{"id":8375,"date":"2023-06-05T03:58:27","date_gmt":"2023-06-05T03:58:27","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=8375"},"modified":"2024-11-30T04:49:56","modified_gmt":"2024-11-30T04:49:56","slug":"les-bouillane-et-les-richaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/?p=8375","title":{"rendered":"LES BOUILLANE ET LES RICHAUD"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"8375\" class=\"elementor elementor-8375\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-36545296 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"36545296\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-3d9fa6d9 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"3d9fa6d9\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n<p><br \/><br \/><\/p>\n\n<p class=\"has-text-align-center has-text-color has-medium-font-size\" style=\"color: #0c07e3;\"><strong>LES BOUILLANE ET LES RICHAUD<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00c9TUDE HISTORIQUE ET CRITIQUE<\/strong><\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p>De Saillans \u00e0 Die, plusieurs villages pittoresques attirent l&rsquo;attention du voyageur, priv\u00e9 de vastes horizons entre deux rangs de montagnes \u00e9lev\u00e9es : Espenel, sur la rive gauche de la Dr\u00f4me, Vercheny, Pontaix et Sainte-Croix, sur la rive droite.<\/p>\n\n<p>Au nord de Sainte-Croix, une vall\u00e9e silencieuse, au fond de laquelle la Sure, affluent de la Dr\u00f4me, roule ses eaux limpides, va se terminer au pied de la montagne d&rsquo;Ambel. L&rsquo;\u00e9l\u00e9vation des roches nues qui couronnent ses deux versants bois\u00e9s ou couverts de cultures, lui donne, selon les heures du jour, la lumi\u00e8re et la gr\u00e2ce, ou les demi-teintes sombres et la m\u00e9lancolie.<\/p>\n\n<p>Quatre modestes villages animent la vall\u00e9e : Saint-Julien-en-Quint, le plus rapproch\u00e9 d&rsquo;Ambel, Saint-And\u00e9ol, au bord de la Sure, et Saint-Etienne, sur sa rive gauche, puis Sainte-Croix et les ruines de son ancien ch\u00e2teau fort, appel\u00e9 le ch\u00e2teau de Quint, parce qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 cinq milles de Die.<\/p>\n\n<p>\u00ab <em>Quoique la vall\u00e9e de Quint soit compos\u00e9e de trois paroisses : Saint-Julien, Saint-And\u00e9ol et Saint-Etienne (ces deux lieux n&rsquo;en formoient qu&rsquo;une) et Sainte-Croix, elle ne formoit n\u00e9anmoins qu&rsquo;une communaut\u00e9 ou taillabilit\u00e9, sous le nom collectif de Quint, jusques en 1595, qu&rsquo;on forma des communaut\u00e9s et taillabilit\u00e9s particuli\u00e8res de chacune des trois <a href=\"#barnave\">paroisses<\/a><\/em> (1). \u00bb<\/p>\n\n<p>Les Poitiers, comtes de Valentinois et Diois, souvent en guerre avec les \u00e9v\u00eaques de Die, \u00e9taient ma\u00eetres de la vall\u00e9e et du ch\u00e2teau de Quint. Toutefois, il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;eux en cette \u00e9tude, mais simplement de deux de leurs vassaux, dont l&rsquo;existence \u00e0 travers les \u00e2ges ne fut ni exempte de p\u00e9rip\u00e9ties, ni priv\u00e9e d&rsquo;une aur\u00e9ole de grandeur.<\/p>\n\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s la l\u00e9gende adopt\u00e9e par Guy Allard, Albert du Boys, la Mosa\u00efque du Midi, l\u2019Armorial du Dauphin\u00e9 et l\u2019Annuaire de la noblesse, deux b\u00fbcherons de la vall\u00e9e de Quint, Fran\u00e7ois Bouillane et Michel Richaud, sauv\u00e8rent d&rsquo;une mort certaine un des princes souverains de Dauphin\u00e9, \u00e0 la chasse dans la for\u00eat de Malatra, sur les pentes d&rsquo;Ambel. Les uns l&rsquo;appellent simplement un Dauphin et les autres Louis, fils de Charles VII, plus tard. Louis XI. Quoi qu&rsquo;il en soit de l&rsquo;identit\u00e9 du <span style=\"color: #0000ff;\"><a style=\"color: #0000ff;\" href=\"https:\/\/archives.ladrome.fr\/page\/octobre-2024\">chasseur<\/a><\/span>, il se trouva soudain s\u00e9par\u00e9 de sa suite et poursuivi par un ours \u00e9norme. \u00ab<em> L&rsquo;animal, bless\u00e9 dans le flanc, cherchait \u00e0 grimper le long d&rsquo;une chemin\u00e9e de rochers et il n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;\u00e0 une faible distance de son agresseur, en face d&rsquo;un gouffre b\u00e9ant, quand les deux charbonniers arriv\u00e8rent, arm\u00e9s de leurs grandes haches. Bouillane frappa l&rsquo;ours par derri\u00e8re et lui coupa la jambe; puis il n&rsquo;eut, ainsi que Richaud, que le temps de se mettre par c\u00f4t\u00e9, et l&rsquo;animal f\u00e9roce, ne pouvant plus se soutenir, descendit en roulant le long du rocher. Mais, arriv\u00e9 en bas, il se d\u00e9battait encore, en mugissant, quand Richaud s&rsquo;approcha courageusement et lui ass\u00e9na sur la t\u00eate un coup si violentqu&rsquo;il l&rsquo;\u00e9tendit mort \u00e0 ses<a href=\"#rodolphe\"> pieds<\/a><\/em> (2). \u00bb<\/p>\n\n<p>Le Dauphin, plein de reconnaissance, offrit de l&rsquo;or \u00e0 ses lib\u00e9rateurs; mais ils refus\u00e8rent avec fiert\u00e9, en d\u00e9clarant que le d\u00e9vouement ne se payait pas. Le prince, \u00e9mu, les embrassa, les fit chevaliers et leur.donna pour armes d&rsquo;azur aune patte d&rsquo;ours d&rsquo;or, mise en bande. La Mosa\u00efque du Midi veut que ce soit d&rsquo;argent \u00e0 deux \u00e9p\u00e9es crois\u00e9es, avec une patte d&rsquo;or \u00e0 la poign\u00e9e de chacune , sans indication d&rsquo;\u00e9maux. Cette opinion, isol\u00e9e d&rsquo;ailleurs, est contredite par Chorier et Guy Allard, mieux au courant des armoiries <a href=\"#mosaique\">dauphinoises<\/a> (3).<\/p>\n\n<p>L&rsquo;Annuaire de la noblesse pour 1863 rapporte une tradition d&rsquo;apr\u00e8s laquelle Louis, dauphin, attribua \u00e0 Fran\u00e7ois de Bouillane la patte d&rsquo;ours gauche mise en fasce et \u00e0 Michel Richaud, la patte droite mise en bande. Toutefois, lorsqu&rsquo; Os\u00e9e de Bouillane fit enregistrer ses armes en 1697 et que Joseph de Bouillane, avocat au parlement de Grenoble, remplit la m\u00eame formalit\u00e9, ils prirent l&rsquo;un et l&rsquo;autre, suivant les indications de Chorier et de Guy Allard, d&rsquo;azur \u00e0 la patte d&rsquo;ours d&rsquo;or mise en <a href=\"#annuaire\">bande<\/a> (4).<\/p>\n\n<p>L&rsquo;histoire se tait sur l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement l\u00e9gendaire et sur les exploits ult\u00e9rieurs des deux b\u00fbcherons ainsi anoblis ; mais leur post\u00e9rit\u00e9 se multiplia dans la vall\u00e9e, pendant que de nombreux rejetons allaient s&rsquo;\u00e9tablir ailleurs.<\/p>\n\n<p>On sait que Chorier et Guy Allard, par suite des d\u00e9clarations royales de janvier 1661 et de juillet 1664, furent employ\u00e9s l&rsquo;un comme procureur du roi et l&rsquo;autre comme rapporteur, \u00e0 la recherche des usurpateurs de noblesse et obtinrent de la sorte communication d&rsquo;une foule de titres.<\/p>\n\n<p>Or, Chorier place \u00e0 Saint-Julien-en-Quint seize familles de \u00ab <em>de Boliane, fort pauvres gentilshommes, ajoute-t-il, dont la noblesse a n\u00e9antmoins \u00e9t\u00e9 reconnue \u00ab\u00a0par les jugements de tous les intendans envoyez en cette province<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n<p>Quant aux Richaud, il leur trouve une \u00e9troite union avec les Bouillane : m\u00eame lieu d&rsquo;habitation, m\u00eames titres, m\u00eames armes et m\u00eames int\u00e9r\u00eats. Il cite l&rsquo;arr\u00eat de 1554 d\u00e9claratif de leur noblesse et en compte treize branches \u00e0 Saint-Julien-en-Quint.<\/p>\n\n<p>\u00ab <em>Ce sont, d&rsquo;apr\u00e8s lui, de pauvres gentilshommes, \u00e0 qui la noblesse est un obstacle \u00e0 toute esp\u00e9rance d&rsquo;une meilleure <a href=\"#etatpolitique\">fortune<\/a><\/em>(5). \u00bb<\/p>\n\n<p>Guy Allard fait anoblir par Louis, dauphin, en 1447, les treize branches des Bouillane, \u00ab plus fertiles en hommes qu&rsquo;en biens, \u00bb et les dix branches des Richaud, par le m\u00eame prince, en 1443. \u00ab <em>A peine ceux de cette famille sortent de leur village, o\u00f9 ils cultivent leurs terres avec soin, se marient m\u00eame souvent dans la famille et souvent avec celle de Bouillane, qui n&rsquo;est ni plus riche, ni plus <a href=\"#dictionnaire\">ambitieuse<\/a><\/em> (6). \u00bb<\/p>\n\n<p>A son tour, Barnave, en 1787, charg\u00e9 de d\u00e9fendre la noblesse de ces maisons, rechercha, mais en vain, leur origine et leur histoire dans les titres encore intacts de la chambre des comptes et dans ceux de ses clients. Apr\u00e8s avoir cit\u00e9 la l\u00e9gende d&rsquo;un Dauphin pr\u00e9serv\u00e9 des \u00e9treintes mortelles d&rsquo;un ours par un Bouillane et un Richaud sur la montagne d&rsquo;Ambel, il ajoute :<\/p>\n\n<p>\u00ab <em>Les preuves multipli\u00e9es de leur noblesse, consign\u00e9es dans les registres de la chambre des comptes, et le peu de monuments qui leur restent par devers eux, la pr\u00e9sentent comme si ancienne, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas beaucoup de maisons dans la province qui puissent prouver au del\u00e0 ; et quoique depuis longtemps la plupart des individus aient \u00e9t\u00e9 pauvres, il paro\u00eet qu&rsquo;on les a toujours tenus en g\u00e9n\u00e9ral pour d&rsquo;honn\u00eates gens. Suivant la tradition, les maisons de Richaud et de Bouillane sont originaires de la vall\u00e9e de Quint, ce qui est m\u00eame vraisemblable, puisque la grande majeure partie des membres qui existent y sont encore actuellement<a href=\"#memoire\"> demeurants <\/a><\/em>(7) \u00bb.<\/p>\n\n<p>Des recherches suivies et consciencieuses au temps de Barnave auraient d\u00fb amener de meilleurs r\u00e9sultats, et il est permis de conclure ou bien qu\u2019elles ne furent pas faites, ou bien qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;origine de ces familles se perd dans la nuit des temps.<\/p>\n\n<p>Le premier et le plus ancien Richaud connu est noble Pierre, qui rendit hommage \u00e0 Aimar de Poitiers, pour ses Mens francs et nobles \u00e0 Quint, le 18 mars 1327. En 1345 et 1349, nobles Guillaume et Hugues de Bouillane remplirent le m\u00eame <a href=\"#invent\">devoir<\/a> (8).<\/p>\n\n<p>On a aussi une obligation souscrite \u00e0 un Juif par nobles Pierre de Bouillane, dit Bayle, de la vall\u00e9e de Quint, Pierre de Varce et Hugues de Faucon, en 1394, et une association aux biens, droits et actions de noble Pierre de Bouillane, de la m\u00eame vall\u00e9e, leur p\u00e8re, par nobles Eymard et Pierre, en faveur de leur fr\u00e8re Berthon, du <a href=\"#archives\">10 septembre 1431<\/a> (9).<\/p>\n\n<p>Ce qui permet d&rsquo;\u00e9tablir d&rsquo;une fa\u00e7on p\u00e9remptoire que l&rsquo;anoblissement des deux familles par Louis XI, encore dauphin, est une simple tradition, d\u00e9mentie par l&rsquo;histoire, ce prince n&rsquo;ayant s\u00e9journ\u00e9 dans la province que de 1446 \u00e0 1456.<\/p>\n\n<p>Est-ce \u00e0 dire qu&rsquo;un autre Dauphin, depuis Guigues le Vieux, en 1095, jusqu&rsquo;\u00e0 Humbert II, le dernier, en 1349, n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 d&rsquo;une mort certaine par deux b\u00fbcherons courageux ? Rien n&rsquo;autorise \u00e0 aller jusque-l\u00e0.<\/p>\n\n<p>Toutefois, si Louis, dauphin, plus tard Louis XI, n&rsquo;anoblit pas les Bouillane et les Richaud, il re\u00e7ut leurs hommages, comme successeur et h\u00e9ritier des Poitiers, en 1446. Le m\u00eame prince, \u00ab <em>ayant fait affouager les communaut\u00e9s d\u00e9pendantes des comt\u00e9s de Valentinois et Diois, pour les mettre \u00e0 la taille, l&rsquo;affouagement de la vall\u00e9e de Quint, fait en 1443 \u00bb, et les r\u00e9visions des feux de 1448 et 1475 pr\u00e9sentent les familles de ce nom comme anciennement nobles et exemptes d&rsquo;impositions. La r\u00e9vision de 1475, plus explicite que les pr\u00e9c\u00e9dentes, ajoute m\u00eame \u00ab que les Bouillane et les Richaud servoient aux arm\u00e9es,- ainsi que les autres nobles<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n<p>On constate aussi la qualification nobiliaire dans des albergements ou baux emphyt\u00e9otiques pass\u00e9s par le ch\u00e2telain delphinal, le 28 novembre 1476, \u00e0 noble Antoine de Bouillane et, le 10 novembre 1477, \u00e0 Pierre; dans les hommages pr\u00eat\u00e9s \u00e0 Louis XII, le 28 juillet 1511, par Barth\u00e9l\u00e9my de Bouillane, en son nom et au nom de ses fr\u00e8res, h\u00e9ritiers de Berthon, et par Antoine, Jean, Jamon et Arthaud Richaud; \u00e0 Henri II, le 17 novembre 1547, par Antoine et Hugues de Bouillane et par Jacques Richaud; en 1446, 1447, 1452 et 1453, au dauphin Louis par Jarenton et Bontoux Richaud, et dans les d\u00e9nombrements de Barth\u00e9l\u00e9my de Bouillane, en 1476, de Pierre de Bouillane et de Jean Richaud, <a href=\"#memoiredebarnave\">en 1539<\/a> (10).<\/p>\n\n<p>\u00ab <em>En un mot, dit Barnave, tous les actes qu&rsquo;on trouve \u00e0 la chambre des comptes o\u00f9 il s&rsquo;agit d&rsquo;eux les donnent pour anciens nobles et vrais gentilshommes.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n<p>Or, tant que leurs privil\u00e8ges se. r\u00e9duisirent \u00e0 l&rsquo;exemption des redevances, services et devoirs f\u00e9odaux, les habitants de Quint n&rsquo;\u00e9lev\u00e8rent aucune plainte : ils les respect\u00e8rent m\u00eame apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9tablissement des tailles annuelles pour l&rsquo;entretien des arm\u00e9es permanentes, cr\u00e9\u00e9es sous Charles VII et Louis XI, parce que, au t\u00e9moignage d&rsquo;Expilly, ces tailles se levaient \u00e0 l&rsquo;origine par feux, applicables aux familles et non aux biens, revus et modifi\u00e9s \u00e0 chaque imposition nouvelle ; mais du moment que les tailles furent impos\u00e9es suivant l&rsquo;\u00e9tendue de territoire des communaut\u00e9s et non selon le nombre des contribuables, les r\u00e9clamations naquirent aussit\u00f4t et se multipli\u00e8rent sans <a href=\"#expilly\">rel\u00e2che<\/a> (11).<\/p>\n\n<p>\u00ab L&rsquo;imp\u00f4t des tailles, comme l&rsquo;appelle Chorier, est un tribut de la reconnaissance publique et un aveu de servitude. \u00bb Pour cela m\u00eame, les deux premiers ordres s&rsquo;en \u00e9taient exempt\u00e9s. Tout le poids de leur charge retombait en cons\u00e9quence sur le tiers \u00e9tat. La noblesse, le clerg\u00e9 affirmaient la taille personnelle. \u00ab <em>Je suis pr\u00eatre, je suis noble, disaient-ils, je ne dois rien ; la taille est une fl\u00e9trissure, elle ne peut m&rsquo;atteindre, et si je deviens possesseur d&rsquo;un fonds roturier, c&rsquo;est-\u00e0-dire sujet \u00e0 la taille, la vertu seule de mon attouchement suffit pour l&rsquo;en d\u00e9charger.<\/em> \u00bb<\/p>\n\n<p>Le tiers \u00e9tat, au contraire, affirmait la taille purement r\u00e9elle et <a href=\"#prediale\">pr\u00e9diale<\/a>. (12) \u00ab <em>Il y a deux sortes de biens, disait-il : les biens feudaux. c&rsquo;est-\u00e0-dire exempts de la taille (c&rsquo;est une usurpation, mais je l&rsquo;accepte), et les fonds roturiers, qui y sont soumis. Tous les biens doivent \u00eatre cadastr\u00e9s, et si je deviens possesseur d&rsquo;un fonds noble, il doit conserver dans mes mains la vertu que vous lui avez <a href=\"#laurens\">conf\u00e9r\u00e9e<\/a><\/em>. \u00bb (13)<\/p>\n\n<p>Envisag\u00e9e \u00e0 un point de vue g\u00e9n\u00e9ral, la question souleva le c\u00e9l\u00e8bre proc\u00e8s des tailles, qui absorberait notre sujet, beaucoup plus modeste; mais les aspirations du tiers \u00e9tat, qui se font jour alors dans les archives de toutes les communes de la province, devaient \u00e9clater bien plus ardentes encore dans une vall\u00e9e o\u00f9 les exempts, comme les Richaud et les Bouillane, \u00e9taient, d&rsquo;ordinaire, de modestes cultivateurs et de tr\u00e8s-petits tenanciers.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;av\u00e8nement de Fran\u00e7ois Ier amena des lev\u00e9es consid\u00e9rables d&rsquo;argent pour payer ses arm\u00e9es. Aux unanimes r\u00e9criminations succ\u00e9d\u00e8rent les protestations et m\u00eame les accusations, et l&rsquo;autorit\u00e9 royale dut intervenir et d\u00e9clarer commune aux trois ordres la d\u00e9pense des \u00e9tapes des gens de guerre (15 avril 1537). Mais elle ne toucha pas \u00e0 la taille.<\/p>\n\n<p>Aussi, dix ans plus tard, voit-on les Bouillane et les Richaud appel\u00e9s en cause devant le parlement de Grenoble pour justifier leur exemption. Un arr\u00eat du 17 mars 1554 termina l&rsquo;instance, dont Barnave ne retrouva que quelques pi\u00e8ces en 1787. Il y est dit que les consuls de la vall\u00e9e de Quint avaient cotis\u00e9 leurs compatriotes nobles au r\u00f4le de la taille, alors personnelle ; que ceux-ci avaient recouru \u00e0 la cour, en vue du maintien de leurs privil\u00e8ges, et demand\u00e9 cassation des saisies de meubles faites pour refus d&rsquo;imp\u00f4ts; qu&rsquo;enfin les demandeurs, invoquant un moyen extr\u00eame, avaient contest\u00e9 la noblesse de Pierre de Richaud, de Jean et de deux Antoine de Bouillane, qui, disaient-ils, gagnaient \u00ab l<em>eurs journ\u00e9es m\u00e9caniques, fr\u00e9quentaient les foires, vendoient et achetaient du b\u00e9tail<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n<p>Une enqu\u00eate fut ordonn\u00e9e, et les t\u00e9moins, la plupart gentilshommes ou anciens receveurs du vingtain seigneurial (imp\u00f4t lev\u00e9 pour l&rsquo;entretien des murailles des bourgs et du ch\u00e2teau de Quint), d\u00e9truisirent une \u00e0 une les accusations des consuls, en sorte qu&rsquo;une possession imm\u00e9mor\u00e9e en faveur des intim\u00e9s se trouva \u00e9tablie.<\/p>\n\n<p>\u00ab<em> Il paro\u00eet, ajoute Barnave, qu&rsquo;on avoit produit plusieurs hommages, notamment ceux du 17 novembre 1547, et plusieurs r\u00f4les, quittances et cong\u00e9s de l&rsquo;arri\u00e8re-ban. <\/em>\u00bb Ainsi, la preuve de noblesse fut compl\u00e8te, et la seule difficult\u00e9 roula sur la d\u00e9rogeance encourue pour \u00ab <em>marchandise et n\u00e9goce<\/em> \u00bb. Mais la cour maintint Pierre de Richaud, Jean et. les deux Antoine de Bouillane en possession de leurs qualit\u00e9 et exemption des tailles, en vivant noblement ; d\u00e9fendit aux consuls de les cotiser \u00e0 l&rsquo;avenir et r\u00e9voqua toutes cotisations et ex\u00e9cutions ant\u00e9rieures. La d\u00e9rogeance fut donc <a href=\"#memoirede1787\">\u00e9cart\u00e9e<\/a> (14).<\/p>\n\n<p>Le 28 octobre 1556, un trait\u00e9 intervenait entre les consuls et habitants de la vall\u00e9e et ses nobles, dont l&rsquo;exemption \u00e9tait reconnue, avec r\u00e9serve toutefois en faveur des r\u00e9parations aux ponts et aux chemins publics, aux fontaines, puits et murailles, et autres d\u00e9penses communes, ce qui s&rsquo;appelait taille n\u00e9gociale ou cas de droit. Les Bouillane et les Richaud accept\u00e8rent ces clauses, conformes d&rsquo;ailleurs \u00e0 un accord du 6 f\u00e9vrier 1554 entre les trois ordres de la province, conclu aux \u00c9tats de Grenoble.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;accalmie succ\u00e9da \u00e0 ce premier orage et jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XVIe si\u00e8cle on ne trouve plus aucune trace de difficult\u00e9s \u00e0 ce sujet.<\/p>\n\n<p>Mais si les fr\u00e9quents passages de troupes sous Fran\u00e7ois Ier avaient caus\u00e9 la premi\u00e8re insurrection juridique contre les privil\u00e8ges et la transaction de 1554 entre les trois ordres, en quel \u00e9tat d\u00e9sastreux avaient d\u00fb mettre la province, \u00e0 la fin du XVIe si\u00e8cle, quarante ann\u00e9es de discordes civiles et religieuses ? Non seulement il avait fallu subir les \u00e9tapes et les aides (contributions pour logements militaires), mais encore payer les troupes catholiques et protestantes, qui tour \u00e0 tour s&#8217;emparaient des villages. De si lourdes charges ou foules, selon l&rsquo;\u00e9nergique expression du temps, avaient contraint les communes \u00e0 emprunter de grandes sommes d&rsquo;argent, et lorsque Henri IV eut r\u00e9tabli la paix, tous leurs cr\u00e9anciers voulurent \u00eatre pay\u00e9s \u00e0 la fois. Claude Brosse se fit l&rsquo;avocat des communes et r\u00e9clama, avec succ\u00e8s, d&rsquo;abord des surs\u00e9ances et ensuite une meilleure r\u00e9partition des tailles ;<\/p>\n\n<p>Or, pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la v\u00e9rification des dettes communales (1606), les consuls de Saint-Julien attaqu\u00e8rent la noblesse de Jacques de Bouillane, descendant de Jean, cit\u00e9 dans l&rsquo;arr\u00eat de 1554, qui, disaient-ils, avait \u00e9t\u00e9 domestique dans sa jeunesse. L&rsquo;intim\u00e9 se d\u00e9fendit avec vigueur et, apr\u00e8s -enqu\u00eates, le parlement de Grenoble lui reconnut et sa qualit\u00e9 et son exemption, en vivant noblement, ordonna sa radiation des r\u00f4les, d\u00e9fendit de le cotiser \u00e0 l&rsquo;avenir, \u00e0 peine de 1000 livres d&rsquo;amende, et condamna les demandeurs aux d\u00e9pens et \u00e0 la restitution des sommes exig\u00e9es (14 novembre 1606).<\/p>\n\n<p>\u00ab <em>On peut remarquer sur cet arr\u00eat, avec Barnave, que Jacques de Bouillane avouoit d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de servir des ma\u00eetres pendant sa jeunesse, \u00e0 cause de sa pauvret\u00e9 ; par o\u00f9 il est \u00e9vident que la cour jugea que ce fait ne lui avoit pas fait perdre sa noblesse. <\/em>\u00bb<\/p>\n\n<p>Si les Bouillane et les Richaud avaient pour la plupart une fortune modeste, leurs familles, en se multipliant, ne laissaient pas de former une sorte de tribu privil\u00e9gi\u00e9e et exempte d&rsquo;imp\u00f4ts. Les consuls de Saint-Julien, peu de temps apr\u00e8s l&rsquo;arr\u00eat de 1606, comprirent dans leurs r\u00f4les de tailles Pierre, Mo\u00efse et Jacques de Bouillane. Ceux-ci recoururent aussit\u00f4t \u00e0 la cour souveraine de Grenoble, qui, par ordonnance du 8 juillet 1619, \u00ab <em>accorda lettres pour appeler parties et cependant inhiba suivant l&rsquo;arr\u00eat; en sorte qu&rsquo;il est \u00e9vident que l&rsquo;exemption des Bouillane et des Richaud \u00e9toit une chose <a href=\"#barnavememoire\">notoire<\/a><\/em> (15) \u00bb.<\/p>\n\n<p>A cette \u00e9poque d&rsquo;autres nobles, de m\u00eame nom, avaient \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 de semblables poursuites, et un arr\u00eat du parlement dauphinois maintenait les d\u00e9fauts obtenus par Pierre et Os\u00e9e de Bouillane contre les consuls de <a href=\"#inventsommaire\">Vinsobres<\/a> (1606) (16).<\/p>\n\n<p>Cependant, tandis que le tiers \u00e9tat s&rsquo;attaquait \u00e0 la noblesse des deux maisons de Quint, les gentilshommes de la province la reconnaissaient formellement.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;arri\u00e8re &#8211; ban avait \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 et les Bouillane et les Richaud, au nombre de 22, avaient re\u00e7u ordre d&rsquo;y servir ou d&rsquo;y contribuer. D&rsquo;apr\u00e8s leurs dol\u00e9ances au s\u00e9n\u00e9chal du Valentinois et Diois, ils n&rsquo;\u00e9taient pas en \u00e9tat d&rsquo;ob\u00e9ir. \u00ab <em>Soit par la perte-ou la division du patrimoine des deux familles, disaient-ils dans leur requ\u00eate, les Bouillane n&rsquo;ont ensemble que 864 livres de revenu et les Richaud que 597, le tout en biens champ\u00eatres, sans aucun fief, n&rsquo;y ayant pas une des 22 familles qui approche 200 livres de rente \u2026. Ils sont donc hors d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;\u00e9quiper dignement suivant que les ordonnances l&rsquo;exigent et pr\u00eats \u00e0 y aller \u00e0 pied ou de fournir tel nombre de personnes qu&rsquo;il sera jug\u00e9 raisonnable, eu \u00e9gard \u00e0 leurs biens; ils ajoutent qu&rsquo;il serait juste de les r\u00e9duire \u00e0 un homme pour les familles des Richaud et \u00e0 un autre pour les familles des Bouillane. <\/em>\u00bb<\/p>\n\n<p>Barnave, qui invoque cet argument, n&rsquo;avait pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 l&rsquo;objection du tiers \u00e9tat. \u00ab <em>Vous vous pr\u00e9tendez exempts, r\u00e9pliquait-il sans doute aux privil\u00e9gi\u00e9s, parce que vous contribuez \u00e0 la conservation du royaume par le service militaire, et vous ne pouvez para\u00eetre \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-ban ! Mais alors vous devez la taille !<\/em> \u00bb<\/p>\n\n<p>Aussi, malgr\u00e9 la dispense royale octroy\u00e9e en 1630 aux pauvres gentilshommes, arriv\u00e9s \u00e0 pied \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e de Bourgoin et qui n&rsquo;avaient moyen de se monter et \u00e9quiper, la lutte recommen\u00e7\u00e2t-elle en 1637 devant l&rsquo;Election de Mont\u00e9limar, apr\u00e8s la publication de l&rsquo;arr\u00eat du conseil obligeant les nobles qui se pr\u00e9tendaient exempts des tailles \u00e0 repr\u00e9senter leurs titres. \u00ab <em>On assigne, dit Barnave, les <\/em><em>Srs<\/em><em> de Bichaud et de Bouillane pour faire cette repr\u00e9sentation, et comme il falloit quantit\u00e9 d&rsquo;actes pour prouver leur filiation,<\/em> \u00bb ils demandent et obtiennent un d\u00e9lai. Deux ans plus tard, le 24 octobre 1639, le r\u00e8glement qui de personnelle rendait la taille r\u00e9elle, en confirmant et \u00e9tendant l&rsquo;arr\u00eat de 1634, amenait en Dauphin\u00e9 les commissaires du roi charg\u00e9s d&rsquo;en assurer l&rsquo;ex\u00e9cution.<\/p>\n\n<p>La commune de Saint-Julien-en-Quint appela .devant eux les Bouillane et les Richaud, au nombre de 24, et ceux-ci, malgr\u00e9 les efforts des anciens fermiers du vingtain pour d\u00e9truire leurs preuves de noblesse, repr\u00e9sent\u00e8rent \u00ab <em>des<\/em><em> hommages , des extraits de la r\u00e9vision des feux de 1475 et peut-\u00eatre plus de cent contrats de mariage ou testaments o\u00f9 ils avoient toujours \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9s nobles et qui prouvoient en m\u00eame temps leur filiation <\/em>\u00bb.<\/p>\n\n<p>Malgr\u00e9 les objections des consuls, ils furent d\u00e9clar\u00e9s anciens nobles et maintenus en la jouissance des privil\u00e8ges de l&rsquo;ancienne noblesse, conserv\u00e9s par le r\u00e8glement de 1639, et leurs biens et h\u00e9ritages roturiers acquis et poss\u00e9d\u00e9s avant le 1er mai 1635 proclam\u00e9s francs et exempts de toutes impositions roturi\u00e8res \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 (19 octobre 1641).<\/p>\n\n<p>\u00ab <em>Ainsi, conclut Barnave, il fut jug\u00e9, d&rsquo;apr\u00e8s la plus ample discussion et sur une infinit\u00e9 de titres et d&rsquo;actes que les Srs de Richaud et de Bouillane, quoique pauvres, d\u00e9voient jouir des privil\u00e8ges de l&rsquo;ancienne noblesse, comme \u00e9tant vraiment anciens <a href=\"#memoirede1787\">nobles<\/a>. <\/em>\u00bb (17)<\/p>\n\n<p>Bient\u00f4t apr\u00e8s, Louis XIV ordonne la recherche des usurpateurs de noblesse et Dugu\u00e9, intendant, le 11 juillet 1667, d\u00e9livre \u00e0 nos deux maisons de Quint un certificat \u00e9tablissant qu&rsquo;elles ont prouv\u00e9 la leur et, le 11 novembre 1670, les d\u00e9charge des assignations <a href=\"#ibid\">donn\u00e9es<\/a> (18).<\/p>\n\n<p>On a pour l&rsquo;ann\u00e9e 1675 une d\u00e9claration officielle de tous les nobles de Saint-Julien-en-Quint, et nous y trouvons pour les Bouillane :<\/p>\n\n<p>1. Pierre, aux Rouisses, avec 6 livres de revenu.<\/p>\n\n<p>2. Paul, aux Bailles, 12 \u2014<\/p>\n\n<p>3. David, aux Bailles, 60 \u2014<\/p>\n\n<p>4. Maurice, aux Tonies, 100 , \u2014<\/p>\n\n<p>5. David, aux Tourtes, 4 \u2014<\/p>\n\n<p>6. Jeanne, fille d&rsquo;Os\u00e9e, 15 \u2014&lt;<\/p>\n\n<p>7. Jean, cadet, 80<\/p>\n\n<p>8. Jean, dit Goujat, 60 \u2014<\/p>\n\n<p>9. Antoine, dit Goujat, 20 \u2014<\/p>\n\n<p>10. Jean, dit Michon, 4 \u2014<\/p>\n\n<p>11. Hoirs de Pierre, 5 \u2014<\/p>\n\n<p>12. Hoirs de Mathieu, 18 \u2014<\/p>\n\n<p>13. Jean, dit Cousin, 20 \u2014<\/p>\n\n<p>14. David, fils de Jean, 30 \u2014<\/p>\n\n<p>15. Jean, dit Monsieur, 75 \u2014<\/p>\n\n<p>16. Pierre, des Gautiers, 120 \u2014<\/p>\n\n<p>17. Jacques, fils d\u00e9 Pierre, gendre de Richaud-Verdeyer.<\/p>\n\n<p>18. Jean, 19 &#8212;<\/p>\n\n<p>19. Jean, fils de Jacques, 15 \u2014<\/p>\n\n<p>20. Claude, de Pontaix, gendre de Sibleyras.<\/p>\n\n<p>Pour les Richaud :<\/p>\n\n<p>1. Mo\u00efse, dit Transaille, des Tonies, avec 40 livres de revenu.<\/p>\n\n<p>2. David, dit Transaille, des Tonies, 23 \u2014<\/p>\n\n<p>3. Pierre, dit Sahuc, -8 \u2014<\/p>\n\n<p>4. Mathieu, des Morins, 28 \u2014<\/p>\n\n<p>5. Jean, dit Lhoste, 130 \u2014<\/p>\n\n<p>6. Jean, 45 \u2014<\/p>\n\n<p>7. Mo\u00efse, dit Morel, 24 \u2014<\/p>\n\n<p>8. Pierre, dit Vesi, 78 \u2014<\/p>\n\n<p>9. Mo\u00efse, dit Lhoste, 75 \u2014<\/p>\n\n<p>10. Jacques, des Richauds, 50 \u2014<\/p>\n\n<p>11. Jean, dit Verdeyer, 31 \u2014<\/p>\n\n<p>12. Antoine, 50 \u2014<\/p>\n\n<p><br \/>A cinq ans de l\u00e0 les m\u00eames familles \u00e9taient d\u00e9clar\u00e9es nobles dans le nouveau terrier du roi et en 1698 les commissaires de la r\u00e9vision des feux constataient qu&rsquo;au moment de la division de la vall\u00e9e en trois communes (en 1595) il y avait seulement 12 ou 13 familles de gentilshommes ; .que ce nombre \u00e9tait plus que doubl\u00e9, et qu&rsquo;au moyen de mariages contract\u00e9s avec des roturi\u00e8res les biens de celles-ci avaient \u00e9t\u00e9 anoblis, ce qui donnait beaucoup de fonds exempts \u00e0 la communaut\u00e9, compos\u00e9e de 128 chefs de famille taillables, de 27 nobles et de 1 cur\u00e9.<\/p>\n\n<p>Des vell\u00e9it\u00e9s de tracasseries se manifest\u00e8rent en 1744, lors des r\u00e9parations ordonn\u00e9es au pont de bois de quart sur la Dr\u00f4me, et les consuls voulurent exiger les corv\u00e9es des Richaud et des Bouillane, ce que l&rsquo;intendant ne permit pas. Bien plus, ils furent ray\u00e9s du r\u00f4le de la capitation roturi\u00e8re et port\u00e9s sur le r\u00f4le de l&rsquo;Election de Mont\u00e9limar avec les autres nobles.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;appel des consuls donna lieu \u00e0 des proc\u00e9dures devant l&rsquo;intendant et ensuite devant le parlement de Grenoble; puis, sous pr\u00e9texte de contraventions aux ordonnances du roi touchant la religion, l&rsquo;affaire prit une tournure toute nouvelle et m\u00eame odieuse, comme on va le voir, par suite de la jalousie de quelques familles bourgeoises, presque toujours \u00e0 la t\u00eate de la communaut\u00e9 ou fermi\u00e8res du vingtain seigneurial. \u00ab <em>Ce qu&rsquo;il y a de plus singulier, dit Barnave, c&rsquo;est que ceux qui exer\u00e7oient ces vexations, du moins les fermiers du vingtain, \u00e9taient religionnaires, n&rsquo;y ayant que deux ou trois familles d&rsquo;anciens catholiques dans les communaut\u00e9s de Saint-Julien et de Saint<\/em><em>&#8211;<\/em><em>And\u00e9ol. <\/em>\u00bb<\/p>\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le temps des assembl\u00e9es au D\u00e9sert, formellement interdites par les \u00e9dits et ordonnances de 1685, 1686, 1689, 1698 et 1724. Il y en eut sans doute dans la vall\u00e9e, car le parlement \u00ab <em>d\u00e9cr\u00e9ta en particulier quelques membres des familles de Bouillane et de Richaud, et par une disposition subordonn\u00e9e d\u00e9cr\u00e9ta d&rsquo;ajournement personnel tous les chefs des m\u00eames familles<\/em> \u00bb. Ce d\u00e9cret fut signifi\u00e9 \u00e0 tous les Richaud et Bouillane et m\u00eame \u00e0 de pauvres veuves ; les interrogatoires se firent et le proc\u00e8s, r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extraordinaire, vint devant la chambre des vacations, qui, le 6 novembre 1745, condamna par d\u00e9faut plusieurs membres des deux maisons aux gal\u00e8res perp\u00e9tuelles pour contravention aux \u00e9dits et ordonnances du roi concernant la religion, et \u00e0 des amendes p\u00e9cuniaires de 10 Livres, d&rsquo;autres \u00e0 la d\u00e9ch\u00e9ance de leur noblesse, avec ou sans amendes ; mit hors de cour quelques autres et notamment les veuves ; d\u00e9fendit aux Bouillane et aux Richaud, nomm\u00e9s ou non nomm\u00e9s dans l&rsquo;arr\u00eat, qui avaient exerc\u00e9 des m\u00e9tiers ou fait actes d\u00e9rogeant \u00e0 la noblesse, ou dont les p\u00e8res et a\u00efeux \u00e9taient tomb\u00e9s dans le m\u00eame cas, de se qualifier nobles, et aux notaires et autres personnes publiques de leur donner cette qualit\u00e9 dans des actes, \u00e0 peine d&rsquo;amende.<\/p>\n\n<p>On ignore si les affiches et publications ordonn\u00e9es par l&rsquo;arr\u00eat eurent lieu; mais grand fut l&rsquo;\u00e9tonnement g\u00e9n\u00e9ral quand on vit tous les Richaud et tous les Bouillane priv\u00e9s de leur noblesse pour des faits particuliers et \u00e9trangers, lorsque les habitants de la vall\u00e9e les plus assidus aux assembl\u00e9es du D\u00e9sert n&rsquo;\u00e9taient inqui\u00e9t\u00e9s en aucune <a href=\"#memoirede1787\">fa\u00e7on<\/a> (19).<\/p>\n\n<p>Cette partialit\u00e9 effraya les jeunes gens des familles poursuivies, et la plupart quitt\u00e8rent la contr\u00e9e, les uns pour se faire soldats, les autres pour s&rsquo;\u00e9tablir ailleurs ou m\u00eame pour \u00e9migrer. Toutefois, ce serait une erreur de croire que la dispersion des deux familles commen\u00e7a seulement \u00e0 cette \u00e9poque, comme on le verra bient\u00f4t.<\/p>\n\n<p>Qu&rsquo;\u00e0 la rigueur l&rsquo;autorit\u00e9 royale e\u00fbt dit \u00e0 la noblesse qui refusait d&rsquo;ob\u00e9ir : \u00ab Je vous ai donn\u00e9 des privil\u00e8ges pour soutenir le tr\u00f4ne, et du jour o\u00f9 mes ordres vous d\u00e9plaisent, je vous retire mes faveurs. \u00bb Ce langage, suivi de mesures g\u00e9n\u00e9rales, e\u00fbt pu \u00eatre logique, sinon politique; mais atteindre par des moyens d\u00e9tourn\u00e9s les innocents et les coupables \u00e9tait une injustice. Aussi, une r\u00e9action s&rsquo;op\u00e9ra-t-elle en faveur des Bouillane et des Ricbaud, qui, \u00e0 quelques exceptions rares, cess\u00e8rent d&rsquo;\u00eatre inqui\u00e9t\u00e9s pour leur noblesse. Bien plus, il restait aux condamn\u00e9s de 1745 un devoir de r\u00e9habilitation \u00e0 remplir avant toute prescription trentenaire. Ils form\u00e8rent donc opposition \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat privatif de leurs privil\u00e8ges, le 6 octobre 1775. Comme preuve des lenteurs de la justice d&rsquo;alors, nous pourrions citer des ordonnances des 6 mars 1780, 30 mars, 4 avril, 16 mai, 7 juillet et 7 septembre 1781, 18 mars, 20 et 28 ao\u00fbt, 20 d\u00e9cembre 1782 et 8 f\u00e9vrier 1783 permettant \u00e0 des membres des deux familles de poursuivre en particulier leur opposition et les maintenant, par provision, dans leur noblesse ; puis une opposition de la commune de Saint-Julien \u00e0 ces arr\u00eats, suivie^d&rsquo;une association entre int\u00e9ress\u00e9s, au nombre de 50 Richaud ou Bouillane, pour faire casser l&rsquo;arr\u00eat de 1745. Barnave, qui d\u00e9butait au barreau et dont le p\u00e8re \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Vercheny, fut choisi pour d\u00e9fendre leur cause, et le m\u00e9moire (grand in-8\u00b0 de 117 pages, imprim\u00e9 \u00e0 Grenoble, chez Guchet, en 1787) r\u00e9dig\u00e9 par l&rsquo;illustre orateur nous a fourni de nombreux d\u00e9tails et d&rsquo;utiles r\u00e9v\u00e9lations. Il esquisse l&rsquo;histoire des Bouillane et des Richaud et prouve que l&rsquo;arr\u00eat de 1745 ne peut \u00eatre d&rsquo;aucune cons\u00e9quence contre eux; de plus, que les faits all\u00e9gu\u00e9s en 1785 en faveur de la d\u00e9ch\u00e9ance sont faux et incons\u00e9quents. Il \u00e9tablit dans ce but, \u00e0 l&rsquo;aide de citations, que l&rsquo;arr\u00eat de 1745 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 contradictoire, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agissait uniquement de faits \u00e9trangers \u00e0 la noblesse dans l&rsquo;instance, que les amendes n&rsquo;entra\u00eenent point de note infamante dans l&rsquo;esp\u00e8ce et partant de d\u00e9ch\u00e9ance, et que, m\u00eame dans l&rsquo;hypoth\u00e8se contraire, elles ne sauraient nuire aux enfants, qui tiennent leur qualit\u00e9 de leurs a\u00efeux. Une deuxi\u00e8me partie est consacr\u00e9e \u00e0 d\u00e9montrer la fausset\u00e9 des faits all\u00e9gu\u00e9s contre ses clients : BOUILLANE : Jacques, Jean &#8211; Pierre, Gaspard, JeanPierre, Jean-Mathieu; Jean-Mo\u00efse et Jean-Claude ; RICHAUD : Jean-Claude, Jean, Jeau-Glaude, Jean-David, Just, Jean-H\u00e9lie, Jean-Louis, Pierre, Jean-Pierre, Jean, Jean-Pierre, JeanMathieu, Jean-Antoine, <a href=\"#memoirede1787\">Jean-Pierre<\/a> (20).<\/p>\n\n<p>Puis il conclut \u00e0 leur maintien en la jouissance de leurs privil\u00e8ges et exemptions.<\/p>\n\n<p>C&rsquo;est en vain que l&rsquo;on chercherait du style et de l&rsquo;\u00e9loquence dans ce plaidoyer, savant, clair, m\u00e9thodique, mais froid, incolore-et h\u00e9riss\u00e9 de termes de pratique.<\/p>\n\n<p>M. Bovet, avou\u00e9 \u00e0 Die, qui en a donn\u00e9 dans le journal de son arrondissement, en 1860, une analyse fid\u00e8le, d\u00e9clare ignorer, comme nous, quel succ\u00e8s obtint le jeune avocat. Mais il croit \u00e0 un ajournement ind\u00e9fini de l&rsquo;affaire, par suite des \u00e9v\u00e9nements parlementaires de l&rsquo;ann\u00e9e 1788 et plus encore de ceux des ann\u00e9es suivantes, o\u00f9 privil\u00e8ges, noblesse, rangs, distinctions , tout sombra \u00e0 la <a href=\"#journaldedie\">fois<\/a> (21).<\/p>\n\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, un membre de chacune des familles r\u00e9clamantes parut \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e de Vizille et quatre s&rsquo;y firent repr\u00e9senter. A Romans, le 10 septembre 1788, il y eut, pour les BOUILLANE : David-Jean, Jacques, Gaspard, Jean et Mathieu, ses fr\u00e8res; Jacques; Mo\u00efse et Claude, son fr\u00e8re; Jean-Pierre; Charles ; Louis de Bouillane-Saint-Martin et Bouillane de La Coste; pour les RICHAUD : Jean et Gabriel, de Quint; JeanPierre, des Bornes; Jean-Claude; Jean-Pierre, Jean-Elie et Jean-Louis, son fr\u00e8re; Jean-David; Jean-Claude et Jean-Antoine, son fr\u00e8re; Gabriel; Jean-Mo\u00efse; Jean et Jean-Pierre, son fr\u00e8re; Antoine et Jean-Pierre, son fr\u00e8re; David-Jean; Jean-Mathieu et Pierre, son fr\u00e8re; Pierre; Jean-David, Pierre, Jean-Mathieu, Jean-Pierre et Jean, ses quatre fr\u00e8res (\u00c9lection de Mont\u00e9limar), la plupart anciens clients de Barnave.<\/p>\n\n<p>Jacques et Louis de Bouillane (\u00c9lection de Valence).<\/p>\n\n<p>Louis et Joseph de Bouillane, Jean de Richaud, p\u00e8re et fils, Louis, Andr\u00e9, Joseph et Etienne de Richaud (\u00c9lection de Vienne).<\/p>\n\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s la tradition, ils furent plac\u00e9s \u00e0 la droite du pr\u00e9sident, \u00ab c<em>omme \u00e9tant les plus anciens nobles de la province<\/em>, \u00bb et opin\u00e8rent toujours comme lui.<\/p>\n\n<p>La plupart des 16 Bouillane et des 29 Richaud, au t\u00e9moignage de MM. de Coston et Borel d&rsquo;Hauterive, se pr\u00e9sent\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e en habits de paysans, avec de vieilles rapi\u00e8res et un havresac contenant leurs parchemins et leurs provisions de voyage. Toutefois, on affirme, \u00e0 l&rsquo;honneur&rsquo; de la noblesse, que cet ordre se cotisa pour payer leurs d\u00e9penses.<\/p>\n\n<p>Ils ne reparurent pas \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e de <a href=\"#procesverbaux\">d\u00e9cembre<\/a> (22).<\/p>\n\n<p>Nous n&rsquo;avons parl\u00e9 jusqu&rsquo;ici que des Richaud et des Bouillane de Quint; il faut, pour \u00eatre complet, constater aussi l&rsquo;existence d&rsquo;autres rameaux, \u00e9galement dignes de m\u00e9moire. Une branche des Bouillane poss\u00e9dait \u00e0 Saint-Pierre-de-Paladru un ch\u00e2teau de son nom. Elle \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e en 1789 par un ma\u00eetre des comptes, dont le p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 capitaine au r\u00e9giment de Saintonge. Elle a fini par des filles.<\/p>\n\n<p>Les Bouillane-Lacoste habit\u00e8rent Po\u00ebt-Laval, o\u00f9, le 26 ao\u00fbt 1735, noble Etienne, fils d&rsquo;Esprit et de Claudine Marcel, \u00e9pousait Jeanne Br\u00e8s. Celui qui se trouva aux Etats de Romans eut de Marie Borel de Lestang un fils, conseiller honoraire \u00e0 la cour de Grenoble.<\/p>\n\n<p>Antoine-Henri de Bouillane, fils d&rsquo; Etienne et de Jeanne Br\u00e8s, alla diriger la verrerie de Rodi\u00e8re en Languedoc, o\u00f9 il se trouvait en 1787.<\/p>\n\n<p>Il y avait aussi des Bouillane verriers \u00e0 Po\u00ebt-Laval et dans les environs. Ainsi, le parlement de Grenoble condamnait le 2 avril 1746, entre autres personnes, Henri de Bouillane, sieur de Perrotin, et Jean-Baptiste de Ferre de Beauplan, de Po\u00ebt-Laval, \u00e0 25 livres d&rsquo;amende envers le roi et \u00e0 75 livres pour l&rsquo;instruction des nouveaux convertis, comme ayant assist\u00e9 aux assembl\u00e9es du D\u00e9sert. Il \u00e9tait de Crupies et mourut \u00e0 Po\u00ebt-Laval le 4 d\u00e9cembre 1784. Vers 1760 il exer\u00e7ait son art \u00e0 Aleyrac, avec Louis de Bouillane, sieur de La Blache, et plaidait contre un marchand de bouteilles, son <a href=\"#recueildedits\">cr\u00e9ancier<\/a>. (23)<\/p>\n\n<p>Le 16 juin 1739, Charles de Bouill&rsquo;ane-Saint-Martin, verrier \u00e0 Taulignan depuis deux ans, fils d&rsquo;Os\u00e9e (de Po\u00ebt-Laval) et d&rsquo;Anne de Ferre (de R\u00e9auville), s&rsquo;unissait avec Madelaine Broc, dont il eut plusieurs enfants. Charles, l&rsquo;un d&rsquo;eux, reprit alliance, le 26 ao\u00fbt 1775, avec les de Ferre La Condamine et sa post\u00e9rit\u00e9 existe encore.<\/p>\n\n<p>Nous croyons aussi verriers les Bouillane de La Serve, \u00e0 Po\u00ebt-Laval, au XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n<p>On manque de d\u00e9tails sur cette industrie dans la Dr\u00f4me aux \u00e9poques recul\u00e9es ; mais on sait qu&rsquo;alors (1754) une verrerie \u00e0 Taulignan occupait 7 ouvriers et un chef et une autre \u00e0 Po\u00ebt-Laval , 6 ouvriers et 2 chefs. Les ouvriers gagnaient de 20 \u00e0 24 sols par jour et fabriquaient jusqu&rsquo;\u00e0 300 bouteilles ou jusqu&rsquo;\u00e0 700 verres et gobelets. Quant aux chefs, ils pouvaient \u00e0 peine les payer, t\u00e9moin les proc\u00e9dures faites vers 1770 par Marie-Louis de Saulses de Fontclaire contre nobles Pierre .et Charles de Bouillane, de Po\u00ebt-Laval. En 1707, Laurent de Bouillane, de Montoison,se disait descendant de Barth\u00e9l\u00e9my, qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 noble <a href=\"#archivesdeladrome\">le 5 avril 1554<\/a> (24).<\/p>\n\n<p>L&rsquo;auteur de la com\u00e9die en prose intitul\u00e9e Catherine de Bouillane en met aussi \u00e0 <a href=\"#catherine\">Ombl\u00e8ze<\/a> (25) et le d\u00e9pouillement des archives communales en r\u00e9v\u00e9lera bien d&rsquo;autres encore.<\/p>\n\n<p>Quant aux Richaud, ils ont eu en Languedoc au XVIIe si\u00e8cle une branche, ma\u00eetresse de la seigneurie de Gastaud, maintenue dans sa noblesse en 1699 par l&rsquo;intendant de cette province. Vers 1750, un autre rameau s&rsquo;\u00e9tablit en B\u00e9arn et forma les seigneurs de Pr\u00e9ville, encore existants, et il y eut encore dans le Tri\u00e8ves (Is\u00e8re) les Richaud de <a href=\"#annuairedelanoblesse\">La Combette<\/a> (26), en 1693, \u00e9teints \u00e0 la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n<p>Nous ne pousserons pas ces recherches plus loin : elles n&rsquo;offriraient plus que d&rsquo;insignifiants d\u00e9tails.<\/p>\n\n<p>Les Bouillane et les Richaud sont maintenant connus avec leurs malheurs et leur anciennet\u00e9. Ce que nous honorons en eux aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est leur attachement \u00e0 leurs montagnes et \u00e0 leurs modestes exploitations agricoles, \u00e0 leur vie dure et frugale, \u00e0 leur simplicit\u00e9, \u00e0 leur amour du travail. Au lieu de tenter la fortune \u00e0 l&rsquo;aide do leurs parchemins authentiques, ils pr\u00e9f\u00e9r\u00e8rent vivre obscurs et labourer leurs terres, suivant ce que dit l&rsquo;oracle : Ne hais point le labourage, encor qu&rsquo;il soit p\u00e9nible, car c&rsquo;est de l&rsquo;ordonnance du souverain (<a href=\"#olivier\">Ma\u00eetre<\/a>) (27).<\/p>\n\n<p>M. Brun-Durand nous signale dans le Cartulaire de Lconcel (ch. 141, 142 et 143) un Humbert de Bouillane, t\u00e9moin de plusieurs actes relatifs au monast\u00e8re en [245, et les archives communales de Mirabel nous r\u00e9v\u00e8lent les exemptions de la noblesse, en 1751 : exemption de l&rsquo;industrie des corv\u00e9es, du logement militaire et du transport des \u00e9quipages, sans compter celle de la taille.<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"515\" height=\"391\" class=\"wp-image-8377\" src=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/pierre-de-lours-du-quint.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/pierre-de-lours-du-quint.jpg 515w, https:\/\/histoire-patrimoine-aoustois.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/pierre-de-lours-du-quint-300x228.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 515px) 100vw, 515px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Photo : cr\u00e9dit Altituderando<\/em><\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p><strong><u>Notes<\/u>\u00a0:<\/strong><\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p id=\"barnave\">(1) BARNAVE, M\u00e9moire de 1787.<\/p>\n\n<p id=\"rodolphe\">(2) Rodolphe de Francon ou une conversion au XVIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n<p id=\"mosaique\">(3) Mosa\u00efque du Midi, de 1840, p. 363. \u2014\u00c9tat politique du Dauphin\u00e9, t. III. \u2014 Dictionnaire historique et nobiliaire.<\/p>\n\n<p id=\"annuaire\">(4) Annuaire de la noblesse pour 1863.<\/p>\n\n<p id=\"etatpolitique\">(5) \u00c9tat politique, t.III.<\/p>\n\n<p id=\"dictionnaire\">(6) Dictionnaire historique du Dauphin\u00e9.<\/p>\n\n<p id=\"memoire\">(7) M\u00e9moire de 1787<\/p>\n\n<p id=\"invent\">(8) Invent. de la chambre des comptes. Valentinois, au mot Quint.<\/p>\n\n<p id=\"archives\">(9) Archives de la Dr\u00f4me, Invent. somm., E. 217, 2139.<\/p>\n\n<p id=\"memoiredebarnave\">(10) M\u00e9moire de Barnave et Invent. de la chambre des comptes.<\/p>\n\n<p id=\"expilly\">(11) EXPILLY, Plaidoyers.<\/p>\n\n<p id=\"prediale\">(12) Pr\u00e9diale\u00a0:Se dit de ce qui appartient aux fonds et aux h\u00e9ritages<\/p>\n\n<p id=\"laurens\">(13) LAURENS, Le proc\u00e8s des tailles, 17.<\/p>\n\n<p id=\"memoirede1787\">(14) M\u00e9moire de 1787.<\/p>\n\n<p id=\"barnavememoire\">(15) BARNAVE M\u00e9moire.<\/p>\n\n<p id=\"inventsommaire\">(16) Invent, sommaire des archives de l&rsquo;Is\u00e8re, B. 368.<\/p>\n\n<p id=\"memoirede1787\">(17) M\u00e9moire de 1787.<\/p>\n\n<p id=\"ibid\">(18) Ibid.<\/p>\n\n<p id=\"memoirede1787\">(19) M\u00e9moire de 1787. \u2014Recueil d\u2019\u00e9dits, ordonnances, etc., par GIROUD, t. XXII. \u2014 Voici les condamnations prononc\u00e9es contre les Bouillane : Jean-Pierre, des Bonnets, gal\u00e8res perp\u00e9tuelles et d\u00e9ch\u00e9ance; Mathieu, Jean, Fran\u00e7ois-David, de Villeneuve, David-Jean, des Bergers, Paul, des Bailles, Paul, des Bonnets, Claude, Jean-Pierre, dit Cousin, d\u00e9ch\u00e9ance ; et contre les Richaud : Jean-Pierre, dit la Buse, Pierre, dit Breyton, Jean-Antoine, dit la Buse, Jean-Pierre, des Tourtes, Andr\u00e9, des Bergers, JeanAntoine, de Bournat, Antoine, dit Berthelon, des Richauds, Mo\u00efse, de la Cime, Louis, dit Bleu, Fran\u00e7ois, dit la Buse\/ Jean-Antoine, JeanPierre, des Juliens, Jean, cordonnier, de Villeneuve, Just, du MoulinVieux, Antoine et Etienne, fermier de Lantheaume, d\u00e9ch\u00e9ance; Andr\u00e9, gal\u00e8res perp\u00e9tuelles. (ARNAUD, Histoire des Protestants, t. III, p. 406. \u2014 Recueil Giroud, t. XXII.)<\/p>\n\n<p id=\"memoirede1787\">(20) M\u00e9moire de 1787, qui pourrait bien \u00eatre de Barnave p\u00e8re.<\/p>\n\n<p id=\"journaldedie\">(21) Journal de Die, N.\u00bb 1 18, 19, 20, 21, 22 et 23.<\/p>\n\n<p id=\"procesverbaux\">(22) Proc\u00e8s-verbaux des assembl\u00e9es de Romans et de Vizille. \u2014 Origine, \u00e9tymologie et signification des noms propres, t. III. \u2014 Annuaire de la noblesse de 1863.<\/p>\n\n<p id=\"recueildedits\">(23) Recueil d&rsquo;\u00e9dits, ordonnances relatifs au Dauphin\u00e9, par GIROUD, t. XXII \u2014 Invent, des archives de la Dr\u00f4me, B. 1302, 1585. \u2014 Archives de Po\u00ebt-Laval, \u00e9tat civil ancien.<\/p>\n\n<p id=\"archivesdeladrome\">(24) Archives de la Dr\u00f4me : Intendance, suppl\u00e9ment. B. 825, 1588.<\/p>\n\n<p id=\"catherine\">(25) Catherine de Bouillane, par Mme C. DE T. Paris, 1865. Br.*m-i\u00a0\u00bb2.<\/p>\n\n<p id=\"annuairedelanoblesse\">(26) Annuaire de la noblesse de 1863.<\/p>\n\n<p id=\"olivier\">(27) OLIVIER DE SERRES, Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;agriculture, pr\u00e9face.<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p><em><strong>Article de A. LACROIX paru en 1878 paru dans le Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;arch\u00e9ologie et de statistique de la Dr\u00f4me<\/strong><\/em><\/p>\n\n<p>voir aussi : <a href=\"https:\/\/www.asso-richaud-bouillanne.fr\/histoire.php\">https:\/\/www.asso-richaud-bouillanne.fr\/histoire.php<\/a><\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\n<p>\u00a0<\/p>\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LES BOUILLANE ET LES RICHAUD \u00c9TUDE HISTORIQUE ET CRITIQUE \u00a0 \u00a0 De Saillans \u00e0 Die, plusieurs villages pittoresques attirent l&rsquo;attention du voyageur, priv\u00e9 de vastes horizons entre deux rangs de montagnes \u00e9lev\u00e9es : Espenel, sur la rive gauche de la Dr\u00f4me, Vercheny, Pontaix et Sainte-Croix, sur la rive droite. 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