 la rencontre de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque qui pr\u00eata lors de son entr\u00e9e les serments d&rsquo;usage et re\u00e7ut un tonneau du meilleur vin possible. Mais chacun prit bien vite conscience de ses int\u00e9r\u00eats particuliers et de multiples incidents s&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent presque tous les ans qui finirent par rendre l&rsquo;atmosph\u00e8re irrespirable.<br>Les consuls, les premiers l\u00e9s\u00e8rent indirectement le clerg\u00e9 en interdisant d&rsquo;importer les vins r\u00e9colt\u00e9s hors du territoire de la ville. Sur r\u00e9clamation du doyen du chapitre, ils consentirent \u00e0 une \u00ab\u00a0 d\u00e9rogation \u00bb ; l&rsquo;\u00e9v\u00eaque brouilla aussit\u00f4t les cartes en d\u00e9clarant que c&rsquo;\u00e9tait un \u00ab\u00a0 droit \u00bb. Et les Diois eurent bient\u00f4t l&rsquo;\u00e9tonnement de voir ressusciter quantit\u00e9 de vieilles pratiques f\u00e9odales qui semblaient \u00e0 Plan des Augier, au contraire de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, absolument ins\u00e9parables de la dignit\u00e9 \u00e9piscopale.<br>Il s&rsquo;agissait de lui remettre les lombes des porcs tu\u00e9s dans la ville, un quintal de chandelles et 36 florins de par un acte de 1508 sur l&rsquo;inf\u00e9odation des boucheries ; il devait payer la viande un liard meilleur march\u00e9 que les particuliers. Il pr\u00e9siderait lui-m\u00eame toutes les r\u00e9unions du conseil et nommerait le maire dont il avait achet\u00e9 la charge.<br>On ergota sur ces questions jusqu&rsquo;en 1766, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;application du nouveau r\u00e9gime municipal.<br>Au lieu du r\u00e9gime consulaire, il y avait d\u00e9sormais un maire, deux \u00e9chevins, quatre conseillers nomm\u00e9s par les notables et douze notables nomm\u00e9s par les diff\u00e9rents corps.<br>Le Roi d\u00e9signerait le maire sur une liste de trois noms pr\u00e9sent\u00e9e par les notables. Une mesure d&rsquo;exception (comme toujours sous l\u2019ancien r\u00e9gime) compliqua la situation : le roi donna \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque comme seigneur haut-justicier le droit de nommer le maire, le premier conseiller et un notable.<br>Un premier incident naquit du fait que la ville pour liquider l&rsquo;ancien \u00e9tat de choses avait d\u00fb rembourser \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque la charge de maire qu&rsquo;il poss\u00e9dait, soit 5.400 l. A tort ou \u00e0 raison, elle se crut fond\u00e9e \u00e0 en r\u00e9clamer le remboursement au Roi, mais l&rsquo;\u00e9v\u00eaque qui avait en sa possession les pi\u00e8ces \u00e0 conviction d\u00e9clara les avoir perdues. Les officiers municipaux crurent au contraire qu&rsquo;il d\u00e9sirait leur \u00eatre d\u00e9sagr\u00e9able et entam\u00e8rent \u00e0 ce sujet un proc\u00e8s qui durait encore en 1790.<br>Un peu plus tard ils d\u00e9sir\u00e8rent s&rsquo;affranchir de toutes les marques de respect traditionnelles c&rsquo;est-\u00e0-dire non fond\u00e9es sur des textes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du commandant, du Major, du gouverneur, de l&rsquo;Intendant. et du pr\u00e9lat et n&rsquo;all\u00e8rent point en corps \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 apr\u00e8s leur \u00e9lection.(<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 34<\/a>). Le ministre Choiseul les y contraignit, mais ils revinrent \u00e0 leur r\u00e9volte.<br>On voulut emp\u00eacher aussi les eccl\u00e9siastiques et les nobles de signer les premiers les registres de d\u00e9lib\u00e9ration des assembl\u00e9es des notables.<br>En 1772 aucun des trois candidats pr\u00e9sents ne plut \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00eaque ; de m\u00eame en 1777. La ville protestait. \u00ab\u00a0 (Elle) seroit bien malheureuse si elle n&rsquo;avait pas la libert\u00e9 de se choisir des sujets pour la place du maire \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 35<\/a>). L&rsquo;h\u00f4pital, d\u00e9clara-t-elle en 1771, est mal g\u00e9r\u00e9, il renvoie des malades qui tra\u00eenent dans les rues ; cinq d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s assisteront d\u00e9sormais aux r\u00e9unions du Bureau au palais \u00e9piscopal. Mieux, en 1772, elle se d\u00e9clara seule habilit\u00e9e \u00e0 l&rsquo;administrer en vertu de l&rsquo;acte de fondation de 1427. Mal \u00e0 point pour le clerg\u00e9 \u00e9clata juste \u00e0 ce moment une affaire de captation d&rsquo;h\u00e9ritage compromettant les religieuses hospitali\u00e8res, qui dura jusqu&rsquo;en 1782. L&rsquo;\u00e9v\u00eaque fut encore piqu\u00e9 au vif, quand la ville r\u00e9clama les biens venant du prieur\u00e9 de St-Pierre de l&rsquo;ordre de St-Ruf alors en liquidation. Cela lui fut d&rsquo;autant plus sensible qu&rsquo;\u00e0 la suite de son intervention \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e de clerg\u00e9 de 1762 en faveur du rattachement des biens aux menses \u00e9piscopales, il avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 du rapport au Saint-Si\u00e8ge et que ses conclusions avaient \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es dans la Bulle du 5 f\u00e9vrier 1773.<br>Mais tout cela ne fut que piq\u00fbres d&rsquo;\u00e9pingle \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;affaire du don gratuit. La gravit\u00e9 de cette affaire vient du fait qu&rsquo;y furent battus en br\u00e8che ouvertement les privil\u00e8ges du clerg\u00e9 en mati\u00e8re d&rsquo;imp\u00f4t, au nom de la raison et de la justice.<br>Un \u00e9dit d&rsquo;ao\u00fbt 1758 avait oblig\u00e9 les villes au paiement d&rsquo;un don gratuit, don auquel les eccl\u00e9siastiques, avait d\u00e9clar\u00e9 le Roi le 27 ao\u00fbt 1760, ne participeraient que pour les m\u00eames sommes pay\u00e9es en ex\u00e9cution des \u00e9dits de 1704 et de 1705, concernant les boucheries et les boissons. La ville de Die ne dressa les \u00e9tats de r\u00e9partition qu&rsquo;en 1769 (apr\u00e8s une s\u00e9rie de mauvaises ann\u00e9es) et sur la base de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 fiscale. Puisque la part des bourgeois et nobles d\u00e9pendait de leur capitation, c&rsquo;est-\u00e0-dire de leurs revenus, celle des eccl\u00e9siastiques serait calcul\u00e9e d&rsquo;apr\u00e8s leurs revenus connus (pr\u00e9bendes, baux d&rsquo;affermage, etc.) L&rsquo;\u00e9v\u00eaque prit aussit\u00f4t la t\u00eate du mouvement de protestations. D\u00e9j\u00e0 \u00e0 Crest le clerg\u00e9, brim\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on, avait intent\u00e9 un proc\u00e8s \u00e0 la municipalit\u00e9 et avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9bout\u00e9 par le Parlement en 1767. \u00ab\u00a0 On ne s\u00e7ait trop, dirent les Diois, ce qui doit causer le plus de surprise, la hardiesse d&rsquo;une seconde entreprise aussi injurieuse \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, ou la d\u00e9tresse d&rsquo;une communaut\u00e9 \u00e0 qui l&rsquo;arr\u00eat le plus solennel ne peut pas garantir l&rsquo;ordre et la tranquillit\u00e9 dans la r\u00e9partition et la perception de ses charges publiques \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 36<\/a>). Les la\u00efcs sont impos\u00e9s d&rsquo;apr\u00e8s la capitation de 1759 ; le clerg\u00e9 ne voudrait pas \u00eatre impos\u00e9 d&rsquo;apr\u00e8s son revenu ?<br>Mais \u00ab\u00a0 le principe g\u00e9n\u00e9ral de la loi est l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et l&rsquo;indistinction de contribution par toutes sortes de personnes (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 37<\/a>). \u00ab\u00a0 D&rsquo;o\u00f9 le clerg\u00e9 a-t-il tir\u00e9 le singulier privil\u00e8ge de d\u00e9truire une loi existante par une loi qui n&rsquo;existe pas ? (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 38<\/a>).<br>Les taux d&rsquo;imposition ? 2 1. 4 s. pour 800 livres de revenus \u00ab\u00a0 que le clerg\u00e9 avant de se plaindre commence donc par justifier qu&rsquo;il y a\u00eet un citoyen. qui avec un revenu net de 800 livres soit impos\u00e9 pour une somme moindre de 2 l. 4 s. (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 39<\/a>)<a href=\"https:\/\/histoire-et-patrimoine-aoustois.fr\/fr\/rb\/322454\/relations-des-cures-avec-leurs-paroissiens-dans-le-diocese-de-die-sous-lancien-regime#p13\"><\/a>.<br>L&rsquo;affaire fit un bruit \u00e9norme. La ville eut gain de cause au tribunal de l&rsquo;\u00e9lection \u00e0 Mont\u00e9limar en 1772. Le proc\u00e8s tra\u00eena en appel \u00e0 Grenoble de 1773 \u00e0 1779, tandis qu&rsquo;\u00e0 Die des libelles entretenaient une agitation permanente.<br>Le clerg\u00e9 perdit encore et dut payer les arr\u00e9rages et 2.861 1. de frais. Plan des Augiers partit \u00e0 la cour, fit casser le jugement par un arr\u00eat du Conseil d&rsquo;Etat du 25 janvier 1780, condamnant la communaut\u00e9 au remboursement et aux d\u00e9pens. La ville fit opposition. Le Pr\u00e9lat essaya en vain de se cr\u00e9er une majorit\u00e9 \u00e0 Die, puis proposa un arbitrage en 1782, mais les Diois refus\u00e8rent les propositions du subd\u00e9l\u00e9gu\u00e9. Un nouvel arr\u00eat du Conseil d&rsquo;Etat du 3 mars 1784 exigea alors l&rsquo;ex\u00e9cution du premier et de guerre lasse un maire conciliant r\u00e9gla le conflit le 14 septembre 1784, en promettant d&rsquo;\u00e9tablir l&rsquo;imp\u00f4t en tenant compte des privil\u00e8ges du clerg\u00e9, de payer la moiti\u00e9 des frais, de rembourser le trop per\u00e7u par non-imposition \u00e0 venir. Le m\u00eame jour, on r\u00e9gla aussi quantit\u00e9 de petits litiges en faveur de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque.<br>Cette grande victoire de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque \u00e9tait toute de surface.<br>Un avocat fielleux, Roman de Fonroza, franc-ma\u00e7on et qui devait terminer sur l&rsquo;\u00e9chafaud sa carri\u00e8re de membre juge \u00e0 la Commission d&rsquo;Orange, entretint contre lui une sourde agitation au cours des ann\u00e9es qui suivirent et en 1791, malgr\u00e9 tous les engagements on parlait encore du remboursement de la taille du pr\u00e9 de l&rsquo;officialit\u00e9 et de la capitation dont le pr\u00e9lat pr\u00e9tendait que ses domestiques \u00e9taient exempts, des d\u00e9pens du proc\u00e8s du don gratuit, du montant de la charge de maire, etc. etc. Les bourgeois firent saisir ses biens, mais Plan des Augiers obtint mainlev\u00e9e devant le tribunal de Crest. L&rsquo;affaire tra\u00eena \u00e0 Valence en appel, dans l&rsquo;espoir d&rsquo;un d\u00e9c\u00e8s prochain, qui survint en 1794, date \u00e0 laquelle ses h\u00e9ritiers \u00e9tant \u00e9migr\u00e9s, la ville se paya \u00e0 loisir sur ses biens.<br>Parall\u00e8lement l&rsquo;\u00e9v\u00eaque se brouillait avec des familles fort consid\u00e9r\u00e9es. Une certaine Mademoiselle de Baymac, ni\u00e8ce de Mgr de Cosnac, avait pr\u00eat\u00e9 \u00e0 son oncle 17.000 l. pour construire au profit de l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 un martinet dans le Vercors. Plan des Augiers \u00e0 qui les int\u00e9r\u00eats furent r\u00e9clam\u00e9s en 1742 n&rsquo;admit pas que ce f\u00fbt une dette \u00e9piscopale ; le martinet n&rsquo;avait co\u00fbt\u00e9 que 5.000 l., il ne rapportait rien, M. de Cosnac avait d\u00e9tourn\u00e9 les 17.000 L \u00e0 son profit. Etc\u2026, etc.. Sa mauvaise foi apparut donc insigne d\u00e8s son av\u00e8nement \u00e0 Die. Il eut un proc\u00e8s de 1742 \u00e0 1790, avec les Gallien des Chabons, puis les Chevandier pour la suzerainet\u00e9 de Valdr\u00f4me ; avec M. de Chabrillan pour la terre de Montan\u00e8gre. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie il eut des affaires p\u00e9nibles : en 1791 un nomm\u00e9 Charles Chabert, n\u00e9gociant \u00e0 Romans, lui r\u00e9clama 15.000 l. dont il avait trouv\u00e9 des re\u00e7us sign\u00e9s dans les papiers de son fr\u00e8re Jacques, mort cur\u00e9 de Saint-Martin-le-Colonel. Plan des Augiers dit que l&rsquo;argent lui avait \u00e9t\u00e9 remis pour de bonnes \u0153uvres. Le proc\u00e8s qui suivit se perdit dans la tourmente des ann\u00e9es r\u00e9volutionnaires.<br>Toutes ces affaires et bien d&rsquo;autres encore rendirent l&rsquo;\u00e9v\u00eaque d&rsquo;autant plus antipathique, qu&rsquo;il se posait en victime alors qu&rsquo;il profitait largement des privil\u00e8ges du clerg\u00e9.<br>On lui attribuait en 1789 de 30 \u00e0 40.000 L de revenus sans beaucoup se tromper, puisqu&rsquo;il avait au moins les 17.000 L de son \u00e9v\u00each\u00e9, 4.000 1. sur celui de Saint-Omer depuis 1754 et l&rsquo;abbaye de Longay au dioc\u00e8se de Langres dont l&rsquo;une des forges \u00e9tait afferm\u00e9e seule 8.600 livres.<br>Ainsi au terme de cette revue de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, de 1742 \u00e0 1790, nous avons le triste spectacle de la discorde et de la haine. Son \u0153uvre spirituelle lui avait apport\u00e9 celle des protestants, avec la d\u00e9fiance des pouvoirs publics, son \u0153uvre temporelle avait irrit\u00e9 le bas clerg\u00e9, les bourgeois et les nobles. Nul doute qu&rsquo;il y ait eu des torts de la part des chanoines et des bourgeois : nul doute non plus qu&rsquo;avec un peu plus d&rsquo;adresse et un peu moins d&rsquo;\u00e9go\u00efsme bien des conflits eussent \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9s. Plan des Augiers connaissait mieux les ouvrages de jurisprudence que le c\u0153ur des hommes et ses instincts d&rsquo;avare l&rsquo;amenaient \u00e0 croire trop fermement que le prestige du clerg\u00e9 venait avant tout de sa puissance temporelle. C&rsquo;\u00e9tait servir deux ma\u00eetres sans profit pour aucun ; car la v\u00e9ritable pi\u00e9t\u00e9 est incompatible avec l&rsquo;int\u00e9r\u00eat personnel.<br>Il n&rsquo;e\u00fbt point d\u00fb s&rsquo;\u00e9tonner comme il le faisait en 1777, de l&rsquo;agitation qui r\u00e9gnait dans son clerg\u00e9 : \u00ab\u00a0 l&rsquo;autorit\u00e9 des \u00e9v\u00eaques est aujourd&rsquo;hui si born\u00e9e qu&rsquo;ils ne peuvent que g\u00e9mir sur l&rsquo;inconduite des ministres du second ordre \u00bb (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 40).<\/a><br>Et cette agitation, il eut fallu beaucoup de souplesse pour la localiser ou la faire dispara\u00eetre. Le clerg\u00e9 avait appris le chemin de Grenoble. Il avait commerce de plus en plus avec des juges, des parlementaires, des avocats, il \u00e9tait au courant des faits et gestes des intendants ; des bruits couraient jusque dans les villages les plus recul\u00e9s. Chacun prenait conscience de sa force et se sentait de taille \u00e0 lutter.<br>Le Parlement n&rsquo;\u00e9tait-il pas l\u00e0 qui soutenait les petits ? A d\u00e9faut d&rsquo;affaires personnelles, l&rsquo;on critiquait librement entre eccl\u00e9siastiques l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, l&rsquo;archev\u00eaque, le ministre de la feuille et les moins timides voyaient d\u00e9j\u00e0 confi\u00e9e au bas-clerg\u00e9 la mission de sauver la religion mise en p\u00e9ril par l&rsquo;\u00e9go\u00efsme des pr\u00e9lats.<br>Cet \u00e9tat d&rsquo;esprit est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;un pamphlet violent r\u00e9dig\u00e9 en 1789 par le Sup\u00e9rieur des Ecoles chr\u00e9tiennes de Die et adress\u00e9 \u00e0 M. de Marboeuf, ministre de la feuille (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 41<\/a>).<br>Am\u00e8rement et insolemment, il y fait le proc\u00e8s des nominations r\u00e9centes dans l&rsquo;\u00e9piscopat, puis se retourne contre Plan des Augiers pour en dresser un portrait peu flatteur.<br>\u00ab\u00a0 Depuis longtemps, d\u00e9bute-t-il, je g\u00e9mis, ainsi que tous les honn\u00eates gens des nominations ridicules, scandaleuses, ou r\u00e9voltantes que je vous vois faire en votre qualit\u00e9 de ministre de la feuille, presque toutes les fois qu&rsquo;il vient \u00e0 vaquer lu dignit\u00e9 dans l&rsquo;Eglise gallicane \u00bb. Il esp\u00e9rait que le ministre percevait \u00ab\u00a0 les cris d&rsquo;indignation qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent de toutes parts chaque fois que la liste (des) \u00e9lus devient publique \u2026 \u00bb.<br>&#8230;.Vous \u00eates un des premiers dans l&rsquo;ordre hi\u00e9rarchique,, je le sais, et je suis bien au-dessous du dernier ; vous \u00eates un ministre et je ne suis presque rien dans ce monde ; mais nous sommes \u00e9gaux aux yeux de l&rsquo;Etre supr\u00eame. Vous ne devez pas d\u00e9daigner mes le\u00e7ons, quoiqu&rsquo;elles partent d&rsquo;un pauvre Fr\u00e8re Ignorantin. le divin l\u00e9gislateur ne choisit-il pas des hommes grossiers, pauvres, ignorants, des hommes de la lie du peuple pour annoncer la Sainte Loi aux Princes de la terre ?\u00bb Apr\u00e8s cette d\u00e9claration si grave, si pleine d&rsquo;avertissements pour le haut-clerg\u00e9, le Fr\u00e8re donne des conseils pour l&rsquo;avenir. Il faudra prendre les cur\u00e9s les plus vertueux.<br>Les intrigues de Cour seront difficiles \u00e0 \u00e9viter, mais \u00ab\u00a0 Monseigneur, il faut absolument ou que vous ayiez le courage de remplir (cette t\u00e2che) ou que vous renonciez \u00e0 votre place \u00bb. Les nominations doivent \u00eatre faites dans \u00ab\u00a0 l&rsquo;esprit de la primitive Eglise \u00bb, alors que \u00ab\u00a0 pendant votre administration, l&rsquo;irr\u00e9ligion, l&rsquo;avarice, la prodigalit\u00e9, l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, l&rsquo;ath\u00e9isme m\u00eame semblent avoir \u00e9t\u00e9 les seuls titres pour obtenir les b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 nomination royale \u00bb. Plus de ces mutations qui enrichissent la Cour de Rome et multiplient les annates et les Bulles, plus de menses avantageuses \u00e0 des vieillards qui s&rsquo;endettent et meurent sans avoir le temps de solder les frais de leurs translations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es. Au lieu du vingti\u00e8me, c&rsquo;est le dixi\u00e8me des revenus des b\u00e9n\u00e9fices royaux qui sort de France \u00ab\u00a0 depuis que votre ami Brienne vous a fait donner la feuille. Les uns vous comparent \u00e0 l&rsquo;un de vos simoniaques pr\u00e9d\u00e9cesseurs, M. de Jarente, dernier \u00e9v\u00eaque d&rsquo;Orl\u00e9ans, qui ne disposait d&rsquo;aucun b\u00e9n\u00e9fice qu&rsquo;\u00e0 beaux deniers comptants. Les autres disent que vous vous entendez avec la Cour de Rome et que vous partagez avec la Daterie le produit des Bulles. D&rsquo;autres enfin, et c&rsquo;est le plus grand nombre, soutiennent que vous \u00eates de moiti\u00e9 avec le sieur de Cressac, votre banquier en Cour de Rome, et que vous avez grand soin de le faire charger par les nouveaux pourvus, de l&rsquo;exp\u00e9dition de leurs bulles. Tout le prouve, ajoutent-ils, vous avez choisi le plus arabe, le plus juif. aucun de ses confr\u00e8res n&rsquo;est en \u00e9tat comme lui, d&rsquo;\u00e9corcher les pratiques que vous lui envoyez ; .tous s&rsquo;adressent \u00e0 lui, preuve qu&rsquo;ils n&rsquo;osent se refuser \u00e0 la vive recommandation du dispensateur des gr\u00e2ces \u00bb.<br>Pourquoi Fontange de Nancy \u00e0 Bourges, puis \u00e0 Toulouse et Brienne \u00e0 Sens ? Pourquoi un pr\u00e9lat de Saint-Omer \u00e0 Carcassonne et de Carcassonne \u00e0 Bourges ? Pourquoi M. de St-Tropez, \u00e9v\u00eaque de Sisteron, un septuag\u00e9naire, \u00e0 Nevers ? \u00ab\u00a0 donnons-lui six ans, c&rsquo;est beaucoup. Eh bien, \u00e0 sa mort, dans l&rsquo;espace de six ann\u00e9es seulement, la Cour de Rome aura eu deux fois le produit annuel de cet \u00e9v\u00each\u00e9 \u00bb et s&rsquo;il meurt dans deux ou trois ans, elle l&rsquo;aura trois ou quatre fois, suivant que son successeur sera plus ou moins vieux.<br>Suit le proc\u00e8s en r\u00e8gle de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque de Die, titulaire depuis quelques jours de l&rsquo;abbaye de Longay. \u00ab\u00a0 Cet homme qui a plus de quatre-vingts ans va donc encore une fois \u00e0 son \u00e2ge payer des Bulles. Eh ! la tombe l&rsquo;aura englouti avant que ces bulles soient arriv\u00e9es \u00e0 Rome. \u00bb Et il examine les titres du pr\u00e9lat, \u00e0 une telle faveur, nous indiquant ainsi quelle id\u00e9e les gens de Die se faisaient de lui. Elle est peu flatteuse et comme l&rsquo;\u00e9crit est public et s&rsquo;appuie sur des faits pr\u00e9cis, il est probable qu&rsquo;elle contient une bonne part de v\u00e9rit\u00e9.<br>On lui reprochait sa collusion avec les aristocrates pour avoir, avec l&rsquo;archev\u00eaque d&rsquo;Embrun, eu part \u00e0 la dissidence d&rsquo;une partie du haut clerg\u00e9 et de la Noblesse aux Etats de Romans en 1788.<br>Surtout, il \u00e9tait riche, riche, dans un pays pauvre. Il avait 40.000 L de revenus, un million d&rsquo;\u00e9conomies. (S&rsquo;imagine-t-on combien dans un dioc\u00e8se mis\u00e9rable ce \u00ab\u00a0 million \u00bb \u00ab\u00a0vrai ou faux devait faire r\u00eaver et devait scandaliser aussi ?) Il ne d\u00e9pensait que 6.000 L par an et avait un train de vie indigne d&rsquo;un \u00e9v\u00eaque. Le commerce local ne gagnait \u00e9videmment rien avec un \u00e9v\u00eaque n&rsquo;ayant ni carrosse, ni chaise \u00e0 porteurs, vivant tout seul, dans son ch\u00e2teau de la Salle, de sa volaille et des l\u00e9gumes de son jardin. Ses chevaux \u00e9taient l\u00e9gendaires, deux vieilles rosses fam\u00e9liques qui tir\u00e8rent avec peine un vieux cabriolet, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;une ni\u00e8ce provoqu\u00e2t l&rsquo;achat d&rsquo;un \u00e9quipage convenable.<br>Il faisait regretter m\u00eame la conscience avec laquelle il inspecta son dioc\u00e8se, vers 1760-1770, car en visite il usait avec rigueur de son droit de g\u00eete pour lui et tous ses domestiques, \u00ab\u00a0 de mani\u00e8re que pendant tout (leur) cours, il ne d\u00e9pens(ait) pas un sol \u00bb. Le souvenir de cette troupe se jetant sur les pauvres cur\u00e9s ou les ch\u00e2telains ob\u00e9r\u00e9s \u00e9tait donc tel qu&rsquo;on en parlait encore vingt ans apr\u00e8s ses derni\u00e8res sorties.<br>Les cur\u00e9s riaient \u00e0 la r\u00e9ception des mandements. Jamais ils n&rsquo;\u00e9taient imprim\u00e9s. On en tirait \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00each\u00e9 autant de copies que d&rsquo;archipr\u00eatr\u00e9s \u00e0 charge pour les archipr\u00eatres de les copier autant de fois qu&rsquo;ils avaient de paroisses, avec leur encre, leur papier et \u00e0 leurs frais s&rsquo;ils voulaient payer un \u00e9crivain (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 42<\/a>).<br>\u00ab\u00a0 Il a eu beaucoup de proc\u00e8s \u00e0 soutenir depuis sa promotion \u00e0 l&rsquo;\u00e9piscopat et presque tous n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 occasionn\u00e9s que par sa timidit\u00e9, ses injustes pr\u00e9tentions et son envie d\u00e9sordonn\u00e9e d&rsquo;usurper les biens et les droits des autres \u00bb.<br>Ses avocats auraient d\u00fb le b\u00e9nir, mais ils le d\u00e9testaient, car il ne les payait que s&rsquo;il gagnait. Les pauvres aussi le d\u00e9testaient et les passants remarquaient sur son visage d&rsquo;amusantes grimaces, quand un mendiant l&rsquo;abordait. Sa ladrerie \u00e9tait telle que seul de ses confr\u00e8res de la, province il refusa de payer sa part de l&rsquo;impression du nouveau rituel \u00e0 Grenoble (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 43<\/a>). Quand l&rsquo;abb\u00e9 de Nantes re\u00e7ut les bless\u00e9s de l&rsquo;arm\u00e9e de Savoie en 1743, il s&rsquo;enfuit au ch\u00e2teau de la Salle pour \u00e9chapper \u00e0 ses devoirs de charit\u00e9.<br>\u00ab\u00a0 Eh ! quoi, cet \u00e9v\u00eaque dont toutes les actions sont marqu\u00e9es au coin de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme le plus complet et de l&rsquo;avarice la plus sordide ! cet \u00e9v\u00eaque, qui, depuis plus de quarante ans ne d\u00e9pense pas annuellement le sixi\u00e8me d&rsquo;un revenu d&rsquo;environ quarante mille livres ; cet \u00e9v\u00eaque ne cesse de se plaindre de la m\u00e9diocrit\u00e9 de son si\u00e8ge ; et \u00e0 l&rsquo;en croire, il est le plus pauvre de tous les \u00e9v\u00eaques de France, lorsqu&rsquo;il est de notori\u00e9t\u00e9 publique qu&rsquo;il a th\u00e9sauris\u00e9 et plac\u00e9 plus de douze cents mille livres ! Un successeur des ap\u00f4tres faire un pareil usage du bien des pauvres !.. l&rsquo;indignation arr\u00eate ma plume.<br>Nous autres, pauvres Fr\u00e8res Ignorantins, quand nous voyons commettre de pareilles injustices, nous adorons en secret les d\u00e9crets de la divine Providence ; nous croyons fermement qu&rsquo;un jour elle prodiguera ses bienfaits aux bons, et exercera les ch\u00e2timents les plus rigoureux sur les m\u00e9chants.<br>Nous sommes persuad\u00e9s que m\u00eame en ce monde, ceux qui croient en Dieu sont plus heureux que ceux qui n&rsquo;y croient pas. L&rsquo;esp\u00e9rance est un baume qui adoucit les plaies du c\u0153ur et fait supporter toutes les injustices avec r\u00e9signation \u00bb.<br>Certes il faut dans l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque Plan des Augiers faire la part de l&rsquo;\u00e9volution des temps. Il n&rsquo;\u00e9tait pas le seul eccl\u00e9siastique de son dioc\u00e8se qui donn\u00e2t prise \u00e0 la critique.<br>Ce mouvement de r\u00e9volte du bas clerg\u00e9 avait commenc\u00e9 bien avant lui et re\u00e7u de grands encouragements du Parlement de Grenoble, et il n&rsquo;est pas douteux qu&rsquo;un \u00e9v\u00eaque vertueux et charitable e\u00fbt rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s tr\u00e8s graves. Pourtant avec plus de v\u00e9ritable pi\u00e9t\u00e9 bien des conflits eussent pass\u00e9 au second plan. Personne ne lui sut gr\u00e9 de l&rsquo;\u00e9puration difficile et indispensable du clerg\u00e9, mais tout le monde remarqua son go\u00fbt des choses temporelles, son autoritarisme, son intol\u00e9rance, son m\u00e9pris, son orgueil de caste. Cinquante ann\u00e9es durant il s&rsquo;obstina \u00e0 une besogne dont il ne s&rsquo;aper\u00e7ut jamais \u00e0 quel point elle \u00e9tait st\u00e9rile dans son ignorance compl\u00e8te de la puissance de la charit\u00e9.<br><br><br><strong>Conclusion<\/strong><br><br><br>Nous voici au terme de notre enqu\u00eate sur la vie paroissiale dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime.<br>Nous avons p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 dans les \u00e9glises des plus humbles villages d\u00e9pourvues de tout superflu, mais en g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9centes. Les catholiques sont assidus aux offices, communient une fois l&rsquo;an, ch\u00f4ment les jours de f\u00eates, grimpent les collines pour prier la Vierge et les Saints et rev\u00eatent parfois la cagoule du P\u00e9nitent.<br>De cette pi\u00e9t\u00e9 l&rsquo;on peut dire qu&rsquo;elle est caract\u00e9ris\u00e9e par un attachement presque violent au coin de terre des anc\u00eatres et aux sanctuaires o\u00f9 l&rsquo;on esp\u00e8re qu&rsquo;ils ont gagn\u00e9 le ciel. Le paysan (et m\u00eame le bourgeois) distingue mal entre les devoirs envers Dieu et envers la famille, ou plut\u00f4t il admet l&rsquo;existence d&rsquo;une vaste communaut\u00e9 d&rsquo;\u00eatres, d&rsquo;une immense troupe de morts et de vivants au milieu de laquelle Dieu a pour pr\u00e9occupation de r\u00e9gler et distribuer gr\u00e2ces, faveurs, ch\u00e2timents.<br>La paroisse est une vraie famille spirituelle dont on peut dire qu&rsquo;au XVIIIe si\u00e8cle elle est redevenue la cellule fondamentale de toute vie religieuse. Nous disons redevenue, car en 1644 encore les catholiques se cherchaient parmi les ruines de leurs \u00e9glises et consid\u00e9raient encore avec m\u00e9fiance et terreur leurs voisins protestants qui se damnaient avec la permission du Roi.<br>En 1742, les sanctuaires sont reconstruits et entretenus quoiqu&rsquo;au hasard de disponibilit\u00e9s financi\u00e8res souvent m\u00e9diocres. Les pers\u00e9cutions ont repris depuis de longues ann\u00e9es et le sentiment profond de charit\u00e9 qui a d&rsquo;abord re\u00e7u satisfaction s&rsquo;est chang\u00e9 en sentiment de g\u00eane et de d\u00e9go\u00fbt \u00e0 la vue des apostasies. En 1789, cent ans apr\u00e8s la r\u00e9vocation de l&rsquo;Edit de Nantes, c&rsquo;est une tol\u00e9rance de fait qui s&rsquo;est install\u00e9e dans le dioc\u00e8se, \u00e9tat bien moins pr\u00e9caire que tous les \u00e9dits possibles et bien plus favorable \u00e0 la vie paroissiale. Du milieu du XVIIe si\u00e8cle au milieu du XVIIIe, la vie paroissiale s&rsquo;est reconstitu\u00e9e, puis elle s&rsquo;est \u00e9panouie librement jusqu&rsquo;\u00e0 la R\u00e9volution, tandis que &#8211; fait absolument essentiel &#8211; s&rsquo;achevait l&rsquo;\u00e9puration du bas-clerg\u00e9 sous la direction d&rsquo;un \u00e9v\u00eaque tenace. Pourtant il ne faudrait pas ne voir que cette harmonie des fid\u00e8les entourant leurs pasteurs et marchant de concert vers le ciel. Nous avons d\u00fb, malgr\u00e9 nous, \u00e9voquer de nombreux scandales, pr\u00e9senter des personnages suspects, n\u00e9fastes, turbulents. Hors des murs des sanctuaires et m\u00eame \u00e0 travers la fum\u00e9e des encens br\u00fblant devant les autels les hommes nous sont apparus, pr\u00eatres et la\u00efcs, riches ou mis\u00e9rables, pieux ou rebelles, certains ne songeant plus qu&rsquo;au pass\u00e9, d&rsquo;autres critiquant am\u00e8rement les institutions ou accentuant certains d\u00e9sordres en essayant d&rsquo;en retirer quelqu&rsquo;avantage.<br>A mesure que la situation s&rsquo;am\u00e9liore au point de vue religieux, il semble qu&rsquo;un malaise se soit fait sentir d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e plus lourd. C&rsquo;est que le d\u00e9sordre des institutions s&rsquo;accentuait et que l&rsquo;Eglise se trouvait engag\u00e9e jusque dans l&rsquo;organisation intime d&rsquo;un Etat sans autorit\u00e9.<br>De ce d\u00e9sordre nous avons donn\u00e9 bien des exemples navrants en m\u00eame temps que nous avons d\u00e9nonc\u00e9 ceux qui l&rsquo;accentuaient par leur maladresse ou leur ambition. Ce d\u00e9sordre en annon\u00e7ait bien d&rsquo;autres qui am\u00e8neront une \u00e9clipse presque totale de la vie paroissiale, organisme en v\u00e9rit\u00e9 tenace, mais d\u00e9licat et toujours \u00e0 la merci des passions des hommes.<br><br><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Notes<\/em><\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"note\"><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>(1)<\/strong> Travail &#8212;  Officialit\u00e9 Affl. Guiraud. Inf. p. 2.<br><strong>(2)<\/strong> Pr\u00e9sentait &#8211; <strong> <\/strong>Officialit\u00e9 6 G 14 aff. Mazet. Add. d&rsquo;Inf. quatri\u00e8me t\u00e9moin.<br><strong>(3)<\/strong> Buveur &#8211;  Officialit\u00e9 6G15. Aff. Gilly. Plainte du Promoteur.<br><strong>(4)<\/strong> qu\u00e9rir &#8211;  Off. 6GIS. Greffe. Registre du Promoteur g\u00e9n\u00e9ral. 1767-1768.<br><strong>(5)<\/strong> garni &#8211; Off. 6G16. Affaire Thibon. Audition de divers t\u00e9moins.<br>(<strong>6)<\/strong> culte &#8211; Curieuse d\u00e9marche que celle de Gilly, cur\u00e9 d&rsquo;Aurel qui fait irruption dans la chambre d&rsquo;une protestante, m\u00e8re depuis trois jours, d\u00e9couvre le lit, emporte l&rsquo;enfant et le ram\u00e8ne baptis\u00e9. Ce m\u00eame Gilly chassa un chien de son \u00e9glise en lui brisant le manche d&rsquo;une croix processionnelle sur les reins. Il faisait brouter son cheval dans le cimeti\u00e8re apr\u00e8s l&rsquo;avoir attach\u00e9 \u00e0 la croix.<br>Pascal au Pilhon fit mieux : administrant un bapt\u00eame o\u00f9 la sage-femme tenait l&rsquo;enfant il lui&nbsp; demanda si elle n&rsquo;avait point apport\u00e9 de voile ou de mouchoir pour s\u00e9cher la t\u00eate de l&rsquo;enfant. A quoi elle r\u00e9pondit que ce n&rsquo;\u00e9tait pas l&rsquo;usage de la paroisse. sur quoi le sieur Pascal entra dans une esp\u00e8ce de fureur prit les coiffes de la dite Peyrol sur sa t\u00eate, en frotta celle de l&rsquo;enfant avec col\u00e8re et il dit \u00e0 la dite Peyrol \u00ab&nbsp; Vilaine, insolente, si tu y retournes, je te baillerai du pied au c. \u00bb Et le t\u00e9moin ajoute : \u00ab&nbsp; aucune autre femme n&rsquo;a voulu (depuis) pr\u00e9senter les enfants \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise \u00bb.<br>Il arriva \u00e0 Blayer, cur\u00e9 de Beaumont, d&rsquo;enterrer un paroissien quatorze heures apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s. Contrairement \u00e0 l&rsquo;usage de la paroisse, Gilly, \u00e0 Aurel, refusa de faire les lev\u00e9es de corps \u00e0 la maison mortuaire, \u00ab&nbsp; ayant oblig\u00e9 les habitants de porter \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du cimeti\u00e8re les personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es \u00bb, tout en augmentant les tarifs. L&rsquo;id\u00e9e lui vint aussi de changer les heures des offices. Chapon, cur\u00e9 de Luc-en-Diois, fixa m\u00eame la grand&rsquo; messe du dimanche \u00e0 six heures du matin, pour \u00eatre d\u00e9sagr\u00e9able au seigneur du lieu. (Offi. 6G15 et 6G16)<br><strong>(7)<\/strong> importante &#8211; Off. 6G16 Aff. Richard Plainte au promoteur.<br><strong>(8) <\/strong>pittoresques &#8211; Voici quelques exemples \u00e0 titre de traits de m\u0153urs et sans vouloir faire porter au clerg\u00e9 entier la responsabilit\u00e9 des \u00e9carts de langage de quelques personnages agressifs.<br>&#8211; \u2026 on entendit un grand bruit, que faisait le sieur Chapon \u00e0 la fen\u00eatre de sa maison.<br>au secours, on m&rsquo;assassine (\u00e0 Luc) C&rsquo;est ce Jean passe tout outre, ce gueux, ce voleur, ce mis\u00e9rable. Je veux lui tirer un coup de fusil, lui donner lui coup de couteau dans le ventre, car il est infaillible qu&rsquo;il p\u00e9rira sur un \u00e9chafeau \u00bb. Il voulait parler de messire Joseph Laurent Du Pilhon, chevalier et seigneur d&rsquo;Ang\u00e8les. r\u00e9sidant \u00e0 Luc (Officialit\u00e9 66 rs Aff. du Pilhon-Chapon).<br>Que faites-vous l\u00e0 ? demande Quisart, de Pradelles, \u00e0 sa paroissienne Madeleine Gresse. Je prends du marein (sable) pour mettre dans un trou. Pourquoi me prenez-vous mon marein ? L&rsquo;endroit est \u00e0 la communaut\u00e9 et j&rsquo;en ai ma portion comme les autres Imprudente que tu es, attends-moi et je te l&rsquo;apprendray. Je vais te donner cent coups de b\u00e2ton. \u00bb, Aussit\u00f4t dit, aussit\u00f4t fait. (Off. 6G15, aff. Quisart-Gresse).<br>Bernard, cur\u00e9 de St-Julien-en-Vercors a maille \u00e0 partir avec Faure qu&rsquo;il surprend s&rsquo;entretenant avec un marchand du Villard-de-Lans d&rsquo;un proc\u00e8s le concernant. De qu\u00e9 temnayle, si blaire, vas paya per mi. Me dev\u00e8s quinze francs. Je ne vous dois rien, respectant votre caract\u00e8re. Vous aviez pass\u00e9 dans mon pr\u00e9. Bien loin de donner bon exemple aux autres vous leur montrez \u00e0 faire du dommage, puisque vous y passez premier. Tu devrais en faire informer. Je m&rsquo;en serais bien gard\u00e9, parce que j&rsquo;aurais fait mille francs de frais. O\u00f9 les aurais-je pris ? Vous auriez chang\u00e9 de cure et j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 embarrass\u00e9 Tu es \u00e9tabli sur bien de femme Vous n&rsquo;\u00eates pas plus solde que moi. Tu es gris. Va-t-en recoucher dans ta grange. Ta femme t&rsquo;y a fouett\u00e9 cy-devant. Vous en avez menti respectant votre caract\u00e8re. Vous \u00eates un mangeur du riz des pauvres, vous leur devez la vingt-quatri\u00e8me. vous n&rsquo;\u00eates qu&rsquo;un casteilan. Les coquins sont sous votre chapeau ; foutu coquin, je respecte votre caract\u00e8re \u00bb. (Arch. Dr\u00f4me, B. 1201, dossier 9).<br><strong>(9) <\/strong>exasp\u00e9r\u00e9s &#8211; Insinuations Eccles. 4 avril 1756.<br><strong>(10)<\/strong> nuit &#8211; Officialit\u00e9 6G15. Greffe ann\u00e9e 1762.<br><strong>(11)<\/strong> dioc\u00e8se &#8211; -Figeac, op. cit., t. III, p. 433.<br><strong>(12)<\/strong> minist\u00e8re &#8211; Arch. Dr\u00f4me 1 F.2 ; Fonds Lieutier de Lachau.<br><strong>(13) <\/strong>curiale &#8211; Arch. Nat., G VIII 620 (1767).<br><strong>(14) <\/strong>Aubert &#8211; Arch. Dr\u00f4me, Offic. 6 G 16.<br><strong>(15) <\/strong>facult\u00e9s &#8211; Arch. Dr\u00f4me officialit\u00e9 6 G 16. Le document n&rsquo;est pas de la main d&rsquo;Aubert et la signature est de la m\u00eame \u00e9criture que le corps de la lettre. Il para\u00eet donc \u00eatre un faux, mais certaines pr\u00e9cisions du texte rendent difficile cette hypoth\u00e8se.<br><strong>(16) <\/strong>danger &#8211; Arch. Nationales G 8 629. Il est curieux de remarquer que l&rsquo;\u00e9v\u00eaque n&rsquo;a pas nomm\u00e9 de cur\u00e9 l\u00e9gitime avant le d\u00e9part -de Buissonnier. Lassitude ou crainte d&rsquo;ajouter au d\u00e9sordre ?<br><strong>(17) <\/strong>Rome &#8211; C&rsquo;\u00e9tait possible pour Avignon ou Rome, quand ce pr\u00eatre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 cur\u00e9 d&rsquo;un autre dioc\u00e8se, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9j\u00e0 pourvu du certificat d&rsquo;aptitude. Buissonnier en \u00e9tait justement d\u00e9pourvu.<br><strong>(18)<\/strong> effet &#8211; Insin. 1750, f\u00b0 255.<br><strong>(19) <\/strong>juges &#8211; La sc\u00e8ne dut \u00eatre amusante. L&rsquo;accus\u00e9 a d&rsquo;\u00e9tonnants d\u00e9fauts de m\u00e9moire surtout quand il s&rsquo;agit de r\u00e9citer des textes. Il rappelle au besoin ses juges \u00e0 la question pos\u00e9e. Le tout coup\u00e9 de digressions sur les d\u00e9marches accomplies \u00e0 Die et rapport\u00e9 en dix grandes pages d&rsquo;un style lourd et embrouill\u00e9.<br><strong>(20) <\/strong>prestige &#8211; Chan. J. Chevalier, Histoire de Die, t. III, P. 683, n\u00b01.<br><strong>(21)<\/strong> disposition &#8211;  Ins. eccles. 1786.<br><strong>(22) <\/strong>droit &#8211; Id. &#8211;<br><strong>(23) <\/strong>demandait &#8211; Buis resta finalement \u00e0 Marignac et Salabelle \u00e0 St-Benoit, bien qu&rsquo;il ait d\u00e9j\u00e0 pris officiellement possession.<br><strong>(24) <\/strong>civiles &#8211; Notre source principale sera Jules Chevalier, op. cit. ch. VI et VII.<br><strong>(25) <\/strong>co-religionnaires &#8211; Chevalier, op. cit., p. 654.<br><strong>(26)<\/strong> exiger &#8211; lettre de M. de la Porte au comte de Muy, cit\u00e9 par Chevalier, p. 651-652.<br><strong>(27) <\/strong>autorit\u00e9 &#8211; Ibid.<br><strong>(28) <\/strong>apostoliques &#8211; H. de Terrebasse, Les Maisons de la Propagation de la Foi, p. 122.<br><strong>(29) <\/strong>disparu &#8211; Arch. Nat., G VIII, 629 (1768).<br><strong>(30)<\/strong> province &#8211; Arch. Nat. G VIII 629, 25 juillet 1768.<br><strong>(31)<\/strong> ordre civil &#8211; Ibid. 19 sept. 1768. Le chapitre \u00e9tait aussi en difficult\u00e9 avec un des ses membres, David S\u00e9r\u00e8ne, cur\u00e9 de Die et vicaire g\u00e9n\u00e9ral, suspect de pencher pour l&rsquo;\u00e9v\u00eaque. On chercha sans succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;exclure et il se vit m\u00eame traduit devant les tribunaux en 1776. Ses trois pr\u00e9d\u00e9cesseurs d\u00e9j\u00e0 avaient eu maille \u00e0 partir avec les chanoines. La discorde r\u00e9gnait aussi entre eux et le doyen. (Noter que ce corps turbulent n&rsquo;avait que sept membres). Ceux de Crest cherchaient noise au cur\u00e9 Chastel, chanoine lui-m\u00eame. Voir Crest : reg. c. f\u00b0 282.<br><strong>(32)<\/strong> casuel &#8211;  Arch<a>.<\/a> Nat. G 8 629 (24 avril 1766).<br><strong>(33) <\/strong>campagnes &#8211; 27 juin 1768.<br><strong>(34)<\/strong> \u00e9lection &#8211; Arch. Nat. G VIII 629 ; lettre de l&rsquo;\u00e9v\u00eaque \u00e0 Choiseul (d\u00e9but de 1768).<br><strong>(35)<\/strong> maire &#8211;  J. Chevalier, op. cit., p. 674. 1.<br><strong>(36)<\/strong> publiques &#8211; Observations.<br><strong>(37) <\/strong>personnes &#8211; p. 5<br><strong>(38) <\/strong>n&rsquo;existe pas &#8211; p. 6.<br><strong>(39)<\/strong> somme moindre &#8211; p. 13.<br><strong>(40) <\/strong>second ordre &#8211; Arch. Nat. G VIII 629 (13 f\u00e9v. 1777). A une \u00e9lection o\u00f9 son droit de nommer le maire \u00e9tait contest\u00e9, il vit un eccl\u00e9siastique (peut-\u00eatre Serene, cur\u00e9 de Die) mener campagne contre lui \u00ab&nbsp; non seulement dans l&rsquo;h\u00f4tel de ville mais. sur les places publiques \u00bb.<br><strong>(41)<\/strong> feuille &#8211;  Lettre du Fr\u00e8re Fran\u00e7ois-Xavier, sup\u00e9rieur des Ecoles chr\u00e9tiennes de la Maison de Die \u00e0 Monseigneur de Marboeuf archev\u00eaque et comte de Lyon, commandeur de l&rsquo;Ordre du Saint-Esprit et ministre du Roi au d\u00e9partement de la feuille des b\u00e9n\u00e9fices ; Grenoble, pp. 28. (Bib. Nat., 8 Ld 4 8639).<br><strong>(42)<\/strong> \u00e9crivain &#8211; Il est de fait qu&rsquo;on ne conna\u00eet pas de mandement imprim\u00e9 de lui, alors qu&rsquo;il en subsiste de Cosnac.<br><strong>(43)<\/strong> Grenoble &#8211;  Il y eut en effet proc\u00e8s sur ce sujet, et l&rsquo;\u00e9v\u00eaque chercha des chicanes passablement ridicules ; la facture \u00e0 l&rsquo;imprimerie Allier \u00e9tait encore en suspens en 1790. Cf. J. de Font-R\u00e9aulx Les livres liturgiques du Viennois, dans Petite Revue des Bibliophiles Dauphinois, 7e s\u00e9rie, t. III, n\u00b0 3, p. 117-134 (tirage \u00e0 part), et cf. Arch. Dr\u00f4me LXIII, p. 298.<br><br><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"notes\"><\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"facultes\"><\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque. Dans le vocabulaire eccl\u00e9siastique, une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-4250","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chroniques-dromoises","entry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&#039;Ancien R\u00e9gime - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Die.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&#039;Ancien R\u00e9gime - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Die.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2022-02-23T12:48:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-05-04T06:22:17+00:00\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"c.grangeon@orange.fr\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"c.grangeon@orange.fr\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"72 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250\"},\"author\":{\"name\":\"c.grangeon@orange.fr\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806\"},\"headline\":\"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime\",\"datePublished\":\"2022-02-23T12:48:00+00:00\",\"dateModified\":\"2022-05-04T06:22:17+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250\"},\"wordCount\":15808,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#organization\"},\"articleSection\":[\"chroniques dromoises\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250\",\"name\":\"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l'Ancien R\u00e9gime - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2022-02-23T12:48:00+00:00\",\"dateModified\":\"2022-05-04T06:22:17+00:00\",\"description\":\"Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Die.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=4250#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/\",\"name\":\"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#organization\",\"name\":\"histoire patrimoine aoustois\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"\",\"contentUrl\":\"\",\"caption\":\"histoire patrimoine aoustois\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806\",\"name\":\"c.grangeon@orange.fr\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g\",\"caption\":\"c.grangeon@orange.fr\"},\"sameAs\":[\"http:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\"],\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?author=1\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l'Ancien R\u00e9gime - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","description":"Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Die.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l'Ancien R\u00e9gime - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","og_description":"Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Die.","og_url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250","og_site_name":"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","article_published_time":"2022-02-23T12:48:00+00:00","article_modified_time":"2022-05-04T06:22:17+00:00","author":"c.grangeon@orange.fr","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"c.grangeon@orange.fr","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"72 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250"},"author":{"name":"c.grangeon@orange.fr","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/person\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806"},"headline":"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime","datePublished":"2022-02-23T12:48:00+00:00","dateModified":"2022-05-04T06:22:17+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250"},"wordCount":15808,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#organization"},"articleSection":["chroniques dromoises"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250","name":"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l'Ancien R\u00e9gime - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","isPartOf":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#website"},"datePublished":"2022-02-23T12:48:00+00:00","dateModified":"2022-05-04T06:22:17+00:00","description":"Chaque village constituait une paroisse dont les limites \u00e9taient dans la plupart des cas identiques \u00e0 celles des communes actuelles. A la t\u00eate de chaque paroisse, on trouvait un cur\u00e9 nomm\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Die.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=4250#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Relations des cur\u00e9s avec leurs paroissiens dans le dioc\u00e8se de Die \u00e0 la fin de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#website","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/","name":"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#organization","name":"histoire patrimoine aoustois","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"","contentUrl":"","caption":"histoire patrimoine aoustois"},"image":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/person\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806","name":"c.grangeon@orange.fr","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g","caption":"c.grangeon@orange.fr"},"sameAs":["http:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr"],"url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?author=1"}]}},"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4250","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4250"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4250\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4250"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4250"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4250"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}