{"id":5057,"date":"2022-02-27T09:04:45","date_gmt":"2022-02-27T09:04:45","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5057"},"modified":"2023-06-02T04:07:42","modified_gmt":"2023-06-02T04:07:42","slug":"paul-louis-simond-1858-1947","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5057","title":{"rendered":"Paul-Louis Simond (1858-1947)"},"content":{"rendered":"\n<p><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_83 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-custom ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-1'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5057\/#Paul-Louis_Simond_1858-1947\" >Paul-Louis Simond (1858-1947)<\/a><ul class='ez-toc-list-level-4' ><li class='ez-toc-heading-level-4'><ul class='ez-toc-list-level-4' ><li class='ez-toc-heading-level-4'><ul class='ez-toc-list-level-4' ><li class='ez-toc-heading-level-4'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5057\/#Hommage_a_Paul_Louis_Simond_-_Extrait_de_Medecine_tropicale_de_l_Institut_de_medecine_tropicale_du_Service_de_sante_des_armees_Marseille\" >Hommage \u00e0 Paul Louis Simond - Extrait de M\u00e9decine tropicale de l\u2019 Institut de m\u00e9decine tropicale du Service de sant\u00e9 des arm\u00e9es (Marseille)<\/a><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-align-center has-text-color\" style=\"color:#0600fb\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Paul-Louis_Simond_1858-1947\"><\/span><strong>Paul-Louis Simond (1858-1947)<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h1>\n\n\n\n<p><br>\u00a0<br><br>Paul-Louis Simond est n\u00e9 le 30 juillet 1858 \u00e0 <strong><a href=\"https:\/\/aouste-a-coeur.fr\/beaufort-sur-gervanne\/\">Beaufort-sur-Gervanne<\/a>,<\/strong> petit village de la Dr\u00f4me aux confins du Vercors.et mort le 18 mars 1947 \u00e0 Valence, est un biologiste fran\u00e7ais, m\u00e9decin de la Marine, sp\u00e9cialiste des \u00e9pid\u00e9mies. Il met en \u00e9vidence le r\u00f4le de la puce du rat dans la transmission de la peste bubonique en 1898.<br><br><br>De 1890 \u00e0 1894, il est m\u00e9decin de 2e\u00a0classe de la Marine, et mut\u00e9 il participe aux campagnes de vaccination contre la variole, tout en menant des recherches oc\u00e9anographiques dans le golfe du Tonkin. C&rsquo;est en Chine, \u00e0 Long-Tcheou, qu&rsquo;il r\u00e9dige ses Notes d&rsquo;histoire naturelle et m\u00e9dicales.<br>Il entre en 1895 \u00e0 l&rsquo;Institut Pasteur, o\u00f9 il suit les cours de microbiologie et y m\u00e8ne des recherches sur les coccidies.<br>Apr\u00e8s des \u00e9tudes au lyc\u00e9e de Tournon en Ard\u00e8che, Simond commence ses \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole de Sant\u00e9 Navale de Bordeaux o\u00f9 r\u00e9sidaient des membres de sa famille. En 1882, il pr\u00e9sente et r\u00e9ussit le concours d&rsquo;admission dans le Corps de Sant\u00e9 de la Marine. En cours d&rsquo;\u00e9tude, il effectue, comme c&rsquo;\u00e9tait alors l&rsquo;usage, et commence sa carri\u00e8re comme aide-m\u00e9decin de la Marine en Guyane, o\u00f9 il dirige la l\u00e9proserie de l&rsquo;Acarouani en Guyane de 1882 \u00e0 1886, apr\u00e8s lequel il soutient sa th\u00e8se de doctorat sur la l\u00e8pre en 1886 \u00e0 Bordeaux et ses modes de propagation en Guyane fran\u00e7aise. M\u00e9decin de deuxi\u00e8me classe de la Marine (lieutenant), il est d\u00e9sign\u00e9 pour servir en Indochine et en Chine de 1890 \u00e0 1894 o\u00f9 il participe aux campagnes de vaccination contre la variole, tout en menant des recherches oc\u00e9anographiques dans le golfe du Tonkin. C&rsquo;est en Chine, \u00e0 Long-Tcheou, qu&rsquo;il r\u00e9dige ses Notes d&rsquo;histoire naturelle et m\u00e9dicales.<br>Il entre en 1895 \u00e0 l&rsquo;Institut Pasteur, o\u00f9 il suit les cours de microbiologie et y m\u00e8ne des recherches sur les coccidies. Il s\u00e9journe dans le nord-Tonkin et en Chine o\u00f9 se r\u00e9v\u00e8le son go\u00fbt prononc\u00e9 pour la botanique et o\u00f9 il est en contact pour la premi\u00e8re fois avec la peste.<br>L&rsquo;ann\u00e9e 1895 voit Paul-Louis Simond \u00e0 l&rsquo;Institut Pasteur de Paris o\u00f9 il va conna\u00eetre Metchnikoff, Calmette, Laveran, Yersin et Roux. Il y r\u00e9alise des travaux importants sur les coccidies, voisines des h\u00e9matozoaires du paludisme.<br>Proche des pasteuriens les plus \u00e9minents, il est envoy\u00e9 en mission aux Indes anglaises o\u00f9 il prend le relais d\u2019Alexandre Yersin pour \u00e9tudier plus avant la peste et r\u00e9aliser des tests de vaccins\u00a0: il s&rsquo;agit de mener une campagne de s\u00e9roth\u00e9rapie contre la peste bubonique dans la r\u00e9gion de Bombay o\u00f9 s\u00e9vit une grave \u00e9pid\u00e9mie.<br>Laveran reconna\u00eetra qu&rsquo;il fut le premier \u00e0 \u00e9mettre l&rsquo;opinion que les flagell\u00e9s de leur cycle \u00e9taient des \u00e9l\u00e9ments m\u00eales destin\u00e9s \u00e0 f\u00e9conder des \u00e9l\u00e9ments femelles. Cette hypoth\u00e8se sera confirm\u00e9e par Grassi et ses collaborateurs qui d\u00e9finirent le cycle de l&rsquo;h\u00e9matozoaire. La qualit\u00e9 des recherches de Simond au laboratoire de Metchnikoff suffirait \u00e0 consacrer la notori\u00e9t\u00e9 de son auteur.<br>En 1896, une tr\u00e8s grave \u00e9pid\u00e9mie de peste se d\u00e9veloppe \u00e0 Bombay. Yersin s&rsquo;y rend pour exp\u00e9rimenter le s\u00e9rum pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 partir du bacille qu&rsquo;il avait d\u00e9couvert deux ans auparavant. En 1897, Simond est appel\u00e9 par Roux \u00e0 succ\u00e9der \u00e0 Yersin : il va d\u00e9sormais op\u00e9rer dans les foyers les plus actifs de peste aux Indes. Seul, avec peu de moyens, dans un pays livr\u00e9 \u00e0 la mis\u00e8re et \u00e0 la peur, par ses dons d&rsquo;observateur, son intuition, ses talents d&rsquo;exp\u00e9rimentateur, il va d\u00e9montrer, le 2 juin 1898, le m\u00e9canisme de transmission de la peste du rat \u00e0 l&rsquo;homme et la nature du vecteur sp\u00e9cifique de la maladie, la puce.<br>Le bacille de la peste Yersinia pestis a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 en 1894, ce qui a permis la r\u00e9alisation de s\u00e9rums contre cette maladie. Paul-Louis Simond sillonne la r\u00e9gion, observant les malades qui affluent. En juin 1897, il remarque chez certains d&rsquo;entre eux la pr\u00e9sence d&rsquo;une petite cloque ou phlyct\u00e8ne \u00e9voquant la piq\u00fbre d&rsquo;un insecte\u00a0: il a ainsi l&rsquo;intuition que la transmission de la maladie \u00e0 l&rsquo;homme ne s&rsquo;effectue pas directement par le rat, et se tourne rapidement vers la puce du rat (Xenopsylla cheopis).<br>Il se heurte \u00e0 une nouvelle difficult\u00e9\u00a0: capturer des puces sur des cadavres frais de rats n&rsquo;est pas facile et tr\u00e8s dangereux. Il se souvient alors que lorsqu&rsquo;on lave un chien au savon, on trouve dans son pelage des puces engourdies et immobilis\u00e9es. Il utilise des rats morts de peste exp\u00e9rimentale, se servant d&rsquo;une pince pour mettre un cadavre dans un sac en papier, et le plonger dans l&rsquo;eau savonneuse. Il r\u00e9cup\u00e8re les puces engourdies pour les \u00e9craser entre deux lames. Il obtient ainsi une pr\u00e9paration du contenu intestinal, observable au microscope, qui confirme la pr\u00e9sence de bacilles.<br>Il faut ensuite d\u00e9montrer la transmission par la puce. Des exp\u00e9riences men\u00e9es un an plus tard \u00e0 Karachi, frapp\u00e9e par une nouvelle \u00e9pid\u00e9mie de peste, seront rapidement concluantes en juin 1898. Il met au point un syst\u00e8me de deux boites grillag\u00e9es rapproch\u00e9es dans une m\u00eame cage. Il place un rat malade de peste dans une boite, en y ajoutant les puces du chat de son h\u00f4tel. Quand le rat malade agonise, il place un rat sain dans l&rsquo;autre boite. Au 5e\u00a0jour, le rat sain tombe malade et meurt le 6e\u00a0jour. A l&rsquo;autopsie, ce rat fourmille de bacilles. Simon \u00e9crit :<br>\u00ab\u00a0Ce jour-l\u00e0, le 2 juin 1898, j&rsquo;\u00e9prouvais une \u00e9motion inexprimable \u00e0 la pens\u00e9e que je venais de violer un secret qui angoissait l&rsquo;humanit\u00e9 depuis l&rsquo;apparition de la peste dans le monde\u00a0\u00bb<br>Cette d\u00e9couverte permettra d&rsquo;associer la d\u00e9ratisation et la d\u00e9sinsectisation, facteurs d\u00e9cisifs pour la diminution de la peste dans de nombreux pays. Les Annales de l\u2019Institut Pasteur publient les travaux de Paul-Louis Simond sur la transmission de la peste.<br>Ces travaux se heurtent \u00e0 beaucoup de scepticisme, voire aux sarcasmes \u00ab\u00a0Simond le magicien, avec ses puces\u00a0\u00bb. Il faudra plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es pour convaincre la communaut\u00e9 scientifique internationale. En 1903, J.-C. Gauthier et A. Raybaud prouvent que la maladie ne se transmet pas, dans la grande majorit\u00e9 des cas, en l&rsquo;absence de puce. En 1906, une commission anglaise confirme les travaux de Simond avec un syst\u00e8me plus \u00e9labor\u00e9. Enfin, en 1914, Arthur William Bacot et Charles James Martin (du Lister Institute, en Angleterre) montrent que l&rsquo;infection affecte la puce elle-m\u00eame, engorge son syst\u00e8me digestif et l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9gurgiter des bacilles \u00e0 chaque nouveau repas, ce qui explique son r\u00f4le de vecteur principal.<br>De 1898 \u00e0 1901, Paul-Louis Simond dirige l&rsquo;Institut Pasteur de Sa\u00efgon au Vietnam et re\u00e7oit la distinction de Chevalier de la L\u00e9gion d\u2019honneur.<br>Rapatri\u00e9 en 1901, il revient \u00e0 l&rsquo;Institut Pasteur qui l&rsquo;envoie en mission au Br\u00e9sil o\u00f9 s\u00e9vit la fi\u00e8vre jaune. Il est accompagn\u00e9 par Marchoux et Salimbeni. Ces trois chercheurs vont d&rsquo;abord confirmer les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 Cuba par la commission am\u00e9ricaine depuis 1889 : le sang du jauneux n&rsquo;est virulent que pendant les 3 premiers jours de la maladie ; le stegomyia n&rsquo;est infectant que 12 jours apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre nourri sur un malade ; le virus de la maladie est invisible et filtrable ; l&rsquo;affection conf\u00e8re une immunit\u00e9 contre l&rsquo;inoculation d&rsquo;\u00e9preuve. La mission fran\u00e7aise va en outre montrer que la p\u00e9riode d&rsquo;incubation de la fi\u00e8vre jaune peut se prolonger jusqu&rsquo;\u00e0 13 jours et que, exp\u00e9rimentalement, il existe une possibilit\u00e9 de transmission h\u00e9r\u00e9ditaire du virus chez le moustique, ce qu&rsquo;avaient ni\u00e9 les auteurs am\u00e9ricains.<br>En 1905, Simond, M\u00e9decin principal des Troupes Coloniales, rejoint Marseille o\u00f9 il va, pendant six ans, \u00eatre associ\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s aux d\u00e9buts de l&rsquo;Ecole du Pharo. Il cumule les fonctions de sous-directeur et de professeur de bact\u00e9riologie, hygi\u00e8ne et \u00e9pid\u00e9miologie. Le 29 septembre 1907 a lieu l&rsquo;inauguration officielle de l&rsquo;Ecole d&rsquo;Application du Service de Sant\u00e9 des Troupes Coloniales, en pr\u00e9sence du G\u00e9n\u00e9ral Archinard, commandant le Corps d&rsquo;Arm\u00e9e Colonial et du repr\u00e9sentant du maire de Marseille, Monsieur Chanot.<br>Il effectue des missions pour l&rsquo;Institut Pasteur en Martinique (1908-1909)<br>De ces premi\u00e8res promotions d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves firent partie Muraz (1907), Blanchard et Botreau-Roussel (1908), Jamot (1910).<br>Entre-temps, de 1906 \u00e0 1910, de retour en France, il devient professeur \u00e0 l\u2019\u00c9cole d\u2019application du service de sant\u00e9 des troupes coloniales, \u00e0 Marseille.<br>En 1911, Simond est remplac\u00e9 par Bouffard \u00e0 la chaire d&rsquo;\u00e9pid\u00e9miologie et par Lasnet comme sous-directeur.<br>Mis \u00e0 la disposition des Affaires Etrang\u00e8res, il prend la direction de l&rsquo;Institut Imp\u00e9rial de Bact\u00e9riologie de Constantinople de 1911 \u00e0 1913. Il y \u00e9tudie le chol\u00e9ra qui s\u00e9vissait dans les troupes turques avant d&rsquo;atteindre cette derni\u00e8re ville. Un jeune assistant travaille \u00e0 son c\u00f4t\u00e9, Pasteur-Vallery Radot.<br>En 1913, il est nomm\u00e9 M\u00e9decin Inspecteur (G\u00e9n\u00e9ral) et franchit la derni\u00e8re \u00e9tape de sa carri\u00e8re comme Directeur du Service de Sant\u00e9 de l&rsquo;Indochine. Il occupera ces fonctions de 1914 \u00e0 1917. Ayant demand\u00e9 sa mutation sur le front fran\u00e7ais et celle-ci lui ayant \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e, il fait valoir ses droits \u00e0 la retraite et quitte le service actif avant la limite d&rsquo;\u00e2ge, \u00e0 soixante ans.<br>Pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il dirige le service de sant\u00e9 des troupes du groupe d&rsquo;Indochine. Passionn\u00e9 de botanique, il y m\u00e8ne une \u00e9tude des orchid\u00e9es, d\u00e9crivant ces fleurs et passant une commande pour la repr\u00e9sentation en aquarelle de 226 esp\u00e8ces locales.<br>Il quitte l&rsquo;arm\u00e9e en 1917, et s&rsquo;installe \u00e0 Valence, dans sa Dr\u00f4me natale, o\u00f9 il devient l&rsquo;adjoint au maire de la ville. De 1919 \u00e0 sa mort en 1947, il se consacre \u00e0 la sant\u00e9 publique et \u00e0 la lutte contre la tuberculose (dont le premier vaccin est mis au point en 1921)\u00a0: il participe \u00e0 la cr\u00e9ation de la pouponni\u00e8re et du dispensaire antituberculeux de Valence.<br>Il y meurt le 18 mars 1947.<br><br><br>\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\"><br><strong>Hommage \u00e0 Paul Louis Simond &#8211; Extrait de M\u00e9decine tropicale de l\u2019 Institut<br>de m\u00e9decine tropicale du Service de sant\u00e9 des arm\u00e9es (Marseille)<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p><br><br><br>\u00ab&nbsp;\u2026 On retiendra de sa biographie : &#8211; sa double orientation, militaire et pastorienne, qui fut celle de beaucoup de m\u00e9decins biologistes du Service de Sant\u00e9 Outre-mer ; &#8211; sa longue carri\u00e8re en Extr\u00eame-Orient : Chine, Indes, Indochine ; &#8211; les puissantes attaches \u00ab dr\u00f4mistes \u00bb : n\u00e9 et mort dans ce d\u00e9partement, il fut adjoint au maire de Valence et est \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une \u0153uvre sociale importante. Il est l&rsquo;auteur d&rsquo;un recueil de fabliaux tout empreint du parfum de cette r\u00e9gion d\u00e9j\u00e0 m\u00e9ridionale dont il aimait les choses et les gens.<br>Car la personnalit\u00e9 de Paul-Louis Simond pr\u00e9sentait de multiples facettes. A c\u00f4t\u00e9 du pastorien rigoureux, on aimera l&rsquo;humaniste dou\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9criture, la peinture et la musique. Il fut un savant botaniste reconnu par le Mus\u00e9um qui lui doit un atlas de 226 planches d&rsquo;orchid\u00e9es, dont plusieurs portent son nom.<br>Ses publications sont rares : 48 tr\u00e8s exactement. Mais leur richesse, leur valeur intrins\u00e8que et fondamentale, leur lumineuse clart\u00e9 les placent au rang des \u0153uvres qui marquent et qui demeurent.<br>La m\u00e9decine et la sant\u00e9 publique lui doivent d&rsquo;abord son incomparable d\u00e9couverte du vecteur de la peste, victoire dont l&rsquo;importance et le m\u00e9rite ne peuvent s&rsquo;appr\u00e9cier que dans le contexte de l&rsquo;\u00e9poque. La transmission de la peste se concevait alors sur le mode fumeux des \u00ab miasmes \u00bb, quelque peu am\u00e9lior\u00e9 par la notion de microbe dont Pasteur venait d&rsquo;\u00e9tablir les bases fondamentales. Les agents infectieux \u00e9limin\u00e9s par les excreta des organismes malades polluaient le milieu ext\u00e9rieur. C&rsquo;est \u00e0 partir du sol, des poussi\u00e8res, des aliments souill\u00e9s, que l&rsquo;infection p\u00e9n\u00e9trait dans un organisme neuf par voie a\u00e9rienne, digestive ou par le rev\u00eatement cutan\u00e9 excori\u00e9. Il fallut \u00e0 Simond une prodigieuse ouverture d&rsquo;esprit, une disponibilit\u00e9 totale, une soumission absolue aux donn\u00e9es de l&rsquo;observation et de l&rsquo;exp\u00e9rience pour oser concevoir, puis d\u00e9montrer, que la peste humaine, maladie mythique, peut d\u00e9pendre d&rsquo;un rat et d&rsquo;une puce.<br>Simond a \u00e9tabli un pont, une liaison, entre pathologie animale et pathologie humaine, dans la transmission m\u00e9diate, indirecte, d&rsquo;une maladie animale \u00e0 l&rsquo;homme. Sa d\u00e9couverte est un pas consid\u00e9rable en avant sur le triple plan conceptuel, \u00e9pid\u00e9miologique et prophylactique. Il marque la fin du \u00absplendide isolement \u00bb de maladies que l&rsquo;on croyait strictement humaines. Il ouvre la voie aux notions si f\u00e9condes d&rsquo;anthropozoonoses et de section arthropodique des maladies. Il fournira d\u00e9sormais aux responsables sanitaires un moyen prophylactique d\u00e9terminant dans la lutte contre la maladie.<br>A tous ces titres, comme le dit Girard, cr\u00e9ateur du vaccin avec Robic, Paul-Louis Simond eut m\u00e9rit\u00e9 ce qu&rsquo;obtint plus tard Charles Nicolle pour une d\u00e9couverte de m\u00eame nature : le Prix Nobel.<br>Pourquoi les travaux de Simond ne connurent-ils pas la notori\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;ils m\u00e9ritaient ? On peut l\u00e9gitimement se poser la question. J&rsquo;y vois trois raisons principales.<br>D&rsquo;abord, la nouveaut\u00e9 m\u00eame de la d\u00e9couverte.<br>L&rsquo;opinion, on l&rsquo;a vu, restait domin\u00e9e par un anthropocentrisme qui pouvait difficilement admettre qu&rsquo;une maladie humaine &#8211; et quelle maladie !- p\u00fbt d\u00e9pendre d&rsquo;un aussi vil animal que le rat et p\u00fbt \u00eatre transmise \u00e0 l&rsquo;homme par la piq\u00fbre d&rsquo;une puce. On traite Simond de \u00ab magicien \u00bb et ses travaux d&rsquo;\u00e9lucubrations sans fondement.<br>La deuxi\u00e8me raison de cette m\u00e9connaissance tient aux circonstance de la d\u00e9couverte : elle fut faite aux Indes, territoire domin\u00e9 par les anglais, nos concurrents en mati\u00e8re de colonisation (Fachoda date \u00e9galement de 1898). Dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 Roux le 31 ao\u00fbt 1898, Simond s&rsquo;exprime ainsi : \u00ab Depuis que je suis ici, j&rsquo;ai rencontr\u00e9 dans le monde m\u00e9dical et administratif nombre de sympathies priv\u00e9es qui m&rsquo;ont permis de marcher et m&rsquo;ont ouvert tous les h\u00f4pitaux o\u00f9 j&rsquo;ai d\u00e9sir\u00e9 entrer. Mais l&rsquo;obtention de malades a toujours eu la forme d&rsquo;une tol\u00e9rance et d&rsquo;une faveur. La haute administration, tout en \u00e9piant mes actes et mes r\u00e9sultats, feint de nous ignorer. Son indiff\u00e9rence calcul\u00e9e et hostile refl\u00e8te l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit anglais dans l&rsquo;Inde. Mes conversations m&rsquo;ont confirm\u00e9 dans cette opinion qu&rsquo;un mot d&rsquo;ordre de ne rien faire en faveur du s\u00e9rum de l&rsquo;Institut Pasteur, mais de favoriser contre lui tout ce qui vient d&rsquo;autres pays, part des hautes sph\u00e8res gouvernementales. Je suis \u00e9c\u0153ur\u00e9 de l&rsquo;hypocrisie, de la morgue et de la cr\u00e9tinerie., fatigu\u00e9 par la lutte journali\u00e8re contre un parti-pris chauvin et b\u00eate \u00bb.<br>Enfin, la modestie, la discr\u00e9tion de Simond ne l&rsquo;ont pas pouss\u00e9 \u00e0 la renomm\u00e9e ni \u00e0 revendiquer ce qui lui \u00e9tait d\u00fb. Simond \u00e9tait un sage, un humaniste. Si l&rsquo;avenir de sa carri\u00e8re ne lui \u00e9tait pas indiff\u00e9rent, il ne sollicita jamais r\u00e9compenses et honneurs. Comme le dit Pasteur-Vallery Radot : \u00ab En 1912, j&rsquo;eus le bonheur de travailler sous sa direction et d&rsquo;appr\u00e9cier autant ses qualit\u00e9s d&rsquo;homme que ses m\u00e9rites de savant. Il avait \u00e0 la fois l&rsquo;esprit d&rsquo;observation, le jugement sain, la conception claire. Il \u00e9tait d&rsquo;une humeur toujours \u00e9gale et faisait preuve de cette large et humaine compr\u00e9hension de la vie que poss\u00e8dent les grands coloniaux. Retir\u00e9 \u00e0 Valence, il mena l&rsquo;existence d&rsquo;un sage, sans ambitions, indiff\u00e9rent aux choses dont il savait trop la vaine apparence, se d\u00e9vouant \u00e0 ses amis et se donnant tout entier aux \u0153uvres sociales \u00bb.<br>Je terminerai en citant le pr\u00e9sident du syndicat des m\u00e9decins de la Dr\u00f4me lors de ses obs\u00e8ques : \u00ab Cet homme de science \u00e9tait la modestie et le d\u00e9sint\u00e9ressement m\u00eames. D&rsquo;une courtoisie exquise, d&rsquo;une affabilit\u00e9 peu commune, le Docteur Simond \u00e9tait vraiment une figure extraordinaire ment attachante du monde scientifique fran\u00e7ais \u00bb.<br>&nbsp;<br><br>&nbsp;<em>&nbsp; Publi\u00e9 le 03\/04\/2020 \u00e0 09h57<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Paul-Louis Simond (1858-1947) \u00a0Paul-Louis Simond est n\u00e9 le 30 juillet 1858 \u00e0 Beaufort-sur-Gervanne, petit village de la Dr\u00f4me aux confins du Vercors.et mort le 18 mars 1947 \u00e0 Valence, est un biologiste fran\u00e7ais, m\u00e9decin de la Marine, sp\u00e9cialiste des \u00e9pid\u00e9mies. 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