PASSAGE DE LA COMPAGNIE DES ÉCOSSAIS DANS LE DIOIS (juillet 1496)



PASSAGE DE LA COMPAGNIE DES ÉCOSSAIS DANS LE DIOIS (juillet 1496)



C’est le procès-verbal d’une enquête, ordonnée par le juge de Die, à l’effet de constater les dévastations commises dans les faubourgs de cette ville et dans les campagnes environnantes, au mois de juillet 1496, par une bande de soldats étrangers au service de la France.

Il faut lire les récits de l’époque pour se faire une idée des mœurs à demi sauvages de la plupart des mercenaires qui remplissaient alors nos armées. Chez la nation qui réclamait leur secours, ils se comportaient, à peu de chose près, comme en pays ennemi. Aucune considération ne pouvait arrêter ces aventuriers sans foi et sans loi les églises n’ étaient pas plus épargnées que les demeures privées, et leur audace croissait à raison de’ l’impuissance où se trouvait l’autorité royale pour la réprimer Aussi ne faut-il pas s’étonner de l’effroi qui s’emparait des populations quand se répandait tout à coup la nouvelle de l’approche d’une de ces bandes armées. Les registres des délibérations consulaires de Die contiennent à ce sujet de nombreux et curieux détails. La présence d’une de ces troupes était-elle signalée à une certaine distance de la ville, les syndics et les membres dit conseil se réunissaient aussitôt et avisaient aux moyens à prendre pour prévenir les malheurs d’une invasion. Souvent quelques citoyens étaient dépêchés en toute hâte à la rencontre des redoutables soldats avec mission, ce qui n’était pas très charitable, de les engager à prix d’argent à prendre une autre route et à porter leurs ravages (1) dans d’autres pays.

La ville de Die, située sur une des voies les plus fréquentées entre l’Italie et la France eut particulièrement à souffrir de ce fléau vers la fin du XVe siècle et durant la première moitié du suivant. Les guerres entreprises au delà des Alpes par Charles VIII, Louis XII et François Ier, amenèrent en effet bien des fois sous ses murs les bandes des mercenaires étrangers. Entre toutes, les années I495 et 1496 furent surtout calamiteuses pour la ville et pour la contrée. C’est à la dernière de ces dates que se rattache le récit des déplorables évènements qui font l’objet du rapport qu’on va lire les tristes héros de ces scènes de désordre et de dévastation furent les soldats qui formaient la compagnie dite des Écossais. Il serait difficile de préciser depuis quelle époque la France avait fait appel aux soldats de cette nation pour les utiliser dans ses guerres. Les rapports entre la France et l’Écosse remonteraient, parait-il, à une haute antiquité. L’arrêt du Conseil d’État de l’an 1646, en faveur des Écossais en France, débute ainsi : « Sur ce qui a esté représenté … que dès l’an 789 … l’alliance et confédération ayant été faicte entre les deux royaumes, elle aurait jusqu’à présent continuée sans interruption. » (2). Quoi qu’il en soit, nous voyons Charles VIII renouveler tous les anciens traités conclus avec l’Écosse, par un acte signé à Edimbourg, le 22 mars 1493, et prendre à sa solde un grand nombre d’Écossais (3). Lors de sa visite en Champagne, ce monarque fit son entrée solennelle à Troyes, précédé d’une garde composée en grande partie d’Écossais. Le brillant costume de ces soldats étrangers excita l’admiration de tous et inspira à un poète les vers suivants :

« J’ai veu gendarmerie

Bigarrée à tous lez

Comme juifverie

Riollez, piollez

De diverses bigornes

Et d’estranges façons;

Ne restoient que les cornes

Pour estre limassons (4) »

La bravoure des Écossais sur les champs de bataille ne saurait être mise en doute; mais, il faut le reconnaître, leur réputation sous d’autres rapports n’était pas aussi bien établie. Les noms que leur donnait alors le peuple nous laissent assez entrevoir en quelle estime on les tenait ils étaient communément appelés mangeurs de moutons et sacs à vin (5). Méritaient-ils réellement d’aussi sanglants outrages?

Jules CHEVALIER.



Voici les dommages subis et subis par les habitants de la ville de Die et de son territoire, tant dans la ville de Die que dans les bourgs, faubourgs et tout le territoire de la même ville de Die, par les hommes d’armes engagés à travers le pays de Die par le commandant de la capitainerie d’Oyson (6), par le noble Jacobus Sigaud, écuyer de notre seigneur le roi le dauphin, commissaire nommé par ledit seigneur dauphin, pour embaucher ces mêmes hommes d’armes, soi-disant bizarrement appelés les Escossais qui avaient envahi par force et violence au delà du commandement dudit seigneur commissaire dans les bourgs, dans les faubourgs et ladite ville de Die, le septième jour du mois de juillet de l’an du Seigneur 1496

Et d’abord, dans le prieuré Saint-Pierre de Dyensis (7) et dans le susdit bourg de Saint-Pierre de Die, il y a eu des actes de dégradations et d’excès qui s’ensuivirent de la part desdits hommes d’armes, tant dans ledit prieuré que dans ledit bourg, et les faubourgs.

Dans ledit prieuré Saint-Pierre, dans la nef de l’église et dans tout le tènement même de l’église elle-même, sauf le presbytère, jusqu’à l’autel, étaient logés des chevaux et des hommes, d’après ledit conteur de bonne foi, et on trouva des gerbes, tant en toyselle (froment) qu’en seigle , tant pour la nourriture des chevaux que pour les litières des chevaux que pour les hommes.

De même, dans les enclos de ladite église, étaient logés des chevaux et des hommes dit le conteur de bonne foi, et on y a trouvé des gerbes de froment et de seigle pour la litière des chevaux, en dont certaines gerbes étaient intactes, mais la plus grande partie d’entre ont été détruites dans lesdites litières.

De même, dans le chapitre de ladite église, il y avait aussi des chevaux et des hommes, dit le conteur de bonne foi, comme ci-dessus, les gerbes susdites dans les litières des chevaux et des hommes .

De même, dans les dortoirs de ladite église, on y trouva également autant de chevaux que d’ hommes logés dans la maison dit le conteur, on y trouva des gerbes utilisées pour les chevaux et les hommes et aussi on trouva quatre arches (coffres en bois) brisées.

Encore, dans lesdits enclos, ils brisèrent et détruisirent un des  » rustiques  » (?)

De même, dans une autre pièce voûtée appelée le  » garde-manger », il y avait des hommes logés avec des chevaux, et on y trouva de la paille de gerbes de blé et de seigle depuis peu rassemblée autant en litière qu »autrement.

De même, dans la chambre du prieur dudit prieuré, il y avait aussi des chevaux et des hommes menant les chevaux, dans la litière les gerbes étaient consommées en grande partie, et certaines étaient encore intactes. Dans la chambre elle-même on trouva une serrure brisée à la première porte, un buffet, deux formes de lit, deux verreries à l’écart et un peu cassées, un coffre en noyer.

Aussi, dans la cuisine, il y avait à la fois des chevaux et des hommes, dit le conteur. De même fut trouver des gerbes pour les litières pour les chevaux et les hommes. Et aussi furent brisés deux coffres en noyer.

Aussi, dans l’écurie dudit prieuré, se trouvaient les chevaux de l’écuyer du seigneur de Oyson, et on trouva des litières de gerbes et de pailles neuves que la communauté servait auxdits chevaux.

Aussi, dans la fenière du dit prieuré, ils brisèrent la serrure de ladite fenière, et prirent autant de bottes de foin qu’ils en trouvèrent.

Aussi, dans les enclos et le vignoble du prieuré, furent trouvées des gerbes de blés pour les litières des hommes et des chevaux qui dévastèrent des ceps de vigne et toutes sortes de légumes qui se trouvaient dans la vigne.

De même, dans le colombier dudit prieuré, ils prirent des pigeons, autant vieux que pigeonneaux et les œufs qu’ils trouvèrent dans ledit colombier qu’ils détruisirent.

De même, dans le passage dudit prieuré, ils prirent environ six ou sept fourcoules (pieux de soutien) supportant les treilles dudit passage, et traînèrent les treilles jusqu’au sol.

De même, dans un cellier dudit prieuré, ils brisèrent deux cuves et dévastèrent des tuiles et autres meubles de ladite maison, consommèrent les comestibles qui se trouvaient dans ledit prieuré et détruisirent vingt huit setiers de froment .

De même dans la vigne des héritiers de Guilhermi Albanelli, près dudit prieuré, ils ont cassé deux portes et les serrures, et dans ladite vigne ils ont brisé et traîné les branches d’un griottier.

De même dans le moulin du prieuré ils brisèrent un coffre en sapin et un tonneau plein de blé qu’ils traînèrent.

Aussi, un crible avec deux petites brouettes , et ils ont pris sept setiers.

Aussi, dans la chaucherie (foulon) (8) de Petri Richaud, ils ont brisé la serrure de la porte du dit foulon et y sont violemment entrés.

De même, dans le foulon de Stéphane Negre, des hommes et chevaux ont été également logé, et on a trouvé une litière de gerbes de froment et de seigle dont certaines étaient intactes et ils traînèrent un coffre plein de savon.

De même, dans le potager jouxtant de ledit foulon, ils ont détruit la quasi-totalité des légumes

Aussi, dans le potager fut trouvée une litière de gerbes, où logeaient hommes et chevaux.

De même, dans le potager de Pochon Mourin, près du même lieu, ils ont détruit une partie des légumes.

Aussi, dans le foulon et le potager de Pierre Brun, ils arrachèrent la serrure du dit foulon, et dans son potager et sa vigne ils firent au milieu un passage avec leurs chevaux, et détruisirent en partie les ceps et les légumes.

De même, dans le foulon de Francis Girini, ils logèrent certains chevaux, et on trouva des litières de gerbes, et ils firent des dégâts à la vigne, au potager et aux poires d’un poirier.


Dans le bourg de Saint Marcel.


Et d’abord, dans le prieuré de Saint Marcel (9), dans la nef de ladite église, dans l’aumônerie et dans toute la nef, à l’exception du presbytère, étaient logés des chevaux et d’hommes qui les conduisaient ; il y avait beaucoup de gerbes de blé, de seigle, de haricots et d’avoine, et de nombreuses gerbes entières de blé ou de seigle, tant dans la nef qu’en dessous du chœur ; il fut découvert que les soi-disant hommes d’armes faisaient le passage avec leurs chevaux à travers le chœur et par le presbytère de l’église et que certains d’entre eux donnèrent de l’avoine à leurs chevaux sur l’autel du bienheureux Jacques le Confesseur.

En outre, sous le bûcher, furent logés des chevaux et hommes, et on y a trouvé des litières de gerbes de seigle

De même, dans les enceintes de ladite église, étaient également logés de nombreux chevaux et hommes autant qu’on pouvait en mettre ainsi que dans le chapitre et on a trouvé la litière de gerbes pour les hommes et une grande quantité de gerbes entières.

De même, dans le réfectoire jouxtant l’ église, une grande quantité de chevaux et d’hommes étaient également logés, et tout ledit réfectoire était rempli de paille et gerbes dont certaines entières

De plus, dans la salle de l’infirmerie, furent également logés des hommes et des chevaux autant qu’elle pouvait en contenir, ainsi que dans la cour, et on a vu qu’il y avait des litières pour les chevaux et les hommes, et un lit cassé existant dans ladite pièce.

Aussi, la cuisine était également remplie d’hommes et de chevaux, et on trouva les litières d’hommes et de chevaux, et dans la pièce on trouva un coffre brisé.

De même, sur une grande marmite fut donné un coup avec une sorte de vouge et la porte neuve en panneaux de noyer, elle-même fut brisée et percée avec la vouge

Aussi, dans une salle basse et voûtée et dans le poulailler, près dudit prieuré, des hommes et des chevaux étaient logés en grand nombre, la pièce était remplie, on y trouva des litières de gerbes dont certaines étaient intactes.

Aussi, dans l’enclos et le pré dudit prieuré, ils ont endommagé six ou sept arbres dudit enclos.

De même, dans le jardin du Seigneur Ludovic de Nanto religieux du dit prieuré, ils firent coucher des chevaux avec les litières susdites , et ils firent encore plus de dégâts aux légumes

De même, là où l’on tient les cuves pour faire le vin, ils logèrent également sur des litières autour des cuves plusieurs chevaux avec quelques hommes

Aussi, dans l’écurie dudit prieuré, des chevaux étaient logés, et ils n’y avaient que du foin et de la paille dudit prieuré.

De même, dans le cimetière et dans l’enclos du cimetière, furent logés de nombreux chevaux et hommes , et autant sous la treille, où une grande quantité de paille et de gerbes a été trouvée, ils brisèrent la porte de l’enclos, et beaucoup de dégâts furent faits tant dans ledit enclos que dans la vigne dudit cimetière et, ils mangèrent toutes les victuailles qui se trouvaient dans ledit prieuré.

De même, dans le verger, écarté du bourg de Saint Marcel, de Jacobus Grimaud co-syndic, des hommes ont endommagé et cassé les branches de trois griottiers et un cerisier, ils ont cassé un prunier, et ils sont également entrés dans ledit verger, brisant la serrure de la porte et infligeant d’autres dommages au verger.

Aussi, dans la propriété de Ludovic Regis Pluvianas, ils brisèrent la serrure d’une porte neuve et aussi le mur de ladite propriété, pour entrer dans la propriété pour prendre des gerbes de seigle qui étaient là et qu’ils portèrent à Saint-Marcel pour se coucher ainsi que leurs chevaux.

Aussi, dans le verger de Maître Michael de Podio, ils ont logé des chevaux, ont fait un feu dans le jardin, endommagé un prunier et un cerisier et quelques autres jeunes arbres et ont presque détruit tous les légumes existants.

De même, ils enlevèrent la serrure à la porte du potager de maître Jean Cloteyraud loué à Claudius Gauterius, et brisèrent ladite porte.

Ils brisèrent également la porte de l’enclos de Guigon Benedicti et écroulèrent le mur qui entourait ladite porte et firent de même à l’enclos de Johannis Simogneti .

De même, au cimetière de Saint Marcel, ils ont cassé par le milieu un saule et ils ont abîmé quatre saules.

Aussi, dans le foulon tenu par Claudius Agery et son associé, le mercier de Die, étaient logés cinq hommes et autant de chevaux, de même fut trouvé de très nombreuses gerbes de froment et de seigle entièrement gaspillées et d’autres encore intactes.

De même, ils brisèrent les deux portes du dit foulon, y pénétrèrent et firent pareils dégâts.

De même, dans l’enclos de Mathieu Artaud, près du même lieu, ils ont fait passer des chevaux au milieu de l’enclos, ont incendié une charpente dudit enclos, et dans les souches ils ont fait des dégâts et dévasté la plus grande partie des légumes dudit enclos.

De même, dans la Recluse (10), plusieurs chevaux ont été logés à trois endroits, et des litières ont été trouvées, tant de paille de blé que de foin.

Ainsi que, dans la terre d’Anthony Roballus, près du pilon, ils ont prit des gerbes de froment dans un champ contenant environ dix quartes de terre (la quarte une mesure de surface équivalant à1/4 de sétérée) que le conteur estima à six setiers de froment.

Encore une fois, dans l’enclos de (…….), la porte a été brisée par lesdits hommes d’armes

De même, dans la vigne de Ponce Apaysius, dans ledit bourg de Saint-Pierre, furent brisées deux anciennes portes.

De même, dans la vigne et l’enclos de Stéphane Nègre, dans ledit bourg, furent logés cinq ou six chevaux et hommes, on y trouva des litières de gerbes de froment et de seigle et plusieurs gerbes intactes, et là aussi, des dommages ont été causés à un griottier, à des ceps et aux légumes.

De même, ils brisèrent la serrure à la porte de l’enclos et à la corniche d’une petite maison qui se trouvait au milieu de l’enclos.

Également dans la vigne de Perceval Gornerii. la porte fut brisée par lesdits hommes d’armes, et un ou deux chevaux furent logés, des litières de paille furent retrouvées et ils détruisirent les légumes

De même, dans la vigne de Pierre Guilheti, la porte fut brisée et détruite.

De même, dans la vigne et l’enclos de Guillaume Masson, la serrure et la porte furent brisées et ils détruisirent des légumes.

De plus, dans la vigne du vénérable serviteur du seigneur, la serrure fut violemment ouverte, ils entrèrent dans la vigne, et là, abattirent cinq grandes et hautes souches.

Ils brisèrent également la serrure et entrèrent dans la vigne des héritiers de Claudius Escuteri, et ils cassèrent les branches des griottiers.

De même, dans la vigne de Maître Antoine Audeeri, ils cassèrent également la serrure.

De plus, dans la vigne de Benoit Lyvell, ils brisèrent la serrure et cassèrent des arbres.

Aussi, dans la vigne de Johannis Bouc, ils cassèrent la vieille porte, sont entrés avec violence, et saccagèrent un champ de courges .

Aussi, dans la vigne, à l’écart, de Guigon Cloche ont cassé la serrure et entrés avec violence.

Aussi, dans la vigne de noble Ludovic de Perario (11), des chevaux et hommes furent logés et fut trouvées des litières de gerbes de blé et de seigle et de même la serrure fut brisée et ils détruisirent un dizaine de ceps

Aussi, dans la vigne de Robert Romey, ils ont cassé la serrure de la porte et ont déplacé la porte vers un autre endroit.

Ils ont enfoncé la serrure de l’enclos de noble Jordan Fabri, l’aîné, et ils sont entrés dans l’enclos causant de nombreux dégâts.

De plus, dans le colombier du noble Jordan Fabri (12) susmentionné, ils ont cassé deux portes et une partie des planches du colombier, et ont pris des pigeons et des pigeonneaux.

De même, ils brisèrent en trois morceaux la fontaine publique de Saint-Marcel de Die.

De même, dans l’enclos ou le jardin de Jacob Grimaud, ils cassèrent la serrure de la porte et les petits verrous de son portail, et cassèrent et abîmèrent le même portail .

Aussi, près du pont de Saint-Marcel, ils déplacèrent les pierres les murs du pré d’ Antoine Regis, et les portèrent dans les terres et dans les eaux de Meyrosse.

Aussi, dans le foulon de Guigon Chati, ils cassèrent le portail et la serrure du dit foulon.

Aussi, dans le foulon de Jean Jaccard, ils cassèrent le portail et la serrure du dit foulon.

Aussi, dans l’enclos de Guigon Chati, ils cassèrent la serrure et la chaîneet l’emportèrent

De même, dans un champ derrière Saint-Marcel, ils emmenèrent une certaine quantité de gerbes de seigle.

Aussi, dans le moulin du Seigneur Antoine de Podiogrosso, ils fracturèrent la serrure et y logèrent quatre chevaux où fut trouvé une quantité de paille pour la litière et autant de gerbes intactes

Aussi, dans l’enclos de Pierre Pupin, ils ont cassé la serrure et la chaîne de la porte

Aussi, dans le foulon de Jacob Tibaud, on a trouvé une certaine quantité de paille et de gerbes.

Aussi, dans le foulon de Pierre le Clerc, ils cassèrent la serrure avec beaucoup de violence.

De même, dans le foulon de Pierre Guilhet, ils enlevèrent la serrure et en même temps prirent le cuir d’une cache et saccagèrent

De même, dans le foulon de M. Martin Audeeri, ils cassèrent la serrure en fer de la vigne et emportèrent une barre barre de fer.

Aussi, près du foulon ils ont enlevé une porte appartenant à Pierre le Clerc, et l’ont brisée .

Aussi, dans le foulon d’Antoine Regis, ils cassèrent la serrure de la la porte du foulon, et y pénétrèrent, cassèrent des escaliers, cassèrent la serrure d’une petite chambre, cassèrent trois autres serrures dans le dit foulon, sortirent et emportèrent.une certaine quantité de cuir.

De même, dans l’atelier de teinture de Jean Galland, ils cassèrent la serrure de la porte et entrèrent.

Aussi, dans le colombier de Jacob Grimaud, ils emportèrent la chaîne qui fermait la porte et anéantirent les anneaux de la serrure, et ils prirent des pigeonneaux.

De même, dans le moulin du même Jacob Grimaud, des hommes et deux chevaux furent logés

Aussi, dans l’enclos de Jacques et Antoine de Nantes, ils cassèrent la chaîne de la fermeture.

De même, dans le moulin d’Antoine Regis, trois chevaux étaient logés avec des hommes. ; les hommes d’armes emportèrent une hache, un goyard, une bêche, trois brouettes, un setier de froment , une émine de fèves et une certaine quantité de cuir.

Aussi, dans la vigne de Guigon Selhion, ils ôtèrent la serrure de la porte avec la chaîne avec une une fourche de chêne .

De même, aux portes des héritiers d’Anthony Culheron et Berthon Pasqualis et des héritiers d’André Cloche. ils ont cassé les portes et la serrure de la vigne

Aussi, dans la petite maison de Rivronis à la porte Saint-Pierre, ils ont cassé la serrure.

De même, dans le bourg susmentionné de Saint-Pierre, dans la terre et la vigne de noble Amédée Perdrix (13), ils prirent un gerbier de seigle et toutes les gerbes qui étaient dans le champ qu’ils firent porter ou portèrent au susdit prieuré de Saint-Pierre, pour faire des litières aux hommes et aux chevaux et ils firent un passage et détruisirent plusieurs souches de vignes.

De même, dans la grange et la maison de Claudius Chatus, l’apothicaire de Die et de Chamarges (14) , brisèrent les serrures de la grange et de la maison, bien que la porte elle-même fût ouverte, et ils firent porter une certaine quantité de foin audit prieuré de Saint-Pierre

Aussi, dans la grange du noble Francis Jony de Penis (15) également située à Chamarges, ils prirent aussi une certaine quantité de foin, et là ils prirent aussi un veau ou une jeune génisse, qu’ils tuèrent et mangèrent.

De plus, dans une grange de Comane (16) de maître Robert Romey, notaire, ils ont pris une grande quantité de foin, l’ont emporté avec eux, l’ont fait manger à leurs chevaux et firent des dégâts.

L’an du Seigneur 1496 et le 15 juillet, en présence du vénérable et circonspect Maître Pierre Zacharie, outre bacheliers en droit, juge en chef du comté et de l’évêché de Die, le rapportèrent les honorables et discrets Jacob Grimaud et Yvo Culheron, susdits administrateurs de la ville de Die. avec le concours de maître Barrachini Reymond, notaire et secrétaire de ladite ville de Die, par ordre du même seigneur juge et de la commission qui leur a été donnée par le même seigneur juge, d’avoir visité et recherché attentivement les dégâts et violences commis par lesdits hommes d’armes et fait aux susnommés personnes de ladite ville de Die, qui ont signalé les dégâts et violences, par leurs serments, avaient été subis par les mêmes habitants de la ville de Die, le jeudi sept juillet, ce jour-là les hommes d’armes étaient logés dans lesdits prieurés des Saint Marcel et Pierre, dans les moulins et foulons des bourgs, et dans les maisons et dans les granges du territoire de Die, en dehors de la ville de Die. et que lesdits commissaires n’ont pas pu estimer les dégâts. En ce qui concerne cette relaxe, le même seigneur juge a ordonné que l’acte public soit fait par moi, François Achard, notaire et confirmé par le tribunal susmentionné. Ces débats se sont déroulés à Die, dans l’enclos de la maison dudit seigneur juge, en présence d’éminents témoins, le maître Gaspard Raymond notaire, Antoine Velhonay greffier, et Guillermo Odonis, habitants de Die.

Notes


1. Voici quelques notes recueillies dans les registres des délibérations consulaires de Die :

  • 23 avril 1494 On annonce que des troupes viennent de Valence.
  • 5 mai « (Fuit conclusum) quod taxentur expense facte per armigeros conductos per cappitaneum de Scosses, qui steterunt duobus diebus in predicta civitate, et concluscrunt quod taxentur pro homine et equo pro quali die octo grossos. »  » (Il fut conclu) qu’ils devraient être imposés aux dépens des écuyers engagés par le capitaine des Écossais, qui restèrent deux jours dans la ville susmentionnée, et ils conclurent qu’ils devraient être taxés pour un homme et un cheval pour lesquels jour huit gros. « 
  • 1 juin . On annonce l’approche de cinq cents cavaliers.
  • 14 juillet . Passage de troupes.
  • 30 juillet Passage de la compagnie du duc d’Orléans.
  • 26 mars 1495. Les chanoines demandent à être exemptés de la charge de loger des soldats, la ville leur accorde cette faveur, à condition que si les dépenses occasionnées par le séjour des troupes dépassent 40 florins, le surplus sera complètement payé par le chapitre.
  • 17 mai. « Fuit conclusum quod sunt certi armigeri in Belloforti transituri per presentem patriam, quod actentis expensis insupportabilibus factis per duas comictivas, tam de comictiva cappitanei vocati Champros quam cappitanei vocati Alalvori, qui sejornaverunt in presenti civitate diebus sabbati et dominica proxime effluxis, quod claudentur portalia et fiat responsio eisdem armigeris, quod accedant ad alia loca et castra in quibus dicti armigeri non fecerunt aliquas expensas. Et inde die mercurii, 19 dicti mensis, dum dicti armigeri transitum fecerunt. fuerunt clausa portalia. » (On a conclu que les hommes d’armes de Bellofort (Beaufort) passeraient sûrement par le pays actuel, à cause des dépenses insupportables faites par les deux commissaires, tant du commissaire du capitaine appelé Champros que du capitaine appelé Alalvor, qui ont séjourné dans la prédente ville, les jours du sabbat et du dimanche qui suivent immédiatement les sorties, que les portes soient fermées et que la réponse des mêmes hommes d’armes soit faite, qu’ils se rendent dans d’autres lieux et camps dans lesquels les a déclaré que les hommes d’armes n’avaient engagé aucune dépense. Et puis le mercredi 19 dudit mois, pendant que lesdits hommes d’armes effectuaient la traversée. les portails étaient fermés. »)
  • juillet 22. Jordan Faure, le Jeune, est envoyé à Crest « pro conveniendo cum armigeris ». On lui donne pour son voyage 3 florins.
  • 9 septembre . Pour témoigner sa reconnaissance à Jordan Faure le Jeune, à l’occasion des services rendus par lui lors du passage des troupes, la ville lui accorde le droit pendant cette année de faire vendre son vin de Montlaur dans l’intérieur de la cité.
  • octobre 14. « Audita requesta facta per quemdam commissarium conducentem certain quaititatem armigerorum, qui requisivit logiari in predicta civitate quasi L homines armorum et Lx archerios venientes de partibus Ytahe, qui dicti armigeri dum transitum fecerunt per presentem civitatem, tendentes ad dictas partes Ytahe, omnes voluerunt logiari infra civitatem et sejornaverunt in eadem civitate duobus diebus, et inde importaverunt in recessu victualia quasi pro uno die, et exactiones fecerunt et maximas expensas non ordinanas sine ahquo solvendo et etiam cum pervenit ad aures aliquorum civium Dyensis quod ipsi armigeri, aliqui malvolenti eosdem conducentes, logiati in castns circumvicinis, se jactaverunt quod logiarent omnes societates quas conducebant infra civitatem et quod non evirent de quattuor aut quinque diebus, sed ibidem sejornarent, ideo fuit conclusum quod custodiantur portalia. » (« Ayant entendu les demandes faites par un certain commissaire engageant une certaine quantité d’hommes d’armes, qui demandèrent à être hébergés dans ladite ville, ainsi que 50 hommes d’armes et 60 archers venant des quartiers d’Ytahé, que ledit les hommes d’armes faisaient un passage à travers la ville actuelle, s’occupant desdits quartiers d’Ytahé, tous voulaient être logés en contrebas de la ville, et ils séjournèrent dans la même ville pendant deux jours, et de là ils importèrent des provisions comme pour un jour, ils firent des exactions et encoururent les plus grandes dépenses, qui ne furent pas ordonnées sans les payer, et même quand il vint aux oreilles de certains citoyens de Die qu’ils étaient armés, certains d’entre eux les embauchèrent à contrecœur. dans les châteaux environnants, ils se vantaient de loger toutes les compagnies qu’ils louaient au-dessous de la ville, et de ne pas s’échapper pendant quatre ou cinq jours, mais d’y rester ; c’est pourquoi on conclut qu’il fallait garder les portes. »)
  • 21 octobre. On annonce l’approche d’une grande quantité de soldats. Ils sont à Gap.
  • 6 novembre . De nombreuses troupes arrivent sous les murs de la ville, et font entendre des menaces si on ne leur ouvre les portes. Jordan Faure est chargé de traiter avec elles.
  • 19 novembre. La ville, pour récompenser le zèle de Jordan Faure, lui fait don de deux écus.

D’autres citations déjà trop longues se trouvent dans le livre de Daniel,  » Histoire de la milice françoise  » Amsterdam, 1724, in-4°, t. 1, p. 107.

2. Mémoires concernant l’ancienne alliance entre les François et les Ecossois, et les privilèges des Ecossois en France; Edimbourg, 1751, in-8″, p. 58.

3. Francisque Michel, Les Écossais en France et les Français en Écosse Londres, r862, 2 vol. in-8′, t. I, p. 2?4.

4.  » Le vergier d’oneur  » nouvellement imprimé à Paris, s. d., in-4*, p. 4g.

5. Francisque Michel, op. cit., p. 116.

6. Nous n’avons rien pu découvrir sur le capitaine d’Oyson. – II y avait en Dauphiné une famille Sigaud, à laquelle M. de La Batie dans son Armorial a consacré une notice. Originaire de l’Embrunois, cette famille avait passé dans le Viennois et était représentée en 1499 par Bernard de Sigaud, homme d’armes du duc de Bourbon.

7. Le prieuré de St-Pierre de Die était situé à l’ouest de la ville, hors des remparts, non loin de la porte de ce nom. 11 dépendait de l’ordre des chanoines réguliers de St-Ruf; nous en trouvons pour la première fois la mention dans une bulle de privilège émanée d’Urbain II, lors du passage de ce pontife à St-Paul-Trois-Châteaux, le 19 septembre 1095. Voir notre Essai historique sur la ville de Die et sur son évêché, t. p. 170

8. Chaucherie : Au sujet de ce mot chaucheria, qui ne se trouve point dans du Cange, voici une note qu’a bien voulu nous communiquer M. de Coston, le savant historien de Montélimar « Chauchière est un mot patois très usité, qui veut dire tannerie ;il est dû à la chaux dont on se servait pour faire tomber les poils des peaux qu’on voulait tanner. La rue Cuiraterie, à Montélimar, était souvent désignée autrefois sous le nom de rue des Chauchières. » – ‘après un autre érudit, M. Chevalier. chaucheria signifierait un atelier de foulon l’usage des vêtements de laine étant général au moyen âge, il y avait dans les villes un nombre assez considérable de ces sortes d’établissements; chaucheria viendrait donc alors du verbe  » calcare « . En patois romanais, chauchar veut dire fouler, presser, écraser sous les pieds ;ce mot est encore usité de nos jours.

9. Le prieuré de St-Marcel était à l’orient de la ville, hors des remparts. Il est fait mention pour la première fois, à notre connaissance, de ce prieuré, décoré du titre d’abbaye, dans la bulle du pape Alexandre III e confirmant les privilèges de l’église de Die. Voir notre Essai historique sur la ville de Die, t. l, p. 208.

10. Reclusia, la Recluse, maison et quartier près de Die.

11. Perario :Dans une révision des feux de la ville de Die, ordonnée en 1450 par l’évêque Louis de Poitiers, nous voyons figurer au rang des six familles nobles de la cité celle qui était alors représentée par Jean du Périer :  » Johannes de Pererio. barbenius domini nostri archiepiscopi Viennensis. »

12. Fabri : Jordan Faure de Vercors appartenait à une noble et ancienne famille de Die. Lors de la révision des feux, citée dans la note précédente, cette famille était partagée en deux branches: l’une avait pour chef Guignes F .. « Guigo Fabri de nobili progenie et est notarius  » ; l’autre était représentée par deux frères Aynard et Marcel F.  » nobiles et nobiliter viventes et accedunt ad mandatum domini (episcopi) in armis.  » . Le 14 mars 1492, Jordan Faure de Vercors transige avec son frère Jean, au sujet des biens de leur famille. Le 20 avril 1499 nous trouvons Jordan Faure de Vercors, neveu de Lanthelme F. de V. protonotaire apostolique, chanoine et sacristain de Die. Un personnage de cette famille, Jordan Faure de Vercors, religieux dominicain, prieur de St-Jean-d’ Angely joua sous Louis XI un singulier rôle : sa fin mystérieuse a fort intrigué les historiens (Rochas, Biographie du Dauphiné, t. p. 38 0).

13. Perdrix :La famille Perdrix ne figure pas dans la liste des familles nobles de Die en 1450. Elle paraît avoir été anoblie sous le dauphin Louis (depuis Louis XI). Ce prince accorda à Pierre Perdrix, de Die, la parerie de la Beaume-des-Arnauds en paiement d’une somme de quatre cents écus qu’il lui avait empruntée. Le 19 mai 1453, avait lieu dans l’église des Frères Prêcheurs de Die, devant l’autel de St Sébastien, le mariage de Guillaume Faure de Vercors, docteur ès lois, et de noble Claude Perdrix. Pierre Perdrix donne à sa fille une dot de 800 florins

14. Chamarges, quartier près de Die.

15. Jony : François de Jony. seigneur de Pennes (canton de Luc-en-Diois). Sa famille était d’une noblesse quelque peu contestée en 1450 « Alziarus Johanini. licet ejus pater uteretur mercantris ». Dans un acte du 7 juin 1453 Alziar Jony est qualifié courrier du Dauphin et bourgeois de Die.

16. Comane. quartier, près de Die


Extrait du Bulletin d’histoire ecclésiastique et d’archéologie religieuse des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et Viviers édité à Romans -1881 (T2)-1882.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102282v/f3.item