LES PONTS D’AOUSTE



Les ponts d’Aouste







La Drôme, rivière de type méditerranéen, (en grec: la rivière qui court) s’est toujours écoulée au niveau du pont actuel, entre deux barres rocheuses ; en amont, l’actuel quartier Saint-Pierre étant parfois, dans le passé, inondé. En aval, au niveau de l’embouchure du Lauzens, se trouvait un espace plus large, avec des courants moins impétueux.

Depuis le début de l’Antiquité, la traversée de la Drôme s’effectuait à gué ( vers l’actuelle salle des fêtes). On suppose qu’ici le franchissement de la Drôme se faisait vers l’embouchure actuelle du Lauzens; à proximité de ce passage, des mérides (échoppes louées) pouvaient accueillir le voyageur.

Il a été établi de l’existence d’une voie commerciale qui traversait la Gaule unissant l’Atlantique à la Méditerranée. Vers 500 avant J.-C., la Route de l’Étain est créée par les Grecs pour l’acheminement de ce métal entre la région de Nantes et la Méditerranée. C’est par cette voie que passait l’étain qui provenait des Îles britanniques outre celle par voie maritime (contournement du détroit de Gibraltar). D’autre part la voie terrestre devait servir au transport de bien d’autres denrées que l’étain. C’était une voie d’échanges culturels aussi bien que matériels.



La route de l’étain



La route de l’étain était une route commerciale, en fait un ensemble de trajets commerciaux sur lesquels circulait l’étain à la fin de la Préhistoire et pendant la haute Antiquité à travers l’actuel territoire français. Elle passait par la vallée du Rhône qui était l’unique voie d’approvisionnement en minerai pour les pays méditerranéens pendant l’âge du bronze. L’étain, venu d’Armorique et de Cornouailles, était transporté jusqu’à l’estuaire de la Loire. De là, il remontait le fleuve afin de rejoindre le Rhône, puis Marseille.

 



La carte des « Voies antiques d’Altonum » indique que la principale voie de l’étain passait par le Pas de Lauzens et l’emplacement d’Aouste, avant de continuer vers Pizançon par les Arras. La voie la plus proche du Rhône n’était que secondaire étant donné les colères du fleuve et ses crues destructrices; ainsi que la présence de trafiquants occupant les îles et donc difficiles à contrôler.

Ce chemin dénommé « L’itinéraire n° 15 correspond au chemin appelé « Gontardin » ou « Costardin », dans les textes médiévaux et modernes . Ce chemin traversait le bassin de la Valdaine depuis Montélimar jusqu’à Manas. Les prospections menées dans les collines séparant le bassin de Montélimar de la vallée de la Drôme semblent attester son prolongement en direction de l’agglomération d’Aouste-sur-Sye, mansio le long de la voie des Alpes par le col de Cabre.

À partir de la commune de Soyans, la route D 538 permet de rejoindre Crest. Les vestiges d’un chemin muletier sur quelques centaines de mètres donnent une autre direction vers la montagne de Sainte-Colombe, où des chemins redescendant vers Aouste-sur-Sye sont visibles. Il est en effet raisonnable d’imaginer une liaison entre cette agglomération secondaire romaine citée par les itinéraires antiques et le bassin de Montélimar.

 

Le pont romain


Au début de notre ère, sur les voies Montélimar-Die et Vaison-Valence, les Romains et les Voconces construisent un grand pont de 4 mètres de largeur dont il ne reste qu’une seule assise. Les colères de la Drôme l’ont détruit.

Lorsqu’une voie romaine devait traverser un torrent ou un fleuve, on construisait un pont pour joindre les deux rives. La France est riche en monuments de ce genre, qui, par leur stabilité, par la hardiesse de leur exécution, démontrent combien les Romains étaient habiles dans l’art de bâtir. Lorsque le cours d’eau était trop large pour qu’un pont d’une seule arche pût suffire, on en établissait un plus grand nombre en raison de la distance à franchir.

Sur cet axe antérieur Nord Sud, Auguste, désireux de centraliser l’empire, installe un relais de poste pour la liaison Valence – la voie Agrippa – et Montgenèvre (une des routes de la Voie des Alpes), le pont romain, construit ici en pierres, permet de renforcer les échanges économiques administratifs et militaires avec le sud.





Des accords avec les chefs voconces garantissaient la sécurité des déplacements. On peut raisonnablement estimer à 800 personnes, au minimum, la population gallo-romaine à la fin du IIIeme siècle (mais on ne connaît pas l’étendue d’Augusta Vocontiorum!). Le reliquat d’assise du pont romain, en aval du pont actuel, atteste que lors de la construction, le lit de la Drôme était au même niveau qu’actuellement. Le pont reposait sur une assise d’environ 6 mètres de largeur. A la fin du IIIe siècle, les changements climatiques et la déforestation provoqueront une accélération du débit des eaux, incision des berges et d’importants des apports de galets qui surélèveront considérablement le lit de la rivière.

La villa romaine étant, elle, installée un peu à l’écart de la voie, comme le conseille Caton (-244, -149): « Si possible qu’elle soit au pied d’une colline, qu’elle soit exposée au midi, dans un endroit salubre. Qu’il y ait abondance de main d’œuvre et un bon abreuvoir; qu’il, y ait à proximité une ville importante ou la mer ou un cours d’eau où circulent les bateaux, ou une bonne route fréquentée » (De l’agriculture 1,3). Pendant presque 2000 ans, venant du sud, piétons, muletiers, chariots et soldats entrent dans la cité par l’actuelle rue de la Croisière.

Il est aussi nécessaire de rappeler que, depuis longtemps, à certains moments de l’année, les barges à fond plat remontaient la rivière, parfois tirées par des esclaves. Ainsi le marbre de Carrare, utilisé pour certaines constructions à Die, paraît avoir été transporté sur le Rhône et sur le cours inférieur de la Drôme puis avoir cheminé, en chariots, jusqu’à la capitale des Voconces.

 

Le pont roman



Le pont roman en 1860



Après le pont romain, le Moyen-Âge verra la construction d’un nouveau pont , une pile était encore visible au début du XX° siècle.

Pendant presque 2000 ans, venant du sud, piétons, muletiers, chariots et soldats entrent dans la cité par l’actuelle rue de la Croisière. Le pont romain, en partie détruit au Moyen-Âge, est remplacé par un pont roman à quatre arches, apports de graviers et affouillements se succèdent : ils provoquent de nombreux et coûteux dégâts, ainsi une inondation catastrophique se produit même fin juin 1747

Du Moyen-Âge à la Révolution, le péage installé au bas de l’actuelle rue de la Croisière sert, en partie, à régler les frais d’entretien du pont et des chemins d’accès, comme on le voit ci-dessous.

 Les crues de la Drôme, rivière torrentielle, emportent régulièrement les terrains riverains malgré les protections des villageois régulièrement reconstruites. L’étroitesse et le peu de profondeur de son lit au niveau du terroir d’Aouste en augmente la puissance. Les comptes consulaires de la communauté nous renseignent sur les colères destructrices de la Sye et de la Drôme qui représentent de gros efforts financiers et humains pour une communauté ayant peu de revenus et nécessitant une aide auprès de la généralité de Grenoble. Non seulement les terrains étaient ravagés mais les ponts étaient sérieusement endommagés. Les cinq ponts, dont la communauté avait la charge, étaient sans cesse détériorés ou détruits – les pont de Drôme « à 4 arcades », de Sye, de Gervanne (en charge par moitié avec Mirabel), de Saint Vincent (Lauzière) dit aussi « le Pont Bossu » (en charge à moitié avec Crest) et de Crescelon (sur la route haute des Arras) -. (AM CC 56 et DD 4). « depuis plus de quinze années sans avoir eu aucun remboursement de leurs souffrances ou bien peu a l’entretien de quatre ou cinq ponts sans que nul de leurs voisins ny aurait continuer en manière quelconque … »

De 1594 à 1789, la communauté d’Aouste aura à faire face à de multiples réparations aux ponts occasionnées par les cours d’eau mais aussi à cause des importants passages du train des troupes comme en 1594 où la communauté doit faire « accomoder  » le pont. Elle réclamera, à plusieurs reprises, à l’Intendant de la Généralité de Grenoble, le droit de percevoir des droits de pontonage (en 1625 et 1750) ou imposition (en 1752) pour réparer le pont de Drôme. Accord pour deux dégrèvements (en 1748 et 1749) d’un montant de 1300 livres sur un coût de réparations et imposition sur les Trois Ordres de 5748 livres (en 1752).

En 1604, une arcade du pont de Drôme est détruite et une autre fendue, de même, l’arcade d’un deuxième pont, des maisons englouties. Le consul adressera à l’Intendant de la province une requête pour faire réparer aux frais de la province le pont de Drôme emporté par les eaux en octobre.

En 1628, elle devra réparer les traverses du pont de Sye.

En 1629-1630, » Du grand débordement de la rivière Drome arrivé au mois de septembre de l’année dernière une partie du pont a tombé étant nécessaire de le faire accommoder « . Le comptable déclare « qu’au mois de septembre 1630 la rivière Drome à cause de son grand débordement tomba le pont et pour y pouvoir passer en attendant qu’il fut accommodé y furent mis des planches , des poutres et sommiers qui appartenaient à François Morel de Pontaix fors un de Jean Singuet lequel la dite rivière étant encore revenu déborder emporta … « 

1632 verra des réparations au pont de Gervanne pour un montant de 42 livres, effectuées par le maître-maçon Pierre Ogier et, durant l’année 1638, réparations aux pont de Drôme.

En 1643  » le comptable voyant la commodité de la rivière de Drôme être propre pour y mettre deux quartiers de taille au pont de celle-ci que la dite rivière avait emporté cause que Barthelemy Davin maçon du dit lieu pour les employer qui furent pris dans la maison de ville ...  » ainsi qu’une poutre et du bois de chêne y furent employés.

En 1653, 67 livres furent employées à la réparation du pont de Drôme dont 36 livres reçues des « beilles » d’Arles y furent affectées. Faute de ressources suffisantes,  » un petit coin du côté du levant au pied du pont qu’il ne put trouver ni chaux ni argent  » ne fut pas réparé.

1655-1656, réparation d’une arche du pont de Drôme que la rivière avait « rompue » et fourniture d’une pièce de noyer, une pane de sapin et monceau de pierres utilisés pour la voûte du pont et renforcer la voûte de la porte du pont de Drôme.

1661-1662, le pont de la Maladière ( Lauzière) est « accommodé« . La Drôme ayant encore débordé, il fallut réparer  » le porche du petit pont de Drome » (4eme arche) ainsi que le chemin, les bêtes ne pouvant plus y passer. Ces faits se reproduiront en 1666 , 1674 et 1737.

1670, une année néfaste pour la communauté! L’entretien du pont de Drôme à quatre arcades et des quatre autres pont épuise leurs ressources. Marc Davin maître-maçon est nommé pour vérifier les dégâts sur les ponts de Drôme, Sye, Gervanne et Maladière emportés par les crues importantes et inondations d’octobre.

En 1670, les consuls de la communauté d’Aouste sollicitent le Conseil du Parlement du Dauphiné par un mémoire présenté devant Monsieur de Beaufort et ensuite à Monsieur de la Conche suite aux ravinement de leur terroir par les torrents et rivières qui ont emporté plus des deux tiers de trois fonds roturiers (fonds soumis à imposition) privant ainsi les habitants des meilleures terres labourables et précisent la situation de dénuement dans laquelle la population se trouvait.

La même année, en exécution d’une ordonnance rendue par Monseigneur André Gleyzal conseiller du Roi au bureau de l’élection de Montélimar, un devis de réparation des ponts est fourni par Marc Davin maître maçon à Aouste pour un montant de 1 483 livres. La Drôme avait emporté la muraille qui soutient la dalle du pont entre la tourelle des latrines et la première arcade sur environ une vingtaine de mètre, risquant la chute de l’arcade. Il en était de même pour la Sye qui menaçait d’emporter la tour « la milanaise » et les murailles, elle avait déjà emporté les pierres de taille des parapets du pont. Quant au pont de la Lozière, son état était peu enviable, et celui de Gervanne avait été réparé en 1668 pour la partie aoustoise.

Il semblerait que des travaux importants ont été réalisés sur les infrastructures puisqu’en 1681, les devis établis par l’ingénieur Hugot commis par l’élection de Montélimar pour les réparations et constructions des ponts sur les rivières et torrents dans le territoire d’Aouste, s’élèveront à 4 950 livres. Un acte à « prix fait » a été passé le 6 novembre 1691 avec Jean Vachon maître maçon de Montélimar. Ces travaux ne se dérouleront pas dans les meilleures conditions car les retards, les insuffisances de travaux, le peu d’assiduité et les cautions initiales données s’avérant non solvables nécessitent une requête auprès de l’Intendant Lebret et au recours à Monseigneur Dieulament ingénieur du Roi. L’affaire va durer. Le 8 février 1699, après requête de la communauté du 6 juin 1697, et après plusieurs notifications verbales, une ordonnance de l’Intendant somme Vachon et à sa caution d’achever les réparations dans un délai de trois mois autrement ils y seraient contraints par corps (emprisonnement).

1689 -1690, assignation du consul par le vi-sénéchal de Crest concernant l’écroulement du pont de la Lauzière.

En 1701, le 15 juillet, le consul fut requis par les notables et officiers de la communauté de  » faire mettre des grosses pierres pour empêcher les charrettes de passer sur le pont de Drome pour éviter le péril que les charrettes auraient pu causer« .

1717, le 13 juillet, la Drôme a emporté la culée du pont de Drôme, côté bourg et réparation d’une pile du pont.

1727, 1790 livres de réparations sur le pont de Drôme, effectuées par Lantheaume, ayant droit d’Arthaud, maçon et charpentier. Le 21 juillet 1728, le consul de la communauté A. Laget, suite à une délibération du 11 juillet, emploie la somme de 120 livres reçue de François Achard marchand à Aouste pour faire réparer la culée et la fontaine du pont de Sye endommagées par la rivière. Toutefois cette somme venait au prorata de ce que François Achard devait à la communauté.

1743, pose de pavés sur le pont de Sye par Monier

1744 « … pour construire un pontillard de bois sur le canal au dessous du moulin de Blacons pour y faire passer les voitures suivant l’ordre de Mr Sibeud et de l’avis de Mr Rolland ingénieur jusqu’à ce que le pont sur le ruisseau de Gervanne soit rétabli…« 

1747, une autre année catastrophique: en septembre la pluie qui dure trois jours provoque de grandes inondations, les ponts de Sye et de Drôme sont emportés.

Le 30 juin 1747 une importante crue de la Drôme emporte la culée du pont et une arche de la rive gauche privant la communauté d’Aouste ainsi que les communautés environnantes «… de Piégros, Aubenasson, Saint Sauveur, Saoû, Ansage, Omblèze, La Vacherie, Le Pescher (Le Pêcher), Eyglui, Col de Véraud, Le Cheylard, Baix aux montagnes (Plan de Baix), Gigors, Beaufort, Suze, Cobonne, Montclar, Mirabel, Véronne, Vachères, La vallée de Quint, Pontaix, Sainte Croix, Saillans et plusieurs autres… », de moyens de communication entre Montélimar, les Baronnies et le Diois.

Les consuls J.P. Ponson et Eymery, dans l’incapacité financière de la communauté de supporter une telle charge, sollicitent l’Intendant, suite au constat des dégâts par l’ingénieur des Ponts et Chaussées de la province M. Roland, un devis estimatif des réparations s’élevant finalement à 4 446 livres a été établi par Jacques Guerguy, géomètre à Montélimar. Les consuls demandent que cette somme soit couverte par des fonds des Ponts et Chaussées ou par une imposition particulière sur la province, cette espérance de financement s’avérant aléatoire, la communauté demande la permission d’imposer sur les Trois Ordres et de percevoir un « droit de pontonnage » sur les « étrangers » (c’est à dire les usagers hors communauté d’Aouste) durant 10 ans. Cette suggestion ne sera pas suivie d’effet. L’Intendant accorde seulement un dégrèvement de 600 livres sur l’année 1748 et 700 livres sur celle de 1749. La communauté ne pouvant supporter les 2146 livres restantes sollicite à nouveau l’Intendant pour faire réparer ce pont.

Toutefois un document (AM DD 4/60) nous apprend qu’ « en exécution de ses ordonnance des 20 et 29 mars 1749 et ensuite de la commission donnée au sieur Guergui par M. Sibeud votre subdélégué, le dit sieur Guergui a dressé un devis estimatif des réparations à faire au pont de Aouste sur la Drôme, ce devis porte les sommes nécessaires pour les réparations à celle de 6546 livres 5 sols, il reste Monseigneur, de passer l’adjudication pour l’entreprise de cet ouvrage… ».

1765 – 1767, devis et plan des réparations du pont de Sye.

1785, à nouveau réparation du pont de Sye (reconstruction des parapets et pavage) pour un coût de 117 livres

1785 – 1789 – Réparation des ponts de la Lauzière, le pont du canal et celui du Grand Chemin.  « pour la portion que doit supporter la communauté des réparations faites au ponceau (le pont-aqueduc) qui existe sur le canal des moulins de Crest à travers le Grand Chemin et à la tête des possessions des Béranger de la Blache. « Maître Soulas notaire à Crest ayant fait signifier un acte extrajudiciaire à cette communauté le 7/9/1788 tendant à interpeller les officiers municipaux de faire des réparations au pont en face qui existe sur le torrent de la Lauzière et de lui payer des dégâts qu’il dit avoir souffert par l’irruption des eaux de ce torrent , dégâts qu’il attribuait au manque de ces réparations , la communauté fait une délibération générale le 14 décembre suivant par laquelle résultant à la délibération du 2 janvier 1787 elle soutient n’être pas tenue aux ouvrages d’art , arrêta de plus de faire des réparations notamment urgentes le long de ce torrent soit pour garantir le fonds au dessous, soit pour empêcher l’entière dégradation du chemin public et de faire en même temps signer un acte de réponse à Maître Soulas, cet acte fut signifié le 7 janvier 1789 et il résulte de l’état des frais qui se trouve sur le dossier du cahier que le comptable a payé une somme de dix sept livres dix sols trois deniers … « 

 » En conformité de la délibération sus citée le comptable fit faire les réparations nécessaires au torrent de la Lauzière le vingt du même mois de janvier et jours suivants  et il paya, savoir pour l’achat du bois nécessaires pour quatre chevalets qui furent construits, neuf livres, et pour quatorze journées de manœuvres pour faire les dits chevalets ,les placer et charger ou autres réparations quatorze livres et en tout vingt trois livres dont le sieur Tavan demande l’allocation ».

A ce titre s’ajoutent les multiples réparations d’entretien des pontillards pour l’arrosage traversant le Grand Chemin, aux Grands Chenaux en 1702, au ruisseau de la Rouveyre en 1764 et 1765 « avec 5 panes de bois de 8 pieds de long chacune » et aucanal des moulins de Crest.

Par lettres au préfet, les 30 octobre et 11 décembre 1848, le conseil municipal sollicite des réparations urgentes au pont roman. Dans un rapport du 22 août 1850, l’Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, constate l’état du pont et l’inutilité de réparer le pont. Malgré des tentatives et essais de réparation infructueux (infiltration d’eau sous les piles, crues de la rivières), l’ingénieur préconise la construction d’un nouveau pont. Pareillement, le 22 juillet 1858, le Conseil d’arrondissement de Die avertit les autorités des graves dangers du pont qui menace ruine. Des rappels urgents de la commune sont faits en 1859, 1860 et 1861.

Dans le cadre du projet d’alignement de la traversée d’Aouste, une lettre est adressée au préfet du 15 janvier 1859 mentionnant « l’état de grave vétusté du pont existant » nécessitant la construction d’un nouveau pont.

 

Le pont métallique




Le pont métallique en 1910


Le préfet autorise l’adjudication du pont vieux roman le 6 mai 1862 ; il est détruit après décision du conseil municipal du 9 juillet 1863. Le pont est détruit suite à la construction du nouveau qui a débuté depuis un an à quelques mètres de l’ancien menaçant de s’écrouler incessamment, pouvant provoquer des dommages au nouveau. Toutefois une pile en pierre, vestige restera visible au centre du lit de la Drôme jusqu’en 1945.

L’agent voyer en chef, le 17 juillet 1865, sollicite l’autorisation du préfet d’utiliser les matériaux pour reconstruire le mur du quai.

C’est en 1861-1863 que l’édifice est reconstruit à son emplacement actuel: un pont métallique, de type Eiffel à deux arches qui permit la création « d’une avenue vers la gare ». Aouste est un croisement entre la nouvelle route impériale 93 – qui longe les deux canaux – et la route n° 20 de Saint-Jean-en-Royans à Nyons ; la traversée nord-sud d’Aouste se caractérise par les travaux d’alignement entre la gare et la nouvelle église. La construction de ce pont nécessite d’importants travaux de remblaiement et, en aval, le prolongement sous galerie, du « canal de Crest » ainsi que la création d’une nouvelle prise d’eau. Quelques années plus tard, le village s’étendra au sud avec la mairie-école et une grande esplanade, elle aussi surélevée.

En 1940, le génie militaire français fait sauter le pont afin d’arrêter la progression allemande, (ceux-ci s’arrêteront à Romans), les deux parties de la commune sont séparées, rendant ainsi impossible tous les déplacements entre les deux rives de la Drôme. il faut traverser à Crest ou Blacons, seuls certains écoliers en sont contents!



Vestiges des deux ponts en 1940



Une passerelle instable est installée, emportée par une crue en octobre 1940 ; elle est reconstruite.



La passerelle en 1940

 

 

Le pont du 8 mai 1845



Le ferraillage du pont en 1945 été exécuté par l’entreprise Lajoigny (contremaître Monsieur Casterran).



Le pont actuel, « Pont du 8 mai 1945 », est construit de 1941 à 1947, l’utilisation du béton armé permet la création d’une seule arche de 65,20 mètres de portée, le profil en long est parabolique, la largeur utile est de 7,50 m et la largeur roulable de 5 m. Le ferraillage du pont a été exécuté par l’entreprise Lajoigny (contremaître Monsieur Casterran).

L’état de la structure du pont, supportant des charges de plus en plus importantes, est régulièrement contrôlée par les services du département.



Le pont en 1960



Après la deuxième guerre mondiale, l’utilisation des graviers de la Drôme pour les constructions a, en partie, provoqué affouillements et abaissement du niveau du lit de la rivière. Les apports de galets en amont d’Aouste sont aussi, actuellement, plus limités suite à l’extension des zones boisées dans le Diois.

 

Le pont de la dérivation nord

 

Le dernier pont construit sur la commune date de 1985 – 1995 ; c’est le pont de la déviation nord franchissant le ruisseau de la Sye.



Construction du pont de la déviation en 1990





Autres ponts



Ces petits ponts permettent de franchir des ruisseaux ou de petits ravins.

 

Sur la Sye :

– à Chabanas : En 1865 construction du pont en maçonnerie pour un montant de 1301 frs

– vers camping « la Pierre à feu »


Sur le Lauzens
 :

– sur la route de la Répara

– sur le chemin de Saint Alban

– sur la route des Plantas : en 1866, construction du pont en maçonnerie par l’entreprise Antoine Thomas


Sur la Lauzière
( en contribution avec Crest)


Et autres petits ponts
( les Arras, les Bories, Millassolles …) La Lauzière , comme la Sye ont parfois des crues peu fréquentes mais très violentes, une année, une voiture a même été emportée par la Lauzière. Par ailleurs, route des Arras, depuis 30 ans, la circulation entre Crest et Aouste a considérablement augmenté, elle est liée à l’augmentation de la population des deux communes. En 2010-2011 le passage à gué de la Lauzière a été modifié (élargissement et en partie passage sous buses), les travaux ont été réglé à égalité par les 2 communes. Pour le paiement des travaux , il y eut un accrochage en conseil municipal , car on demandait à ce que le règlement se fasse au prorata de la population et non moitié moitié, comme demandé par le maire de Crest !

 

 

Les crues de 2012 et 2013 et « l’efficacité administrative » ont enfin permis à la Drôme de mettre à mal l’assise de la dernière pile du pont romain. Deux mille années d’histoire sont emportées par les flots tumultueux. La rivière est donc capable de venir lentement à bout des systèmes de communication édifiés par les plus grands empires.

 



 Le pont de Sye et le moulin en 1910



Laisser un commentaire