{"id":5379,"date":"2022-03-01T08:14:24","date_gmt":"2022-03-01T08:14:24","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379"},"modified":"2022-05-04T06:08:24","modified_gmt":"2022-05-04T06:08:24","slug":"memoires-de-j-b-bruncure-daouste-sur-les-evenements-de-son-eglise-de-1792-au-concordat-1802","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379","title":{"rendered":"M\u00e9moires de J.B. Brun,cur\u00e9 d&rsquo;Aouste sur les \u00e9v\u00e8nements de son \u00e9glise de 1792 au Concordat (1802)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-text-color\" id=\"memoiresdejbbruncuredaouste\" style=\"color:#1700f9\"><br><strong>M\u00c9MOIRES DE J.B. BRUN, CUR\u00c9 D\u2019AOUSTE SUR LES \u00c9V\u00c9NEMENTS DE SON \u00c9GLISE<br>DE 1792 AU CONCORDAT (1802)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-text-color\" id=\"memoiresdejbbruncuredaouste\" style=\"color:#1700f9\"><br><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"memoiresdejbbruncuredaouste\"><\/h2>\n\n\n\n<p><em><strong>Extrait du Bulletin d\u2019histoire eccl\u00e9siastique et d\u2019arch\u00e9ologie religieuse des dioc\u00e8ses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers 1894 (A14)<br><br>Nota: texte de 1880 conserv\u00e9 en l\u2019origine&nbsp;; toutefois, l\u2019indication de certains b\u00e2timents mentionn\u00e9s est al\u00e9atoire, ceux-ci ayant disparus aujourd\u2019hui.<\/strong><\/em><br><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Joseph-Balthasar Brun naquit \u00e0 R\u00e9muzat, dans l\u2019arrondissement de Nyons, le 6 mai 1743. Son p\u00e8re Jean-Joseph Brun \u00e9tait un honn\u00eate propri\u00e9taire sa m\u00e8re Marie-Catherine Marcellin \u00e9tait fille de M. Marcellin, notaire de la localit\u00e9.<br>Promu au sacerdoce, l\u2019abb\u00e9 Brun fut envoy\u00e9 \u00e0 Bouvi\u00e8res, vers 1768, pour y remplir les fonctions de vicaire. Il exer\u00e7a avec fruit le saint minist\u00e8re dans ce modeste village pendant plusieurs ann\u00e9es et y laissa les meilleurs souvenirs.,<br>Nomm\u00e9 \u00e0 la cure d\u2019Aouste par Mgr. de Plan des Augiers, \u00e9v\u00eaque de Die, il vint prendre possession de son nouveau poste en septembre 1775, et s\u2019appliqua pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de son minist\u00e8re pastoral \u00e0 instruire ses paroissiens dans les voies du salut et \u00e0 les \u00e9difier par sa douce pi\u00e9t\u00e9.<br>L\u2019\u00e9glise d\u2019Aouste avait \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e, ainsi que l\u2019autel majeur, le 30 novembre 1735, par Mgr Daniel-Joseph de Cosnac, \u00e9v\u00eaque de Die mais cet autel construit en grosse ma\u00e7onnerie, au fond du sanctuaire et tout-\u00e0-fait adoss\u00e9 au mur, \u00e9tait fort incommode pour les c\u00e9r\u00e9monies. M. Brun le rempla\u00e7a, le 23 d\u00e9cembre 1789, par un autel \u00e0 tombeau<strong>,<\/strong> en bois dor\u00e9, qu\u2019il fit \u00e9lever au milieu du ch\u0153ur, \u00e0 la romaine (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note<\/a> 1)<br>Bient\u00f4t apr\u00e8s, commenc\u00e8rent les troubles de la grande R\u00e9volution, dont M. Brun nous raconte lui-m\u00eame les p\u00e9rip\u00e9ties, et auxquels devait mettre fin le concordat de 1801.<br>Par suite de la nouvelle circonscription des dioc\u00e8ses, la paroisse d\u2019Aouste avait \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 la juridiction des \u00e9v\u00eaques de Valence. Mgr Becherel ne tarda pas \u00e0 remarquer le rare m\u00e9rite d\u2019un cur\u00e9 qui sut garder ses ouailles au p\u00e9ril de sa vie et qui avait affront\u00e9 les orages sans blesser sa conscience de pr\u00eatre et de pasteur. Le 26 brumaire an XI (5 novembre 1802), il le proposa \u00e0 l\u2019agr\u00e9ment du Gouvernement pour la cure de la cath\u00e9drale de Valence, avec ce t\u00e9moignage flatteur \u00ab Ce digne eccl\u00e9siastique r\u00e9unit toutes les qualit\u00e9s propres \u00e0 cette importante place \u00bb. Il re\u00e7ut notification de son \u00e9lection vers le 3 juin 1803 et il vint prendre possession de sa cure d\u00e8s les premiers jours du mois d\u2019ao\u00fbt de la m\u00eame ann\u00e9e. Les privations que s\u2019imposa M. Brun pendant les longs jours de sa vie errante, o\u00f9 il ne put visiter ses paroissiens sans s\u2019exposer \u00e0 la proscription ou \u00e0 la mort, avaient profond\u00e9ment alt\u00e9r\u00e9 sa sant\u00e9 et il d\u00fbt se pr\u00e9parer \u00e0 rendre compte Dieu de sa p\u00e9nible administration.<br>Il mourut \u00e0 Valence, le 4 novembre 1805, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 63 ans. M. Ollanier, vicaire g\u00e9n\u00e9ral, pr\u00e9sida \u00e0 ses fun\u00e9railles que Mgr Becherel honora de sa pr\u00e9sence et auxquelles assist\u00e8rent les huit chanoines qui formaient alors le chapitre cath\u00e9dral ( <a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 2<\/a>).<br>Les notes \u2013 registre (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 3<\/a>) qu\u2019il nous a laiss\u00e9es renferment des documents pr\u00e9cieux et retracent fid\u00e8lement la physionomie des \u00e9v\u00e9nements qui agit\u00e8rent le Dauphin\u00e9 pendant l\u2019\u00e8re de la R\u00e9volution de 1789, et nous sommes convaincu qu\u2019on ne les lira point sans int\u00e9r\u00eat. Nous laisserons parler M. Brun, qui gardera la responsabilit\u00e9 de ses appr\u00e9ciations.<br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><\/h2>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-custom ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Sommaire<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><a href=\"#\" class=\"ez-toc-pull-right ez-toc-btn ez-toc-btn-xs ez-toc-btn-default ez-toc-toggle\" aria-label=\"Toggle Table of Content\"><span class=\"ez-toc-js-icon-con\"><span class=\"\"><span class=\"eztoc-hide\" style=\"display:none;\">Toggle<\/span><span class=\"ez-toc-icon-toggle-span\"><svg style=\"fill: #999;color:#999\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" class=\"list-377408\" width=\"20px\" height=\"20px\" viewBox=\"0 0 24 24\" fill=\"none\"><path d=\"M6 6H4v2h2V6zm14 0H8v2h12V6zM4 11h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2zM4 16h2v2H4v-2zm16 0H8v2h12v-2z\" fill=\"currentColor\"><\/path><\/svg><svg style=\"fill: #999;color:#999\" class=\"arrow-unsorted-368013\" xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" width=\"10px\" height=\"10px\" viewBox=\"0 0 24 24\" version=\"1.2\" baseProfile=\"tiny\"><path d=\"M18.2 9.3l-6.2-6.3-6.2 6.3c-.2.2-.3.4-.3.7s.1.5.3.7c.2.2.4.3.7.3h11c.3 0 .5-.1.7-.3.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7zM5.8 14.7l6.2 6.3 6.2-6.3c.2-.2.3-.5.3-.7s-.1-.5-.3-.7c-.2-.2-.4-.3-.7-.3h-11c-.3 0-.5.1-.7.3-.2.2-.3.5-.3.7s.1.5.3.7z\"\/><\/svg><\/span><\/span><\/span><\/a><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379\/#A_B_BLAIN\" >A. B. BLAIN.<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379\/#IV\" >IV<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"has-text-align-right wp-block-heading\" id=\"a-b-blain\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"A_B_BLAIN\"><\/span>A. B. BLAIN.<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p><strong>I<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>A loi du 20 septembre 1792, sur le mode de constater l\u2019\u00e9tat civil des cito\u00efens, voulut que tous les registres contenant les actes de bapt\u00eames, mariages et s\u00e9pultures existants dans les presbit\u00e8res, fussent d\u00e9pos\u00e9s dans la maison commune de chaque parroisse et que les registres courants fussent confi\u00e9s \u00e0 un officier public qui fut charg\u00e9, d\u00e8s-lors, de la r\u00e9daction de ces actes, avec<strong> <\/strong>injonction de n\u2019y ins\u00e9rer aucune clause relative \u00e0 la religion (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 4<\/a>).<br>A l\u2019\u00e9poque de cette loi, j\u2019avois en mon pouvoir les registres qui constatent l\u2019\u00e9tat civil et religieux de mes parroissiens en montant jusques au 9 juillet 1618. J\u2019en fis l\u00e0 r\u00e9mission, le 9 novembre 1792, aux commissaires charg\u00e9s de les recevoir et le conseil g\u00e9n\u00e9ral de la commune me nomma pour continuer la r\u00e9daction des actes de naissances, mariages et d\u00e9c\u00e8s conform\u00e9ment \u00e0 la loi.<br>Les nouveaux l\u00e9gislateurs de la France avoient d\u00e9j\u00e0 cru alors pouvoir an\u00e9antir, par leurs d\u00e9crets, l\u2019indissolubilit\u00e9 du mariage et introduire parmi nous l\u2019usage immoral du divorce. Les demandes en divorce devoient se porter devant l\u2019officier public, \u00e0 qui \u00e9toit attribu\u00e9e l\u2019authorit\u00e9 de le prononcer. On juge ais\u00e9ment-que j\u2019opposai une juste r\u00e9pugnance \u00e0 me charger de pareilles fonctions. Sur l\u2019observation qu\u2019on me fit ,que j\u2019aurois un et plusieurs suppl\u00e9ants et que je ne pr\u00eaterois mon minist\u00e8re que dans les cas o\u00f9 ma d\u00e9licatesse et ma cro\u00efance religieuse n\u2019auroient rien \u00e0 souffrir, je d\u00e9f\u00e9rai aux d\u00e9sirs unanimes de mes concitoyens. Je motivai devant Dieu cet acte de condescendance, par l\u2019intention que j\u2019avois de multiplier mes rapports avec mes parroissiens et de me m\u00e9nager une occasion de plus pour conserver en eux le d\u00e9p\u00f4t pr\u00e9cieux de la foi en J.-C. qu\u2019on vouloit ravir au peuple fran\u00e7ais. Comme je ne pouvois plus \u00e9noncer dans les actes que mes parroissiens, en naissant, avoient \u00e9t\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s en J\u00e9sus-Christ par le sacrement de bapt\u00eame, qu\u2019ils avoient re\u00e7u le sacrement de mariage en se conformant au rit de l\u2019\u00e9glise catholique, et qu\u2019arriv\u00e9s au terme de leur-vie, ils \u00e9toient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s religieusement dans sa communion je crus qu\u2019il \u00e9toit de mon devoir d\u2019y suppl\u00e9er par des nottes particuli\u00e8res et j\u2019y fus d\u00e9termin\u00e9 par les consid\u00e9rations suivantes.<br>D\u2019abord,:les chr\u00e9tiens catholiques ch\u00e9rissent l\u2019acte qui leur rappelle le jour de leur bapt\u00eame. Ceux d\u2019entre eux qui ont contract\u00e9 les engagemens sacr\u00e9s du mariage aiment un monument qui en transmette le souvenir dans les fastes de la Religion.; et les familles vraiment chr\u00e9tiennes trouvent une consolation dans les actes qui leur attestent que leurs parents d\u00e9c\u00e9d\u00e9s particip\u00e8rent, en mourant, aux sacremens institu\u00e9s dans l\u2019\u00e9glise par J\u00e9sus-Christ.<br>D\u2019ailleurs, il. est de principe dans l\u2019\u00e9glise catholique qu\u2019on ne peut \u00eatre admis \u00e0 la participation d\u2019aucun sacrement sans avoir re\u00e7u le bapt\u00eame il faut donc un t\u00e9moignage suffisant pour certifier, dans l\u2019occasion, que celui qui demande les autres sacremens a pr\u00e9alablement re\u00e7u celui-l\u00e0? Il est encore constant dans l\u2019Eglise que l\u2019enfant contracte une alliance spirituelle tant avec celui qui l\u2019a baptis\u00e9 qu\u2019avec ses parrain et marraine; que cette alliance nait entre les parrain et marraine et les parens du baptis\u00e9, ainsi qu\u2019entre ces m\u00eames parens et celui qui administre le bapt\u00eame; que cette alliance enfin forme un emp\u00eachement dirimant entre les personnes qui, apr\u00e8s l\u2019avoir contract\u00e9e, seroient dans l\u2019intention de se marier il faut donc un indice certain pour instruire; le cas \u00e9ch\u00e9ant, de l\u2019existence de cette alliance, afin de constater \u2018celle de l\u2019emp\u00eachement qui en a r\u00e9sult\u00e9. Il n\u2019est pas moins av\u00e9r\u00e9 qu\u00e9 le sacrement de mariage forme un lien indissoluble entre les chr\u00e9tiens qui le re\u00e7oivent il en est donc indispensable que ceux qui vivent dans la croyance de l\u2019\u00e9glize catholique, trouvent dans des nottes authentiques une preuve de ce lien, pour qu\u2019on puisse l\u2019opposer \u00e0 ceux qui seroient tent\u00e9s de le violer. Enfin, comme l\u2019\u00e9glize catholique ne peut accorder ses suffrages, dans l\u2019ordre de la Religion, et une place dans ses Dyptiques, qu\u2019\u00e0 ceux qui sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s dans sa communion il faut que ceux qui lui sont rest\u00e9 fid\u00e8les soient ins\u00e9r\u00e9s nominativement dans un registre qui porte \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 le gage de leurs sentimens religieux jusqu\u2019\u00e0 la mort.<br>Ces raisons m\u2019engag\u00e8rent, d\u00e8s le 9 novembre 1792, en remettant les registres de ma parroisse, \u00e0 faire un registre particulier avec des nottes sur ceux de mes parroissiens qui, \u00e0 datter de cette \u00e9poque, auroient \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s, sur ceux qui auroient re\u00e7u le sacrement de mariage et ceux aussi qui seroient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s dans le sein de l\u2019\u00e9glize catholique.<br>Des \u00e9v\u00e8nemens extraordinaires occasionn\u00e8rent des mouvemens plus extraordinaires encore, qui firent disparoitre ce registre. J\u2019en rappellerai les actes sur les premi\u00e8res feuilles de celui-cy: on y trouvera la relation des obs\u00e8ques de mes parroissiens jusques au 24 janvier, celle des mariages qui se c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent jusques au 3 f\u00e9vrier et celle des enfans que je baptisai jusques au 6 du m\u00eame mois de l\u2019ann\u00e9e 1749\u2026.<br><br><br>\u2022 M. Brun fait observer en outre qu\u2019il n\u2019a jamais dress\u00e9 aucun acte \u00e0 la mairie comme secr\u00e9taire, concernant les catholiques d\u2019Aouste, sans que ceux-ci aient pr\u00e9alablement accompli les devoirs religieux qui s\u2019y r\u00e9f\u00e9raient.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>II<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Les ann\u00e9es 1792, 1793 et 1794 furent marqu\u00e9es par des \u00e9v\u00e9nemens inouis qu\u2019on trouvera d\u00e9taill\u00e9s dans l\u2019histoire de l\u2019\u00e9glise Gallicane. La France, livr\u00e9e \u00e0 toutes les horreurs d\u2019une r\u00e9volution qui avoit pour objet principal l\u2019an\u00e9antissement de l\u2019autel et du thr\u00f4ne, vit dans tous ses d\u00e9partements la Religion en butte \u00e0 la rage de ses ennemis. Le plan m\u00e9dit\u00e9 depuis longtemps par ceux qui vouloient la d\u00e9truire, cessa d\u2019\u00eatre envelopp\u00e9 dans les ombres du mist\u00e8re. Des \u00e9crits impies r\u00e9pandus partout gratuitement et avec profusion, des discours analogues d\u00e9bit\u00e9s dans des assembl\u00e9es o\u00f9 le peuple \u00e9tait forc\u00e9 de se rendre, la spoliation et la prophanation des lieux saints, la soustraction de tous les signes du Christianisme (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 5<\/a>), l\u2019enl\u00e8vement des cloches; la proscription du dimanche et des autres jours consacr\u00e9s au Seigneur les menaces les plus s\u00e9v\u00e8res contre, ceux qui ozoient en \u00eatre les observateurs l\u2019interdiction odieuse du culte, l\u2019\u00e9tablissement de ce qu\u2019on appelait les f\u00eates d\u00e9cadaires et r\u00e9publicaines, les loix p\u00e9nales publi\u00e9es pour accr\u00e9diter ces nouveaut\u00e9s anti-chr\u00e9tiennes, des imputations calomnieuses, des inventions absurdes dirig\u00e9es contre les eccl\u00e9siastiques pour attirer sur eux le m\u00e9pris et la haine du peuple (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 6<\/a>), les encouragemens accord\u00e9s \u00e0 leurs d\u00e9nonciateurs l\u2019exil, l\u2019emprisonnement, la d\u00e9portation, les noyades, la fusillade divers genres de supplice qu\u2019on leur fit \u00e9prouver, forment l\u2019esquisse du tableau de, ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans ces .ann\u00e9es-l\u00e0 pour, saper les fondemens de la Religion et pour en effacer, s\u2019il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 possible, jusques aux moindres traces.<br>Depuis le 6 f\u00e9vrier 1794, je, n\u2019eus plus la libert\u00e9 d\u2019exercer publiquement mes fonctions. Jusques \u00e0 cette \u00e9poque j\u2019avais baptis\u00e9 librement dans mon \u00e9glize les enfans de mes paroissiens j\u2019y avais imparti la b\u00e9n\u00e9diction nuptiale servatis servandis \u00e0 ceux qui l\u2019avaient demand\u00e9e, et j\u2019accompagnais \u00e0 la s\u00e9pulture les corps des fid\u00e8les d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. La pers\u00e9cution ouverte, qu\u2019une tirannie sanguinaire exerceoit alors contre la Religion catholique, consternoit d\u00e9j\u00e0 ceux qui lui restoient fid\u00e8les. Ceux du d\u00e9partement de la Dr\u00f4me, que l\u2019orage n\u2019avoit encore menac\u00e9 que de loin, se v\u00eerent tout \u00e0 coup att\u00e9r\u00e9s par. la foudre et l\u2019\u00e9glize d\u2019Aouste, qui depuis quelque temps ne s\u2019ouvroit plus qu\u2019\u00e0 des personnes pieuse qui venoient l\u2019arroser de leurs larmes, fut souill\u00e9e ce jour-l\u00e0 (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 7<\/a>) par des actes de violence qui en ferm\u00e8rent les portes, apr\u00e8s l\u2019avoir d\u00e9pouill\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement de tout ce qui servoit au culte du Seigneur.<br>Je dois ce t\u00e9moignage \u00e0 mes parroissiens qu\u2019un tr\u00e8s petit nombre d\u2019entre eux donn\u00e8rent leur assentiment \u00e0 ces actes extraordinaires, et que ce ne fut que provisoirement, comme mesure de s\u00fbret\u00e9 et de tranquillit\u00e9 publique contre le v\u0153u hautement prononc\u00e9 de presque tous les catholiques, que la municipalit\u00e9 se vit oblig\u00e9e de les authoriser. Mon \u00e9glize fut ouverte peu de temps apr\u00e8s \u00e0 des assembl\u00e9es qui en firent disparo\u00eetre tous les vestiges du Christianisme et qui, ne voulant y conserver que la chaire \u00e0 pr\u00eacher, l\u2019entour\u00e8rent d\u2019une inscription injurieuse \u00e0 la doctrine sainte de l\u2019Evangile et aux ministres de J\u00e9sus-Christ qui l\u2019y avoient annonc\u00e9e.<br>Dans ces momens orageux, dont l\u2019histoire conservera le souvenir;et,que les Fran\u00e7ais transmettront oralement \u00e0 leurs derniers neveux, une pers\u00e9cution effra\u00efante se dirigea contre les pr\u00eatres. On employa les mo\u00efens les plus violens pour les obliger \u00e0 abdiquer leur \u00e9tat, \u00e0 renoncer \u00e0 leurs fonctions, \u00e0 remettre leurs lettres d\u2019ordination; et de pr\u00eatrise, etc\u2026 Je m\u2019abstiens de toute r\u00e9flexion sur ces violences inou\u00efes et les effets qui s\u2019ensuivirent :je dirai seulement que les eccl\u00e9siastiques s\u00e9culiers et r\u00e9guliers qui se refus\u00e8rent ce qu\u2019on leur demandoit, furent menac\u00e9s, intimid\u00e9s, mis en fuite&nbsp;; que j\u2019en vis traduire plusieurs dans les ,prisons que j\u2019ozai me flatter quelques instants qu\u2019une vie solitaire et cach\u00e9e me mettroit \u00e0 l\u2019abri de ces divers inconv\u00e9niens et m\u2019assureroit la douceur de .procurer, au moins en secret, les secours de la Religion \u00e0 mes fid\u00e8les parroissiens; que j\u2019administrai ainsi les derniers sacremens \u00e0 ceux d\u2019entre eux qui furent malades&nbsp;;que je baptisai dans des maisons particuli\u00e8res les enfans qui y naquirent mais que les esp\u00e9rances flatteuses que j\u2019avois con\u00e7u\u00ebs et qui dans cet intervalle furent journellement troubl\u00e9es par des menaces qui me venoient du dehors, s\u2019\u00e9vanouirent malheureusement le dimanche 9e jour du mois de mars 1794. Mon s\u00e9jour \u00e0 Aouste, dans ,un moment o\u00f9 les cur\u00e9s mes voisins, avoient quitt\u00e9 leurs postes, offusquoit des malveuillans qui auroient voulu que mes parroissiens eux-m\u00eames me forceassent \u00e0 fuir et craignant que ma pr\u00e9sence ne fut contre eux une occasion de trouble, je me d\u00e9terminai a m\u2019en \u00e9loigner. Je partis subitement et clandestinement le lundi dix de mars, avant la naissance du jour (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 8<\/a>).<br>Je n\u2019entreprendrai pas de peindre mes regrets et les sentimens de douleur que j\u2019\u00e9prouvai dans cette m\u00e9morable occasion: ils sont autant au dessus de mes expressions que la joye que j\u2019ai gout\u00e9e lorsque j\u2019ai pu reprendre la garde de mon troupeau.<br>Apr\u00e8s le 6 f\u00e9vrier 1794; lorsque l\u2019\u00e9glize d\u2019Aouste eut \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9e de ses vases sacr\u00e9s, de ses ornements le ma\u00eetre-autel en bois dor\u00e9, les tableaux, les confessionnaux et les livres lithurgiques furent heureusement cach\u00e9s et plus heureusement ignor\u00e9s dans la sacristie mais les deux autels lat\u00e9raux, qui \u00e9toient en ma\u00e7onnerie, furent d\u00e9molis les images des saints, les divers embl\u00e8mes de la Religion peints sur les murs, furent effac\u00e9s des inscriptions analogues aux projets qu\u2019on avoit en vu\u00eb y furent substitu\u00e9es une pique, surmont\u00e9e d\u2019un bonnet rouge se montra sur l\u2019endroit le plus apparent du sanctuaire; un grand \u00e9criteau mis au dessous annon\u00e7a de loin, que ce temple d\u00e9di\u00e9 au culte du vrai Dieu depuis un si\u00e8cle, seroit consacr\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 la Raison. (Exurgat Deus et dissipentur inimici ejus!) Le b\u00e9nitier et le vase en pierre servant aux fonts baptismaux furent emport\u00e9s et tra\u00een\u00e9s avec m\u00e9pris sur la place publique. Et lorsqu\u2019on en eut fait dispara\u00eetre jusques aux moindres traces du Christianisme, on construisit d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, sur les deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019\u00e9glise, des bancs en amphit\u00e9atre, pour la commodit\u00e9 des malheureux qui renonceant \u00e0 J\u00e9sus-Christ et \u00e0 son Evangile, viendroient s\u2019y r\u00e9unir aux assembl\u00e9es d\u00e9cadaires et se d\u00e9clarer partisans du culte pr\u00e9tendu de la Raison. Ce plan n\u2019e\u00fbt pas, \u00e0 beaucoup pr\u00e8s, le succ\u00e8s que ses autheurs s\u2019\u00e9toient promis. La terreur sembla bien lui faire des sectateurs, il ne fut gout\u00e9 que de peu de gens, la plus part soudo\u00ef\u00e9s (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 9<\/a>).<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>III<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>J\u2019\u00e9tois fugitif depuis plus d\u2019une ann\u00e9e (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 10<\/a>), lorsque la faction tyrannique qui subjuguoit la France fut terrass\u00e9e par une faction rivale, qui s\u2019empara du pouvoir et fit un moment de diversion \u00e0 l\u2019ordre de choses qui avoit pr\u00e9valu. \u0303<br>La Convention nationale, d\u00e9termin\u00e9e par des consid\u00e9rations tr\u00e8s \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la Religion, d\u00e9cr\u00e9ta le 3 ventose l\u2019an III de la R\u00e9publique (21 f\u00e9vrier 1795), que l\u2019exercice d\u2019aucun culte ne pouvoit \u00eatre troubl\u00e9 rapporta toute loy contraire et annula tout arr\u00eat\u00e9 pris en opposition par les repr\u00e9sentants du peuple dans les d\u00e9partements. Ce fut \u00e0 la faveur de ce d\u00e9cret que je me h\u00e2tai de retourner \u00e0 Aouste. J\u2019y arrivai le 31 mars 1795, jour de mardi dans la semaine sainte et le jeudi suivant, j\u2019ai eu la consolation de reprendre solemnellement l\u2019exercice de mon minist\u00e8re, non dans l\u2019\u00e9glize parroissiale qui n\u2019\u00e9toit pas encore rend\u00fce \u00e0 la d\u00e9cence convenable \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration des saints myst\u00e8res, mais dans la chapelle de Saint-Christophe, qui se trouve sur le cimeti\u00e8re, hors des murs.<br>La pi\u00e9t\u00e9 \u00e9difiante des fid\u00e8les y avoit pr\u00e9par\u00e9 d\u2019avance ce qui \u00e9toit n\u00e9cessaire au service divin. Le sanctuaire de cette chapelle presque toute d\u00e9labr\u00e9e existoit encore alors, ainsi que son autel, dans toute son int\u00e9grit\u00e9 (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 11<\/a>). Les catholiques, pendant mon absence, s\u2019\u00e9toient constamment assembl\u00e9s sur les ruines respectables de ce temple antique pour y vacquer aux exercices religieux que les circonstances leur permettoient, et les g\u00e9n\u00e9rations futures apprendront avec un pieux attendrissement que les menaces r\u00e9it\u00e9r\u00e9es de l\u2019incarc\u00e9ration, devenu\u00ebs dans ce temps-l\u00e0 famili\u00e8res, que celles m\u00eame de la mort, ne furent pas capables de les en emp\u00eacher \u2026\u2026\u2026\u2026<br>Ce fut l\u00e0 que je baptisai les enfans n\u00e9s depuis le 6 f\u00e9vrier 1794, que je c\u00e9l\u00e9brai plusieurs mariages qui n\u2019avoient \u00e9t\u00e9 contract\u00e9s que civilement devant l\u2019officier public, et que je fis les obs\u00e8ques de mes parroissiens. \u2026\u2026\u2026\u2026.<br>Cependant les parroissiens d\u2019Aouste s\u2019occup\u00e8rent sans d\u00e9lai et avec beaucoup de z\u00e8le des mo\u00efens propres \u00e0 rendre l\u2019\u00e9glize paroissiale \u00e0 sa destination primitive. Ce fut le 14 mai, jour de la f\u00eate de l\u2019Ascension, que j\u2019y rentrai avec eux, que la b\u00e9n\u00e9diction ou la r\u00e9conciliation en fut faite et que j\u2019y repris solemnellement mes fonctions.<br>Lorsque la Convention nationale eut proclam\u00e9 son d\u00e9cret du 3 ventose sur la libert\u00e9 des cultes, les catholiques les plus raisonnables n\u2019y avoient apper\u00e7u, pour eux, qu\u2019un simulachre de libert\u00e9.<br>Que pouvoient-ils voir, en effet, dans une loi qui, apr\u00e8s qu\u2019on eut d\u00e9clar\u00e9 les \u00e9glises propri\u00e9t\u00e9s nationales, prononce que la R\u00e9publique n\u2019en fournira plus \u00e0 ceux dont les p\u00e8res les avoient fait b\u00e2tir ? Que pouvoient-ils voir dans une loi qui, privant ainsi les catholiques de leurs temples, leur d\u00e9fend d\u2019acqu\u00e9rir, de louer m\u00eame, en nom collectif, un local pour les remplacer ? que pouvoient-ils penser d\u2019une loi qui ne leur permet d\u2019\u00e9tablir aucune taxe pour acquitter les d\u00e9penses du culte, qui d\u00e9clare ne pas en reconna\u00eetre les ministres, qui ne veut pas que les lieux affect\u00e9s \u00e0 l\u2019exercice du culte soient d\u00e9sign\u00e9s par aucun signe, qui s\u2019oppose m\u00eame \u00e0 ce qu\u2019on y convoque publiquement les cito\u00efens ? Telle \u00e9toit en effet la loy du 3 ventose.<br>Ce ne fut cepandant que sous son \u00e9gide que j\u2019exerceai mon minist\u00e8re. L\u2019\u00e9glize d\u2019Aouste fut prise par les catholiques \u00e0 titre de location; comme il leur \u00e9toit d\u00e9fendu de se pr\u00e9senter en nom collectif, ,un d\u2019entre eux, Antoine Chaix, originaire de Cobone, en devint locataire par l\u2019adjudication des pr\u00e9pos\u00e9s de la R\u00e9publique, et telle \u00e9toit ma position lorsqu\u2019on publia un nouveau d\u00e9cret sur la libert\u00e9 des cultes. Il suivit de pr\u00e8s celui du 3 ventose an III (21 f\u00e9v.1795); il parut sous la datte du 11 prairial m\u00eame ann\u00e9e (31 mai 1795).<br>Ce dernier d\u00e9cret c\u00e8de provisoirement, sous la surveillance des authorit\u00e9s constitu\u00e9es l\u2019usage des \u00e9glizes aux catholiques, mais il les ouvre en. m\u00eame temps, aux assembl\u00e9es politiques ordonn\u00e9es par. la loy, et il y introduit, si bon leur semble, tous les cito\u00efens des diff\u00e9rens cultes, pour y exercer librement chacun le sien, aux jours et heures que les municipalit\u00e9s, surveill\u00e9es par les corps administratifs, auront jug\u00e9 \u00e0 propos de fixer; il.dispose enfin que nul ne pourra remplir le minist\u00e8re d\u2019aucun culte dans lesdits \u00e9difices, avant qu\u2019il se soit fait d\u00e9cerner acte, devant la municipalit\u00e9 du lieu, de soumission aux loix de la R\u00e9publique et il condamne, les ministres contrevenants, ainsi que les cito\u00efens qui les auroient appel\u00e9s ou admis, \u00e0 une amende de mille livres.<br>Le simulachre de libert\u00e9 que les catholiques raisonnables a voient apper\u00e7u dans la loi du 3 ventose an III, disparut devant la g\u00eane frappante que pr\u00e9senta celle du 11 prairial. Quelles que fussent les r\u00e9flexions des fran\u00e7ais \u00e0 la publication de cette autre loi, les opinions des eccl\u00e9siastiques furent partag\u00e9es relativement \u00e0 l\u2019acte de soumission qu\u2019elle exigeoit d\u2019eux; je pris un parti moyen. Je fis acte, devant la municipalit\u00e9 d\u2019Aouste, de ma soumission aux loix de la R\u00e9publique, en tant qu\u2019elles ne m\u2019 engageraient \u00e0 rien de contraire aux principes de la Religion catholique, apostolique et romaine, auxquels j\u2019 \u00e9tois invariablement attach\u00e9.&nbsp;<br>Cette formalit\u00e9 fut remplie le 25 messidor an III (13 juillet 1795) et je continuai mes fonctions. Sicut autem\/uerit voluntas in C\u0153lo, sicfiat! (I Machab. III, 60).<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\" id=\"iv\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"IV\"><\/span><strong>IV<\/strong><span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br><br>Quiconque n\u2019aura pas \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin de ce que les eccl\u00e9siastiques \u00e9prouv\u00e8rent de revers \u00e0 cette \u00e9poque (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 12<\/a>) ne pourra pas se faire une id\u00e9e des mo\u00efens odieux qui furent mis en usage pour les embarrasser dans l\u2019exercice de leurs fonctions. Les pages de l\u2019histoire en porteront les d\u00e9tails \u00e0 nos derniers neveux; mais ces d\u00e9tails para\u00eetront plus incroyables \u00e0 mesure qu\u2019ils approcheront plus de la v\u00e9rit\u00e9.<br>Le projet d\u2019an\u00e9antir le Christianisme existoit incontestablement parmi les l\u00e9gislateurs de la France. Leurs vues antichr\u00e9tiennes s\u2019\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9es par l\u2019abolition des \u00e9tablissements religieux, par la spoliation et la destruction des temples, par la proscription des pr\u00eatres, et le m\u00e9pris scandaleux avec lequel ils osaient parler du Saint \u00c9vangile de J\u00e9sus-Christ.<br>Le monde entier leur reprochoit de tromper la nation par les assurances d\u2019une libert\u00e9 qui n\u2019\u00e9toit que chim\u00e9rique,puisqu\u2019ils la privoient tiranniquement de l\u2019exercice d\u2019un culte qu\u2019elle ne cessait de ch\u00e9rir. Pour parer \u00e0 ce reproche ils mettoient en avant les d\u00e9crets qu\u2019ils publioient sur la libert\u00e9 des cultes, mais pour ne pas s\u2019\u00e9carter de leur but, ils inventoient des obstacles continuels \u00e0 l\u2019usage de cette libert\u00e9. Tout ce qui a trait \u00e0 la Religion \u00e9toit frond\u00e9 par leurs loix et le serment de soumission \u00e0 leurs loix \u00e9toit un pr\u00e9liminaire indispensable pour tout ministre public de la Religion.<br>D\u00e8s le 11 prairial an III, plusieurs eccl\u00e9siastiques dont j\u2019avais suivi l\u2019exemple, avaient pris acte devant les \u2018municipaux de leur r\u00e9sidence, de leur soumission aux loix de la R\u00e9publique en tant qu\u2019elles ne les engageraient \u00e0 rien de contraire \u00e0 la Religion catholique, apostolique et romaine. Cette restriction \u00e9tait command\u00e9e par la crainte qu\u2019inspiroient les projets que l\u2019on supposait avec trop de raison dans les l\u00e9gislateurs. Elle ne pouvait offusquer que ceux qui les avoient r\u00e8ellement con\u00e7us et ceux-ci ne laiss\u00e8rent pas subsister longtemps l\u2019incertitude qu\u2019on aurait pu avoir sur leurs intentions.<br>Pour \u00e9carter les pr\u00eatres de toute fonction ou pour les forcer \u00e0 l\u2019apostasie, ils eurent recours \u00e0 une loi nouvelle. Elle parut sous la datte du 7 vend\u00e9miaire an IV (28 septembre 1795) elle fut publi\u00e9e \u00e0 Aouste le 16 octobre.<br>Cette loi, en plus de trente articles, rappelle en son entier celle du 11 prairial elle veut que toutes d\u00e9clarations ou promesses faites pr\u00e9c\u00e9demment par les eccl\u00e9siastiques ne puissent les dispenser de fournir celle-cy \u00ab Je reconnois que l\u2019universalit\u00e9 des cito\u00efens fran\u00e7ais est le souverain et je promets soumission et ob\u00e9issance aux loix de la R\u00e9publique. \u00bb Les termes sont de rigueur un mot de plus ou de moins fait encourir une amende et la peine d\u2019emprisonnement au magistrat qui recevroit la d\u00e9claration. La m\u00eame peine est prononc\u00e9e contre tout pr\u00eatre qui exerceroit ses fonctions, sans avoir fourni la d\u00e9claration prescrite; un bannissement perp\u00e9tuel est d\u00e9cern\u00e9 contre celui qui a\u00efant fait la d\u00e9claration serait tent\u00e9 de la r\u00e9tracter ou de la modifier, et une prison perp\u00e9tuelle aussi est la perspective que la loi offre aux malheureux bannis qui oseraient revenir sur le sol pr\u00e9tendu de la libert\u00e9.<br>Une triste retraite devint encore alors mon partage. Eh aurois-je pu faire un acte de soumission qui contrariat celui que j\u2019avais d\u00e9pos\u00e9 dans les archives municipales ?<br>Il arriva heureusement que la loi du 7 vend\u00e9miaire ne fut pas \u00e9galement bien accueillie dans toutes les municipalit\u00e9s tandis que quelques unes se h\u00e2t\u00e8rent d\u2019en faire la promulgation, d\u2019autres prirent sur elles de la diff\u00e9rer. Ce parti mod\u00e9r\u00e9 fut adopt\u00e9 par la municipalit\u00e9 de Crest et son exemple fit na\u00eetre \u00e0 celle d\u2019Aouste le dessein de tol\u00e9rer l\u2019exercice public de mes fonctions. Sur l\u2019avis qu\u2019on m\u2019en donna, je les repris le dimanche 14 novembre 1795, pour r\u00e9pondre a la sollicitation pressante de mes paroissiens et, je puis bien dire aussi, pour suivre un penchant qui m\u2019\u00e9tait naturel.<br>J\u2019avais exerc\u00e9 publiquement mes fonctions comme mes voisins depuis le 14 novembre 1795, lorsqu\u2019il s\u2019\u00e9leva tout \u00e0 coup un orage qui menacea de la foudre tous les pr\u00eatres en fonctions qui n\u2019avaient pas obtemp\u00e9r\u00e9 \u00e0 la loy de vend\u00e9miaire. Le d\u00e9partement de la Dr\u00f4me prit un arr\u00eat\u00e9 fulminant pour en presser l\u2019ex\u00e9cution. Cet arr\u00eat\u00e9 n\u2019\u00e9tait point encore public lorsque, le mardi 5 avril 1796, terroris\u00e9 de nouveau par les circonstances, je me d\u00e9cidai \u00e0 m\u2019abstenir de mes fonctions publiques. La municipalit\u00e9 d\u2019Aouste attesta quelques jours apr\u00e8s aux \u00e9missaires du d\u00e9partement, qu\u2019il n\u2019y avait alors dans la commune aucun ministre du culte en fonctions.<br>Je continuai cependant \u00e0 rendre, secr\u00e8tement, \u00e0 mes paroissiens les services spirituels qui d\u00e9pendoient de moi. Il arriva encore \u00e0 cette \u00e9poque que plusieurs pr\u00eatres, ceux de Crest en particulier, ne discontinu\u00e8rent pas tout de suite leurs exercices publics ce privil\u00e8ge qui fut l\u2019effet de diverses circonstances, engagea quelques fois mes paroissiens \u00e0 s\u2019adresser \u00e0 eux pour faire baptiser leurs enfans.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>V<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Quoique la Constitution fran\u00e7aise garantisse la libert\u00e9 des cultes que cette libert\u00e9 soit au rang des droits imprescriptibles de l\u2019homme, qu\u2019une foule de nos loix prononcent hautement en sa faveur, que les d\u00e9crets du 3 ventose et 11 prairial entre autres 1\u2019assurent invariablement \u00e0 tous les citoyens. j\u2019en \u00e9tais cependant impitoyablement priv\u00e9 depuis le 5 avril 1796. En ex\u00e9cution de la loy du 11 prairial an III, j\u2019avois fait en bon citoyen un acte de soumission aux lois de la R\u00e9publique, mais parce que j\u2019avais ins\u00e9r\u00e9 dans ma d\u00e9claration que je serais soumis \u00e0 ses loix autant qu\u2019elles ne m\u2019engageraient \u00e0 rien de contraire \u00e0 la Religion catholique; cette condition m\u2019avait valu le rejet de l\u2019acte de ma soumission.<br>Ainsi press\u00e9 par les loix de la R\u00e9publique d\u2019un c\u00f4t\u00e9, entra\u00een\u00e9 de l\u2019autre par mon attachement \u00e0 la religion catholique, j\u2019\u00e9tais contraint de refuser \u00e0 mes paroissiens les fonctions publiques de mon minist\u00e8re.<br>Je leur lisais \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 les pri\u00e8res ordinaires de la messe aux jours de dimanches et de f\u00eates, et m\u00eame en certains autres jours remarquables dans la lithurgie. Je profitais de ces occasions pour leur expliquer l\u2019Evangile. J\u2019assistais \u00e0 l\u2019office divin comme un simple la\u00efque, et je me trouvais de cette mani\u00e8re aux obs\u00e8ques des d\u00e9funts pour y r\u00e9citer les pri\u00e8res du rituel. Mais que de d\u00e9sirs ne me restait-il pas \u00e0 remplir? Quel sujet de douleur ne trouvais-je pas dans la privation des autres secours spirituels qu\u2019\u00e9prouvaient mes paroissiens ? Quelle perspective pour moi que celle de l\u2019ignorance dans laquelle se formaient les jeunes gens des deux sexes ? Cette derni\u00e8re consid\u00e9ration m\u2019avait d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 faire secr\u00e8tement le cat\u00e9chisme dans ma chambre, et j\u2019y pr\u00e9parois 60 enfans \u00e0 la premi\u00e8re communion, lorsqu\u2019on annoncea que les pasteurs qui comme moi demeuraient cach\u00e9s dans leur paroisse reparaissaient librement au milieu de leur troupeau, que le culte rentrait dans la jouissance de ses droits, que les pr\u00eatres qui dans certaines communes c\u00e9l\u00e9braient les saints Mist\u00e8res, dans des maisons particuli\u00e8res, le faisaient avec autant de publicit\u00e9 que si c\u2019eut \u00e9t\u00e9 dans un temple. A leur exemple, d\u00e8s le 9 avril, jour des Rameaux, j\u2019avois dit la messe publiquement dans ma chambre j\u2019avois c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans une autre maison plus vaste la solemnit\u00e9 de P\u00e2ques. Lorsqu\u2019on publia que les pr\u00eatres de Crest, qui \u00e9prouvoient les m\u00eames d\u00e9sagr\u00e9emens que moi, reprennoient, de l\u2019aveu, disoit-on, de l\u2019administration du d\u00e9partement, l\u2019exercice public de leurs fonctions en cons\u00e9quence, inform\u00e9 de ce retour \u00e0 l\u2019ordre, vo\u00efant que la loy du 7 vend\u00e9miaire tomboit comme en d\u00e9su\u00e9tude, que le Corps l\u00e9gislatif m\u00eame favorisoit par ses d\u00e9crets la cause de la Religion; je sortis du tombeau o\u00f9 j\u2019\u00e9tois cach\u00e9 depuis plus d\u2019un an et, le dimanche de Quasimodo 23 avril, offris comme une esp\u00e8ce de r\u00e9surrection \u00e0 mes fid\u00e8les catholiques, qui me virent c\u00e9l\u00e9brer le st. sacrifice de la Messe et l\u2019office divin dans l\u2019\u00e9glize, conform\u00e9ment aux v\u0153ux que nous adressions au Ciel depuis longtemps.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>VI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>S \u2018il est vrai de dire que les r\u00e9volutions engendrent le ferment odieux des factions, et que les factieux entra\u00eenent le pa\u00efs malheureux qui leur sert de th\u00e9atre dans des agitations convulsives qui le d\u00e9solent; il est vrai de dire aussi, que la France, qui en offrit plusieurs fois le spectacle \u00e0 la fin du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle. en fit une \u00e9preuve des plus m\u00e9morables le 5 septembre 1797 (19 fructidor an 5).<br>Un moment de calme, dont elle jouissoit \u00e0 cette \u00e9poque, lui avoit permis, d\u00e8s le mois d\u2019avril pr\u00e9c\u00e9dant, de remplacer quelques uns de ses l\u00e9gislateurs par des hommes sages, dont les principes avoient fait na\u00eetre l\u2019espoir d\u2019un avenir meilleur. Les mesures r\u00e9volutionnaires avoient sembl\u00e9 faire place \u00e0 des loix restauratrices de l\u2019ordre public la paix int\u00e9rieure commenceoit d\u2019en \u00eatre l\u2019heureux r\u00e9sultat. Quatre mois et demi pass\u00e9s dans une esp\u00e8ce de tol\u00e9rance, avoient fait croire au rapport de la loi du 7 vend\u00e9miaire an 4 concernant les eccl\u00e9siastiques, une loy du 7 fructidor avoit offert le retour dans leur patrie \u00e0 ceux d\u2019entre eux qui en avoient \u00e9t\u00e9 exil\u00e9s lorsqu\u2019un bruit d\u2019allarme devint tout \u00e0 coup le pr\u00e9curseur effra\u00efant des proscriptions, des d\u00e9portations, des \u00e9chaffauds, dont les ennemis de la Religion catholique s\u2019\u00e9toient d\u00e9j\u00e0 servis souvent pour lui enlever ses plus fid\u00e8les ministres.<br>Une loi en quarante articles,renouvelle, le 19 fructidor, tous les anciens d\u00e9crets les concernant (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 13<\/a>) le serment de haine \u00e0 la ro\u00efaut\u00e9 fut ordonn\u00e9 de plus aux pr\u00eatres qui d\u00e9sireroient se maintenir dans l\u2019exercice de leurs fonctions la prestation en fut rigoureusement, on pourroit dire ridiculement, exig\u00e9e dans le d\u00e9partement de la Dr\u00f4me (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 14<\/a>) Les cur\u00e9s catholiques qui s\u2019y refus\u00e8rent furent encore forc\u00e9s d\u2019abandonner leurs \u00e9glises. Je sortis de la mienne pour la quatri\u00e8me fois, le vendredi 15 septembre 1797 (29 fructidor an 8).<br>Des circonstances particuli\u00e8res rendirent ma position plus p\u00e9nible peut-\u00eatre qu\u2019elle n\u2019avoit \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019alors, et ce fut \u00e0 travers les menaces et les dangers de la d\u00e9portation, \u00e0 la faveur des pr\u00e9cautions les plus s\u00e9v\u00e8res, que j\u2019exerceai mon minist\u00e8re tant\u00f4t dans un endroit, tant\u00f4t dans un autre, et que j\u2019y pris les nottes consign\u00e9es \u00e0 la suite de ce registre.<br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br><strong>VII<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>A l\u2019aide des notes que nous a laiss\u00e9es M. Brun sur les bapt\u00eames, mariages religieux et secours qu\u2019il a apport\u00e9s aux mourants, nous pouvons constater qu\u2019il ne perdit pas de vue sa ch\u00e8re paroisse apr\u00e8s le 15 septembre 1797. N\u00e9anmoins les fid\u00e8les, ne pouvant suivre leur pasteur au jour le jour dans les retraites o\u00f9 il se cachait pour se soustaire aux investigations des patriotes, furent contraints parfois de recourir au minist\u00e8re des pr\u00eatres voisins pour faire baptiser leurs enfants nouveaux-n\u00e9s ou b\u00e9nir leurs mariages&nbsp;: c\u2019est cela que dans ses m\u00e9moires M. Brun nous parle de Mrs Champalbert, Moulin, Brosset, Planchon, Arsac, Place et Tournillon; voici en quels termes:<br>Le pr\u00eatre Champ Albert, cur\u00e9 de Gigors, n\u2019a \u00e9t\u00e9 rebut\u00e9 par aucun des sermens qui ont \u00e9t\u00e9 exig\u00e9s des eccl\u00e9siastiques il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 effra\u00ef\u00e9 non plus par les peines canoniques port\u00e9es contre les pr\u00eatres qui n\u2019auroient pas retract\u00e9 les sermens criminels qu\u2019ils avoient pr\u00eat\u00e9. Li\u00e9 par les censures qu\u2019il a encour\u00fces, mais fier de l\u2019approbation des ennemis de la Religion, il n\u2019a pas discontinu\u00e9 d\u2019exercer publiquement son minist\u00e8re dans son \u00e9glize de Gigors, ainsi que dans celles de Suze, de Cobone, de Choss\u00e9on, etc., dont il s\u2019est empar\u00e9 sans autre titre que celui d\u2019une t\u00e9m\u00e9raire intrusion.<br>L\u2019ignorance ou le caprice de quelques uns de mes parroissiens les a conduits \u00e0 lui pour faire baptiser leurs enfans dans des momens o\u00f9 je ne pouvois les instruire, o\u00f9 ils craignoient de s\u2019addresser \u00e0 moi et o\u00f9 je n\u2019aurois oz\u00e9 les baptiser moi-m\u00eame sans compromettre ma libert\u00e9 et ma vie (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 15<\/a>).<br>M. Moulin, cur\u00e9 de Vaunav\u00e9s, est un pr\u00eatre tr\u00e8s catholique, qui dans ce moment (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 16<\/a>) s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 dans les campagnes, tant\u00f4t dans un domaine, tant\u00f4t dans un autre, et qui, \u00e0 la pri\u00e8re de ceux chez qui il a trouv\u00e9 un azile, a baptis\u00e9 chez eux les enfans n\u00e9s dans les parroisses voisines de la sienne, lorsque les circonstances n\u2019ont pas permis de recourir \u00e0 leur l\u00e8gitime pasteur. M. Brosset, cur\u00e9 d\u2019Upie, a tenu \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame conduite que le pr\u00eatre Champ Albert (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 17<\/a>)<br>MM. Planchon et Arsac, pr\u00eatres catholiques du dioc\u00e8ze de Viviers (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 18<\/a>), \u00e9toient charg\u00e9s de la desserte des parroisses de Chabrillan et Granes, au dioc\u00e8se de Valence. Les mouvemens du 19 fructidor an 5, rappelles pr\u00e9c\u00e9demment. oblig\u00e8rent ces messieurs \u00e0 s\u2019\u00e9loigner de leurs \u00e9glises et \u00e0 chercher une retraite hors de leurs parroisses. Ils se r\u00e9fugi\u00e8rent parfois, momentan\u00e9ment, l\u2019un et l\u2019autre dans une maison d\u2019Aouste ils y dirent secr\u00e8tement la messe, ils y baptis\u00e8rent des enfans, ils y administr\u00e8rent le sacrement de P\u00e9nitence et de l\u2019Eucharistie \u00e0 de pieuses femmes, dont quelqu\u2019une eut l\u2019indiscr\u00e9tion de le divulguer, ce qui \u00e9loigna les r\u00e9fugi\u00e9s qui, sans ralentir leur z\u00e8le, l\u2019exerc\u00e8rent ensuite avec plus de pr\u00e9caution.<br>Le pr\u00eatre Place (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 19<\/a>) est un ancien cur\u00e9 d\u2019Alex au dessous de Crest, qui a fait les sermens et d\u00e9clarations exig\u00e9s des eccl\u00e9siastiques, et qui, quoique d\u00e9missionnaire de sa cure, a continu\u00e9 de faire publiquement des fonctions sacerdotales et curiales. M. Tournillon, cur\u00e9 de Soyans (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 20<\/a>), est un viellard octog\u00e9naire, qui a \u00e9t\u00e9 presque oubli\u00e9 dans son village et qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 atteint par les rigueurs pers\u00e9cutrices de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. En sortant de son \u00e9glise le 19 fructidor an 5, il arrangea un oratoire dans l\u2019int\u00e9rieur de sa maison (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 21<\/a>), o\u00f9 il a re\u00e7u, sans beaucoup se g\u00eaner, les personnes qui ont eu recours \u00e0 son minist\u00e9re; il a baptis\u00e9 les enfans de deux grangers d\u2019Aouste, sur les limites de Soyans.<br>De m\u00eame que les pr\u00eatres voisins avaient pu consoler, par leur minist\u00e8re, ceux des paroissiens d\u2019Aouste qui n\u2019avaient pu recourir \u00e0 leur cur\u00e9 sans s\u2019exposer \u00e0 la pers\u00e9cution, de m\u00eame M. Brun eut parfois l\u2019occasion de veiller aux int\u00e9r\u00eats religieux de paroisses abandonn\u00e9es et priv\u00e9es de tout secours. Le r\u00e9cit qu\u2019il nous fait d\u2019une visite \u00e0 Bouvi\u00e8res nous a paru digne d\u2019\u00eatre rapport\u00e9&nbsp;:<br>L\u2019an de Notre Seigneur J. C. 1800, le dixi\u00e8me jour du mois de juin, passant \u00e0 Bouvi\u00e8res, paroisse de ce dioc\u00e8ze de Die, que j\u2019avois desservie comme vicaire en l\u2019ann\u00e9e 1768, et dans laquelle je n\u2019ai trouv\u00e9 ni cure ni pr\u00eatre missionnaire, afflig\u00e9 de la privation que les fid\u00e8les y \u00e9prouvent de tout secours spirituel, \u00e9difi\u00e9 d\u2019ailleurs du peu de confiance qu\u2019ils paroissent avoir pour les pr\u00eatres schismatiques ou li\u00e9s par les censures, qui parfois se montrent parmi eux je me suis empress\u00e9 de leur accorder, autant que les circonstances me l\u2019ont permis, les consolations qui d\u00e9pendoient de mon minist\u00e8re.<br>Environn\u00e9 d\u2019un grand nombre de p\u00e8res et de m\u00e8res qui m\u2019ont pr\u00e9sent\u00e9 leurs enfans pour que je leur administrasse le sacrement de bapt\u00eame, je me suis rendu \u00e0 leur pieux d\u00e9sir avec le z\u00e8le que leurs instances seules eussent \u00e9t\u00e9 capables de m\u2019inspirer. Mais, soit que je fusse vivement affect\u00e9 de la situation d\u00e9plorable o\u00f9 se trouvoit cette pauvre parroisse abbandonn\u00e9e, soit que je redoutasse la publicit\u00e9 que je donnois \u00e0 mes fonctions dans un moment o\u00f9 il \u00e9toit encore dangereux pour un pr\u00eatre catholique de se montrer au grand jour, soit qu\u2019une nombreuse r\u00e9union de parens portant dans leurs bras des enfans peu tranquilles occasionn\u00e2t une esp\u00e8ce de confusion capable de troubler un pr\u00eatre qui auroit eu plus de sens froid, je n\u2019ai pas retenu des nottes suffisantes pour attester, comme je le voudrois, le bapt\u00eame de ceux \u00e0 qui je l\u2019ai administr\u00e9 (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 22<\/a>) \u2026\u2026 J\u2019observe seulement que ces enfans, au nombre de trente cinq, ont \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s, les uns dans la maison de M. Joseph Favier, qui en a \u00e9t\u00e9 le parrain, et que le Sr Mathieu Raffin, tailleur d\u2019habits, a \u00e9t\u00e9 le parrain de quelques autres que j\u2019ai baptis\u00e9s dans la maison qu\u2019il habite.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>VIII<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Depuis le mois de septembre 1797 (19 fructidor an 5) jusques au mois de novembre 1799 (18 brumaire an 8), les pr\u00eatres catholiques avoient g\u00e9mi sous une oppression qui ne diff\u00e9roit gu\u00e9res de celle qu\u2019ils avoient \u00e9prouv\u00e9e en 1793 et 1794. Effra\u00ef\u00e9s des rigueurs que leur pr\u00e9sentoit la loi barbare du 19 fructidor, ils ne se montroient plus aux fid\u00e8les que sous des voiles imp\u00e9n\u00e9trables, et c\u2019est ainsi qu\u2019ils administroient quelque fois les secours consolants de la Religion \u00e0 un petit nombre de personnes qui avoient encore et la pi\u00e9t\u00e9 et le courage n\u00e9cessaire pour les r\u00e9clamer.<br>Dans ces entrefaites, la divine Providence suscita le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte qui, devenu le protecteur de la France, renversa le gouvernement tirannique qui l\u2019opprimoit. Les pasteurs de l\u2019Eglize apper\u00e7urent alors l\u2019aurore riante de jours plus sereins. Bonaparte, nanti des r\u00eanes du gouvernement, leur d\u00e9couvrit ses intentions bienfaisantes il abolit tous les sermens odieux que l\u2019on exigeoit d\u2019eux; il leur permit de r\u00e9entrer dans leurs \u00e9glises; il se borna \u00e0 une simple d\u00e9claration de leur part, que quelques \u00e9v\u00eaques de France crurent faisable, mais que le plus grand nombre n\u2019oza pas conseiller.<br>La diversit\u00e9 d\u2019opinion dans les chefs du clerg\u00e9 s\u2019introduisit n\u00e9cessairement parmi ses membres. On ne l\u2019apper\u00e7ut presque pas dans le dioc\u00e8ze de Die la conduite des pr\u00eatres y fut uniforme. Dociles \u00e0 la voix d\u2019un administrateur plein de z\u00e8le ( <a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 23<\/a>), ils n\u2019uz\u00e8rent pas de la facult\u00e9 conditionnelle d\u2019exercer leurs fonctions dans les \u00e9glises. Les dispositions du premier Consul les encouragea cepandant \u00e0 se montrer avec moins de crainte. Ils form\u00e8rent d\u2019abord de petits oratoires chez eux quelques personnes s\u2019y reunirent le gouvernement ne parut pas s\u2019en occuper. Son silence enhardit les pr\u00eatres et les fid\u00e8les les oratoires s\u2019accrurent, le concours y devint plus grand et, d\u00e9sireux moi-m\u00eame de rendre mon minist\u00e8re plus utile, je transformai mon logement en \u00e9glize et, d\u00e8s le 16 juin 1800, j\u2019y admis indistinctement mes parroissiens.<br>On pouvait d\u00e9j\u00e0 pressentir que par une entente concert\u00e9e entre le premier Consul et le souverain Pontife, la libert\u00e9 serait pleinement rendue au culte catholique.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>IX<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Les annales de la politique et celles de la Religion instruiront les si\u00e8cles \u00e0 venir des longues n\u00e9gociations qui eurent lieu. en 1801, entre le souverain Pontife et le premier Consul de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, relativement \u00e0 l\u2019exercice public de la Religion catholique.<br>Bonaparte avoit cet objet v\u00e9ritablement \u00e0 c\u0153ur et Pie VII en faisoit le sujet de sa plus grande sollicitude. Des commissaires respectifs s\u2019en occup\u00e8rent avec des pleins pouvoirs. Plusieurs l\u00e9gats du Pape vinrent successivement en France \u00e0 cet effet (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 24<\/a>) et si la cour de Rome montra le z\u00e8le le plus ardent pour assurer le succ\u00e8s de leur mission, Bonaparte parut rivaliser avec elle pour ouvrir une heureuse issu\u00eb \u00e0 cette importante entreprise un Concordat solemnel, r\u00e9tablissant la libert\u00e9 du culte, en fut le r\u00e9sultat. Cet acte m\u00e9morable, sign\u00e9 \u00e0 Paris le 15 juillet, ratifi\u00e9 \u00e0 Rome le 10 septembre 1801, n\u2019eut cepandant la sanction du Corps l\u00e9gislatif que le 8 avril 1802. On garda jusques alors un secret inviolable sur tout son contenu, ce qui fatigua pendant plusieurs mois les Fran\u00e7ais catholiques impatiens d\u2019en connoitre les dispositions. La crainte bien fond\u00e9e qu\u2019avoit le Gouvernement de trouver des opposans parmi les tribuns et les l\u00e9gislateurs, fit diff\u00e9rer la pr\u00e9sentation qui leur fut faite du Concordat jusqu\u2019au moment o\u00f9 la Constitution permit de remplacer ceux d\u2019entre eux qui inspiroient de la m\u00e9fiance, par des hommes plus d\u00e9sireux des rapprochemens convenus.<br>La divine Providence recula cette \u00e9poque jusqu\u2019au mois de germinal l\u2019an dix de la R\u00e9publique. Le lundi quinzi\u00e8me du mois, correspondant au 5 avril 1802, des conseillers d\u2019Etat, suivant la marche trac\u00e9e par la Constitution, pr\u00e9sent\u00e8rent le Concordat intervenu entre Notre saint P\u00e8re le Pape Pie VII et le Gouvernement fran\u00e7ais, au Corps l\u00e9gislatif. Celui-ci le soumit, le m\u00eame jour, \u00e0 l\u2019examen du Tribunat. Quatre-vingt cinq tribuns r\u00e9unis l\u2019adopt\u00e8rent le 17 germinal \u00e0 la majorit\u00e9 de soixante et dix-huit voix, et le v\u0153u des tribuns a\u00efant \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 le lendemain \u00e0 la s\u00e9ance des l\u00e9gislateurs o\u00f9 se trouv\u00e8rent deux cens quarante neuf votans, deux cens vingt huit d\u2019entre eux proclam\u00e8rent le Concordat comme loy de la R\u00e9publique. Cet \u00e9v\u00e9nement si ardemment d\u00e9sir\u00e9, si impatiemment attandu, fut donc publi\u00e9 le jeudi 18 germinal l\u2019an 10 (8 avril 1802). La nouvelle arriva comme l\u2019\u00e9clair dans les d\u00e9partemens je la re\u00e7us un des premiers jours de la semaine sainte. Quoiqu\u2019elle ne fut pas officielle, je ne doutai pas de son authenticit\u00e9. Je projettai d\u00e8s lors de fermer mon oratoire et de retourner sans d\u00e9lai dans mon \u00e9glise paroissiale. En cons\u00e9quence, le 18 avril 1802, jour de la f\u00eate de P\u00e2ques, rendu aux d\u00e9sirs de mes chers et fid\u00e8les paroissiens, je m\u00ealai mes transports de joye avec les leurs, et nous chant\u00e2mes tous dans une douce all\u00e9gresse:H\u0153c dies quam fecit Dominus, exultemus et loetemur in e\u00e2 (Ps CXVII, 24)&nbsp;; Ecce qu\u00e0m bonum et qu\u00e0m incudum habitare frates inunum (ibid. cxxxn, 1).<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>X<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>L\u2019article 2 du Concordat, sign\u00e9 le 15 juillet 1801 entre le Gouvernement fran\u00e7ais et le Souverain Pontife, porte qu\u2019il sera fait par le St-Si\u00e8ge, de concert avec le Gouvernement, une nouvelle circonscription des dioc\u00e8zes fran\u00e7ais. L\u2019article 4 dispose que le premier Consul de la R\u00e9publique nommera aux archev\u00each\u00e9s et \u00e9v\u00each\u00e9s de la circonscription nouvelle et que Sa Saintet\u00e9 donnera l\u2019institution canonique suivant les formes \u00e9tablies, paraport \u00e0 la France, avant le changement du Gouvernement.<br>En ex\u00e9cution de ces articles, l\u2019ancien territoire du dioc\u00e9ze de Die, qui faisoit partie du d\u00e9partement de la Dr\u00f4me (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 25<\/a>), s\u2019est trouv\u00e9 compris dans les limites d\u2019un nouveau dioc\u00e9ze dont Valence a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli le chef-lieu. Par une suite n\u00e9cessaire, la paroisse d\u2019Aouste est devenue une d\u00e9pendance de cet \u00e9v\u00each\u00e9. La pr\u00e9lature en a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par le premier Consul \u00e0 M. Fran\u00e7ois B\u00e9cherel, ci-devant cur\u00e9 de St-L\u00f4 en Normandie, qui, \u00e0 la faveur de la trop fameuse Constitution civile du clerg\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e en 1790, \u00e9toit devenu \u00e9v\u00eaque de Coutances, et qui a obtenu l\u2019institution canonique du Pape. Ce pr\u00e9lat ainsi nomm\u00e9 et institue s\u2019est rendu \u00e0 son si\u00e8ge, le 7 septembre 1803, et a \u00e9t\u00e9 install\u00e9 solemnellement dans son \u00e9glize cath\u00e9drale par le citoien Marie Descorches, pr\u00e9fet du d\u00e9partement, le dimanche 12 septembre (25 fructidor an 10). En suite de ce nouvel arrangement, op\u00e9r\u00e9 par le concours des deux puissances, le cur\u00e9 d\u2019Aouste est devenu dioc\u00e9zain de Valence. En attandant l\u2019organisation des paroisses et des succursales de cette \u00e9glize, annonc\u00e9e par le Concordat, j\u2019ai cru devoir porter \u00e0 M. B\u00e9cherel l\u2019hommage d\u2019une respectueuse ob\u00e9issance. Je le lui ay pr\u00e9sent\u00e9; le vendredi 2 vend\u00e9miaire an 11, et je continue mes fonctions jusques \u00e0 ce qu\u2019il lui plaise de me donner de nouveaux ordres.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>XI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Quoiqu\u2019aux termes du Concordat (art. 1) la religion catholique, apostolique et romaine puisse \u00eatre librement exerc\u00e9e en France et que l\u2019antique publicit\u00e9 dont jouissoit son culte lui a\u00efe \u00e9t\u00e9 rendu\u00eb, apr\u00e8s une cruelle proscription de plusieurs ann\u00e9es les loix organiques de cette m\u00e9morable convention (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 26<\/a>) veulent que, dans chaque dioc\u00e8ze, la mani\u00e8re d\u2019appeller les fid\u00e8les au service divin soit r\u00e9gl\u00e9e par l\u2019\u00e9v\u00eaque de concert avec le pr\u00e9fet. La publication du Concordat n\u2019authorisoit donc pas encore \u00e0 se servir des cloches pour annoncer les offices de l\u2019\u00e9glize. Nos p\u00e8res les avoient plac\u00e9es sur les tours de nos temples pour publier nos solemnit\u00e9s en haine de la religion de nos p\u00e8res, elles avoient \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es \u00e0 un lugubre silence. Pour les rendre \u00e0 leur destination primitive, il falloit que l\u2019\u00e9v\u00eaque nomm\u00e9 par le premier Consul, institu\u00e9 par le Souverain Pontife, arriva dans son dioc\u00e8ze qu\u2019il fit un r\u00e8glement relatif \u00e0 cet objet, et que le pr\u00e9fet lui accordat sa sanction.<br>M. l\u2019\u00e9v\u00eaque de Valence s\u2019en occupa d\u00e8s les premiers jours de son installation (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 27<\/a>). Le r\u00e8glement pour la sonnerie des cloches, fut fait et sanctionn\u00e9 le 30 fructidor an X. Il fut de suite envo\u00ef\u00e9 dans toutes les communes et, \u00e0 la grande satisfaction des paroissiens, il commencea \u00e0 recevoir son ex\u00e9cution \u00e0 Aouste, le dimanche 4 vend\u00e9miaire an XI.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>XII<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>La cessation des c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e8bres n\u2019avoit pas \u00e9t\u00e9 moins p\u00e9nible aux catholiques que le silence du beffroi. Pr\u00e9s de neuf ans s\u2019\u00e9toient \u00e9coul\u00e9s depuis que les citoyens catholiques de France \u00e9toient priv\u00e9s de la libert\u00e9 de suivre le rit de leur religion dans les fun\u00e9railles. On leur eut fait un crime qui, dans certains momens, eut \u00e9t\u00e9 capital s\u2019ils s\u2019\u00e9toient acquit\u00e9s publiquement de leurs devoirs religieux envers les morts. Les c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e8bres leur \u00e9toient rigoureusement interdites. La religion et les pr\u00eatres ne devoient y avoir aucune part. Le cri plaintif des fid\u00e8les invoquoit inutilement le retour \u00e0 la d\u00e9cence qui \u00e9toit en usage chez les peuples de tous les pays et de tous les temps; la rage r\u00e9volutionnaire m\u00e9connoissoit les droits que r\u00e9clamoient la nature et la religion. Le concordat pr\u00e9paroit un terme \u00e0 ce scandale. Il y est statu\u00e9 que le culte de la religion catholique sera public, en se conformant aux r\u00e8gles de police que le gouvernement jugera n\u00e9cessaires pour la tranquillit\u00e9 publique. Les c\u00e9r\u00e9monies religieuses prescrites pour la s\u00e9pulture des morts pouvoient donc \u00eatre observ\u00e9es sans inconv\u00e9nient, en se conformant aux r\u00e9gies de police. On crut cepandant qu\u2019il \u00e9toit convenable d\u2019attandre l\u2019arriv\u00e9e des \u00e9v\u00eaques dans leurs dioc\u00e8zes, afin d\u2019avoir leur assentiment en reprenant, quant \u00e0 ce, les plus louables et les plus anciens usages. M. l\u2019\u00e9v\u00e8que de Valence s\u2019est empress\u00e9 de provoquer pour cela l\u2019authorisation du gouvernement et le pr\u00e9fet du d\u00e9partement de la Dr\u00f4me, par un arr\u00eat\u00e9 du 8 vend\u00e9miaire an XI, a second\u00e9 provisoirement les v\u0153ux de l\u2019\u00e9v\u00eaque et de ses dioc\u00e9zains (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 28<\/a>). Cet arr\u00eat\u00e9 a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 Aouste et y a re\u00e7u son ex\u00e9cution le 23 du m\u00eame mois.<br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>APPENDICE I.<br><br><br>R\u00c8GLEMENT SUR LA SONNERIE DES CLOCHES <\/strong>(<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 29<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Le vendredi trente fructidor an dix, Monsieur l\u2019\u00cbv\u00e8que a consult\u00e9 son conseil provisoire, sur le r\u00e8glement \u00e0 arr\u00eater au sujet de la sonnerie des cloches des \u00e9glises de toutes les communes du d\u00e9partement de la Dr\u00f4me, pour appeler les fid\u00e8les au service divin, et apr\u00e8s quelques observations, il a arr\u00eat\u00e9 ledit r\u00e9glement ainsi qu\u2019il suit&nbsp;:<br><br><br>ART. ler. Dans toutes les communes du d\u00e9partement on sonnera l\u2019Angelus aux heures accoutum\u00e9es et avec une cloche seulement.<br>ART. 2e. Dans chaque \u00e9glise les messes basses seront annonc\u00e9es par ]a plus petite cloche, que l\u2019on frappera de douze coups.<br>ART. 3e. Les cat\u00e9chismes seront \u00e9galement annonc\u00e9s par la plus petite cloche, que l\u2019on sonnera en vol un quart d\u2019heure.<br>ART. 4e. Les dimanches et f\u00eates, les offices, dans les villes, seront annonc\u00e9s trois quarts d\u2019heure et dans les campagnes une heure avant qu\u2019ils commencent, par la plus grosse cloche, que l\u2019on frappera de vingt coups de quart d\u2019heure en quart d\u2019heure. Un quart d\u2019heure avant qu\u2019ils commencent, on les mettra toutes en vol, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019heure de commencer l\u2019office soit sonn\u00e9e.<br>ART. 5e. On sonnera aussi le sermon dans les grandes solemnit\u00e9s, pendant le Car\u00eame et l\u2019Avent, et pour appeller les fid\u00e8les aux exercices des missions qui pourroient avoir lieu. Il en sera de m\u00eame des saluts du St-Sacrement, lorsqu\u2019ils ne suivront pas imm\u00e9diatement les vespres.<br>ART. 6e. Les offices des jours ouvrables seront annonc\u00e9s par une cloche que l\u2019on sonnera en vol un quart d\u2019heure.<br>ART. 7e. \u2013 On en excepte cependant les processions de Saint-Marc, des Rogations et autres particuli\u00e8res \u00e0 quelques paroisses, auxquelles les fid\u00e8les sont dans l\u2019usage d\u2019assister, le mercredi des cendres, le jour des morts, o\u00f9 l\u2019office sera annonc\u00e9 par les cloches comme les f\u00eates et dimanches. Il en sera de m\u00eame du son de toutes les cloches, dans les paroisses o\u00f9 la loi permettra de faire des processions \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, lorsqu\u2019une paroisse ira faire une station \u00e0 une autre paroisse dans ce cas, la paroisse visit\u00e9e pourra faire sonner toutes les cloches \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la procession \u00e0 l\u2019\u00e9glise et \u00e0 sa sortie.<br>ART. 8e. Il sera permis d\u2019appeller par six coups de cloche le pr\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9glise pour l\u2019administration des sacrements, mais dans le seul cas o\u00f9 r\u00e9ellement il ne s\u2019y trouverait pas.<br>ART. 9e. Dans les grandes solemnit\u00e9s, comme les f\u00eates patronales, on pourra carillonner les cloches, la veille avant le son de l\u2019Angelus du soir, apr\u00e8s le son de l\u2019Angelus du matin et du midi du jour, apr\u00e8s le dernier son de la grand\u2019messe et des vespres, mais pendant un quart d\u2019heure seulement.<br>ART. 10e. Le d\u00e9c\u00e8s des fid\u00e8les sera annonc\u00e9 par une cloche seulement pour les hommes on frappera neuf coups, a trois intervalles de trois coups chaque, pour les femmes six coups, \u00e0 trois intervalles de deux coups chaque puis on mettra la cloche au vol, laquelle sonnera tout au plus un quart d\u2019heure. Le d\u00e9c\u00e8s des enfants au dessous de sept ans ne sera point annonc\u00e9 par la cloche mais on sonnera \u00e0 leurs enterrements de la mani\u00e8re qu\u2019il est dit ci-apr\u00e8s.<br>ART. 11e. Lors de l\u2019enterrement, le corps entrant dans l\u2019\u00e9glise, on mettra en vol une cloche seulement, on en fera autant \u00e0 sa sortie chacune de ces deux sonneries durera tout au plus un demi quart d\u2019heure.<br>ART. 12e. Ces sonneries n\u2019auront point lieu aux services pour les morts, sous quelque pr\u00e9texte que ce soit; on les annoncera seulement par le son d\u2019une seule cloche, comme les offices marqu\u00e9s \u00e0 l\u2019article six.<br>ART. 13e. Il est rigoureusement d\u00e9fendu de sonner les cloches pour le service divin dans toutes autres circonstances que celles marqu\u00e9es dans le pr\u00e9sent r\u00e9glement.<br>Fait et arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Valence, le trente fructidor an dix. Sign\u00e9 F. B\u00c9CHEREL, \u00e9v\u00eaque.<br>Ensuite Monsieur l\u2019Ev\u00eaque a arr\u00eat\u00e9 que ledit r\u00e9glement seroit envoy\u00e9 au citoyen Pr\u00e9fet, et qu\u2019il se rendroit \u00e0 la pr\u00e9fecture pour, conform\u00e9ment \u00e0 la loi du dix huit germinal pr\u00e9sente ann\u00e9e, se concerter avec ce premier magistrat sur le consentement et l\u2019ex\u00e9cution du pr\u00e9sent r\u00e8glement. Monsieur l\u2019 Ev\u00eaque, de retour de la pr\u00e9fecture, a dit que le r\u00e8glement sus-cit\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par le citoyen Pr\u00e9fet, qui non seulement en consentoit l\u2019ex\u00e9cution, mais encore qu\u2019il lui avait assur\u00e9 qu\u2019il l\u2019appuyeroit de tout le pouvoir que la loi avait mis entre ses mains, par un arr\u00eat\u00e9 pris par lui \u00e0 ce sujet.<br>Fait et arr\u00eat\u00e9 lesdits jour et an que dessus.<br>F. B\u00c9CHEREL, \u00e9v\u00eaque.<br><br><br><br>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>APPENDICE II<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>R\u00c8GLEMENT POUR LES S\u00c9PULTURES DES CATHOLIQUES<\/strong> (<a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 30<\/a>)<\/p>\n\n\n\n<p id=\"effet\"><br><br>Le mardi quatri\u00e8me jour des compl\u00e9mentaires an dix, Monsieur l\u2019Ev\u00e8que a consult\u00e9 son conseil provisoire ( <a href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=5379#note\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">note 31<\/a>) et lui a fait part du projet d\u2019arr\u00eat\u00e9 qu\u2019il avoit fait pour les enterrements des catholiques, sur lequel il d\u00e9siroit se concerter avec le citoyen Pr\u00e9fet. Ensuite son secr\u00e9taire en a donn\u00e9 lecture et apr\u00e8s quelques observations, Monsieur l\u2019Ev\u00eaque a ordonn\u00e9 qu\u2019il seroit inscrit sur le pr\u00e9sent registre, ainsi con\u00e7u\u00a0:<br><br><br>ART. 1er Dans les communes o\u00f9 il y aura plusieurs temples destin\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents cultes, les fun\u00e9railles des catholiques pourront se faire par un pr\u00eatre seulement, rev\u00eatu d\u2019un surplis et d\u2019une \u00e9toile, et pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de la croix.<br>ART. 2e. II se rendra \u00e0 la maison du d\u00e9funt ou de la d\u00e9funte et apr\u00e8s les c\u00e9r\u00e9monies d\u2019usage, il conduira le corps \u00e0 l\u2019\u00e9glise l\u00e0 le service divin \u00e9tant termin\u00e9; il-conduira le corps au cimeti\u00e8re.<br>ART. 3e. Il ne pourra r\u00e9citer les pri\u00e8res \u00e0 haute voix, que dans l\u2019int\u00e9rieur du temple.<br>ART. 4e. \u2013 Il se concertera avec l\u2019officier public pour maintenir l\u2019ordre et la d\u00e9cence, y rappeller ceux qui s\u2019en \u00e9carteroient, et quiconque causeroit du trouble seroit traduit devant l\u2019officier de police et puni suivant la gravit\u00e9 du d\u00e9lit.<br>ART. 5e. Dans les communes o\u00f9 il n\u2019y a point de temples destin\u00e9s \u00e0 un autre culte que le culte catholique, les fun\u00e9railles pourront se faire \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, suivant les rites de cette religion. Monsieur l\u2019\u00e9v\u00eaque a dit qu\u2019il se rendroit chez le citoyen Pr\u00e9fet pour lui proposer de prendre cet arr\u00eat\u00e9 dont on venoit de lire le projet. Ce qui a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9.<br>Fait et arr\u00eat\u00e9 les dits jour et an que dessus.<br>F. B\u00c9CHEREL, \u00e9v\u00eaque.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p id=\"notes2\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"note\"><\/h2>\n\n\n\n<p>(1) Autel \u00e0 tombeau \u2013 Cet autel a servi pour le culte public \u00e0 Aouste jusqu\u2019\u00e0 la cons\u00e9cration de la nouvelle \u00e9glise, le 27 octobre 1878.<br>(2) Chapitre cath\u00e9dral \u2013 MM. Bisson, Tournefort, Andrau, L. F. Constantin, Hilaire Perrin, Croz et Ferrier.<br>(3) Registre \u2013 Ce registre fait partie des archives de la paroisse d\u2019Aouste. C\u2019est un in-4\u2033 cartonn\u00e9, qui renferme actuellement 167 pages; l\u2019\u00e9criture de M. Brun s\u2019arr\u00eate a la 148e.<br>(4) Injonction \u2013 Cette injonction dans la loi du 22 septembre 1792 fut renouvel\u00e9e, sous des peines, dans celle du 7 vend\u00e9miaire an IV (29 septembre 1796). On y lit, sect. 4, art. 21 \u00ab Tout fonctionnaire public charg\u00e9 de r\u00e9diger les actes de l\u2019\u00e9tat civil des citoiens, qui faira mention dans lesd. actes des c\u00e9r\u00e9monies religieuses, sera puni d\u2019une amande qui ne pourra exc\u00e9der 500 francs, ni \u00eatre moindre de 100, et d\u2019un emprisonnement qui ne pourra exc\u00e9der deux ans, ni \u00eatre moindre d\u2019un mois. \u00bb<br>(5) Soustraction des signes \u2013 Les monuments de pi\u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s dans les paroisses pour exciter les fid\u00e8les \u00e0 honorer la passion et la mort de J.-C. furent d\u00e9truits on fit arracher toutes les croix que la Religion avait \u00e9lev\u00e9, depuis Constantin, sur les places publiques. Ce signe respectable de notre R\u00e9demption, qui se trouvait dans toutes les \u00e9glises et \u00e0 la sommit\u00e9 des clochers, fut scandaleusement abattu et remplac\u00e9 par le bonnet de la libert\u00e9; on fouilla dans les maisons particuli\u00e8res pour y enlever ce qui avait quelque rapport au christianisme les images des saints qui tomb\u00e8rent sous la main des impies perquisiteurs furent br\u00fbl\u00e9es on n\u2019\u00e9pargna pas les livres saints, et les femmes qui portaient des petites croix d\u2019or ou d\u2019argent pendantes \u00e0 leur col furent forc\u00e9es de les cacher.<br>(6) N\u00e9ron fit mettre le feu \u00e0 la ville de Rome et, pour justifier la pers\u00e9cution qu\u2019il exer\u00e7a contre les chr\u00e9tiens, il les accusa d\u2019\u00eatre les auteurs de cet incendie. A l\u2019imitation de cet empereur cruel et barbare, les r\u00e9volutionnaires attribu\u00e8rent aux eccl\u00e9siastiques tous les malheurs que leur tyrannie attirait sur la France. Les troubles qui ensanglant\u00e8rent plusieurs d\u00e9partements, occasionn\u00e9s par des lois et des arr\u00eat\u00e9s vexatoires, furent pr\u00e9sent\u00e9s au peuple comme l\u2019ouvrage des pr\u00eatres. Apr\u00e8s les avoir d\u00e9pouill\u00e9 de tout, on osa insulter \u00e0 leur \u00e9tat de mis\u00e8re, en les accusant de fournir de l\u2019argent aux ennemis de l\u2019Etat. Le manque de subsistances, les insurrections, les trahisons, la d\u00e9sertion des soldats, les \u00e9checs \u00e9prouv\u00e9s par nos arm\u00e9es, furent d\u00e9peints comme l\u2019effet de leurs intrigues et ne craignant pas de joindre \u00e0 un odieux r\u00e9voltant le plus ind\u00e9cent ridicule, on se joua de la simplicit\u00e9 du peuple jusqu\u2019\u00e0 lui dire s\u00e9rieusement que les cur\u00e9s avoient occasionn\u00e9 les \u00e9pid\u00e9mies qui affligeaient certains pays, et qu\u2019ils avoient projet\u00e9 d\u2019empoisonner leurs paroissiens, en leur donnant la communion \u00e0 la messe.<br>(7) ce jour l\u00e0 le 6 f\u00e9vrier 1794.<br>(8) jour : M. Tavan, maire d\u2019Aouste, \u00e0 qui M. Brun avait fait remise des registres le 9 novembre1792, favorisa cette fuite; bien qu\u2019il profess\u00e2t le culte protestant, il s\u2019honorait de l\u2019amiti\u00e9 du cur\u00e9 de la paroisse, devenu son secr\u00e9taire.<br>(9) Peu de gens \u2013 On ne sera pas \u00e9tonn\u00e9 que je taise icy le nom de quelques uns des citoiens d\u2019Aouste, qui ont \u00e9t\u00e9 malheureusement les fauteurs et les agens de ces novateurs impies. Leur conduite a provoqu\u00e9 l\u2019indignation et le m\u00e9pris des parroissiens fid\u00e8les; elle m\u2019a inspir\u00e9 de la piti\u00e9 et a plong\u00e9 mon \u00e2me dans la douleur j\u2019ai t\u00e2ch\u00e9 de ramener les uns aux principes d\u2019une chant\u00e9 patiente, et je n\u2019ai rien n\u00e9glig\u00e9 pour conduire les autres par la douceur la plus pr\u00e9venante \u00e0 un salutaire amendement.<br>(10).Ann\u00e9e \u2013 De renseignements pris aupr\u00e8s des habitants des montagnes de Remuzat, o\u00f9 se r\u00e9fugiaient les pr\u00eatres qui fuyaient la pers\u00e9cution, il r\u00e9sulte que M. Brun n\u2019avait point pris la direction de son pays et qu\u2019il avait d\u00fb se cacher dans les environs d\u2019Aouste, peut-\u00eatre dans les for\u00eats de Saou; sa famille ruin\u00e9e avait d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 Remuzat.<br>(11). Int\u00e9grit\u00e9 \u2013 Cette chapelle existe encore et les souvenirs qui s\u2019y rattachent lui font m\u00e9riter d\u2019\u00eatre conserv\u00e9e.<br>(12). Epoque \u2013 Sous les dispositions g\u00eanantes du d\u00e9cret du 11 prairial (31 mai 1795).<br>(13).D\u00e9crets \u2013 Les eccl\u00e9siastiques ne furent pas les seules victimes des rigueurs de la loy du 19 fructidor; plus de 50 membres des deux Chambres l\u00e9gislatives, ceux surtout que le v\u0153u du peuple y avoit introduit depuis peu, deux membres du Directoire ex\u00e9cutif, un nombre consid\u00e9rable de personnes recommandables dans la robe et dans l\u2019\u00e9p\u00e9e, quarante journalistes au moins furent condamn\u00e9s \u00e0 la d\u00e9portation.<br>(14). D\u00e9partement \u2013 L\u2019administration d\u00e9partementale de la Dr\u00f4me comprit dans ses arr\u00eat\u00e9s les la\u00efques m\u00eame qui liraient des pri\u00e8res aux fid\u00e8les assembl\u00e9s dans les \u00e9glises; quelle fureur! Elle avoit pour objet, en emp\u00eachant les lectures spirituelles, d\u2019emp\u00eacher aussi les r\u00e9unions de ceux qui seroient venus les entendre; de priver le peuple de tout ce qui pouvoit contribuer \u00e0 son instruction, d effacer en lui toute id\u00e9e religieuse et de le conduire insensiblement \u00e0 l\u2019impi\u00e9t\u00e9, \u00e0 l\u2019immoralit\u00e9, \u00e0 la monstruosit\u00e9 dont tant de malheureux se rendirent coupables et dont l\u2019histoire du temps conservera le souvenir.<br>(15). Vie \u2013 5 novembre 1797<br>(16). Moment \u2013 4 d\u00e9cembre 1797.<br>(17). Pr\u00eatre \u2013 12 d\u00e9cembre 1797<br>(18). Viviers \u2013 10 f\u00e9vrier 1798<br>(19). Place \u2013 5 septembre 1798.<br>(20). Soyans \u2013 12 mars 1799<br>(21). Maison \u2013 On voit encore aujourd\u2019hui \u00e0 Soyans l\u2019oratoire o\u00f9, pendant les ann\u00e9es de la Terreur, M. Tournillont, c\u00e9l\u00e9brait les ss. Myst\u00e8res Ind\u00e9pendante de son presbyt\u00e8re, cette petite maison, o\u00f9 il se rendait en longeant une sorte de tunnel, est peut-\u00eatre, avec l\u2019\u00e9glise, le seul \u00e9difice du village qui ait r\u00e9sist\u00e9 aux injures du temps et \u00e0 l\u2019action des hommes. Elle mesure, dans son int\u00e9rieur, trois m\u00e8tres environ du midi au nord, et quatre m\u00e8tres du levant au couchant.<br>(22).Administr\u00e9 \u2013 Il a n\u00e9anmoins consign\u00e9 dans le registre les noms de tous les baptis\u00e9s.<br>(23). Z\u00e8le \u2013 L\u2019archev\u00eaque de Vienne avait nomm\u00e9 M. le vicaire-g\u00e9n\u00e9ral Boyer administrateur du dioc\u00e8se de Die il r\u00e9sida souvent \u00e0 Crest pendant les jours difficiles de la R\u00e9volution.<br>(24). Effet \u2013 On a donn\u00e9 probablement la qualit\u00e9 de l\u00e9gat \u00e0 tous les eccl\u00e9siastiques qui se sont occup\u00e9s du concordat.<br>(25).Dr\u00f4me \u2013 Les cantons de Mens, Clelles et Monestier-de-Clermont furent, en partie, compris dans le d\u00e9partement de l\u2019Is\u00e8re.<br>(26). Convention \u2013 Loi du 18 germinal an X, tit. 3, art. 48.<br>(27). Installation \u2013 Voir ci-apr\u00e8s l\u2019appendice n\u00b0 1.<br>(28) Dioc\u00e9zains \u2013 voir ci-apr\u00e8s l\u2019appendice N\u00b0 II<br>(29). Cloches \u2013 Extrait du Registre contenant les ordonnances, mandements, lettres pastorales et arr\u00eat\u00e9s de Mr B\u00e9cherel, \u00e9v\u00eaque de Valence. \u2013 Un nouvel arr\u00eat\u00e9 du 1er avril 1839 a modifi\u00e9 notablement celui du 30 fructidor an X.<br>(30) Catholiques \u2013 Extrait du Registre des ordonnances de M. B\u00e9cherel, \u00e9v\u00eaque de Valence.<br>(31) Conseil \u2013 Ce conseil \u00e9tait compos\u00e9 de MM. M\u00e9zard, Milaveaux et Bisson, secr\u00e9taire de l\u2019\u00e9v\u00each\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"registre\"><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"autelatombeau\"><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"note1\"><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"autel\"><\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00c9MOIRES DE J.B. BRUN, CUR\u00c9 D\u2019AOUSTE SUR LES \u00c9V\u00c9NEMENTS DE SON \u00c9GLISEDE 1792 AU CONCORDAT (1802) Extrait du Bulletin d\u2019histoire eccl\u00e9siastique et d\u2019arch\u00e9ologie religieuse des dioc\u00e8ses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers 1894 (A14) Nota: texte de 1880 conserv\u00e9 en l\u2019origine&nbsp;; toutefois, l\u2019indication de certains b\u00e2timents mentionn\u00e9s est al\u00e9atoire, ceux-ci ayant disparus aujourd\u2019hui. 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