{"id":7203,"date":"2022-06-27T08:32:46","date_gmt":"2022-06-27T08:32:46","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203"},"modified":"2022-06-27T08:32:49","modified_gmt":"2022-06-27T08:32:49","slug":"la-galiciere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203","title":{"rendered":"La Galici\u00e8re"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-text-color has-medium-font-size\" style=\"color:#0727e3\"><strong>La Galici\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon la l\u00e9gende, une princesse chinoise qui buvait son th\u00e9 \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un m\u00fbrier retira de sa tasse un cocon et en tira le fil, effectuant involontairement le geste que feront \u00e0 sa suite des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019ouvri\u00e8res !<\/p>\n\n\n\n<p>Cette l\u00e9gende contient sa part de v\u00e9rit\u00e9 puisque la Chine fut le premier pays \u00e0 fabriquer, \u00e0 partir du fil du cocon du bombyx, des tissus qu\u2019elle envoyait en Europe par la mythique route de la soie, en gardant pr\u00e9cieusement le secret de leur fabrication. Par l\u2019Orient, ce secret arrive n\u00e9anmoins en Europe au Moyen \u00c0ge. Il faudra attendre l\u2019arriv\u00e9e du pape \u00e0 Avignon en 1309 pour que des m\u00fbriers soient plant\u00e9s le long de la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne pour les besoins des tisserands italiens qui l\u2019accompagnent, et gagnent peu \u00e0 peu les campagnes dauphinoises.&nbsp; Cependant, l\u2019Italie continue d\u2019exporter ses tissus, et c\u2019est pour lutter contre les droits de douane \u00e9lev\u00e9s que les rois Louis XI et surtout Fran\u00e7ois Ier d\u00e9cident d\u2019\u00e9tablir en France une manufacture. En 1536 est cr\u00e9\u00e9e La Fabrique Lyonnaise de Soieries, constitu\u00e9e de tous les corps de m\u00e9tiers n\u00e9cessaires \u00e0 la production des tissus, plus couramment appel\u00e9e La Fabrique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"747\" height=\"375\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7205\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg 747w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1-300x151.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 747px) 100vw, 747px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Un moulinage n\u00e9 dans la prosp\u00e9rit\u00e9<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le moulinage Crozel na\u00eet au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, il profite d\u2019une p\u00e9riode de prosp\u00e9rit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9putation que les soies lyonnaises ont acquise. Il est en d\u00e9but de cha\u00eene de tout un savoir-faire dont l\u2019aboutissement se trouve dans les fameux ateliers des canuts lyonnais, o\u00f9 l\u2019homme tisse, aid\u00e9 de sa femme et de ses&nbsp; enfants qui sont employ\u00e9s aux travaux de pr\u00e9paration, bobinage, ourdissage, et aident \u00e0 la manipulation du lourd m\u00e9tier \u00e0 bras. Mais les capacit\u00e9s d\u2019accueil de Lyon sont limit\u00e9es, et les progr\u00e8s techniques encore insuffisants pour envisager un meilleur rendement, aussi les fabricants choisissent-ils d\u2019installer leurs m\u00e9tiers dans les d\u00e9partements proches de Lyon, le Rh\u00f4ne, l\u2019Ain, la Loire, l\u2019Is\u00e8re\u2026 Un autre \u00e9l\u00e9ment de nature sociale joue en faveur de cette \u00e9volution&nbsp;: la plus grande docilit\u00e9 de la main-d\u2019\u0153uvre rurale. C\u2019est ainsi que certains fabricants qui h\u00e9sitaient encore \u00e0 avoir des m\u00e9tiers hors de Lyon se d\u00e9cident apr\u00e8s les r\u00e9voltes des canuts de 1831 et 1834, acc\u00e9l\u00e9rant un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Des facteurs favorables en Is\u00e8re<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>En premier lieu la pr\u00e9sence de paysans pauvres pr\u00eats \u00e0 compl\u00e9ter leurs revenus par le travail \u00e0 domicile. Les parcelles sont en effet petites, car elles doivent \u00eatre partag\u00e9es, la densit\u00e9 moyenne de la population \u00e9tant sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la France. Il existe d\u00e9j\u00e0 en plusieurs endroits une tradition du travail du chanvre, et de fabrication de tissus&nbsp;: ratines \u00e0 Roybon, toiles \u00e0 voiles \u00e0 Saint-Jean-de-Bournay, toiles \u00e0 Saint-Marcellin et surtout \u00e0 Voiron. La plupart des villages vivent selon les saisons au rythme des m\u00e9tiers \u00e0 bras, mais au milieu du XIXe si\u00e8cle se produit un ph\u00e9nom\u00e8ne cons\u00e9cutif \u00e0 la m\u00e9canisation de certains m\u00e9tiers et leur concentration le long des cours d\u2019eau&nbsp;: la Bourbre, la Morge et la Fure, autour de Moirans, Voiron, Rives, alors que le travail \u00e0 domicile survivra longtemps. Autre cons\u00e9quence de la m\u00e9canisation qui facilite le travail&nbsp;: la f\u00e9minisation de la main-d\u2019\u0153uvre, les hommes passant progressivement du tissage proprement dit \u00e0 l\u2019encadrement et \u00e0 l\u2019entretien des m\u00e9tiers.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019implantation g\u00e9ographique d\u2019un moulinage d\u00e9pendait essentiellement de son alimentation en eau et de la hauteur de chute disponible pour faire tourner les roues hydrauliques. La Fabrique de la Galici\u00e8re ne d\u00e9roge pas \u00e0 cette contrainte&nbsp;: adoss\u00e9e \u00e0 flanc de coteau, proche d\u2019une arriv\u00e9e d\u2019eau, elle s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 l\u2019emplacement m\u00eame d\u2019un ancien moulin attest\u00e9 d\u00e8s 1651, et d\u2019un site romain r\u00e9pertori\u00e9 par Hyppolite M\u00fcller, fondateur du Mus\u00e9e Dauphinois.<\/p>\n\n\n\n<p>La Galici\u00e8re fait partie des moulinages qui se sont adjoints les op\u00e9rations interm\u00e9diaires de transformation de la soie comme l\u2019\u00e9ducation des vers \u00e0 soie dans la magnanerie ou le tirage des cocons dans la filature.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Historique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"749\" height=\"496\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-02.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7206\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-02.jpg 749w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-02-300x199.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 749px) 100vw, 749px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019usine de moulinage de la Galici\u00e8re est n\u00e9e du regroupement de deux fabriques \u00e9tablies \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres l\u2019une de l\u2019autre, de part et d\u2019autre d\u2019un vaste quadrilat\u00e8re. Nomm\u00e9es respectivement Fabrique Haute et Fabrique Basse, elles sont acquises en 1855 par deux n\u00e9gociants lyonnais, Romain Deprandi\u00e8re et Fran\u00e7ois Fleury Cuchet. L\u2019acte de vente concernant la Fabrique Haute fait mention d\u2019une magnanerie, d\u2019une forge et d\u2019un dortoir pour les ouvri\u00e8res de 38 lits. D\u00e8s cette \u00e9poque, l\u2019usine est dirig\u00e9e par Fran\u00e7ois Cuchet, assist\u00e9 de son gendre, Joseph Louis Marc Crozel. Travaillant \u00e0 fa\u00e7on pour la Maison Deprandi\u00e8re et Maurel \u00e0 Lyon, l\u2019entreprise est manifestement fructueuse et appel\u00e9e \u00e0 un certain d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1870, ce sont pr\u00e8s de 600 tavelles, 6000 broches et 56 bassines qui garnissent les ateliers, pla\u00e7ant ainsi l\u2019usine au troisi\u00e8me rang des entreprises de moulinage du d\u00e9partement, par l\u2019importance de ses \u00e9quipements. De cette p\u00e9riode date tr\u00e8s probablement la construction, au nord, des dortoirs et autres logements pour les ouvri\u00e8res ainsi que de l\u2019importante magnanerie qui clot le site de ce c\u00f4t\u00e9. L\u2019organisation de l\u2019usine en deux espaces distincts se signalant chacun par une entr\u00e9e, s\u2019explique ainsi par l\u2019histoire et l\u2019\u00e9volution de cette derni\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, l\u2019ensemble est d\u2019une grande coh\u00e9rence tant du point de vue du traitement des b\u00e2timents que de la nature des mat\u00e9riaux de construction utilis\u00e9s, est surtout tr\u00e8s repr\u00e9sentatif de l\u2019architecture des nombreuses usines de moulinage qui peuvent \u00eatre observ\u00e9es en Ard\u00e8che, dans la Dr\u00f4me ou la Loire. Edifi\u00e9s en contrebas d\u2019un terrain naturel, les b\u00e2timents de fabrication forment de grands volumes, longiligne pour la Fabrique Haute, parall\u00e9l\u00e9pip\u00e9dique pour la Fabrique Basse qui r\u00e9unissent, sous un m\u00eame toit, ateliers de moulinage et de d\u00e9vidage au rez-de-chauss\u00e9e, logements du directeur et des contrema\u00eetres, dortoirs des ouvri\u00e8res \u00e0 l\u2019\u00e9tage, magnanerie dans les combles. Pour des questions d\u2019hygrom\u00e9trie, l\u2019atelier de moulinage est semi-enterr\u00e9. Celui-ci b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un \u00e9clairage lat\u00e9ral fourni par une s\u00e9rie de baies situ\u00e9es en fa\u00e7ade principale, ici orient\u00e9e \u00e0 l\u2019est. Ces b\u00e2timents sont compl\u00e9t\u00e9s, au sud, par la filature rep\u00e9rable par ses grandes verri\u00e8res en fa\u00e7ade, le b\u00e2timent de la chaudi\u00e8re \u00e0 vapeur avec, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, sa chemin\u00e9e d\u2019\u00e9vacuation des vapeurs et enfin, au nord, les communs. Tout aussi bien conserv\u00e9 est le syst\u00e8me hydraulique, que ce soit le canal d\u2019amen\u00e9e d\u2019eau, les roues, que les arbres de transmission qui donnaient aux machines leur mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les b\u00e2timents<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Une architecture d\u00e9di\u00e9e et une topologie architecturale<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La Galici\u00e8re est repr\u00e9sentative de l\u2019architecture traditionnelle des moulinages dans la mesure o\u00f9 ses b\u00e2timents pr\u00e9sentent une morphologie typique des constructions abritant le travail de la soie. Chaque op\u00e9ration s\u2019exer\u00e7ait dans un b\u00e2timent distinct et facilement identifiable.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse morphologique des moulinages en Rh\u00f4ne-Alpes dirig\u00e9e par Bernard Duprat a mis en \u00e9vidence trois constantes principales dans l\u2019organisation spatiale interne et le rendu architectural des moulinages.<\/p>\n\n\n\n<p>Un arch\u00e9type d\u2019\u00e9difice s\u2019impose r\u00e9pondant aux contraintes du travail de la soie.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>&#8211; Un corps de b\u00e2timent principal flanqu\u00e9 de b\u00e2timents annexes.<\/li><li>&#8211; L\u2019\u00e9tagement typique des moulinages avec l\u2019atelier en rez-de-chauss\u00e9e, l\u2019appartement du propri\u00e9taire au-dessus et le galetas sous les combles abritant le stockage ou le dortoir.<\/li><li>-La forme de couvrement des ateliers&nbsp;: soit deux salles successives couvertes d\u2019une vo\u00fbte en berceau \u00e0 lunettes simples soit \u00e0 deux niveaux s\u00e9par\u00e9s par un plancher plat.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>La particularit\u00e9 de la Galici\u00e8re est de pr\u00e9senter sur un m\u00eame site ces deux types de couvrement des ateliers. Semi-enterr\u00e9 en contrebas du terrain naturel, l\u2019atelier de moulinage b\u00e9n\u00e9ficie ainsi de l\u2019inertie thermique naturelle du sol.<\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve toutes ces caract\u00e9ristiques au moulinage de la Galici\u00e8re, y compris celles relatives aux dimensionnements des salles. Elles rappellent les recommandations techniques et architecturales \u00e9nonc\u00e9es par Vaucanson \u00e0 partir de 1750 et exp\u00e9riment\u00e9es dans les Manufactures Royales comme celle de la S\u00f4ne en 1773. Avec l\u2019architecte m\u00e9canicien Aubry, Vaucansson allait mettre au point une typologie d\u2019\u00e9difices r\u00e9pondant aux contraintes de leurs fonctions.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble industriel de la Galici\u00e8re tel qu\u2019il appara\u00eet aujourd\u2019hui r\u00e9sulte de l\u2019agr\u00e9gation de deux fabriques bien distinctes&nbsp;: Fabrique Haute et Fabrique Basse. Chacune d\u2019elles avait sa propre entr\u00e9e, sa propre roue hydraulique, son propre jardin et jusqu\u2019en 1885 elles appartenaient \u00e0 deux propri\u00e9taires diff\u00e9rents.<\/p>\n\n\n\n<p>Chacune de ces deux fabriques est repr\u00e9sentative des deux typologies architecturales des moulinages&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>La Fabrique Haute avec ses deux salles successives et sa couverture vo\u00fbt\u00e9e en forme d\u2019anse de panier et sa tribune. La Fabrique Basse avec ses deux salles des machines r\u00e9parties sur deux niveaux s\u00e9par\u00e9s par un plancher plat en bois.<\/p>\n\n\n\n<p>De surcro\u00eet, l\u2019activit\u00e9 de moulinage s\u2019est adjoint les phases de production et de pr\u00e9paration de la soie gr\u00e8ge, magnanerie et filature. Sur un m\u00eame site sont regroup\u00e9es toutes les phases de production du fil de soie, du grainage au moulinage.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour finir, la richesse de cette Fabrique tient au fait d\u2019avoir conserv\u00e9 ses machines dans ses ateliers. Au moment du d\u00e9clin de l\u2019industrie soyeuse, presque partout ailleurs les machines en bois, facilement d\u00e9montables et devenues inutiles ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par d\u2019autres. En 1889, Marc Louis Crozel envisage m\u00eame de reconvertir les moulinages de la Galici\u00e8re en tissage. Faute d\u2019avoir pu r\u00e9unir les fonds \u00e0 temps, le projet achoppera, et les Fabriques finiront par fermer l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, la Haute en 1914 et la Basse dans les ann\u00e9es 20.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>La magnanerie<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au XVIIIe si\u00e8cle, l\u2019\u00e9levage de vers \u00e0 soie \u00e9tait une activit\u00e9 saisonni\u00e8re qui repr\u00e9sentait une ressource financi\u00e8re substantielle et surtout un apport en num\u00e9raire pour les agriculteurs. Elevage et filature se pratiquaient \u00e0 la ferme, en empi\u00e9tant parfois sur l\u2019espace d\u2019habitation. La production de soie gr\u00e8ge \u00e9tait ensuite vendue au moulinier.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019\u00e9ducation du ver \u00e0 soie requiert une grande disponibilit\u00e9 en hommes, et des locaux adapt\u00e9s aux exigences d\u2019hygi\u00e8ne et de ventilation n\u00e9cessaires \u00e0 une bonne \u00e9ducation \u00e0 plus grande \u00e9chelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours du XIXe si\u00e8cle, les mouliniers soucieux de contr\u00f4ler leur approvisionnement en cocons font construire dans l\u2019enceinte de leur moulinage, un b\u00e2timent d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des vers \u00e0 soie. La s\u00e9riciculture se pratique dor\u00e9navant dans la magnanerie, vaste et haute pi\u00e8ce \u00e9quip\u00e9e de proc\u00e9d\u00e9s de r\u00e9gulation thermique et de ventilation car le ver exige un \u00e9quilibre hygrom\u00e9trique qui varie avec son \u00e2ge. Contrairement aux salles d\u2019ouvraison semi-enterr\u00e9es \u00e0 grande inertie thermique, la magnanerie de la Galici\u00e8re de 6 m x 11 m, se d\u00e9veloppe sur une double hauteur, entre la Fabrique Haute et le r\u00e9fectoire \u00e0 l\u2019instar d\u2019un b\u00e2timent pont. Expos\u00e9e nord-sud, elle est pourvue de larges fen\u00eatres aux volets \u00e0 persiennes att\u00e9nuant l\u2019impact direct des rayons solaires et les courants d\u2019air. Aux angles, des chemin\u00e9es pallient aux baisses de temp\u00e9rature qui risquent d\u2019\u00eatre fatales pour les vers \u00e0 soie. A l\u2019int\u00e9rieur, une structure primaire en bois supporte des claies de bois horizontales ajour\u00e9es occupant tout le volume disponible. A mi-hauteur, l\u2019acc\u00e8s aux claies sup\u00e9rieures est assur\u00e9 par un plancher suspendu.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>L\u2019\u00e9touffoir \u00e0 cocons.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La chrysalide emprisonn\u00e9e dans son cocon va \u00eatre soumise \u00e0 une tr\u00e8s forte temp\u00e9rature dans un espace d\u00e9di\u00e9, l\u2019\u00e9touffoir. Il s\u2019agit d\u2019un \u00e9dicule en briques r\u00e9fractaires \u00e9quip\u00e9 d\u2019\u00e9tag\u00e8res sur lesquelles \u00e9taient dispos\u00e9s des paniers tr\u00e8s plats remplis de cocons. \u00c0 la Galici\u00e8re, dans la forge, le four \u00e0 cocons est toujours en place. Il \u00e9tait proche de la machine \u00e0 vapeur, aujourd\u2019hui disparue.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"248\" height=\"332\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-02bis.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7207\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-02bis.jpg 248w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-02bis-224x300.jpg 224w\" sizes=\"(max-width: 248px) 100vw, 248px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>La filature<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au XIXe si\u00e8cle, on voit appara\u00eetre des b\u00e2timents sp\u00e9cifiques dans le but de contr\u00f4ler la qualit\u00e9 et la quantit\u00e9 de la mati\u00e8re premi\u00e8re des moulinages&nbsp;: la soie gr\u00e8ge. Peu \u00e0 peu, la filature industrielle prend le pas sur le filage familial. La filature est un b\u00e2timent sp\u00e9cifique affect\u00e9 au tirage du cocon, activit\u00e9 autonome mais connexe au programme moulinier.<\/p>\n\n\n\n<p>En prolongement de la Fabrique Haute, la filature est facilement identifiable par sa haute chemin\u00e9e en tuf et sa fa\u00e7ade est largement vitr\u00e9e. Cette verri\u00e8re qui assurait l\u2019\u00e9clairage naturel indispensable au tirage du fil de soie est compos\u00e9e d\u2019une succession de structures m\u00e9talliques l\u00e9g\u00e8res. Elles pivotent sur un axe vertical, s\u00e9par\u00e9s par de fr\u00eales pilastres de tuf soutenant la toiture. Encore visible au dessus des baies, un store int\u00e9rieur en tissu mouill\u00e9 servait \u00e0 rafra\u00eechir la salle et \u00e0 maintenir une atmosph\u00e8re satur\u00e9e en humidit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Le gruoir<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de la filature, un \u00e9dicule s\u00e9par\u00e9 du reste de la Fabrique abrite une sorte de mortier en pierre ayant pu servir au broyage des chrysalides : le gruoir. Le jus naus\u00e9abond ainsi obtenu \u00e9tait ajout\u00e9 \u00e0 l\u2019eau chaude de la filature pour activer la dissolution du gr\u00e8s et faciliter le d\u00e9vidage des cocons.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Les latrines<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Entre la filature et le gruoir, un couloir \u00e0 ciel ouvert m\u00e8ne un peu plus bas \u00e0 un petit b\u00e2timent ind\u00e9pendant&nbsp;: les latrines de la filature. Ce passage entre deux murs d\u2019enceinte servait-il un besoin d\u2019intimit\u00e9 ou la crainte d\u2019une fugue des ouvri\u00e8res\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Les latrines des Fabriques se trouvaient \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du r\u00e9fectoire, d\u2019autres encore ont \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9es sous l\u2019abri de la cour ferm\u00e9e par le dortoir. Elles consistaient en une s\u00e9rie de box ferm\u00e9s par une petite porte en bois, le tout situ\u00e9 sur une fosse reli\u00e9e au canal d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>La salle d\u2019ouvraison<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9vidage et moulinage constituent les deux t\u00e2ches principales de l\u2019ouvraison. Le d\u00e9vidage est une phase pr\u00e9liminaire indissociable du moulinage au point de se situer dans le m\u00eame volume.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00eatre travaill\u00e9e, la soie gr\u00e8ge doit \u00eatre souple et l\u00e9g\u00e8rement collante. Dans la salle d\u2019ouvraison, la temp\u00e9rature \u00e9lev\u00e9e entre 20\u00b0 et 25\u00b0 ainsi que l\u2019hygrom\u00e9trie autour de 80% doivent pouvoir \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es. De par l\u2019\u00e9paisseur de ses murs et sa situation semi-enterr\u00e9e, l\u2019atelier pr\u00e9sente une tr\u00e8s grande inertie thermique. On y acc\u00e8de par un sas en descendant trois marches et les fen\u00eatres bien que de belles dimensions (1,20 m x 2 m) ne s\u2019ouvrent pas. Lorsque la temp\u00e9rature chute, il faut chauffer la salle avec des po\u00eales \u00e0 charbon.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couvrement vo\u00fbt\u00e9 badigeonn\u00e9 de blanc de la salle de d\u00e9vidage de la Fabrique Haute contribuait \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre hygrom\u00e9trique et autorisait l\u2019installation de banques de d\u00e9vidage suppl\u00e9mentaires sur la tribune (mezzanine). Les ouvri\u00e8res y acc\u00e9daient par un petit escalier de bois interne. Le contrema\u00eetre disposait d\u2019un acc\u00e8s direct \u00e0 la tribune au niveau de son bureau.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux salles successives d\u2019ouvraison occupent une superficie au sol de 8 m x 28 m. Les machines remplissent totalement l\u2019espace. La Fabrique Haute contrairement \u00e0 la Fabrique Basse dispose d\u2019un d\u00e9gagement lat\u00e9ral de 1,20 m de passage le long des dix baies laissant filtrer la lumi\u00e8re de l\u2019est. Le long de la fa\u00e7ade ouest aveugle, court un caniveau technique et son arbre de transmission qui alimente les deux salles en \u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les moulins semblent avoir \u00e9t\u00e9 con\u00e7us en fonction du volume disponible tant leur occupation de l\u2019espace est optimis\u00e9e. D\u2019une largeur de 5,57 m, donc assez courts par rapport \u00e0 la norme, ils se d\u00e9veloppent sur toute la hauteur de la salle soit 4,80 m. Ils sont reli\u00e9s deux \u00e0 deux par un palier en bois commun sur lequel se tenaient les moulini\u00e8res. Le plafond plat en poutres de bois et vo\u00fbtains de brique de la salle des moulins participe \u00e0 la rationalisation de l\u2019espace. Une question subsiste&nbsp;: \u00e9tait-ce voulu, ou est-ce simplement la partie la plus ancienne du b\u00e2timent?<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"397\" height=\"532\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-03.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7208\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-03.jpg 397w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-03-224x300.jpg 224w\" sizes=\"(max-width: 397px) 100vw, 397px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><br>Dans la Fabrique Basse, moulinage et d\u00e9vidage occupent deux \u00e9tages distincts s\u00e9par\u00e9s par un plancher plat en bois avec une sous-face en lattis pl\u00e2tr\u00e9s. Les moulins plus encombrants se trouvent au rez-de-chauss\u00e9e. L\u00e0 aussi, les machines occupent tout l\u2019espace disponible. Les moulins de 3,50 m de haut vont du sol au plafond. Une nacelle coulissante permet l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la partie sup\u00e9rieure des moulins. D\u2019une longueur plus conventionnelle de 7,36 m, ils sont actionn\u00e9s par le sommet en leur milieu. La roue hydraulique se situe toujours \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate des machines consommant le plus d\u2019\u00e9nergie, en l\u2019occurrence les moulins. Celle de la Fabrique Haute est cach\u00e9e par un escalier en bois menant directement \u00e0 la magnanerie. Une porte en bois \u00e0 deux vantaux surmont\u00e9e d\u2019une imposte vitr\u00e9e marque l\u2019entr\u00e9e de l\u2019usine, de la cage \u00e0 roue, de la magnanerie et de l\u2019appartement du contrema\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Le logement<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Machines et logement cohabitent sous le m\u00eame toit&nbsp;: les ouvertures de gabarit identique suivent un ordonnancement commun. L\u2019emprise de l\u2019habitation r\u00e9sulte de l\u2019architecture de l\u2019atelier situ\u00e9 juste en-dessous. Long et \u00e9troit, un couloir distribue une batterie de pi\u00e8ces en enfilade. Les pi\u00e8ces \u00e9quip\u00e9es de chemin\u00e9es sont d\u2018un d\u00e9cor sobre mais soign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>L\u2019appartement du propri\u00e9taire et celui du contrema\u00eetre occupent tout le premier \u00e9tage de la Fabrique Haute. Avant l\u2019adjonction de la filature, une porte \u00e0 l\u2019encadrement monumental en pierre repr\u00e9sentant un drap\u00e9 donnait directement acc\u00e8s au chemin \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du b\u00e2timent. Il s\u2019agissait vraisemblablement de la porte principale de la Fabrique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Le galetas<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tage des combles de la Fabrique Basse, le galetas, servait de salle de grainage. Les entraits de la charpente ont \u00e9t\u00e9 retrouss\u00e9s pour laisser place \u00e0 la structure de bois supportant les claies. Les ouvertures en forme d\u2019oculi pr\u00e9sentaient un judicieux syst\u00e8me de ch\u00e2ssis entoil\u00e9 ouvrant \u00e0 guillotine et assurant la r\u00e9gulation d\u2019entr\u00e9e d\u2019air et de lumi\u00e8re. Les ouvri\u00e8res y acc\u00e9daient par l\u2019escalier menant \u00e0 la magnanerie alors que le directeur disposait d\u2019un acc\u00e8s direct \u00e0 partir de son logement. Le galetas de la Fabrique Basse abritait un dortoir. Un portillon \u00e0 sellette sur le mur mitoyen entre deux chambres servait vraisemblablement de judas \u00e0 la surveillante.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Le dortoir<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Les ouvri\u00e8res \u00e9taient log\u00e9es sur place dans un b\u00e2timent d\u00e9di\u00e9 \u00e0 cet effet fermant la cour entre la Fabrique Basse et le r\u00e9fectoire. Ce dortoir de 38 lits en pis\u00e9 mena\u00e7ait ruine et \u00e0 d\u00fb \u00eatre d\u00e9moli.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les machines de production de la Galici\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"449\" height=\"677\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-04.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7209\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-04.jpg 449w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-04-199x300.jpg 199w\" sizes=\"(max-width: 449px) 100vw, 449px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019usine de la Galici\u00e8re r\u00e9serve encore une surprise en livrant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses machines.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il peut para\u00eetre surprenant de qualifier d\u2019esth\u00e9tiques des machines de production, celles que l\u2019on peut voir dans ces lieux ont v\u00e9ritablement belle allure. Les imposants moulins \u00e0 retordre notamment, enti\u00e8rement en bois de noyer, avec leur b\u00e2ti d\u2019environ 6 m\u00e8tres de long sur 4 m\u00e8tres de haut, leurs \u00a0\u00bb&nbsp;vargues&nbsp;\u00a0\u00bb n\u00e9es d\u2019un assemblage pr\u00e9cis de multiples pi\u00e8ces, et leurs \u00e9l\u00e9gants rouages compos\u00e9s de pignons parfaitement ajust\u00e9s, font ainsi forte impression. Construits sur mesure, ils font v\u00e9ritablement corps avec l\u2019espace qui les abrite. Citons encore les longues banques de d\u00e9vidage, \u00e9galement en noyer, garnies de leurs tavelles ou celles de doublage avec leurs petits tubes en verre formant spirale sur lesquels on accrochait le fil de soie. Moins volumineux mais tout aussi significatifs, les petits \u00e9tablis log\u00e9s dans l\u2019embrasure des fen\u00eatres conservent encore, pour certains, leur outillage ; les \u00a0\u00bb&nbsp;trafusoirs&nbsp;\u00ab\u00a0, ces sortes de longues chevilles de bois dur destin\u00e9es \u00e0 recevoir les flottes de soie, demeurent fix\u00e9s dans les murs ; le \u00a0\u00bb&nbsp;porte-lume&nbsp;\u00a0\u00bb qui permettait au moulinier d\u2019accrocher sa lampe \u00e0 huile, reste viss\u00e9 au plafond. Ici, rien ne semble avoir boug\u00e9 depuis la fermeture de l\u2019usine dans les ann\u00e9es 1930. On a d\u2019autant plus le sentiment d\u2019\u00eatre transport\u00e9 dans le temps que certains sp\u00e9cialistes datent cet ensemble de machines de la fin du XVIIIe si\u00e8cle ou du d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Mais l\u2019\u00e9vocation de ces ateliers ne serait pas tout \u00e0 fait compl\u00e8te ni juste, si nous ne parlions pas de ces jeunes filles venues des campagnes environnantes pour travailler sur ces machines. Pour ces ouvri\u00e8res, le passage \u00e0 l\u2019usine est alors une \u00e9tape interm\u00e9diaire entre leur adolescence et l\u2019\u00e2ge du mariage et du retour \u00e0 la ferme familiale. Aujourd\u2019hui encore, leur \u00e2me habite les lieux sous l\u2019\u0153il bienveillant ou plus s\u00e9v\u00e8re selon le cas, de la statue de la Vierge qui prenait place \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une petite niche am\u00e9nag\u00e9e dans l\u2019atelier. On les devine, ces jeunes ouvri\u00e8res, circulant de fa\u00e7on agile sur les podiums qui s\u00e9parent les banques de d\u00e9vidage, frappant bruyamment les fuseaux sur les montants en bois des machines pour en extraire les bobines, les marquant ainsi \u00e0 tout jamais par leurs trous de piquetage ; mais aussi, parfois, s\u2019amusant \u00e0 y inscrire leur nom et leur pr\u00e9nom. Ainsi si l\u2019on est fin observateur, on trouve grav\u00e9s ici et l\u00e0 de nombreuses initiales, mais aussi des noms (Yvette Vicat, Louise Chassony, Marguerite Vicat), des pr\u00e9noms (Juliette, Vincent, Julie, Marie), des dates (13 mai 1903) ou encore de petits dessins na\u00effs compos\u00e9s de formes g\u00e9om\u00e9triques, de personnages ou d\u2019animaux. Alors, m\u00eame si ces machines se sont tues depuis longtemps, que les ouvri\u00e8res ont quitt\u00e9 les lieux, la vie est encore bien l\u00e0, log\u00e9e au plus profond de ces ateliers. Un simple instant d\u2019\u00e9ternit\u00e9 pour le plaisir des yeux.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"516\" height=\"365\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-05.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7210\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-05.jpg 516w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-05-300x212.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 516px) 100vw, 516px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les principales dates de la Galici\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Antiquit\u00e9 : mosa\u00efque romaine<\/li><li>1651 installation d\u2019un moulin \u00e0 la Galisi\u00e8re, \u00e0 Chaste, chemin de saint-Just.<\/li><li>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9tabli \u00e0 Lyon, Fran\u00e7ois \u00c9tienne Jubi\u00e9 am\u00e9nagea une manufacture de soie \u00e0 Turin. Sur la demande de l\u2019intendant des finances, Chamillart, il quitta l\u2019Italie et vint se fixer \u00e0 Chatte et cr\u00e9e un moulinage dans le bourg de Chatte (Is\u00e8re)<\/li><li>1782 installation d\u2019une seconde fabrique au lieu dit la Galici\u00e8re \u00e0 l\u2019instigation de Pierre Bouvier. Exploitant de la premi\u00e8re<\/li><li>1787 : il y a deux moulinages ayant chacun 180 tavelles<\/li><li>1789 : Il se fabrique 45 pi\u00e8ces de toile de 60 aunes l\u2019une.<\/li><li>Avant 1789 : Pierre Bouvier \u00e9tabli \u00e0 Chatte des moulins \u00e0 soie sur les bords d\u2019un canal. Il les pla\u00e7a \u00e0 fort peu de distance d\u2019un petit moulin, ce dernier n\u2019\u00e9tant qu\u2019une simple masure, mais partie int\u00e9grante des moulins de la Galici\u00e8re. Il a longtemps occup\u00e9 la \u00ab&nbsp;fabrique \u00e0 soie&nbsp;\u00bb situ\u00e9 au bourg de Chatte, et appartenant \u00e0 M. Robert.<\/li><li>1789 : M. Robert d\u00e9cide de se d\u00e9faire de sa Fabrique. Le nouveau propri\u00e9taire est Andr\u00e9 Ferdinand G\u00e9nissieu.<\/li><li>Pierre Bouvier d\u00e9cide de construire une autre Fabrique pour continuer le commerce des soies. Il veut rester \u00e0 Chatte, en raison des relations qu\u2019il a \u00e9tabli. M. et Mme de La Roque l\u2019autorisent \u00e0 construire sur le beal de leur moulin de la Galici\u00e8re et \u00e0 se servir (\u2026)<\/li><li>Bouvier installe une roue plus grande, \u00e9l\u00e8ve le canal de 7 \u00e0 8 pieds (creus\u00e9 \u00e0 la main de l\u2019homme) et construit un mur d\u2019appui.<\/li><li>180? \u2013 1872 : Fran\u00e7ois Fleury Cuchet dirige les Fabriques.<\/li><li>1808 achat de la Galici\u00e8re par la famille Crozel \u00e0 Bouvier par acte du 7 janvier 1808.<\/li><li>1815 : Opposition de M. Joseph Gilibert r\u00e9clamant dommage et int\u00e9r\u00eat pour la destruction du mur d\u2019appui et du petit b\u00e2timent construit par M. Crozel.<\/li><li>1819 : les deux fabriques de soie occupant 36 ouvriers.<\/li><li>1824 : Rachat du moulin \u00e0 ses divers propri\u00e9taires dont Gilibert.<\/li><li>1829 : Fran\u00e7ois Fleury Cuchet \u00e9pouse Anne Adrianne G\u00e9nissieu (fille d\u2019Andr\u00e9 Ferdinand G\u00e9nissieu)<\/li><li>1847 : D\u00e9claration Faillite de Fran\u00e7ois Fleury Cuchet, s\u2019installe ensuite \u00e0 Chatte en tant que moulinier. Sa fille Jenny Cuchet \u00e9pouse Marc Louis Crozel<\/li><li>1850-1875 : apog\u00e9e des Fabriques de la Galici\u00e8re<\/li><li>1855 d\u00e9cembre : Romain Deprandi\u00e8re rach\u00e8te la Fabrique d\u2019en haut de la Galici\u00e8re, la magnanerie, la forge, un dortoir comportant 38 lits (pour 55 personnes) et la filature de soie \u00e0 Victor David pour 34.000 francs<\/li><li>1856 : Cuchet rach\u00e8te la Fabrique d\u2019en bas pour 15 000 francs. Aussit\u00f4t les deux hommes s\u2019associent pour l\u2019exploitation des deux fabriques tandis que Cuchet en assure la direction. Un quart des b\u00e9n\u00e9fices au gendre de Cuchet (Joseph Louis Marc Crozel)<\/li><li>1870 : la Fabrique Deprandi\u00e8re rassemble 300 tavelles et 2900 broches contre autant de tavelles pour la fabrique Cuchet plus 3400 broches. Avec ses 56 bassines, la filature est le 3eme du d\u00e9partement en terme d\u2019importance.<\/li><li>A la mort de Cuchet, son gendre Jospeh Louis Marc Crozel continue l\u2019exploitation mais quelques ann\u00e9es plus tard il choisit de fermer la filature.<\/li><li>1870 : Ce sont pr\u00e8s de 600 tavelles, 6000 broches,et 56 bassines qui garnissent les ateliers pla\u00e7ant l\u2019usine de moulinage de la Galici\u00e8re au rang de troisi\u00e8me du d\u00e9partement en terme d\u2019importance.<\/li><li>Env. 1870 : construction au nord du site, des dortoirs et la magnanerie<\/li><li>1914&nbsp;: fermeture de la Fabrique haute.<\/li><li>1930&nbsp;: fermeture de la Fabrique basse. (date pr\u00e9sum\u00e9e)<\/li><li>1996&nbsp;: d\u00e9c\u00e8s d\u2019Anne-Marie Crozel, derni\u00e8re descendante.<\/li><li>1997&nbsp;: achat de la Galici\u00e8re par Jean-Pascal Crouzet<\/li><li>2000&nbsp;: cr\u00e9ation de l\u2019Association les Amis de la Galici\u00e8re<\/li><li>2004&nbsp;: l\u2019usine de la Galici\u00e8re a \u00e9t\u00e9 inscrite au titre des Monuments historiques<\/li><li>14 juin 2007&nbsp;: L\u2019ensemble de ces machines a \u00e9t\u00e9 inscrit au titre des Monuments historiques<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"446\" height=\"311\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-06.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-7211\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-06.jpg 446w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-06-300x209.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 446px) 100vw, 446px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Sources &#8211; articles de&nbsp;:<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li><em>Sylvie Vincent&nbsp;&nbsp; Conservateur en chef du patrimoine, Conservateur des Antiquit\u00e9s et Objets d\u2019Art de l\u2019Is\u00e8re<\/em><\/li><li><em>Nadia Crouzet<\/em><\/li><li><em>Andr\u00e9e Gautier<\/em><\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>le moulinage Crozel na\u00eet au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle, il profite d\u2019une p\u00e9riode de prosp\u00e9rit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9putation que les soies lyonnaises ont acquise. Il est en d\u00e9but de cha\u00eene de tout un savoir-faire dont l\u2019aboutissement se trouve dans les fameux ateliers des canuts lyonnais, o\u00f9 l\u2019homme tisse.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[11],"tags":[13,12,14,15,16],"class_list":["post-7203","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chroniques-dromoises","tag-crozel","tag-galiciere","tag-moulinage","tag-soie","tag-soieries-lyonnaises","entry"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La Galici\u00e8re - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"La Galici\u00e8re - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2022-06-27T08:32:46+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-06-27T08:32:49+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"c.grangeon@orange.fr\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"c.grangeon@orange.fr\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"22 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203\"},\"author\":{\"name\":\"c.grangeon@orange.fr\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806\"},\"headline\":\"La Galici\u00e8re\",\"datePublished\":\"2022-06-27T08:32:46+00:00\",\"dateModified\":\"2022-06-27T08:32:49+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203\"},\"wordCount\":4543,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/06\\\/galiciere-01-1.jpg\",\"keywords\":[\"crozel\",\"galici\u00e8re\",\"moulinage\",\"soie\",\"soieries lyonnaises\"],\"articleSection\":[\"chroniques dromoises\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203\",\"name\":\"La Galici\u00e8re - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/06\\\/galiciere-01-1.jpg\",\"datePublished\":\"2022-06-27T08:32:46+00:00\",\"dateModified\":\"2022-06-27T08:32:49+00:00\",\"description\":\"L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/06\\\/galiciere-01-1.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2022\\\/06\\\/galiciere-01-1.jpg\",\"width\":747,\"height\":375},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?p=7203#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La Galici\u00e8re\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/\",\"name\":\"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#organization\",\"name\":\"histoire patrimoine aoustois\",\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"\",\"contentUrl\":\"\",\"caption\":\"histoire patrimoine aoustois\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806\",\"name\":\"c.grangeon@orange.fr\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g\",\"caption\":\"c.grangeon@orange.fr\"},\"sameAs\":[\"http:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\"],\"url\":\"https:\\\/\\\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\\\/?author=1\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"La Galici\u00e8re - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","description":"L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"La Galici\u00e8re - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","og_description":"L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.","og_url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203","og_site_name":"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","article_published_time":"2022-06-27T08:32:46+00:00","article_modified_time":"2022-06-27T08:32:49+00:00","og_image":[{"url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg","type":"","width":"","height":""}],"author":"c.grangeon@orange.fr","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"c.grangeon@orange.fr","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"22 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203"},"author":{"name":"c.grangeon@orange.fr","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/person\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806"},"headline":"La Galici\u00e8re","datePublished":"2022-06-27T08:32:46+00:00","dateModified":"2022-06-27T08:32:49+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203"},"wordCount":4543,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg","keywords":["crozel","galici\u00e8re","moulinage","soie","soieries lyonnaises"],"articleSection":["chroniques dromoises"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203","name":"La Galici\u00e8re - HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","isPartOf":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg","datePublished":"2022-06-27T08:32:46+00:00","dateModified":"2022-06-27T08:32:49+00:00","description":"L\u2019histoire du moulinage de soie Crozel de la Galici\u00e8re s\u2019inscrit dans une histoire plus large, celle de la soie.","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#primaryimage","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg","contentUrl":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/galiciere-01-1.jpg","width":747,"height":375},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=7203#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La Galici\u00e8re"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#website","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/","name":"HISTOIRE PATRIMOINE AOUSTOIS","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#organization","name":"histoire patrimoine aoustois","url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"","contentUrl":"","caption":"histoire patrimoine aoustois"},"image":{"@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/#\/schema\/person\/37a62d238dcee0c26cbd84b5b753e806","name":"c.grangeon@orange.fr","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/cc761b3b59da1005e87bc0d8d6ae0ecd5168729c45828cb7f6f0db169d1b9b5a?s=96&d=blank&r=g","caption":"c.grangeon@orange.fr"},"sameAs":["http:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr"],"url":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?author=1"}]}},"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7203","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7203"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7203\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7203"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7203"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7203"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}