ÉTAT DES REMPARTS D’AOUSTE SUR SYE EN 1689

 

 

Ce devis établi en 1689 par le maçon Pierre Moulin pour les réparations des remparts nous montre l’état de délabrement des remparts entourant le bourg, suite aux guerres de religions et aux crues de la Drôme. (AM d’Aouste DD 3/84)

L’évaluation des dépenses est évaluée au départ à mille quatre cents livres. Cinq enchères seront proposées par différents maîtres-maçons pour être remportée par Jean Mollin, maître maçon du lieu d’Aouste, le dix novembre 1689 pour un montant de mille cent soixante livres


Devis de 1689 pour réparations des murs des des remparts


Premièrement du coté de la porte de Saint Christophe jusqu’à la rivière Drome la plus grande partie des murs ont été rompus par les guerres civiles ou se sont démolis par l’usure du temps et comme la dépense en serait trop grande de le rebâtir tout, il faut laisser servir la plus grande partie du coté de Drome d’où il y en a treize toises de longueur qu’on ne peut pas se dispenser de le rebâtir par dehors tant seulement et le dresser et bien caler les vieux décombres et bien « arouser » la vieille muraille pour lier la nouvelle laquelle sera bâtie à bon mortier chaux chaude et bonne pierre bien glissante de hauteur de quinze pieds tout au moins.


«  Premièrement du coté de la porte de Saint Christophe jusqu’à la rivière Drôme la plus grande partie des murs ont été rompus par les guerres civiles ou se sont démolis par l’usure du temps et comme la dépense en serait trop grande de le rebâtir tout, il faut laisser servir la plus grande partie du coté de Drôme d’où il y en a treize toises de longueur qu’on ne peut pas se dispenser de le rebâtir par dehors tant seulement et le dresser et bien caler les vieux décombres et bien « arouser » la vieille muraille pour lier la nouvelle laquelle sera bâtie à bon mortier chaux chaude et bonne pierre bien glissante de hauteur de quinze pieds tout au moins.

Depuis la même porte du coté de la bise jusqu’à la tour des Campanes il y en a une partie où il se trouve une maison laquelle sert de mur qui est en bon état, il y en a huit toises joignant la dite tour qui s’y trouve du « marain » qui aurait été posé par les habitants contre les dits murs qu’il faut égaliser et replanir comme le reste et puis bâtir au dessus du mur ce qui sera nécessaire pour sa hauteur comme nous dirons ci-après cette tour aurait été minée par dessous et rompue de sorte qu’il faut reprendre ces brèches les remettre en bon état, les bâtir avec de bonne pierre à bon mortier chaux chaude et bonne liaison, plus de la dite tour en haut contre la porte de Surville tout au long des fossés il y en a vingt toises de longueur long desquelles il y aurait encore du marain (bois à bâtir pour douve) des vieux murs ou forme de tour qu’il faut esparter (séparer, partager) et le charrier dans le fossé de sorte qu’il sera tout uni et puis bâtir au dessus des murs ce qui sera dit ci-après.

Depuis ici jusqu’à la dite porte de Surville il y a des brèches et des lieux où les murs sont trop bas et qu’il faut élever après avoir démoli et qui est corrompu, en ayant quatre toises qu’on ne peut se dispenser de le rebâtir depuis sa fondation jusqu’à sa hauteur par les dehors après avoir démoli ce qui est corrompu en donnant bien les vieux décombres pour lier la nouvelle maçonnerie avec l’autre lesquelles maçonneries dont nous avons parlé ci dessus seraient bâtie à bon mortier à chaux chaude à bonne pierre de sorte que toute la hauteur au plus bas sera de quinze pieds de hauteur et de l’épaisseur des murs à l’exception néanmoins des endroits qu ‘il se trouve trop épais, il ne sera bâti que d’un pied et demi d’épaisseur et les brèches tout au long seront reprises aux lieux où il y en a et enduire à bon mortier les lieux qui se trouvent trop dégarnis. Plus dessus la dite porte de Surville sera démoli ce qui se trouve corrompu et y sera bâti de muraille une toise de hauteur dessus en plus haut que ce qui y est présentement.

Depuis cette porte jusqu’à la forme de la tour carrée qui se trouve au bout du grand jardin joignant le canal du moulin y sera bâti une toise de muraille de hauteur tout autour, de l’épaisseur d’un pied et demi laquelle sera faite avec bonne pierre et bon mortier . De cette tour carrée en saut de moulin ce qui est corrompu et reprendre les brèches et l’élever de la hauteur du reste comme nous avons dit ;

Depuis cette tour jusqu’à l’autre tour ronde qui se trouve au bout du dit grand jardin joignant le lieu le long du canal du moulin il faut se contenter ici bâtir trois pieds de hauteur au dessus tout le long et la crêter comme semblablement toutes les autres comme nous avons parlé, lesquelles seront enduites tant dedans que dehors et pierres apparentes pour empêcher que le monde ne puisse pas y grimper.


Depuis cette tour ronde jusqu’au pont se Sye il y serait démoli une partie des murs par la grande continuation des eaux et la force de la rivière où pour avoir été bâtie sur un rocher mort lequel faut « escarper » (tailler) pour pouvoir prendre à la fondation de la muraille qui doit être faite laquelle sera fondée sur bon et solide fonds foulant dans le gravier de la dite rivière de Sye, son épaisseur sera de trois pieds en fondation laquelle sera bâtie avec des gros quartiers de pierre bien distants dans le bon mortier à chaux chaude, laquelle muraille sera élevée de quatre toises de hauteur dessus le gravier, elle sera élevée avec fruit ou talus par le dehors de sorte qu’elle sera réduite à deux pieds trois pouces d’épaisseur à sa hauteur.

Depuis le pont de la dite rivière de Sye jusqu’à la rivière de Drome il s’y trouve des brèches lesquelles faut fermer et reprendre principalement une qui s’y trouve entre le dit pont et le moulin à huile.

Plus depuis le pont de Drome jusqu’au quai ou abreuvoir de Charancon dont nous avons commencé par notre devis les murs ont été emporté par la force de la rivière et comme il serait trop dispendieux de fouiller dans les graviers pour reprendre les murs il faut faire servir les maisons qui s’y trouvent de murs et bâtir entre deux une muraille d’un pied et demi dépassant « tant seulement » et d’une toise de hauteur en faisant retrait d’une toise sur le rocher qui s’y trouve laquelle muraille il y sera bâtie et comme le dit rocher se trouve étant environ deux toises au dessus du gravier la dite muraille n’a pas besoin d’être élevée plus haute que comme il est dit ci-dessus.

Et l’entrepreneur fournira toutes choses nécessaires pour leur perfection et rendra le tout en bon état suivant le devis ci dessus.

Fait ce sixième jour d’octobre 1689 par l’assemblée générale du dit lieu d’Aouste en connaissance du dit maire et ai remis le présent devis entre les mains du sieur Jacques Reynier secrétaire commis à cette affaire pour recevoir les enchères à qui fera la condition meilleure et le bail en sera passé en donnant bonne et suffisante caution.

J’ai reçu de sieur Gaspard Gaillard consul cinq livres pour le devis ci-dessus ce 7 octobre 1689 »

J Moulin

Les enchères

(….) du mois d’octobre a comparu maître Pierre Moulin maître maçon du lieu d’Aouste lequel s’est offert de faire les réparations contenues au devis ci-dessus pour le prix de quatorze cents livres et n’a su signer

Plus le quatorzième du dit mois est comparu Pol Terrail maître maçon du lieu d’Aouste lequel a offert de faire les réparations conformément au devis pour le prix de treize cent cinquante livres et a signé P Terrail

Plus le vingt cinq du même mois a comparu maître Louis Montiller charpentier du lieu de Saou lequel a offert de faire les réparations contenues au devis ci dessus pour le prix de treize cents livres et a signé Montiller

Du vingt six du même mois d’octobre a comparu maître Jean Mollin maître maçon du lieu d’Aouste lequel s’est offert de faire les réparations contenues au devis pour le prix de douze cent cinquante livres et a signé J Mollin

Du dernier d’octobre du même mois a comparu maître François Arnaud maître maçon du lieu de Saillans lequel s’est offert de faire les dites réparations contenues ci-dessus pour le prix de douze cents vingt cinq livres et a signé F Arnaud

Du dixième novembre 1689 a comparu maître Jean Mollin maître maçon du lieu d’Aouste lequel a offert de faire les réparations contenues au devis pour le prix de onze cent soixante livres et a signé

J Moulin



Laisser un commentaire