{"id":5021,"date":"2022-02-27T05:31:58","date_gmt":"2022-02-27T05:31:58","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5021"},"modified":"2022-05-04T06:16:23","modified_gmt":"2022-05-04T06:16:23","slug":"la-tour-jacquemart-de-romans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5021","title":{"rendered":"La tour Jacquemart de Romans"},"content":{"rendered":"\n<p><br><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-text-color\" style=\"color:#2000ff\"><strong>La tour Jacquemart de Romans<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br><br>La tour Jacquemart de Romans-sur-Is\u00e8re (Dr\u00f4me) mesure 37 m\u00e8tres de haut, c\u2019est une ancienne porte du second rempart choisie pour accueillir un automate marteleur qui donne l\u2019heure\u00a0: le Jacquemart.<br><br>Construite en 1174, la porte fortif\u00e9e de l&rsquo;Aum\u00f4ne fut r\u00e9form\u00e9e lors de la construction du second rempart. Elle fut conserv\u00e9e et, au XVe\u00a0si\u00e8cle, les consuls de la ville d\u00e9cid\u00e8rent la cr\u00e9ation d&rsquo;une horloge monumentale\u00a0: l&rsquo;inauguration eut lieu le 2 mars 1429.<br><br>Le Jacquemart de Romans-sur-Is\u00e8re est un des plus grands de ceux qui subsistent aujourd\u2019hui dans pr\u00e8s d\u2019une cinquantaine de villes fran\u00e7aises. Il est aujourd&rsquo;hui rev\u00eatu de l&rsquo;uniforme des soldats de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<br><br>En 1325, les chanoines construisent une forteresse, le long de ces murailles, pour se prot\u00e9ger des habitants avec lesquels ils sont en conflit. La porte de l\u2019aum\u00f4ne est int\u00e9gr\u00e9e dans la forteresse o\u00f9 elle sert de tour. Au XVe si\u00e8cle, forteresse et tour sont transform\u00e9es en prison.<br><br>D\u00e9j\u00e0, le 13 janvier 1412, les consuls et les notables de Mont\u00e9limar avaient d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019on doterait leur ville d\u2019une horloge publique. Ils charg\u00e8rent Jacques Marcha, ma\u00eetre horloger de Romans, du soin de cette construction, pour le prix fait de 100\u00a0florins.<br><br>Ce fut encore un Romanais, Jean de Lauregua, qui fut charg\u00e9, moyennant 13\u00a0florins et 18\u00a0gros, de peindre magnifiquement le cadran de cette horloge. Le 11\u00a0juillet 1557, les Montiliens s\u2019adress\u00e8rent \u00e0 des ouvriers de Valence pour refaire le reloge de leur ville \u00ab\u00a0\u00e0 la forme d\u2019icelluy de Romans\u00a0\u00bb. Enfin, par l\u00e0 m\u00eame occasion, ils voulurent embellir cette horloge d\u2019un Jacquemart, \u00e0 l\u2019instar de celle de Romans\u00a0\u00bb.<br><br>Ainsi donc, d\u00e8s 1412, Romans poss\u00e9dait des artistes habiles en plusieurs genres, et plus tard, l\u2019horloge et le Jacquemart de cette ville servaient de mod\u00e8le et de type pour les cit\u00e9s voisines, de m\u00eame que de curiosit\u00e9 des \u00e9trangers.<br><br>Quoi qu\u2019il en soit, en 1420, les consuls de Romans, \u00e0 l\u2019instar des grandes villes de France, voulant \u00e9riger dans leur ville un monument d\u2019utilit\u00e9 publique (horologium pro communi servicio totius oppidi de Romanis), r\u00e9solurent de faire la chose grandement, \u00ab\u00a0sans regarder \u00e0 la d\u00e9pense\u00a0\u00bb.Ils d\u00e9cident de r\u00e9utiliser la tour de la forteresse qu\u2019ils sur\u00e9l\u00e8vent de 10 m\u00e8tres pour pour y placer un m\u00e9canisme d\u2019horlogerie avec cadran et sonnerie.<br><br>Dans ce but, ils s\u2019adress\u00e8rent \u00e0 un artiste c\u00e9l\u00e8bre de Fribourg, Pierre Cudrifin, qui ajoutait \u00e0 son nom les titres suivants\u00a0: clericus, burgensis Friburgi, magister bombardarum et horologiorum. Il vint \u00e0 Romans, s\u2019entendit avec les autorit\u00e9s, et de retour dans son pays, il \u00e9crivit aux bourgeois de cette ville, \u00e0 la date du samedi apr\u00e8s la Toussaint (4\u00a0novembre 1425), pour leur demander les 50\u00a0\u00e9cus d\u2019or qu\u2019ils devaient lui envoyer \u00e0 Gen\u00e8ve \u00e0 la foire de Saint-Simon et de Saint-Jude, en ayant grand besoin, et ajoutant qu\u2019il travaille \u00e0 force \u00e0 l\u2019horloge\u00a0: \u00ab\u00a0Sachez certainement que je laboure grandement \u00e0 votre besogne.\u00a0\u00bb<br><br>L\u2019\u0153uvre \u00e9tant faite et parfaite, il ne s\u2019agissait plus que de satisfaire l\u2019ouvrier. Le compte s\u2019\u00e9levait \u00e0 la somme importante de 500\u00a0florins d\u2019or soit environ 65 000 \u20ac actuels, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 cinq fois autant que celle que la ville de Mont\u00e9limar avait d\u00e9pens\u00e9e pour le m\u00eame objet.<br><br>Une cloche est r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e sur l\u2019H\u00f4tel de ville et un automate marteleur est install\u00e9. L\u2019\u0153uvre fut rapidement men\u00e9e \u00e0 bonne fin; le m\u00e9canisme fut plac\u00e9 sur la tour et, pour sonner les heures, on pla\u00e7a un automate en bois arm\u00e9 d\u2019un marteau de fer. A cette \u00e9poque, on appelait par d\u00e9rision Jacques Bonhomme le paysan qui accomplissait avec r\u00e9signation toute esp\u00e8ce de corv\u00e9es, y compris celle de sonner les cloches. L\u2019automate fid\u00e8le \u00e0 la mission qui lui \u00e9tait confi\u00e9e fut baptis\u00e9 Jacques et on ajouta Marteau \u00e0 cause de l\u2019instrument dont il \u00e9tait muni. Jacques-Marteau est devenu depuis par corruption Jacquemart. (voir en fin du document\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0D\u2019o\u00f9 vient le nom de \u00ab\u00a0Jacquemart\u00a0\u00bb). Ce fut au milieu de la satisfaction et de la curiosit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rales que le consciencieux bonhomme de bois fit r\u00e9sonner sa cloche pour la premi\u00e8re fois, le 2 mars 1429.<br><br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"385\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-5022\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/image-4.png 600w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/image-4-300x193.png 300w\" sizes=\"(max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><br><br>Le 29 juillet 1426, les chanoines de Saint-Barnard permirent aux habitants de Romans un octroi pour faire face aux d\u00e9penses n\u00e9cessit\u00e9es par l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019horloge publique, mais refus\u00e8rent d\u2019y participer. D\u2019o\u00f9 des discussions qui retard\u00e8rent le paiement de cette dette et qui donn\u00e8rent lieu \u00e0 plusieurs arr\u00eats de justice. D\u2019abord, une ordonnance, \u00e0 la date du 16\u00a0d\u00e9cembre 1427, de Jean de Schalone, sacristain de Die, official de Vienne \u00e0 Saint-Donat, chanoine r\u00e9sidant \u00e0 Romans, pour contraindre plusieurs habitants qui n\u2019avaient pas pay\u00e9 la taille pour l\u2019entretien de l\u2019horloge\u00a0; puis une assignation aux consuls \u00e0 Grenoble par Pierre Cudrifin, qui r\u00e9clamait le paiement de son travail\u00a0; enfin, un arr\u00eat du 27\u00a0janvier 1429 du gouverneur du Dauphin\u00e9, Raoult de Gaucourt, rendu en conseil \u00e0 Grenoble, qui condamnait la communaut\u00e9 de Romans \u00e0 payer, sous toutes les imputations l\u00e9gitimes, la somme de 500 florins d\u2019or due \u00e0 Pierre Cudrifin, bourgeois de Fribourg, ma\u00eetre en fait de bombardes et d\u2019horloges, pour prix d\u2019une horloge faite pour la ville de Romans. Ce dernier \u00e9tant mort peu apr\u00e8s, ce ne fut que le 16\u00a0juillet 1431 que Jean Cudrifin, son fr\u00e8re et son h\u00e9ritier, re\u00e7ut des consuls de Romans ladite somme de 500 florins ou de 300 \u00e9cus d\u2019or. La quittance fut pass\u00e9e dans la boutique de draperie d\u2019Antoine de Manissy, l\u2019un des consuls.<br><br>Le 10\u00a0novembre 1453, le Dauphin (depuis Louis\u00a0XI) accorda la facult\u00e9 de faire une entr\u00e9e par des degr\u00e9s en dehors de la basse-cour de l\u2019horloge, en construisant un mur pour emp\u00eacher l\u2019\u00e9vasion des prisonniers. En outre des cadrans pour marquer les heures, la tour portait sur ses quatre faces les armes de France, de Dauphin\u00e9, du Chapitre et de la ville. Elle ne poss\u00e9dait qu\u2019un seul cadran.<br><br>La tour a toujours contenu trois cloches\u00a0: une grande et deux petites. La premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 refondue. Les consuls firent, le 10\u00a0janvier 1544, avec Nicolas Dubois, \u00ab\u00a0campagnyer\u00a0\u00bb du lieu de Neuch\u00e2tel en Suisse, un trait\u00e9 pour la refonte de la cloche de la grande horloge de Jacquemart, de m\u00eame grandeur qu\u2019elle \u00e9tait de pr\u00e9sent, moyennant 50\u00a0\u00e9cus d\u2019or au soleil, outre le m\u00e9tal n\u00e9cessaire, qui fut livr\u00e9 par Robin, au prix de 18\u00a0livres le quintal. La cloche, mesurant 1m30 de haut sur 1m55 de large et pesant 46\u00a0quintaux, fut fondue dans un local de l\u2019Aum\u00f4ne de Sainte-Foy, qui \u00e9tait tr\u00e8s rapproch\u00e9 du clocher. Elle donne le si naturel de la clef de fa, et porte l\u2019inscription suivante\u00a0: Maistre Nicolas du Bois me fit l\u2019an mil V XXXXV. \u2014 Jesus Maria custodi nos Domine sicut pupillam oculi.<br><br>Il y a, en outre, trois petits tableaux\u00a0: la Vierge tenant l\u2019enfant J\u00e9sus dans ses bras\u00a0; saint Michel per\u00e7ant le dragon\u00a0; et un personnage vu \u00e0 mi-corps, les mains li\u00e9es. Les inscriptions des petites cloches sont ainsi\u00a0:<br>\u00a0<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Petite cloche (sud-ouest)&nbsp;: Christus rex venit in pace. Deus homo factus est. Christus nos salvet. Amen.<\/li><li>Petite cloche (sud)&nbsp;: Christus vincit. Christus regnat. Christus imperat. Christus nos custodiat. Amen.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><br>Ces deux petites cloches, de dimensions \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gales (60&nbsp;centim\u00e8tres de haut sur 67 de diam\u00e8tre) datent du XIIIe si\u00e8cle, et peut-\u00eatre du XIIe, et sont, par cons\u00e9quent, ant\u00e9rieures \u00e0 la construction de l\u2019horloge. Elles donnent, l\u2019une, le mi naturel, et l\u2019autre, le fa di\u00e8ze de la clef de sol.<br><br>Les trois cloches de Jacquemart ont toujours fait entendre leurs joyeux carillons pendant le passage des processions, dans toutes les f\u00eates publiques et \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019arriv\u00e9e des grands personnages. Avant la R\u00e9volution, elles servaient \u00e0 annoncer la r\u00e9union du Conseil municipal, celle des P\u00e9nitents, etc.<br><br>La fl\u00e8che, \u00e9lev\u00e9e de 34&nbsp;m\u00e8tres, a \u00e9t\u00e9 souvent r\u00e9par\u00e9e&nbsp;: apr\u00e8s les guerres de religion, les soldats s\u2019\u00e9tant amus\u00e9s \u00e0 percer la toiture \u00e0 coups d\u2019arquebuse&nbsp;; en 1775, on d\u00e9pensa 3103 livres&nbsp;; en 1812, 10&nbsp;800 francs&nbsp;; en 1840, une plus forte somme&nbsp;; en 1877, 4501 francs, pour la r\u00e9fection compl\u00e8te de la charpente et de la couverture de la fl\u00e8che, et enfin en 1902 encore, toute la zinguerie a d\u00fb \u00eatre refaite.<br><br>Lors de la s\u00e9ance du 30 octobre 1712 de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de Romans-sur-Is\u00e8re o\u00f9 \u00e9taient Messieurs les maire, consuls et gens de l\u2019assembl\u00e9e en nombre suffisant suivant le r\u00e8glement, [et sous la pr\u00e9sidence de] M. Ma\u00eetre Jean Duportroux, conseiller du roi, maire et M. Ma\u00eetre Fran\u00e7ois Duportroux, conseiller du roi, maire perp\u00e9tuel.<br><br>En cinqui\u00e8me lieu a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 que depuis les r\u00e9parations faites en dernier lieu \u00e0 l\u2019horloge de cette ville par Martin Chabert, il a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 la connaissance de Messieurs les maire et consuls qu\u2019il est n\u00e9cessaire de faire toute r\u00e9pression pour pr\u00e9venir le dommage dont elle est menac\u00e9.<br>\u00ab\u00a0<em>&nbsp;En cinq\u00b0 lieu a est\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9 que depuis les r\u00e9parations faittes en dernier lieu \u00e0 lhorloge de cette ville par Martin Chabert, il a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 \u00e0 la connoysance de Mrs les maire et consuls il est n\u00e9cessaire de faire toute r\u00e9pression pour pr\u00e9venir le domage dont il est menass\u00e9<\/em>.&nbsp;\u00ab\u00a0<br>Sur la cinqui\u00e8me proposition a \u00e9t\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 que Monsieur Belland, consul, est pri\u00e9 de faire faire incessamment les r\u00e9parations n\u00e9cessaires aux horloges et qu\u2019au surplus, il est d\u00e9fendu au concierge d\u2019icelle d\u2019y laisser chanter les No\u00ebls ni d\u2019y tirer au contraire attendu que par les coups de mousquet et aux armes qu\u2019on y a tir\u00e9, on a fait quantit\u00e9 de d\u00e9sordres aux horloges, et qu\u2019en cas que le conducteur d\u2019icelle permette d\u2019y tirer et chanter, il sera destitu\u00e9.<br><em>\u00a0\u00bb&nbsp;Sur la cinq\u00b0 prop\u00b0 a est\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 que Monsr Belland consul est pri\u00e9 de faire faire incesst les r\u00e9parations n\u00e9cessaire aux horloge et quausurplus il est deffendu au concierge diceluy dy laisser chanter les nohel ny dy tirer au contraire attendu que par les coups de mousquet et aux armes qu\u2019on y a tir\u00e9 on a fait quantit\u00e9 de d\u00e9sordres aux horloge, et qu\u2019en cas que le conducteur diceluy permette dy tirer et chanter, il sera destitu\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00a0\u00bb (Sources : Archives municipales, S\u00e9rie BB \u2013 Administration communale, D\u00e9lib\u00e9rations consulaires)<br><br>En l\u2019ann\u00e9e 1757, Quinson, artiste-peintre, fut charg\u00e9 par les consuls de peindre trois autres cadrans ainsi qu\u2019une montre lunaire; plus tard, la peinture ayant disparu, les heures furent indiqu\u00e9es en chiffres romains sur des plaques en t\u00f4le \u00e9maill\u00e9e; enfin, en 1882, les anciens cadrans furent d\u00e9truits.<br>On per\u00e7a alors les quatre faces de la tour pour placer les nouveaux cadrans en verre d\u00e9poli et transparent qui \u00e9taient \u00e9clair\u00e9s la nuit chacun par deux becs de gaz.<br><br>La fl\u00e8che de Jacquemart, qui est la pointe la plus \u00e9lev\u00e9e de la ville, a toujours attir\u00e9 l\u2019attention des gouvernements, et elle a suivi les p\u00e9rip\u00e9ties de notre histoire. Le 14 d\u00e9cembre 1792, sur la r\u00e9quisition du procureur de la commune, la ville fit enlever la fleur de lis qui ornait la cime du clocher, par un grenadier de la garnison \u00e0 qui on donna 150&nbsp;livres pour cette op\u00e9ration p\u00e9rilleuse. Sous le premier Empire, on pla\u00e7a au m\u00eame endroit une aigle \u00e0 la place du bonnet phrygien &nbsp;; sous la Restauration, une fleur de lis&nbsp;; sous Louis-Philippe, une boule en cuivre dor\u00e9&nbsp;; aujourd\u2019hui, il y a une simple pointe de paratonnerre accompagn\u00e9e d\u2019une girouette d\u00e9coup\u00e9e en forme de lyre.<br><br>Le Jacquemart est si \u00e9minemment populaire qu\u2019il a donn\u00e9 son nom \u00e0 divers \u00e9tablissements, \u00e0 une place, \u00e0 une rue, \u00e0 un faubourg. Plusieurs journaux satiriques se sont par\u00e9s de son nom et de son effigie, et lui ont fait parler un langage plus r\u00e9aliste que po\u00e9tique, car, ainsi que le latin, \u00ab&nbsp;le patois dans les mots brave l\u2019honn\u00eatet\u00e9&nbsp;\u00bb.<br><br>Toutefois, notre Jacquemart a toujours eu une tenue correcte vis-\u00e0-vis des gouvernements existants, et toujours son habit de fer-blanc a \u00e9t\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s conforme aux id\u00e9es du jour. Il \u00e9tait en garde national en 1789&nbsp;; en lancier polonais sous l\u2019Empire&nbsp;; en troubadour sous la Restauration&nbsp;; enfin, depuis 1830, en volontaire de 1792. Du moins pensait-on qu\u2019il s\u2019agissait de ce costume, avant qu\u2019un historien local f\u00eet remarquer, en 2012 lors d\u2019une r\u00e9novation du Jacquemart, que son costume \u00e9tait celui de la milice bourgeoise de Romans.<br><br>Au XIXe si\u00e8cle, la forteresse Monts\u00e9gur est d\u00e9truite, laissant place \u00e0 un march\u00e9 aux \u00e2nes et aux chevaux. En 1882, d\u2019importants travaux de restauration sont r\u00e9alis\u00e9s sur la tour et plusieurs \u00e9l\u00e9ments sont rajout\u00e9s&nbsp;: cadrans d\u2019horloge, barom\u00e8tres\u2026 Le m\u00e9canisme de l\u2019horloge et du Jacquemart est modernis\u00e9.<br><br>Quand on p\u00e9n\u00e8tre dans la tour, on remarque tout d\u2019abord les vestiges d\u2019une ancienne porte de la premi\u00e8re enceinte de la ville; on distingue tr\u00e8s bien la vo\u00fbte du portique et de chaque c\u00f4t\u00e9 les rainures de la herse.<br><br>La surface du rez-de-chauss\u00e9e est tr\u00e8s r\u00e9duite \u00e0 cause d\u2019un puissant contre-mur de deux m\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur qu\u2019on a adoss\u00e9 contre le mur sud pour en assurer la solidit\u00e9.<br><br>Dans l\u2019angle \u00e0 droite de la porte on trouve une \u00e9troite mont\u00e9e d\u2019escaliers en bois de 97 marches qui se continue en colima\u00e7on jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tage o\u00f9 se trouve le m\u00e9canisme. Puis, on trouve une \u00e9chelle de meunier \u00e9troite, \u00e0 pente tr\u00e8s raide. Il faut \u2018encore monter 23 marches et l\u2019on gagne difficilement et en se courbant, une trappe qui ouvre sur le campanile. Ce dernier est de forme hexagonale mesurant 1m70 de largeur. On jouit de l\u00e0 d\u2019un coup d\u2019\u0153il splendide sur la ville et les environs.<br><br>La grosse cloche de Jacquemart est plac\u00e9e \u00e0 2 m\u00e8tres au-dessus de l\u2019\u00e9tage. Elle mesure 1m30 de hauteur, 1m56 de diam\u00e8tre et 70 millim\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur; elle p\u00e8se 46 quintaux. La date (1545) que porte cette cloche indique que celle fournie par Cudrifin a \u00e9t\u00e9, \u00e0 cette date, refondue pour une cause de f\u00ealure.<br><br>Dans les archives de Romans-sur-Is\u00e8re, on trouve un acte du 10 janvier 1544, par lequel les consuls de la ville Guilllaume Forez, Guillemin Bergier et Pierre Morel ont trait\u00e9 avec Nicolas du Bois, fondeur de Neuch\u00e2tel, pour la refonte de cette cloche. Il y est expliqu\u00e9 que la nouvelle pi\u00e8ce sera pour le moins de la m\u00eame grandeur que la pr\u00e9c\u00e9dente. L\u2019acte ajoute que \u00ab&nbsp;du Bois sera tenu de la descendre et remonter et fournir de tout atraict \u00e0 ses propres cout et despents, si ce n\u2019est du m\u00e9tail n\u00e9cessaire que la cille lui fournira; et pour ses poynes et labeurs, les consuls luy payeront cinquante escus d\u2019or au soleil. En livrant son travail \u00e0 car\u00eame prenant, du Bois recevra 25 escus et le restant a la Saint-Martin.&nbsp;\u00bb<br><br>La ville traita avec un sieur Ronin pour l\u2019achat du m\u00e9tal, \u00e0 raison de dix-huit livres par quintal; elle fournit \u00e9galement le local pour l\u2019op\u00e9ration de la fonte qui eut lieu dans une d\u00e9pendance de l\u2019Aum\u00f4ne de Sainte-Foy, pr\u00e8s de l\u2019horloge.<br><br>Comme il n\u2019\u00e9tait pas possible de descendre la cloche par l\u2019int\u00e9rieur de la tour, on dut scier une des colonnettes du campanile pour livrer le passage n\u00e9cessaire; on la repla\u00e7a apr\u00e8s l\u2019ach\u00e8vement du travail.<br><br>Cette cloche est plac\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re fixe; cependant elle poss\u00e8de un battant anciennement destin\u00e9 aux sonneries pour les incendies et aussi pour les jours de f\u00eates; ce battant tr\u00e8s lourd \u00e9tait mis en mouvement par un levier qu\u2019on faisait mouvoir avec le pied.<br><br>A c\u00f4t\u00e9 de la grosse cloche et sur un pi\u00e9destal adoss\u00e9 contre la face sud du campanile, se dresse majestueusement l\u2019automate qui est presque au double de grandeur naturelle. D\u2019abord sculpt\u00e9 sur bois, il ne tarda pas \u00e0 subir les outrages du temps; aussi, \u00e0 diverses \u00e9poques, on le recouvrit de fer-blanc. Il est mobile sur un pivot, ce qui permet au marteau qu\u2019il tient dans les mains d\u2019atteindre la cloche, tandis que la t\u00eate se meut en sens inverse. Vu de pr\u00e8s, le bonhomme est affreux et grossi\u00e8rement charpent\u00e9; les pieds disparaissent dans le socle jusqu\u2019aux mollets et la t\u00eate est compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9e du tronc.<br><br>En 1963, la tour et sa cloche sont prot\u00e9g\u00e9es au titre des monuments historiques.<br><br>Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que l\u2019on descend le c\u00e9l\u00e8bre automate pour lui donner une nouvelle jeunesse. La presse locale, dont \u00ab&nbsp;Le Dauphin\u00e9 lib\u00e9r\u00e9&nbsp;\u00bb mais aussi \u00ab&nbsp;Les Allobroges&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;L\u2019Impartial&nbsp;\u00bb, s\u2019est fait l\u2019\u00e9cho de ses retours successifs apr\u00e8s restauration, en 1949, 1967 et 1974. On se souvient aussi que sa t\u00eate \u00e9tait tomb\u00e9e le 5 avril 2012. En mars 2020, une nouvelle restauration de la tour Jacquemart est mise en place. Le chantier se d\u00e9roulera en deux phases&nbsp;: &nbsp;de f\u00e9vrier \u00e0 novembre 2020, la Tour elle-m\u00eame est concern\u00e9e et de d\u00e9cembre 2020 \u00e0 d\u00e9cembre 2021, l\u2019am\u00e9nagement de son parvis suivra. Le co\u00fbt global de l\u2019op\u00e9ration est de 1,58 M\u20ac TTC.<br><br><br><br><strong>D\u2019o\u00f9 vient le nom de \u00ab&nbsp;Jacquemart&nbsp;\u00bb ?<\/strong><br><br><br>Recherches historiques sur l\u2019origine du nom de Jacquemart suivi d\u2019une proposition personnelle pour la dite origine :<br><br>Un jacquemart d\u00e9signe un automate de bois ou de m\u00e9tal repr\u00e9sentant un personnage arm\u00e9 d\u2019un marteau, qui frappe les heures sur le timbre ou la cloche d\u2019une horloge plac\u00e9e \u00e0 la partie sup\u00e9rieure d\u2019un \u00e9difice, d\u2019un beffroi ou d\u2019une \u00e9glise. Ce mot est entr\u00e9 dans le langage commun comme l\u2019atteste le Lexique de l\u2019ancien fran\u00e7ais, de Fr\u00e9d\u00e9ric Godefroy (H. Welter \u00e9diteur, Paris, 1901, page 292 \u2013 Source) qui fait r\u00e9f\u00e9rence en la mati\u00e8re. Fr\u00e9d\u00e9ric Godefroy donne pour d\u00e9finition : heurtoir, marteau d\u2019horloge.<br><br>A Romans-sur-Is\u00e8re, on a aujourd\u2019hui coutume de d\u00e9signer l\u2019automate par l\u2019expression \u00ab&nbsp;bonhomme Jacquemart&nbsp;\u00bb. Probablement pour le diff\u00e9rencier de la tour qui porte le m\u00eame nom.<br>Cela n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 le cas et plusieurs documents d\u2019archives montrent que l\u2019automate romanais \u00e9tait premi\u00e8rement appel\u00e9 tout simplement \u00ab&nbsp;Jacquemart&nbsp;\u00bb, ainsi en 1431 (Archives municipales, DD 12), en 1536 (Archives municipales, DD 5), etc.<br><br>Mais d\u2019o\u00f9 vient le nom de Jacquemart ?<br><br>Pour commencer, nous pouvons affirmer que ce mot n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 \u00e0 Romans-sur-Is\u00e8re.<br>En France, car il en existait d\u00e9j\u00e0 plusieurs en Europe, les horloges \u00e0 automate marteleur pr\u00e9c\u00e9dant celle de notre cit\u00e9 se trouvaient au beffroi de Valenciennes, en 1377, et en l\u2019\u00e9glise Notre-Dame de Dijon, en 1383, o\u00f9 l\u2019automate, rapport\u00e9 de Courtrai, en Belgique, apr\u00e8s le pillage de la ville par les arm\u00e9es de Philippe le Hardi en 1382, \u00e9tait appel\u00e9 \u00ab&nbsp;jaiquemar&nbsp;\u00bb (L\u2019Illustre Jacquemart de Dijon, Gabriel Peignot, V. Lagier \u00e9diteur, Dijon, 1832 \u2013 Source).<br><br>L\u2019\u00e9tymologie du mot est, quant \u00e0 elle, tr\u00e8s disput\u00e9e et je vais donc \u00e9num\u00e9rer les diff\u00e9rentes propositions existantes en les commentant (\u00e0 Romans-sur-Is\u00e8re, l\u2019histoire locale n\u2019a jamais mentionn\u00e9 toutes ces propositions pour n\u2019en retenir que certaines) :<br><br>1. Dans son Dictionnaire universel, contenant g\u00e9n\u00e9ralement tous les mots fran\u00e7ois tant vieux que modernes (Arnoud et Reinier Leers \u00e9diteurs, La Haye et Rotterdam, 1702, tome II, page 5 \u2013 Source), le lexicographe Antoine Fureti\u00e8re propose \u00ab&nbsp;qu\u2019on l\u2019a ainsi appel\u00e9 du nom de l\u2019ouvrier qui en a \u00e9t\u00e9 inventeur, qui s\u2019appelait Jacques Marc.&nbsp;\u00bb On a effectivement cit\u00e9 un horloger du nom de Jacques Marc qui aurait ex\u00e9cut\u00e9 l\u2019horloge de Courtrai \u2013 celle qui fut pill\u00e9e et transport\u00e9e \u00e0 Dijon \u2013 et d\u2019un Jacquemart qui aurait r\u00e9par\u00e9 cette m\u00eame horloge \u00e0 Dijon, en 1422 (plusieurs r\u00e9f\u00e9rences dont Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9mulation du Bourbonnais, Les Imprimeries r\u00e9unies \u00e9diteur, volume 35, 1932, page 17 \u2013 Source). Antoine Fureti\u00e8re ajoute : \u00ab&nbsp;Quand on dit \u00ab&nbsp;arm\u00e9 comme un Jacquemart&nbsp;\u00bb, cela vient de Jacques Marc de Bourbon, troisi\u00e8me fils de Jacques de Bourbon, conn\u00e9table de France, sous le r\u00e8gne du roi Jean. C\u2019\u00e9tait un seigneur fort brave et vaillant qui se trouva en toutes les occasions les plus dangereuses de guerre et de tournois. D\u00e8s lors, on appela Jacquemart tous ceux qu\u2019on voyait arm\u00e9s de pied en cap.&nbsp;\u00bb<br><br>2. Dans son Dictionnaire \u00e9tymologique de la langue fran\u00e7oise (Briasson \u00e9diteur, Paris, nouvelle \u00e9dition 1750, tome I, page 62 \u2013 Source), le grammairien Gilles M\u00e9nage propose que \u00ab&nbsp;Jacquemart a \u00e9t\u00e9 fait du mot de jaque et de celui de maille, et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 dit originairement d\u2019un homme arm\u00e9 de jaque-de-maille (jacomacchiardus).&nbsp;\u00bb Ce v\u00eatement, autrement appel\u00e9 cotte de mailles, \u00e9tait aussi port\u00e9 par les guetteurs d\u2019o\u00f9 la proposition, les jacquemarts \u00e9tant perch\u00e9s en haut d\u2019\u00e9glises et beffrois.<br><br>3. Dans Les rues de Romans, suivi de Fragments historiques (J. C\u00e9as et fils \u00e9diteurs, Valence, 1900, page 121 \u2013 Source), Ulysse Chevalier, historien local romanais \u00e9crit : \u00ab&nbsp;Jacquemart est \u00e9videmment un diminutif de Jacques-Marteau. Au Moyen Age, on donnait le nom d\u00e9risoire de Jacques Bonhomme, aujourd\u2019hui synonyme de niais et fort, au paysan parce qu\u2019il accomplissait avec r\u00e9signation toute esp\u00e8ce de corv\u00e9e.&nbsp;\u00bb Avant lui, Gabriel Peignot, dans son Illustre Jacquemart de Dijon (V. Lagier \u00e9diteur, Dijon, 1832, page 21 \u2013 Source) mettait en doute cette hypoth\u00e8se : \u00ab&nbsp;L\u2019orthographe Jacquemart semblerait annoncer un diminutif de Jaque Marteau, martelant, frappant les heures, opinion plus subtile que fond\u00e9e.&nbsp;\u00bb Quant au nom de Jacques Bonhomme, il d\u00e9signait l\u2019ensemble des r\u00e9volt\u00e9s de la Grande Jacquerie de 1358 (Oeuvres de Froissart. Chroniques, Biblio \u00e9diteur, Osnabr\u00fcck, 1867-1877, tome 6, pages 44 \u00e0 53 \u2013 Source). Les chroniques (1340-1368) de Jean de Venette pr\u00e9cisent que ce sobriquet fut attribu\u00e9 par les nobles aux paysans, pour les tourner en ridicule.<br><br>4. Un autre proposition fait emprunter le mot jacquemart de l\u2019ancien proven\u00e7al jacomart ou jaquomart (1472, d\u2019apr\u00e8s Paul Pansier), d\u00e9riv\u00e9 \u00e0 l\u2019aide du suffixe -art (ou -ard), de Jaqueme, forme proven\u00e7ale du pr\u00e9nom Jacques (Source). Or, la chronologie historique, dans l\u2019espace et dans le temps, tendrait \u00e0 montrer que c\u2019est l\u2019inverse qui se serait produit et le proven\u00e7al Jacqueme serait une alt\u00e9ration de Jacquemart.<br><br>5. Dans l\u2019ouvrage de Claude Fauchet, intitul\u00e9 Origine des chevaliers, armoiries et h\u00e9raux, ensemble de l\u2019ordonnance, armes et instruments desquels les Fran\u00e7ois ont anciennement us\u00e9 en leurs guerres (J. P\u00e9rier \u00e9diteur, Paris, 1600, page 9 \u2013 Source), nous trouvons cette r\u00e9f\u00e9rence : \u00ab&nbsp;Mais pour que les chevaliers n\u2019\u00e9toient pas employez aux guerres, afin de les entretenir en quelque exercice, les grands Roys et Seigneurs de marque, quelque fois publioient des assembl\u00e9es d\u2019armes appelez Tournois pour ce que les Chevaliers y coururent par tour, rompans premi\u00e8rement leur bois et lances contre une Quintaine ou Jaquemar plant\u00e9 \u00e0 terre, jusques \u00e0 la hauteur d\u2019un cheval, ayant sus un pan une statue d\u2019homme couvert d\u2019un escu, un bras estendu, avec une masse, estant cette statue appel\u00e9e Jaquemar, plant\u00e9e sur un pivot. De mani\u00e8re que le Chevalier heurtant de sa lance contre cet escu barr\u00e9 (pour retenir la lance) il falloit qu\u2019il eut de l\u2019adresse, s\u2019il ne recevoit un coup de la masse.&nbsp;\u00bb. L\u2019auteur ne date pas l\u2019utilisation de ce terme mais cette r\u00e9f\u00e9rence est tout \u00e0 fait passionnante car il est \u00e9vident qu\u2019il parle de l\u2019origine des tournois et donc d\u2019une p\u00e9riode ant\u00e9rieure au XIVe si\u00e8cle.<br><br>6. Il se pourrait m\u00eame que le nom de Jacquemart tir\u00e2t ses origines de quelque terme \u00e9tranger.<br>On trouvait ainsi des noms similaires pour d\u00e9signer des automates et des hommes arm\u00e9s hors la France, par exemple : Jacks of the clock (Jacques de l\u2019horloge) ou Jacks in armour (Jacques en armure) en Angleterre (Journal of the British Archaeological Association, 1869, page 280 \u2013 Source), des Djakemar en Suisse (Glossaire du patois de la Suisse romande, Louis Favrat, 1866, page 114 \u2013 Source).<br><br><strong>Conclusion <\/strong>:<br><br>Bien entendu, nous ne pouvons pas, ici, donner une origine certaine du nom de Jacquemart. Mais suite \u00e0 ces recherches historiques, nous pouvons formuler l\u2019hypoth\u00e8se suivante :<br>Sachant qu\u2019il y avait, anciennement, des guetteurs qui se tenaient dans le beffroi des villes pour annoncer, par le son d\u2019une cloche, l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une troupe ennemie, un incendie, etc.<br>Sachant qu\u2019on appelait Jacquemart la repr\u00e9sentation (quintaine utilis\u00e9e lors des tournois, statue) d\u2019un homme en armes ou d\u2019un homme v\u00eatu d\u2019une jacque de maille (cotte de maille).<br>Consid\u00e9rant que, vu d\u2019en bas, la silhouette d\u2019un automate, quel que soit son uniforme, plac\u00e9 en haut d\u2019un beffroi, d\u2019un clocher ou d\u2019une tour devait rappeler celle des guetteurs.<br>Il est possible que nos anc\u00eatres aient donn\u00e9 le nom de Jacquemart \u00e0 leurs automates par simple analogie visuelle.<br><br>Bien entendu, le d\u00e9bat reste ouvert.<br><br><br><strong>\u00a0\u00bb&nbsp;Jacquemart&nbsp;\u00a0\u00bb fut aussi un hebdomadaire romanais<\/strong><br><br>\u00a0\u00bb&nbsp;Jacquemart&nbsp;\u00ab\u00a0, hebdomadaire satirique qui parut avec 58 num\u00e9ros du 16 juin 1867 au 17 septembre 1871, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Romans par R. Cluze et Calixte Lafosse. Il sera remplac\u00e9 par le \u00a0\u00bb&nbsp;Journal de Jacquemart, organe de la contr\u00e9e&nbsp;\u00a0\u00bb en 1876, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Romans par Calixte Lafosse, lui-m\u00eame remplac\u00e9 par le journal politique \u00a0\u00bb&nbsp;Journal de Jacquemart, organe de l&rsquo;Allobrogie m\u00e9ridionale&nbsp;\u00a0\u00bb en novembre 1880. Il para\u00eet irr\u00e9guli\u00e8rement de 1880 \u00e0 1905, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Romans par Calixte Lafosse, puis Sibeud, puis Gerin, puis Gerin fils. Il sera remplac\u00e9 par \u00a0\u00bb&nbsp;le Bonhomme Jacquemart \u00a0\u00bb&nbsp;en 1905.<br>On noter aussi \u00a0\u00bb&nbsp;Le Culu de Jacquemart&nbsp;\u00a0\u00bb hebdomadaire qui parut de novembre 1890 \u00e0 ao\u00fbt 1891, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 Romans par R. Cluze et Calixte Lafosse.<br><br><br><br><strong><em>Sources :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Archives municipales de Romans-sur-Is\u00e8re<\/li><li>Ulysse Chevalier, Fragments historiques, 1900<\/li><li>L\u2019Almanach du Bonhomme Jacquemart<\/li><li>www.romanshistorique.fr\/romans-sur-isere-la-tour-jacquemart<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La tour Jacquemart de Romans La tour Jacquemart de Romans-sur-Is\u00e8re (Dr\u00f4me) mesure 37 m\u00e8tres de haut, c\u2019est une ancienne porte du second rempart choisie pour accueillir un automate marteleur qui donne l\u2019heure\u00a0: le Jacquemart. Construite en 1174, la porte fortif\u00e9e de l&rsquo;Aum\u00f4ne fut r\u00e9form\u00e9e lors de la construction du second rempart. 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